Auteur/autrice : Observatoire Juif de France

Le cri de révolte d’un Arabe israélien contre Amnesty International – קונטרס

Le cri de révolte d’un Arabe israélien contre Amnesty International

 4 février 2022
 
Le cri de révolte d’un Arabe israélien contre Amnesty International qui veut la disparition d’Israël,
par Yossef Haddad (si nous avons bien identifié, c’est la personne que l’on voit sur la photo publiée ici, un ancien soldat blessé durant des combats) publié par Dreuz.info
 
 
En tant qu’Arabe israélien ayant grandi à Nazareth, le récent rapport d’Amnesty International tente de déformer mon identité. Le document de 205 pages fait constamment référence à un « apartheid » contre les « citoyens palestiniens d’Israël », sans faire de différence entre les Arabes israéliens et les Palestiniens.
 
Les Palestiniens vivent sous le contrôle de l’Autorité palestinienne en Cisjordanie ou sous le contrôle du groupe terroriste Hamas à Gaza.
 
Qu’en est-il des Arabes israéliens comme moi ? Nous vivons sous le gouvernement démocratiquement élu d’Israël avec les mêmes droits que tout citoyen juif. Amnesty International a beau essayer d’effacer mon identité pour faire avancer son programme politique, cela n’en fait pas une vérité.
 
Je suis né israélien et je resterai israélien. Je bénéficie des mêmes droits que tout citoyen israélien. J’étais un soldat des forces de défense israéliennes qui protégeait le nord d’Israël, où vit la majeure partie de la communauté israélo-arabe, des attaques terroristes aux roquettes du Hezbollah.
 
Non seulement cela, mais j’étais aussi le commandant de dizaines de soldats juifs. Quel genre d’« apartheid » laisserait des Arabes donner des ordres à des Juifs ? Le genre inexistant.
 
Un rapport récent de l’ONG Israel Democracy Institute a montré que la majorité des Arabes israéliens ne s’identifient pas, en fait, comme Palestiniens mais comme Arabes ou Arabes israéliens. Seuls 7 % des personnes interrogées s’identifient même comme palestiniens. Un sondage ultérieur a montré que 81 % des Arabes israéliens préfèrent vivre en Israël plutôt qu’aux États-Unis ou dans tout autre pays occidental. Je suppose que la vie n’est pas si mauvaise sous la « domination israélienne », contrairement aux mensonges qu’Amnesty répand sur notre vie dans la seule démocratie du Moyen-Orient.
 
Le rapport d’Amnesty comprend de nombreuses faussetés et sélectionne les incidents qui correspondent à son récit pour délégitimer Israël. Par exemple, Amnesty mentionne à plusieurs reprises la ségrégation physique entre Arabes et Juifs. Leurs « chercheurs » devraient visiter un hôpital israélien où une femme arabe musulmane peut recevoir les meilleurs soins d’un médecin juif, ou un enfant juif orthodoxe peut être traité par un médecin arabe.
 
Dans notre pays arabo-israélien, la majorité des citoyens veulent vivre en paix avec les Juifs. Beaucoup veulent être, et sont, une partie intégrante de la société israélienne. Au lieu de promouvoir une vision d’un avenir meilleur, des organisations comme Amnesty International délégitiment le seul État démocratique du Moyen-Orient, en essayant de le qualifier d’État d’ »apartheid ».
 
L’apartheid est défini comme une forme de discrimination ou d’oppression fondée sur la race. Alors, parlons-en. Les lois fondamentales d’Israël stipulent explicitement qu’elles protègent contre toute discrimination et préservent le statut de l’État d’Israël en tant qu’État juif et démocratique. Pas juif, pas démocratique, mais juif et démocratique. Cela signifie que, depuis sa création, cet État protège spécifiquement les droits des minorités religieuses et ethniques par la loi.
 
