Quand le maire de Stains fait de la récupération politique en s’indignant de la récupération politique

Published by Observatoire Juif de France on

Le meurtre de la jeune Lola et celui de la mère de famille Nadia Hassade à Nantes ont déclenché toute une série de récupérations politiques. Mais à ce sinistre jeu-là, le maire de Stains Azzédine Taïbi est un champion de haute voltige, condamnant les autres… tout en récupérant pour lui-même.

Comme pour les chasseurs, il y a la bonne et la mauvaise récupération politique. Dimanche à Nantes, Nadia Hassade, une mère de famille bien connue du quartier de Bellevue a été sauvagement assassinée alors qu’elle attendait le bus pour se rendre sur son lieu de travail. Un crime semble-t-il gratuit et d’une grande violence, le corps ayant été lardé de plus d’une vingtaine de coups de couteau. Hier mercredi, alors que le procureur de Nantes tenait une conférence de presse, le maire de Stains, Azzédine Taïbi, s’est fendu d’un tweet d’indignation : « Une pensée émue à Nadia Hassade 47 ans, mère de 4 enfants et qui portait le voile, poignardée en pleine rue tôt le matin, alors qu’elle se rendait à son travail. Un crime odieux et islamophobe. Le procureur n’exclut pas la motivation raciale ou religieuse, et silence des médias !»

Un crime odieux, certes. Islamophobe ? À ce stade, aucun élément n’a été donné par les enquêteurs permettant d’étayer cette piste. D’ailleurs, selon le procureur mercredi, la piste n’est « pas du tout envisagée à ce stade ». Le suspect, un habitant du même quartier, voisin de sa victime, extrêmement alcoolisé au moment des faits, a avoué avoir ressenti un « besoin irrépressible de violence ».

Récupération politique ? Vous n’y pensez pas ! Car quelques heures à peine après avoir tweeté, l’édile s’indigne à nouveau : « Une pensée émue pour la petite #Lola, son meurtre atroce et barbare est insupportable. Face au deuil, la récupération politique ne s’est pas fait attendre et resurgit comme la bête immonde sur fond de haine raciste. Une pensée solidaire à la famille. » C’est comme ça, la politique… La vérité de 18 h 22 (le premier tweet) n’est pas celle de 19 h 26 (le second) et l’on peut à la fois tenter de récupérer le meurtre d’une mère de famille voilée en l’étiquetant illico « islamophobe » sans aucun élément matériel pour l’étayer et hurler, une heure et quatre minutes plus tard, à la « bête immonde » quand l’extrême droite vient instrumentaliser le meurtre d’une adolescente avec le même cynisme. Car finalement, Éric Zemmour et son « francocide » ou Azzédine Taïbi et son meurtre « islamophobe » relèvent de la même méthode : exciter les passions communautaires pour fracturer la société.

 

Une stratégie que le maire de Stains maîtrise à la perfection. En septembre, il s’est fait remarquer en renommant temporairement l’une des rues de sa ville du nom d’une des femmes du prophète Mahomet, au nom d’un « projet artistique » visant à visibiliser les « femmes inspirantes ». Et comme les ficelles ne sont jamais trop grosses, alors qu’il était interrogé à ce sujet sur CNews, il est apparu en duplex devant un drapeau… palestinien. Subtil. Cette technique-là sent le réchauffé : en 2015, il l’avait carrément hissé au fronton de la mairie, à côté du drapeau français. Car quoi de mieux que l’importation d’un conflit sulfureux pour cliver ?

AMI ET CAMARADE D’HOURIA BOUTELDJA

Rien de surprenant à ce que l’édile qualifie, en octobre 2022, de « chère amie et camarade » Houria Bouteldja, figure de ce que le décolonialisme produit de pire, notamment connue pour son ouvrage Les Blancs les Juifs et nous. Dans cet essai tristement remarqué, elle appelle les femmes noires à protéger leur communauté en ne portant pas plainte lorsqu’elles sont violées par des Noirs, explique n’avoir jamais pu dire « nous » en y incluant les Blancs puisqu’ils « ne le méritent pas », ou encore que la « tarlouze » (sic) arabe se soumet en réalité à la domination occidentale.

En 2015, la « chère amie » d’Azzédine Taïbi critiquait les mariages mixtes, prêchant pour que les « indigènes » « apprennent à s’aimer » en privilégiant les mariages intracommunautaires : « la perspective décoloniale, c’est d’abord de nous aimer nous-même, de nous accepter, de nous marier avec une musulmane ou un musulman, un noir ou une noire. » De quoi inspirer au politologue Thomas Guénolé cette réplique, dans Ce soir ou jamais en mars 2016 : « Donc les Noirs avec les Noirs, les Arabes avec les Arabes, les Blancs avec les Blancs. D’un point de vue technique, pour suivre votre idée, il faudrait faire des lois raciales ». Voilà qui plairait… à Éric Zemmour.

https://www.marianne.net/politique/gauche/quand-le-maire-de-stains-fait-de-la-recuperation-politique-en-sindignant-de-la-recuperation-politique

 

Categories: Marianne

0 Comments

Laisser un commentaire

Avatar placeholder

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *