POINT DE VUE

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La décision de la Cour de Cassation vient d’être rendue et ce que nous redoutions est arrivé. Le procès de l’assassin de Madame Sarah Halimi n’aura pas lieu, le coupable ayant été jugé irresponsable de cet acte de barbarie.

Devant ce gâchis je ne pouvais resté silencieux. Ayant été témoin du déroulement de cette tragique affaire et ce dès le premier jour, je me dois d’apporter un éclairage sans toutefois prétendre « juger » un problème de droit. Cette analyse, qui n’engage que moi, me paraît bien utile pour mieux comprendre.

Ma démarche n’est pas de critiquer mais de soulever des questions qui à ma connaissance n’ont pas été posées.

1 – Je relève que ce qu’il m’est venu de constater d’emblée est le fait de la non intervention de la police malgré une présence effective sur place pendant plus de vingt minutes. Comment se fait-il qu’à aucun moment elle n’ait reçue ordre  d’intervenir ?

2 – Selon les détails du déroulement de ce meurtre qui ont été portés à notre connaissance, l’assassin pour accomplir son acte abominable a dû passé par un appartement voisin de celui de Madame Sarah Halimi afin de pouvoir accéder à celui de sa victime. Comment se fait-il qu’aucune plainte à l’encontre de ce locataire n’ait été déposée pour « non-assistance à personne en danger ?. Il lui suffisait d’ouvrir la porte aux policiers présents devant sa porte.

3 – Au moment de l’odieux massacre je dirigeais le bureau du BNVCA à Paris et de ce fait je me trouvais aux faits. J’avais reçu en septembre 2017 un appel d’une personne qui connaissait l’assassin vu que celui-ci avait tenté de le racketter et qu’il était prêt à témoigner contre lui.

Ce témoin ayant un passé judiciaire n’a pas l’objet d’une écoute attentive et fut éconduit.

Malgré leur pleine volonté et un dévouement indéfectible d’assister, le plus souvent bénévolement, les diverses associations et les victimes, les avocats successifs trop nombreux ont à mon sens contribué inconsciemment à la prise de position du juge d’instruction, lui-même étant conforté par les rapports concordants des différents experts, que la Cour d’Appel et la Cour de Cassation ne pouvaient que confirmer.

Comme souvent, nos avocats et nos associations au lieu de se concerter pour se montrer unis face à cet acte odieux sont allés devant le juge d’instruction en ordre dispersé.

Nous risquons malheureusement d’être à nouveau confrontés à des drames et mon souhait absolu est de voir  toutes les associations et les avocats au préalable se concerter.

C’est au nom de l’Observatoire Juif de France que j’en appelle de tous mes vœux.

RENE LEVY

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1 Comment

MARLENE SERRAF · 18 avril 2021 at 8 h 18 min

c’est malheureux , affreux et dangereux

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