Cela signifie-t-il qu’il n’y a pas de racisme en Israël ? Bien sûr que non, comme dans tout autre pays – Israël a ses problèmes qui doivent être réglés. En ce sens, Israël n’est pas différent de tout autre pays occidental, comme les États-Unis, la France et le Royaume-Uni, qui essaient tous de faire mieux et de corriger les disparités raciales, économiques et éducatives.
 
Quant aux Palestiniens, le statu quo de l’occupation est problématique, mais il n’est pas fondé sur la discrimination raciale, mais plutôt sur un conflit national. Un conflit auquel Israël a prouvé qu’il souhaitait mettre fin à plusieurs reprises lorsqu’il a proposé des solutions généreuses pour la paix, avant que les Palestiniens ne les rejettent. Si Israël a un problème racial avec les Arabes, pourquoi avons-nous alors fait la paix avec le Maroc, les Émirats arabes unis, l’Égypte, la Jordanie et le Bahreïn ? Pourquoi alors y a-t-il tant d’Arabes qui font partie du gouvernement d’Israël, prenant des décisions que tout Israélien ? Pourquoi y a-t-il des juges arabes qui décident du sort des citoyens israéliens dans les tribunaux ?
 
Je me suis moi-même rendu en Afrique du Sud, et j’ai vu de mes propres yeux à quel point le crime d’apartheid est dégoûtant et écœurant. C’est en partie pour cette raison que je ne peux pas rester sans rien faire et laisser ces mensonges être répandus par des organisations comme Amnesty International pour leur propre intérêt politique. L’accusation d’« apartheid » est grave et ne devrait jamais être utilisée comme un outil politique pour diaboliser un pays que vous n’aimez pas.
 
Amnesty International, arrêtez de manquer de respect à l’histoire et aux victimes du véritable régime d’apartheid en Afrique du Sud, et travaillons plutôt ensemble avec les Arabes et les Juifs pour résoudre ces conflits de manière pacifique, au lieu d’adopter les idéologies et les mensonges répétés par les extrémistes qui ne croient pas du tout qu’Israël, le seul État juif démocratique au monde, ait le droit d’exister.
 
 

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Éric Naulleau : “Mélenchon dans ‘Face à Baba’ sur C8 ou la trajectoire d’un crash républicain”

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POUR DONNER SUITE AUX DECLARATIONS ANTISEMITES L’OBSERVATOIRE JUIF DE France DEPOSE PLAINTE CONTRE BORIS LE LAY

L’Observatoire Juif de France a déposé plainte le 14 mars 2021, contre Boris Le Lay, un délinquant multirécidiviste qui sévit sur la toile, par son site Démocratie participative qu’il déclare ouvertement de «  guide racial des villes ».

Cet individu s’est encore illustré par des propos antisémites : 

Il s’attaque au « juif perfide Manigold, restaurateur »

Il stigmatise ce restaurateur qui « aurait poussé ses confères à ne pas ouvrir »

Il parle d’un « coup de poignard dans le dos »  

Il diffuse le 1er février 2021 : « Coup de poignard dans le dos : le juif perfide Manigold appelle les autres restaurateurs à ne surtout pas ouvrir ».

Il éructe des insanités toutes antisémites qui diffusent sa haine du « peuple élu » ….

Dont « Jéhovah se prépare à poignarder dans le dos sa victime ».

Ce restaurateur « rat juif » serait aux ordres du Gouvernement relayant l’interdiction d’ouvrir aux restaurateurs.

 “Captain Harlock”

L’Observatoire Juif de France a eu la satisfaction d’apprendre que le Parquet a ouvert une information et que la victime s’apprêterait à se joindre à cette procédure.

L’Observatoire Juif de France souhaite que l’enquête en cours aboutisse afin de conduire Boris Le Lay devant les tribunaux, qu’il commence à bien connaître d’ailleurs.                                                                         

René Lévy                                                                    

Président                                                                      

Tel. 06 49 60 94 04

 

Menaces de mort contre Ophélie Meunier : l’appel de 160 personnalités pour la liberté d’informer

Ophélie Meunier, présentatrice de Zone Interdite sur M6, a été placée sous protection policière.
 
