Auteur/autrice : René Levy

CHRONIQUE Michel Zerbib pour RADIO J 13 NOVEMBRE NUMERO 18. Quand le sort s’acharne, une audience à pleurer

Ilana Ferhadian.

Hier Michel vous nous racontiez les témoignages de spectateurs retenus en otage au Bataclan par les terroristes Aggad et Mostefai, entre terreur et discussions surréalistes avant l’assaut de la BRI. Ce mercredi 20 octobre, la Cour a entendu encore des récits de survivants et de familles de victimes ; des témoignages insoutenables mais parfois dits avec une forme d’humour étonnante.

Michel ZERBIB

Oui Ilana un humour ici <<politesse du désespoir >> comme dit l’aphorisme et qui essaye de mettre à distance (si c’est possible) la description de l’horreur. Plusieurs témoins en ont fait montre dans ce procès si dur dans cette phase fondamentale qu’est le témoignage. Des petits moments de respiration alors que les récits nous coupent littéralement le souffle.
C’est le cas de celui de Hans , veste kaki et cheveux longs, 43 ans à l’époque, qui veut témoigner << pour tous ces fantômes qui hantent cette nuit du  13 novembre 2015, au concert des Eagles of Death Metal avec sa compagne  Lou, rencontrée quelques mois auparavant.

Ce couple se trouvait dans la fosse quand les trois terroristes ont pénétré dans le Bataclan.
Hans se souvient très bien des << pétarades et de cette silhouette en ombre chinoise d’un homme qui tenait une arme . Il ressent très vite une douleur qui le fait tomber au sol. Il est tombé sur une femme qui était déjà morte :<< ce qui m’a frappé, c’est la quantité de sang qui coulait … comment était-ce possible ? >> Mais il comprend qu’il ne faut pas bouger. Faire le mort comme l’ont raconté plusieurs survivants. Mais il ne sait pas où est Lou.


Hans essaie de supporter cette douleur qui lui irradie le corps, il tente de se comprimer contre le corps de cette femme et empêcher son propre sang de couler.

Quelques minutes plus tard, le terroriste Amimour fait exploser son gilet . Hans se souvient de << cette myriade de confettis qui retombaient …c’était assez joli. En fait, c’était répugnant >> admet-il. Mais attention le pire est à venir ! Certains spectateurs en profitent pour s’échapper de la salle. << Une tête est alors tombée sur mes pieds, ça ajoutait de l’inconfort à ma situation >> lâche-t-il avec un humour très anglais et puis carrément noir lorsqu’il poursuit << mes gestes étaient lents. J’essayais de faire rouler cette tête entre mes pieds >>
 Hans se demande ou sont ces blessures son << corps commençait à le lâcher … des épanchements à l’intérieur de moi … J’ai froid … je comprends que je commence à partir.>> Drôlement encore il dit << tout le monde se demande ce que ça fait de mourir. Pour moi c’était médiocre. Je n’ai pas vu de lumière au bout du tunnel. J’ai pensé à personne, j’avais juste froid >>

Les policiers arrivent enfin à l’intérieur et le transporte dehors. << une balle est entrée par la hanche, a démoli la rate puis s’est logée dans le poumon >> raconte encore Hans qui est un miraculé car une autre balle lui a touché le crâne ! Il a d’autres cicatrices mais il ne sait pas ce c’est >> Et Lou sa compagne ? Par chance, elle est sortie saine et sauve et c’est elle qui est à son chevet à l’hôpital puis dans les mois de rééducation. Mais ils ont survécu et peuvent aujourd’hui se réapproprier la rue. Vivants !

Ilana Ferhadian.

le récit d’une rescapée qui souffre d’une amnésie presque totale des attentats a été parmi d’autres un moment fort

Michel ZERBIB

Dominique a 47 ans. << je n’ai aucune violence envers les accusés car je ne veux pas m’abaisser à penser comme Daesh >> dit-elle d’emblée. C’est donc cette femme qui tente de reconstituer face aux juges les événements de sa mémoire traumatisée. Elle est de petite taille et elle n’est donc pas aller dans la fosse durant le concert << Quoi tient une vie ? c’est peut-être ma taille qui m’a sauvée >> En revanche sa mémoire n’a pas oublié le bruit terrible des kalachnikovs << je me sens piégée, je suis au sol, je ne vois rien >> Elle pense aux attentats de janvier, elle est désespérée << ce n’est pas de la peur, c’est au-delà. Elle va mourir sans pouvoir rien faire.
Dominique ne se souvient pas comment elle a pu s’échapper. Elle est ratée de longs mois en état de sidération << J’ai l’impression d’être restée là-bas, piégée par terre >> Mais ils ne l’ont pas eue et elle est libre << soyez heureux >> conclue-t-elle. On va essayer …

Ilana Ferhadian.

Pas facile Michel avec le récit qui va suivre, une mère qui a perdu son fils à 24 ans

Michel ZERBIB

 Non pas vraiment avec la photo de Pilomène et de son fils Baptiste souriants, projetée à la Cour. Cette femme encore jeune, à la coupe courte et aux lunettes veut raconter le parcours de son fils doux, solaire, à qui tout réussissait, jusqu’à ce terrible soir du concert, un cadeau de sa sœur. << sa vie c’est la mienne, sa mort c’est aussi la mienne >>Ce soir-là Philomene veut se rassurer << sur 1500 personnes, ce n’est pas possible qu’il soit dedans >> Cette nuit sera longue entre espoir et désespoir. C’est la petite amie de son fils qui lui annonce sa mort.

Philomène passera rapidement sur l’institut médicolégal et son manque d’humanité. Comme d’autres parents en deuil, elle a voulu savoir quels furent les derniers instants de son fils << j’ai attendu des mois avant de savoir comment était mort Baptiste, s’il avait souffert, s’il avait eu le temps d’avoir peur … >> Elle a tout lu, tout regardé pendant des mois. Aujourd’hui elle dit à la barre << que son fils a presque eu de la chance de mourir tout de suite, apparemment sans souffrir. En revanche, pour elle, six ans après la plaie est béante.


Tatiana témoigne pour sa grande sœur Precilia, assassinée avec son compagnon
. << partie dans la plus grande barbarie et sans doute seule >> Ses deux enfants qui lui permettent << d’avancer dans ce deuil >> ont comme second prénom celui de leur tante assassinée.
<< il faudra un jour que je trouve les mots pour leur expliquer dans quelle violence leur tante a disparu >>
Son père, lui, est mort de chagrin raconte-t-elle dans son récit qui a fait pleurer la salle.
Tatiana est poursuivi par le sort. Elle s’est retrouvée à nouveau dénaturée un attentat islamiste << j’habite dans la rue de l’école de Samuel Paty >> Son fils est scolarisé dans l’école du professeur décapité …

MICHEL ZERBIB

Mon interview par Radio Chalom Nitsan le 7 octobre 2021 par Véronique Chemla

 

J’ai été interviewée sur Radio Chalom Nitsan (RCN) le 7 octobre 2021 à 11 h, dans le cadre d’Israël d’hier et d’aujourd’huiémission animée par André Barmo’ha, sur le procès des attentats terroristes islamistes du 13 novembre 2015 à Paris et à Saint-Denis – antisémitisme de l’attentat au Bataclan occulté, accueil souvent incompris des premières déclarations du terroriste islamiste Salah Abdeslam -. Par manque de temps, je n’ai pas pu évoquer le livre d’Eric Zemmour « La France n’a pas dit son dernier mot ». Gentiment, André Barmo’ha m’invitera le 14 octobre 2021 pour que nous évoquions ce livre intéressant à la lecture stimulante.

« Il y a mille façons d’informer. Il n’y en a qu’une pour dire la vérité »… Radio Chalom Nitsan émet de Nice. Cette “radio de la communauté Juive de la Côte d’Azur” dispose d’un site Internet, d’un compte Facebook, et d’une chaine Youtube

 

Attentat au Bataclan

Le 13 novembre 2015, des commandos terroristes islamistes ont commis, au nom de l’Etat islamique (ISIL, ISIS ou Daech), des attentatsprès du Stade de France à Saint-Denis, et à Paris aux terrasses de café ainsi qu’au Bataclan. Ils ont tué 130 personnes, dont 90 dans cette salle de spectacles. Le procès de ces attentats, où comparaîtront 20 accusés, a débuté le 8 septembre 2021 et devrait s’achever le 25 mai 2022. 

La principale cible des terroristes s’avère le Bataclan, lieu de spectacles menacé par les islamistes pour son accueil de soirées en solidarité avec l’Etat Juif et dont les propriétaires étaient jusque récemment des Français Juifs. Une salle de spectacles recevant ce 13 novembre 2015 le groupe américain de rock Eagles of Death Metal qui venait de se produire en Israël, malgré les appels au boycott

Tous ces faits prouvent que l’antisémitisme caractérise ces attentats. L’Etat islamique (ISIS) vise à terroriser les Occidentaux, les kouffars, les Yaoud, probablement aussi à réduire le chiffre d’affaires des entreprises détenues par des Français Juifs, à les marginaliser dans la  société française, à ce qu’ils soient évités, boycottés par leurs concitoyens, et in fine à ce qu’ils quittent la France. Car ISIS a bien conscience que les Français juifs sont les plus ardents défenseurs de la république, de la démocratie, de la France.