Ophélie Meunier, présentatrice de Zone Interdite sur M6, a été placée sous protection policière. Visual Press Agency

FIGAROVOX/EXCLUSIF – Après le documentaire de M6 sur l’islam radical, la journaliste Ophélie Meunier a été placée sous protection policière, ainsi qu’Amine Elbahi, militant associatif de Roubaix. 160 personnalités, dont Boualem Sansal, Frédéric Beigbeder, Michel Onfray et Jeannette Bougrab, regrettent le manque de réaction de la profession.

Pour avoir simplement fait son travail, la journaliste qui présente l’émission Zone interdite, Ophélie Meunier, est placée sous protection policière : un reportage télévisé sur l’Islam radical, effectué et diffusé en France, déchaîne les réseaux sociaux au point que des menaces de mort ont été proférées.

On a attendu de longues journées avant de lire ou entendre les réactions de soutien de ses confrères et consœurs des médias. Il a fallu que les politiques y aillent de leur tweet pour que la corporation des journalistes se réveille. Spontanément ou presque…

En janvier 2015, l’attentat de Charlie Hebdo a suscité une vague de soutien sans précédent dans la profession et levé un formidable mouvement citoyen. La défense de la liberté d’expression n’aura jamais été plus belle et partagée. La liberté d’expression revendiquée dans un reportage présenté par Ophélie Meunier sur M6 ne vaut-elle pas le même sursaut ? Apparemment non.

Nous sommes en France…

Source et suite : https://www.lefigaro.fr 
 
 
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“Zone interdite” sur l’islam radical : Ophélie Meunier menacée et placée sous protection policière

Accueil / People / News people

par Juliette Thévenot créé le 29/01/2022 à 15:56
 
 
"Zone interdite" sur l'islam radical : Ophélie Meunier menacée et placée sous protection policière
 
© Stephane Cardinale – Corbis/GettyImages
 

Depuis la diffusion, dimanche 24 janvier, du dernier numéro de l’émission “Zone interdite” consacré à l’islam radical, la présentatrice Ophélie Meunier serait victime de menaces inquiétantes.

Le 24 janvier dernier, M6 diffusait une enquête choc sur l’islamisme intitulée “Face au danger de l’islam radical, les réponses de l’État”, dans le cadre du célèbre programme de la chaîne, Zone interditeUne émission qui a suscité beaucoup de réactions de la part de certains musulmans ainsi que des personnalités politiques de droite et d’extrême droite. Et pour cause, elle montrait des librairies islamiques à Roubaix, dans le nord de la France, des magasins vendant des poupées sans visage ou encore des quartiers décrits comme “ayant basculé dans l’intégrisme”.

Depuis sa diffusion, l’émission “a eu pas mal de répercussions”, et notamment pour la présentatrice Ophélie MeunierCible de messages menaçants, la journaliste a été placée sous la protection du SDLP, d’après une source policière citée par20minutes.J’ai donné instruction qu’à chaque fois qu’un journaliste fait l’objet de menaces caractérisées, il bénéficie d’une protection policière”, a d’ailleurs tweeté Gérald Darmanin, samedi 29 janvier, confirmant l’information. Nous trouverons les auteurs de ces menaces”, a ajouté le ministre de l’Intérieur. Nicolas de Tavernost, le président du directoire du groupe M6, a alerté en premier sur les menaces visant Ophélie Meunier, indique un article du Figaro.

Une autre personne menacée

C’est face à la commission d’enquête du Sénat sur la concentration des médias qu’il a évoqué la situation inquiétante, vendredi 28 janvier. Il était initialement interrogé au sujet de son droit de regard sur le contenu des programmes du groupe. “Nous avons discuté de cette émission. Si vous appelez cela de l’ingérence M. Assouline [le rapporteur de la commission d’enquête, Ndlr], j’ai été ingérant sur cette émission. J’ai demandé si nous avions les garanties, si c’était une émission ‘extrémiste’, j’ai demandé si la présentatrice qui est menacée, était protégée, j’ai demandé si les témoins qui parlaient étaient bien floutés, etc.”, a indiqué le président du directoire du groupe sans donner davantage d’informations. Avant de conclure : “j’estime que c’est mon devoir de responsabilité.”

Toujours selon Le Figaro, Ophélie Meunier ne serait pas la seule à être menacée depuis la diffusion de l’enquête. Le juriste Amine Elbahi, qui apparaît dans le reportage, aurait reçu plusieurs menaces “de décapitation et d’égorgement” pour avoir “tenu un discours de vérité à visage découvert et en particulier sur l’inaction du maire de ma commune”, affirme-t-il à BFMTV. Selon ses dires, son “numéro de téléphone a circulé sur les réseaux sociaux” et “plusieurs appels au meurtre ont été diffusés”. Le jeune homme a d’ailleurs déposé plainte vendredi 28 janvier et a également été placé sous protection, indique 20minutes.

Juliette Thévenot
Chaque jour, la rédaction d’aufeminin s’adresse à des millions de femmes et les accompagne dans toutes les étapes de leur vie. La rédaction aufeminin est composée de rédactrices engagées et …

Source : aufeminin.com

 

 

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En lisant des souvenirs de jeunesse de Golda Meir

En lisant des souvenirs de jeunesse de Golda Meir

par Ypsilantis


« Je crois que nous trouverons la paix avec nos voisins, mais je suis sûre que personne ne fera la paix avec un État d’Israël faible. Si Israël n’est pas fort, il n’y aura pas de paix » Golda Meir.

J’ai devant moi un livre inédit en français et traduit par les soins de Pierre Lurçat : « La maison de mon père », soit des souvenirs de jeunesse de Golda Meir. Cette traduction est précédée d’un préambule du traducteur. Il s’agit de la troisième publication de la collection La Bibliothèque sioniste (Éditions L’Éléphant, Paris-Jérusalem). Je rappelle les titres des deux publications précédentes (je les ai présentées sur ce blog) : « La rédemption sociale, éléments de philosophie sociale de la Bible hébraïque » et « État et religion, question autour de la tradition juive » de Vladimir Jabotinsky. Et il est annoncé la parution prochaine dans cette même collection d’un autre écrit de Vladimir Jabotinsky, un texte fondamental : « Le mur de fer. Les Arabes et nous ».

Pierre Lurçat ouvre son préambule sur ces mots : « Les souvenirs de jeunesse qu’on lira ici ont été publiés en Israël en 1972. Golda Meir était alors Premier ministre depuis plusieurs années. Trois ans plus tard, après sa démission et son retrait de la vie politique, elle rédigera une autobiographie plus complète sous le titre « Ma vie ». Le texte ici publié en français pour la première fois ne couvre en effet qu’une partie de la vie de l’auteur – celle qui s’étend de son enfance à son séjour au kibboutz Merhavia, dans les années 1920. On y découvre, outre l’autoportrait de celle qui allait devenir la première femme Premier ministre de l’État d’Israël, la description fidèle et sans fioriture d’une génération tout entière, celle des pionniers de la Troisième Alyah (1921-1924) ».

Golda Meir, membre de la Troisième Alyah, une Alyah qui a appliqué les valeurs de la Première Alyah transmises par la Deuxième Alyah (soit les valeurs fondatrices du sionisme travailliste dont rend compte le livre que j’ai entre les mains) par le biais d’une expérience directe et non par un programme ou des théories.