Le 13 novembre 2017, lors de l’émission Les Grandes Gueules sur RMC, Alain Marsaud, ancien chef du service central de lutte antiterroriste au parquet de Paris, a déclaré : “Nous avons un enregistrement complet de ce qui s’est passé au Bataclan… Les terroristes du Bataclan disaient, avant d’assassiner, de tirer au coup par coup : “Tiens espèce de sale juif’ !” Chez ces gens venus de Molenbeek ou passés par le circuit Grèce, on a un antisémitisme latent aussi dans l’affaire du Bataclan. Il n’y a pas que l’Hypercacher”.

Le procès de ces attentats, où comparaîtront 20 accusés, s’ouvrira le 8 septembre 2021 et devrait s’achever le 25 mai 2022. “Durant neuf mois, le plus long procès jamais organisé en France va se tenir à Paris. Voici les principaux chiffresà connaître sur cette longue séquence judiciaire.

–  Neuf mois, 140 jours d’audience : de l’ouverture du 8 septembre au verdict du 25 mai, le procès va s’étaler sur neuf mois, avec une coupure autour de l’anniversaire des attentats.

1 800 parties civiles, 330 avocats : les victimes survivantes et les proches des 130 morts qui se sont constitués partie civile seront présentes et représentées, comme plusieurs associations de victimes. Une trentaine d’avocats défendront les accusés.

20 accusés : de Salah Abdeslam, seul survivant des commandos, à Mohammed Abrini, 20 hommes sont cités à comparaître. 14 seront présents au procès, cinq étant présumés morts en Syrie et un autre étant détenu en Turquie, ayant refusé l’extradition.

542 tomes de procédure : l’enquête menée par les juges d’instruction du parquet national antiterroriste, qui a abouti à l’acte d’accusation, condense un million de pages.

Trois avocats généraux : le parquet national antiterroriste a mobilisé trois magistrats pour assurer les fonctions du ministère public. La cour d’assises spéciale sera dirigée par un président de la chambre à la Cour d’appel de Paris, Jean-Louis Peries.

7,5 millions d’euros : c’est le prix des travaux nécessaires à la construction de la salle d’audience conçue spécialement à l’intérieur du palais de justice de l’Île de la Cité. En plus de la salle principale, 14 salles annexes ont été aménagées pour accueillir les avocats, les parties civiles et les journalistes attendus. Au total, elle accueille 2 000 personnes.”

« Nos années de plomb – Du Caire au Bataclan : Autopsie d’un désastre » est une enquête minutieuse de Philippe Cohen-Grillet sur l’attentat du 22 février 2009 au Caire (Egypte) qui a causé la mort de Cécile Vannier, lycéenne de 17 ans et blessé 24 autres personnes. Accablant pour des autorités politiques, des magistrats et des médias français.

Après les attentats terroristes islamistes du 13 novembre 2015 à Paris et à Saint-Denis, Philippe Cohen-Grillet, journaliste, révélait dans Le Canard enchaîné que, « malgré le déni et les mensonges du gouvernement, la justice française était au courant de menaces contre le Bataclan depuis 2009, et que rien n’avait été fait ». Ni information des propriétaires de la salle de concerts, ni protection policière du lieu, ni recherche des plans du bâtiment. Pourquoi ?

Occultations d’informations et mensonges à la famille de Cécile Vannier, indifférence de médias à l’égard de cet attentat, diplomatie française peu claire… Philippe Cohen-Grillet brosse un tableau effrayant d’une France cible du terrorisme islamiste, ainsi que de magistrats et agents du renseignement irresponsables.

Le 27 novembre 2015, François Hollande, alors Président de la République, a prononcé un discours unitaire en hommage aux victimes des attentats du 13 novembre 2015. Il a affirmé que la France avait été frappée pour ce qu’elle était et que la Nation pleurait les victimes :

« La France « a été frappée lâchement, dans un acte de guerre organisé de loin et froidement exécuté. Une horde d’assassins a tué 130 des nôtres et en a blessé des centaines, au nom d’une cause folle et d’un dieu trahi. Aujourd’hui, la Nation tout entière, ses forces vives, pleurent les victimes. 130 noms, 130 vies arrachées, 130 destins fauchés, 130 rires que l’on n’entendra plus, 130 voix qui à jamais se sont tues. Ces femmes, ces hommes, incarnaient le bonheur de vivre. C’est parce qu’ils étaient la vie qu’ils ont été tués. C’est parce qu’ils étaient la France qu’ils ont été abattus. C’est parce qu’ils étaient la liberté qu’ils ont été massacrés ».

Le Chef de l’Etat a ainsi occulté le caractère antisémite de l’attentat au Bataclan.

Donc l’instruction a été menée pendant des années sans ce grief d’antisémitisme.

“La recevabilité des demandes de personnes morales, dont également les villes de Paris et Saint-Denis ou encore des sociétés propriétaires de cafés et restaurants [ainsi que le Bataclan] attaqués par les djihadistes était au cœur de l’audience, ce lundi 4 octobre 2021, au procès des attentats dans la capitale. « Il n’y a pas eu de procès Charlie Hebdo sans l’hebdomadaire Charlie Hebdo. Il ne peut y avoir le procès des attentats du 13-Novembre sans le Bataclan. » Me Marie Burguburu estime « incompréhensible » la position du ministère public, qui conteste la constitution de partie civile de la société d’exploitation des spectacles Bataclan.”

« Nous ne disons pas que le Bataclan et d’autres ne sont pas des victimes des attentats, a précisé l’avocat général Nicolas Braconnay. Nous ne contestons pas d’ailleurs leur nécessaire indemnisation par le biais d’assurances ou d’aides publiques. »

“Mais selon le parquet national antiterroriste, pour qu’une « constitution de partie civile soit recevable, il faut un préjudice personnel et direct en lien avec l’infraction et les faits poursuivis ». Or « seule une personne physique peut être une victime directe de meurtre ou de tentative de meurtre », ajoute-t-il, s’appuyant notamment sur une décision de 2019 de la Cour de cassation, qui a rejeté la constitution de partie civile de la ville de Nice dans l’enquête sur l’attentat du 14 juillet 2016.

« Soutenir que le Bataclan n’aurait subi qu’un préjudice indirect est une aberration », rétorque Marie Burguburu. L’avocate de la société d’exploitation du Bataclan souligne que ce lieu « intimement lié au 13-Novembre », où quatre-vingt-dix personnes ont été tuées, a été une « cible choisie, préméditée ». “Elle rappelle aussi que la « SNCF a été jugée recevable » au procès de l’attaque déjouée du Thalys en août 2015. « Refuser au Bataclan le droit au procès pénal s’apparenterait à un déni de justice, politiquement à un scandale et humainement à un mépris et un non-sens. »

“Concernant Paris, le ministère public estime « que la ville a été prise pour cible en qualité de capitale. C’est la politique française qui est visée. C’est François Hollande. Pas Anne Hidalgo ». La Ville ne s’est « pas constituée à chaque attentat sur son territoire, réplique son avocat, Me Patrick Klugman. Elle le fait ici parce qu’elle a été spécifiquement ciblée et directement éprouvée […] ». La cour d’assises spéciale va délibérer « au calme » sur ces demandes de constitutions de parties civiles, a annoncé le président, sans préciser toutefois quand la décision sera rendue”.

Le 15 septembre 2021, Salah Abdeslam, seul survivant des commandos du 13-Novembre 2015, « a tenté de justifier les attentats de Paris devant la cour d’assises spéciale de Paris, où il était invité, comme les treize autres accusés, à faire une déclaration sur les faits qui lui sont reprochés. “On a attaqué la France, on a visé la population, des civils mais il n’y avait rien de personnel. Quand on a visé ces gens-là, on a visé la France et rien d’autre. Quand François Hollande a pris la décision d’attaquer l’État Islamique, il savait que sa décision comportait des risques. Il savait qu’en prenant cette décision, des Français allaient trouver la mort”, a déclaré Salah Abdeslam, masque noir baissé sur sa barbe.

« Et de poursuivre, en reprenant les codes de la propagande jihadiste : “Les avions français qui bombardent l’État islamique ne font pas de distinctions entre les hommes, les femmes, les enfants, ils détruisent tout sur leur passage. On a voulu que la France subisse la même douleur que nous subissons. François Hollande a dit que nous avons combattu la France à cause de ses valeurs, mais c’est un mensonge.” 

Comme les attentats terroristes islamistes à Mumbai (nouvelle dénomination de Bombay), “capitale financière et plus grande ville de l’Inde. du 26 au 29 novembre 2008, les attentats du 13 novembre 2015 ont visé plusieurs lieux, dont l’un d’eux est Juif : le centre ‘Habad-Loubavitch à Nariman House dirigé par où le rabbin Gavriel Holtzberg et son épouse Rivka, émissaires (« chlou’him ») du Rabbi de Loubavitch et directeurs du Centre et d’autres personnes sont torturés et assassinés. A Paris, ce lieu perçu comme juif était le Bataclan qui avait accueilli des soirées organisées par des associations françaises juives. Ainsi, le Collectif contre les extrémismes, de droite et de gauche, avait organisé une réunion le 5 juin 2002 au Bataclan. Des intellectuels – Pierre-André Taguieff, Shmuel Trigano, Jacques Tarnero, Marc Knobel et Me Gilles-William Goldnadel – avaient signalé la gravité pour la République et les Juifs d’une situation propice aux ennemis de la démocratie. Répondant à un questionnaire, les candidats – Cap 21, MDC, PS, RPR, UDF – aux élections législatives se sont parfois engagés devant un auditoire houleux.