Golda Meir

Golda Meir (1898-1978)


La polémique entre Juifs « laïques » et Juifs « religieux » est assez bruyante au sein et à l’extérieur du monde juif. Or, cette séparation n’est pas aussi marquée que certains le prétendent, par ignorance ou à dessein. Ces pages le laissent entendre et je pourrais en revenir à Moses Mendelssohn, le Juif « éclairé » par excellence, le Juif de l’Aufklärung. Or, ce Juif des Lumières fut également un Juif observant, très observant même…

Dans son préambule, l’auteur esquisse une biographie de Golda Meir dans laquelle je relève deux points saillants, soit le déclenchement de la guerre du Kippour (5 octobre 1973) et une certaine conception du féminisme. On a volontiers attribué à Golda Meir, alors Premier ministre, de l’imprévoyance tandis que le ministre de la Défense d’alors, Moshe Dayan, était épargné par la commission d’enquête. Son chef d’état-major, David Elazar, s’était quant à lui prononcé pour une attaque préventive. Deuxième point : la conception du féminisme de Golda Meir qui occupe la dernière partie du préambule, conception qu’elle expose dans des pages plus tardives de son autobiographie publiée en français chez Robert Laffont, en 1975, sous le titre « Ma vie ». Elle y évoque le « féminisme constructif » bien différent de celui que cherche à nous imposer un certain battage médiatique. Je me permets à ce propos une parenthèse. Israël laboratoire du monde (une expression à même de susciter de vastes développements) est aussi un laboratoire des relations femmes/hommes. Fier de sa tradition pionnière, Israël est aussi un pays pilote en matière de « féminisme constructif » et notamment par le biais de son armée de défense.

Ce petit livre se structure suivant trois parties soit : « La maison de mon père », que reprend le titre général, « Mes premiers jours au kibboutz » et « Trois rencontres », soit un discours prononcé à l’occasion de la cérémonie de réception du titre de Citoyenne d’honneur de la Ville de Jérusalem, le 18 mai 1971. Je vais en rendre brièvement compte tout en vous invitant à lire ce livre dans son intégralité.

La maison de mon père.

Il s’agit d’une suite de portraits familiaux esquissés avec vigueur, une suite dont ressortent le portrait du père, de la mère et d’une sœur qui a eu une importance particulière dans la vie de Golda Meir, ce qu’elle dit dès la première page : « Mon engagement politique me vient plutôt de ma sœur que de mes parents ». Ce sont des portraits vigoureux, sobres et empreints de respect. Golda Meir présente une famille forte où les femmes tiennent une place centrale, à commencer par cette grand-mère, prénommée Golda, sans laquelle aucune décision n’est prise. Golda Meir estime devoir quelque chose à chacune et à chacun de ses proches et elle les en remercie. De fait, on éprouve du bonheur à lire ces pages où la famille apparaît comme un puissant socle et où les relations femmes/hommes ne sont pas systématiquement dénigrées comme elles le sont aujourd’hui par divers mouvements, l’homme étant présenté comme un oppresseur et un violeur potentiel. Le père occupe une belle place dans ces pages même si Golda Meir confie que la mère « était plus sagace que mon père et plus à même de prendre des initiatives ».

Les parents de Golda Meir donnent naissance à huit enfants (quatre fils et quatre filles), cinq d’entre eux meurent avant leur un an. Ne reste que trois filles dont Golda et Shayne, de neuf ans son aînée, un personnage central pour la future Premier ministre de l’État d’Israël.

Golda Meir naît à Kiev dont elle n’a que très peu de souvenirs. A cinq ans, elle revient avec sa famille à Pinsk (en Biélorussie) dont tous sont originaires tandis que le père part pour les États-Unis afin d’y préparer un meilleur avenir pour lui et sa famille. Shayne commence à militer dans le mouvement sioniste socialiste, ce qui crée une immense inquiétude dans la famille, y compris chez Golda, et ce qui pousse la mère à accélérer leur départ pour les États-Unis. Golda est profondément influencée par le sionisme de cette sœur, et elle sait qu’elles ne sont pas bundistes.

Golda Meir a huit ans. La famille part pour les États-Unis où le père qui est syndiqué à Milwaukee se considère déjà comme un peu américain. Shayne refuse de s’américaniser et de quitter les habits de deuil qu’elle porte depuis la mort de Theodor Herzl (en 1904). La mère ouvre un magasin mais le père se tient à distance de ce projet et veut rester ouvrier, une condition dont il est fier. Shayne trouve un travail dans un atelier de couture et envoie une part de son salaire à ses camarades du mouvement socialiste sioniste. Suite à la Révolution russe de 1905, de nombreux militants de ce mouvement émigrent aux États-Unis. Certains s’installent à Milwaukee où ils se réunissent à l’occasion dans l’appartement des parents de Golda.