Des services de sécurité de divers pays avaient tiré les conclusions des attentats à Mumbai en prévoyant la réponse à une éventuelle situation identique dans leur pays.

Le 6 octobre 2021, René Lévy, président de l’Observatoire Juif de France, m’a confié envisager, si un fait nouveau apparaît lors du procès, de se constituer partie civile.

Le 8 septembre 2021, entièrement vêtu de noir – Salah Abdeslam “a été invité à décliner son identité à l’ouverture de l’audience. Il s’est présenté comme “un combattant de l’Etat islamique”. “La salle, remplie d’avocats et de quelques dizaines de parties civiles, frémit“. « Tout d’abord, je voudrais témoigner qu’il n’y a d’autre Dieu qu’Allah et que Mahomet est son messager. » « On verra ça plus tard », répond Jean-Louis Periès, président de la Cour d’assises. Les noms de ses père et mère ? Ils n’ont « rien à faire ici ». Le président les cite à sa place. Sa profession ? « J’ai délaissé ma profession pour devenir un soldat de Dieu. » « J’avais “profession : intérim” », reprend Jean-Louis Périès. Salah Abdeslam a répété : “J’ai délaissé toute profession pour devenir un combattant de l’État islamique”.

Et il a ajouté : « Vous êtes bien, ici, vous avez des écrans plats, l’air conditionné, mais nous, on est comme des chiens. Ça fait six ans que je suis traité comme un chien. Je ne me suis jamais plaint, parce que je sais que je vais ressusciter, et que vous allez rendre des comptes. » « Monsieur Abdeslam, là, on est sur un autre registre, répond très calmement le président Jean-Louis Péries. Nous ne sommes pas dans un tribunal ecclésiastique, ici, mais dans un tribunal démocratique. »

“Marie-Claude Desjeux, présidente de la Fenvac (Fédération nationale des victimes d’attentats et d’accidents collectifs), se dit surprise de la volubilité de Salah Abdeslam après tant d’années de mutisme. « C’est glaçant pour les proches des victimes, cela donne le ton du procès, mais faut-il y accorder tant d’intérêt ? » 

“Thierry, rescapé du Bataclan, fait partie des rares parties civiles à vouloir parler aux médias. Il rapporte devant micros et caméras l’émotion qu’il a perçue autour de lui, dans la salle d’audience principale, lorsque Salah Abdeslam a énoncé la profession de foi islamique. Pour Thierry, Abdeslam a voulu « faire le mariole ».

Le Président Jean-Louis Périès “se lance dans un propos liminaire. Il sait toute la charge qui repose sur lui, il sait surtout les attentes placées dans cette audience prévue pour s’étirer pendant près de neuf mois. « Ce procès est qualifié d’historique et d’hors norme, débute-t-il la voix claire. Historique, il l’est certainement, car les faits que nous allons examiner sont déjà inscrits indubitablement par leur intensité dans les événements nationaux et internationaux de ce siècle. Hors norme, il l’est aussi par le nombre des intervenants, le nombre de victimes, le nombre de parties civiles et de conseils, le nombre de témoins à la barre et les moyens dévolus par l’État. »

“Mais ce magistrat expérimenté, qui prendra sa retraite à l’issue du procès, prévient immédiatement : « L’essence même du procès criminel, c’est le respect de la norme, l’application de la procédure pénale et le respect des droits de chacun à commencer par les droits de la défense ». Jean-Louis Périès a donc un impératif : « intégrer aussitôt la norme » dans ce procès qui explose tous les superlatifs. « Notre cour d’assises a pour fonction d’examiner les charges à l’encontre de chacun des accusés et d’en tirer toutes les conséquences sur le plan pénal après avoir entendu les paroles de chacun. (…) Il faut garder ce cap, de façon à maintenir la justice dans sa dignité. Je sais faire confiance à chacun d’entre vous. »