Les tensions entre les parents et Shayne se multiplient et Golda devient un intermédiaire entre eux et elle dont elle prend souvent le parti. Golda aide son père affilié à la branche du Joint (American Jewish Joint Distribution Committee) de Milwaukee au cours de la Première Guerre mondiale ; elle le fait avec grand plaisir et en œuvre plein accord avec son père. A Milwaukee, les partis sionistes se regroupent et constituent le Poale Zion (un mouvement sioniste socialiste) en opposition aux Juifs socialistes mais opposés au sionisme. Suite à des tensions avec ses parents (concernant principalement le choix des études et de la profession), Golda rejoint Shayne à Denver. La famille de Golda est une famille juive traditionnelle. Sa langue est le yiddish. L’hébreu se tient timidement à l’arrière-plan. Les parents militent activement, notamment au sein du B’nai B’rith. Golda et sa sœur partent pour Israël en 1921. Les parents les rejoindront cinq ans plus tard. Elles partent pour Israël, Golda avec son mari, sa sœur sans son mari (qui doit s’occuper de la famille laissée sur place) et avec ses deux enfants. Malgré ses excellents souvenirs des États-Unis, Golda n’éprouvera jamais la nostalgie de ce pays car « notre installation en Eretz-Israël nous semblait tellement naturelle, tellement évidente, et ce dès le premier instant ».

Elle et sa sœur décident de rejoindre une kvoutsa (village collectif), soit Merhavia. En attendant, les deux sœurs logent dans un appartement de Tel Aviv. Shayne reste à Tel Aviv où elle travaille dans un hôpital tout en s’occupant de ses enfants. Golda et son mari finissent par s’installer à Merhavia.

Les parents arrivent en Eretz-Israël. Golda et son mari partagent leur temps entre Tel Aviv et Jérusalem. Les parents s’installent à Herzliya où le père construit presqu’entièrement de ses propres mains sa maison, l’une des premières de la zone C de ce village. Elle est située sur un promontoire entre deux villages arabes. Golda écrit : « Herzliya se trouvait alors entre deux villages arabes et la situation sécuritaire n’était pas très brillante. Comme la maison de mon père se trouvait sur un promontoire, on y avait installé la cache d’armes de la Haganah, et presque jusqu’à son dernier jour, il ne renonça pas à son tour de garde nocturne. Pendant les événements de 1929, les femmes et les enfants furent évacués de cette partie de Herzliya, mais ma mère refusa de partir et y resta avec mon père. »

Mes premiers jours au kibboutz.

J’ai lu et relu ces quelques pages avec un plaisir particulier. Il s’agit d’un discours en réponse au discours de bienvenue prononcé par des membres du kibboutz Revivim (où vivent alors sa fille et sa famille), en 1969, un jour de Pessah. A partir de souvenirs d’une vie quotidienne rude et pleinement assumée, on perçoit les qualités de cette grande dame. L’essentiel de ces quelque vingt pages a trait à l’expérience de Golda dans la cuisine du kibboutz où elle avait travaillé. Elle commence par confier qu’elle ne savait alors pas grand-chose au sujet des kibboutz, et elle évoque les difficultés rencontrées à Merhavia du fait d’un préjugé défavorable à l’égard d’une jeune fille américaine, mariée de surcroît.