Pour le journaliste et essayiste Eric Zemmour interviewé sur CNews le 9 septembre 2021, Salah Abdeslam « n’est pas un provocateur. Il exprime ce qu’il est. Il tient un double discours. Premier discours à destination de nous, médias occidentaux : le discours victimaire habituel. En réalité, c’est une prison quatre étoiles : il a sa propre salle de sports, tout cela pour qu’il n’ait pas de contact soi-disant avec les autres et qu’il ne puisse pas les “radicaliser” comme on dit dans le jargon imbécile de notre époque. Mais il a quand même des contacts avec les autres pour faire du prosélytisme. [Deuxième discours], il y a les propos d’un musulman impeccable. Dans le Coran, il est dit qu’il faut imiter Mahomet, le “beau modèle” qui est à la fois un prophète et un chef de guerre, un combattant, un type qui va faire couper la tête à ses ennemis… Il annonce la parole divine et un combattant. Quand on est un bon musulman, on imite ce “beau modèle”. Abdeslam se sent comme le meilleur musulman du monde puisqu’il a imité en tout ce que l’on raconte de la vie de Mahomet… Il le dit. Il y a un décalage entre notre regard sur la religion, en particulier sur la religion islamique parce que la plupart des Occidentaux et des observateurs sont des ignorants : ils n’ont pas lu le Coran, ils voient l’islam comme une espèce de christianisme oriental pour les Arabes… Quand on dit la différence, ils vous insultent et vous disent que vous êtes anti-musulman. Je préfère discuter avec des musulmans qui connaissent leur religion ». 

“La 3e journée du “procès du siècle”, ce vendredi 10 septembre, sera consacrée à l’appel des témoins ainsi qu’à la lecture du rapport. Une audience perturbée, la veille, une nouvelle fois par les mots du principal accusé, Salah Abdeslam, qui, sans en avoir eu la permission, a plusieurs fois pris la parole. Une première fois pour dédouaner ses co-accusés, puis en expliquant qu’il y avait aussi des victimes en Syrie et en Irak et qu’elles n’auraient pas la parole lors de ce procès.”

“Un comportement qui pose la question de l’attitude à adopter à son égard. Faut-il le laisser chaque jour se mettre en scène, ou bien se montrer plus ferme ? Philippe Duperron, dont le fils Thomas est mort au Bataclan, est pour la seconde option : “Il y a un vrai débat de fond qui se pose, et la police de l’audience est très difficile à assurer. Le président (du tribunal) Périès conserve une main ferme et essaye d’endiguer la logorrhée de Salah Abdelslam. C’est un vrai problème”.

“Celui qui s’est constitué partie civile ne veut pas voir l’accusé “prendre le lead sur le procès” et, à l’inverse, souhaite que celui-ci “retrouve sa place dans le box”. “Il faut absolument le recadrer”, assène-t-il.”

Michael Grynszpan. Leçon d’humilité. Emmanuel Moreno z.l.

Michael Grynszpan

Leçon d’humilité. Emmanuel Moreno z.l. Ce nom ne vous dit peut-être rien, et pourtant : Emmanuel Moreno était considéré comme étant le meilleur soldat de Tsahal.

Né en France, sa famille a fait l’alyah lorsqu’il avait un an. Il a été tué lors de la seconde guerre du Liban, il y a quinze ans exactement. Il était officier dans le célèbre commando d’élite Sayeret Matkal et remplissait les missions les plus dangereuses derrière les lignes ennemies avec un courage physique et psychique inégalé.

Brillant aussi dans ses études, il avait appris l’arabe qu’il parlait couramment.

Ses nombreux exploits sont toujours tenus secrets et même son visage nous reste inconnu puisqu’aucune photo de lui ne peut être publiée, même après sa mort, parce que ses missions sont toujours classées secret défense et cela risquerait de mettre en danger d’autres personnes impliquées.

Je devine que certains d’entre vous ne vont pas résister à la tentation de chercher sur Google. Sachez que la photo que vous trouverez n’est pas celle d’Emmanuel Moreno mais celle du premier ministre Naftali Bennet qui l’a bien connu lorsqu’il était à l’armée et qui parle souvent de lui avec émotion. Certains ont comparé Emmanuel Moreno à Bar Kokhba, le grand combattant juif contre les romains, on n’en aurait depuis pas connu d’autres de ce niveau.

Des dizaines d’opérations de commando qu’il a menées, deux seulement ont été divulguées : on sait ainsi qu’il a enlevé le chef d’Amal, Mustafa Dirani, dans sa maison au Liban pour l’amener se faire juger en Israël.

Et malgré toutes ces qualités, tous ceux qui l’ont connu témoignent qu’il était particulièrement humble. J’avais d’abord écrit qu’il était “le plus humble de tous les hommes” mais j’ai corrigé car cette expression est traditionnellement réservée à Moïse. Cela montre à quel point cette valeur d’humilité est centrale dans le peuple juif : le plus grand des prophètes et le plus grand des soldats d’Israël étaient aussi les plus humbles…

On dit qu’en entrant dans une salle de cours ou dans un restaurant où se trouvait Emmanuel Moreno, on ne pouvait pas deviner qui il était, tant il se fondait parmi les autres, un simple homme parmi les autres qui ne faisait pas un grand cas du fait d’être un héros.

L’humilité n’est pas très à la mode (mais l’a-t-elle jamais été ?)… Nous vivons le règne du selfie. Dans tous les pays les nouvelles idoles sont celles qui font du bruit et passent sur les plateaux TV, en particulier les “stars” des émissions de TV réalité. Sans parler de tous ces génies du clavier expliquant sur Facebook qu’ils savent mieux que les Professeurs qui ont consacré leur vie à la recherche.

J’ai rencontré le père d’Emmanuel, Ilan Moreno, et je lui ai fait part de mon admiration pour son fils. Je lui ai dit que cela fait du bien de savoir qu’il existe aussi des hommes d’exception comme Emmanuel Moreno – courageux, désintéressés et idéalistes. Surtout qu’en lisant la presse en Israël, on n’entend parler que de corruption, de petites magouilles ou de politique politicienne. Ilan Moreno m’a répondu ceci : “Si tu prends un bus en Israël, n’importe quel bus, ne regarde pas les petites choses, tel jeune qui aurait bousculé sans demander pardon, ou bien telle dame qui parle fort au téléphone… Sache que la moitié des gens dans ce bus, qui sont des gens simples, sont peut-être des héros. Il y a ceux qui travaillent peut-être pour un service de renseignement et mettent leur vie en danger sans que personne ne le sache, il y a ces personnes âgées qui ont survécu à la Shoah en ayant vu leurs proches mourir devant eux, il y a des hommes qui ont traversé des déserts à pieds pour venir vivre ici, ceux qui ont été blessés dans des guerres ou des attentats, ceux qui ont quitté toutes leurs propriétés dans certains pays arabes et sont repartis à zéro, il y a ce jeune qui s’entraîne tous les jours pour accomplir son rêve d’intégrer un jour une Unité de Combat, ceux qui travaillent dans deux ou trois postes pour nourrir leur famille et trouvent en plus le temps de faire du volontariat dans les hôpitaux… Il y a beaucoup plus de héros au quotidien qu’on ne le croit. Parce qu’on ne les voit pas”.

Je pense souvent à cette leçon d’Ilan Moreno, je tenais à vous en faire part. Emmanuel Moreno z.l. a du grandir avec ces valeurs familiales. Un peu plus d’humilité, un peu plus de bienveillance dans nos jugements des autres au quotidien.

© Michael Grynszpan


Michael Grynszpan est réalisateur de films documentaires et journaliste. Il a travaillé pour des chaines internationales et israéliennes. Né à Paris, il habite depuis plus de vingt ans à Tel Aviv. Parmi ses réalisations:  The Forgotten Refugees,  sur l’histoire des Juifs dans le monde arabe, a été primé et diffusé à l’international mais encore projeté à l’ONU et au Congrès américain. A son actif: “Descendants de nazis : l’héritage infernal” pour France 3, un film sur les descendants de nazis qui ont décidé de se convertir au Judaïsme et parfois d’aller habiter en Israël. “Monsieur Chouchani – Mister Shoshani – מר שושני”, maître d’Elie Wiesel et d’Emmanuel Levinas.

Frères musulmans: la Belgique dans le déni

Ihsane Haouach, une Commissaire pour l’Égalité Hommes-Femmes douteuse

 

 
Frères musulmans: la Belgique dans le déni
En Belgique, Ihsane Haouach (photo) a démissionné le 9 juillet 2021. Le jour de sa démission, la presse a relayé des informations émanant de la Sûreté de l’État qui feraient état de liens potentiels entre elle et les Frères musulmans. Image: capture d’écran YouTube.

Alors que l’Autriche, par exemple, a interdit les slogans et la littérature des Frères musulmans, l’affaire Haouach souligne la mansuétude dont la confrérie islamiste bénéficie en Belgique. Chez nos voisins, on préfère plutôt se cacher la tête dans le sable qu’alimenter l’extrême-droite ! Récit.


L’écologisme – l’idéologie écologiste à relents sectaires qui est en train de s’étendre en Europe sous prétexte de protection de la Nature et de lutte contre le dérèglement climatique – qui sévit en Belgique a tout à voir avec celui qui règne en France. Il y subit le même type de dérives. En Belgique également, le parti ECOLO-GROEN pratique le clientélisme communautariste sans garde-fous, allant bien plus loin que les autres partis de gauche, notamment le Parti socialiste wallon que la tradition laïque et l’ancrage franc-maçon obligent tout de même à ne pas dépasser certaines limites.