Elle donne nombre de détails touchant au quotidien et à ses efforts pour l’améliorer avec les moyens du bord, très limités. Elle évoque la préparation du pain à laquelle elle est préposée. Elle décide de le pétrir non pas à sec comme les anciennes ou avec beaucoup d’eau (ce qui facilite le travail) mais avec un peu d’eau. Et puis il y a le problème de l’huile, du petit-déjeuner, du poisson salé et autres questions culinaires, sans oublier la lessive et le repassage des vêtements… Il est également question des mouches, un problème contre lequel l’inventive Golda ne trouve pas de solution : « L’été, nous allions en général travailler vers quatre heures du matin car, lorsque le soleil se levait, le travail dans les champs prenait fin. Nous nous enduisions de vaseline (lorsqu’il y en avait), nous portions des cols hauts, des manches longues, nous nous couvrions de châles – et nous revenions avec des mouches collées dans les oreilles, les yeux et le nez. Les vaches elles-mêmes fuyaient les champs pour leur échapper ». Il y a aussi la malaria (Golda en est victime et est hospitalisée) et la fièvre pappataci dont elle décrit les symptômes d’autant mieux qu’elle en est également victime. Et elle termine son discours sur cet espoir a priori si simple mais si compliqué pour Israël d’une vie tranquille, d’une vie paisible pour le peuple d’Israël, une vie non pas d’une heure, d’une nuit mais de chaque heure, de chaque nuit, « car c’est ainsi que cela doit être ».

Trois rencontres.

Trois rencontres ? Golda Meir nous rappelle qu’elle a grandi dans une famille juive traditionnelle mais sans jamais vraiment comprendre ce que signifiait Jérusalem, à commencer par le Kotel, sans comprendre ce que pouvait représenter le fait de glisser entre ses pierres un morceau de papier, un kvitel. Pourtant, une fois devant, elle comprend… C’est la première rencontre.

La deuxième rencontre. Guerre des Six Jours, elle peut enfin se rendre au Kotel à peine libéré. Devant le Kotel prient de jeunes parachutistes revêtus d’un châle de prière. Elle s’approche et glisse un kvitel entre deux pierres. Survient alors l’une des choses les plus grandes de sa vie (ce sont ses mots) : l’un des parachutistes « qui ne savait sans doute pas qui j’étais (…) posa sa tête sur mon épaule et se mit à pleurer comme un nourrisson » et « j’eus le privilège (…) d’être pour lui comme une mère ».

La troisième rencontre. Près du Kotel, en soutien aux Juifs d’U.R.S.S., un puissant État qui cherche à couper ses citoyens Juifs de leur passé et de leur présent et, ainsi, les empêcher de penser l’avenir de leur peuple.

Golda Meir, « La maison de mon père », traduction et présentation de Pierre Lurçat, éditions Books on Demand

Olivier Ypsilantis

Ypsilantis | 29 janvier 2022 à 16 h 42 min | Catégories : Pierre Itshak LURÇAT | URL : https://wp.me/p87u5l-5zz

 

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Le Saint-Siège souligne l’importance d’une mémoire véridique de l’Holocauste | vaticannews.

 
 
Des jeunes visitent Yad Vashem à Jérusalem, le 26 janvier 2022.
Des jeunes visitent Yad Vashem à Jérusalem, le 26 janvier 2022.  (AFP or licensors)
 
VATICAN

Le Saint-Siège souligne l’importance d’une mémoire véridique de l’Holocauste

Avec le temps qui passe «des distorsions, dont le négationnisme et le révisionnisme» émergent, permettant à «la menace de l’antisémitisme de rôder en Europe et ailleurs» a regretté le représentant permanent du Saint-Siège auprès de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe ce jeudi 27 janvier. Il appelle à un travail de mémoire et à une condamnation ferme de l’antisémitisme.
 

À l’occasion de la Journée de la mémoire des victimes de la Shoah, instaurée par les Nations unies le 27 janvier de chaque année – jour anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz-Birkenau, Mgr Janusz Urbańczyk a pris la parole ce jeudi matin à Vienne au siège de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe où il représente le Saint-Siège.

L’extermination de six millions de juifs européens par l’Allemagne nazie commémorée ce jeudi «rappellent de la manière la plus radicale le danger de ne pas tenir compte de la dignité humaine intrinsèque des personnes et invitent à un engagement collectif pour “dire […]: Plus jamais ça !”», souligne le prélat.

Inviter les jeunes au dialogue

Comme le faisait le Pape la veille, Mgr Urbańczyk insiste sur l’importance de la transmission auprès de jeunes générations afin de pouvoir construire «un avenir où la dignité humaine ne sera plus jamais piétinée par des idéologies racistes», un avenirdans lequel «l’iniquité indicible de la Shoah» ne sera plus jamais possibleIl appelle à un engagement personnel et une implication directe pour apprendre à connaitre le judaïsme en entrant en dialogue avec l’autre. «Le dialogue peut être un outil puissant pour combattre les préjugés et favoriser la reconnaissance de la dignité humaine», note-t-il.

La «cruauté indicible» que représente la Shoah doit continuer à être évoquée et condamnée, afin qu’elle reste un «souvenir vivant». Le représentant du Saint-Siège souligne en outre l’importance d’un souvenir «sincère» et de la préservation d’une «mémoire véridique de l’Holocauste» surtout, précise-t-il,  avec le temps qui passe.

Mise en garde contre les réseaux sociaux

«Au fur et à mesure, des distorsions, dont le négationnisme et le révisionnisme, apparaissent et déforment l’importance du souvenir de cet événement horrible, tant pour les individus que pour les groupes. Ces distorsions permettent à la menace de l’antisémitisme de rôder en Europe et ailleurs » déplore le représentant du Saint-Siège à l’OSCE.  Soulignons  que le 20 janvier dernier, les chefs des diplomaties allemande et israélienne s’inquiétaient également de la monté « dramatique » du négationnisme dans le monde alors que l’Assemblée générale des Nations unies adoptait une résolution appelant tous les États à lutter contre la négation de l’Holocauste et l’antisémitisme.

Le prélat a mis en garde contre les réseaux sociaux, nouveaux vecteurs de négationnisme et de révisionnisme: «Malheureusement, la désinformation sur l’Holocauste trouve de nouveaux moyens d’émerger, y compris sur les réseaux sociaux, et gagne du terrain, ce qui aura un effet délétère sur les individus et les institutions».

10 actes antisémites par jour selon un rapport

Un rapport publié lundi 24 janvier par l’Agence juive et l’Organisation sioniste mondiale parlait d’une augmentation spectaculaire du nombre de conspirations antisémites y étant publiées. L’AFP se fait écho d’une enquête sur les réseaux sociaux entre 2020 et 2021 qui a révélé plus de 60 millions de liens établis entre la Shoah et a Covid-19, en majorité en anglais, hébreu et espagnol. Ce jeudi, pour lutter contrer le négationnisme en ligne, l’Unesco et le Congrès juif mondial ont annoncé avoir noué un partenariat avec le réseau social TikTok où 17% des contenus posté ayant trait à cette question nie ou déforme l’Holocauste. Les utilisateurs s’intéressant au sujet verront désormais apparaître «en tête de leurs résultats de recherches une bannière les invitant à visiter le site du CJM et de l’Unesco: www.aboutholocaust.org», a fait savoir l’agence onusienne dans un communiqué.

Le conspirationniste, le négationnisme ou la banalisation des crimes contre l’humanité commis par les nazis ne sont pas sans conséquences. Les actes à motifs antisémites ont atteint leur plus haut niveau en dix ans avec plus de dix incidents par jours, selon l’Agence juive et l’Organisation sioniste mondiale.

Près de 50% de ces actes se sont produits en Europe, près de 30% aux Etats Unis. Il s’agit essentiellement de destructions, d’actes de vandalisme, de profanations. Les agressions physiques ou verbales représenteraient moins de du tiers des incidents enregistrés estime les auteurs du rapport.

Aujourd’hui, le Saint-Siège par la voix de son représentant à l’OSCE  invite enfin à s’opposer «fermement» et «sans équivoque» à l’antisémitisme, sous toutes ses formes et manifestations, et à tout ce qui peut y conduire.

 

 
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Source: vatican/news
 
 
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