Une femme musulmane voilée et diplômée est pour les écolos belges comme le chiffon rouge agité devant le taureau. Ils perdent tout repère et toute précaution, seul compte le combat contre les discriminations qui, dans ce cas, remplit au moins deux cases du néoprogressisme contemporain : la lutte contre l’islamophobie et contre le machisme. 

 

C’est ainsi que les écologistes belges,  qui détiennent notamment le portefeuille de secrétaire d’État à l’Égalité des genres, à l’Égalité des chances et à la Diversité dans le gouvernement d’Alexander De Croo, ont proposé récemment Ihsane Haouach au poste de Commissaire pour l’Égalité Hommes-Femmes. 

Talents issus de la diversité

La politique de la coalition actuellement au pouvoir en Belgique (socialistes-libéraux-écologistes) mise clairement (et légitimement) sur la mise en avant de « talents » issus de la diversité. Diplômée de la prestigieuse Solvay Brussels School – Economics & Management, Ihsane Haouach remplissait les critères. En apparence, du moins. Car, tout d’abord, il ne saute pas directement aux yeux qu’une femme voilée (on parle aujourd’hui de « foulard » pour atténuer le caractère clairement patriarcal du voile islamique) puisse incarner la lutte pour l’égalité homme-femme… Cette nomination provoque donc des remous assez rapidement, car le voile de la nouvelle Commissaire rompt avec la tradition de « neutralité » (version belge de la laïcité) à ce type de poste garant de l’équilibre des institutions.

Le premier à s’émouvoir de la situation est le Mouvement réformateur (plus ou moins l’équivalent des Républicains, et qui fait partie de la coalition au pouvoir) qui a pourtant plus ou moins entériné préalablement cette nomination avec ses partenaires du gouvernement. Le directeur scientifique du centre d’études de ce parti, soulignera, lors de la première réunion du conseil d’administration, que le voile de Mme Haouach pose problème en réunion… L’intéressée crie assez vite dans Le Soir à « des attaques sexistes et racistes ». Mais plusieurs médias ressortent des déclarations plus que borderline d’Ihsane Haouach selon lesquelles, la neutralité devrait « s’adapter à l’évolution démographique » (lisez : la lente islamisation de certaines villes de Belgique). Elle s’y plaignait également que l’Islam n’est, hélas, pas suffisamment organisé en lobby. Militantisme plus que gênant. D’autant que ressort dans la presse une photographie la montrant lors d’un dîner en compagnie de personnes proches des Frères musulmans… Le député de gauche qui a commencé sa carrière de médecin à Handicap International, Georges Dallemagne (Centre démocratique humaniste, ex-démocratie chrétienne) monte au créneau également. L’opposition N-VA (nationalistes flamands)-CDH demande une audition de Mme Haouach à la Chambre des députés pour explication. 

Miscasting

Sa situation devenant vite intenable, Ihsane Haouach démissionne. Les écolos s’aperçoivent un peu tard de l’extraordinaire erreur de casting qu’avait constitué sa nomination. Le Premier ministre De Croo tiendra plus tard ces propos curieux : « Je préfère une femme voilée diplômée qui travaille plutôt que rester à la maison. » Les mères au foyer Bac+5 apprécieront…

Cette saga qui a occupé la « une » des journaux belges pendants quelques semaines, a toutefois un mérite : elle a permis de déterrer une note de la Sureté de l’Etat, très peu médiatisée côté francophone à propos de l’entrisme des Frères musulmans. Une confrérie au fonctionnement opaque dont la propension est, justement – comme le gouvernement belge ! – de recruter des musulmans diplômés et hautement éduqués. Cette note n’exclut d’ailleurs pas totalement l’appartenance de Mme Haouach aux Frères musulmans, mais précise qu’aucune preuve n’existe… Comme par définition, il s’agit d’une société secrète, le mystère reste entier. 

A lire aussi, Gerald Darmanin: “Certains acceptent la différence, mais ne veulent pas être minoritaires dans leur pays”

Alors que le gouvernement conservateur… écologiste (!) autrichien a carrément interdit les slogans et la littérature de la Confrérie, en Belgique,  surtout francophone, les médias préfèrent généralement mettre ce type de problème sous le tapis, histoire de ne pas réveiller une extrême-droite pourtant politiquement exsangue en Wallonie. Une stratégie totalement contre-productive, puisque ce type d’incident réveille justement la méfiance envers l’islam, au détriment des musulmans laïques intégrés.

Comme souvent, la vérité sort de la bouche de ces musulmans-là qui ne savent que trop bien le danger que l’islamisme fait peser sur beaucoup de pays du Maghreb et du Moyen-Orient. C’est ainsi qu’un collectif, emmené par Malika Akhdim, militante féministe et laïque et l’humoriste Sam Touzani, a rappelé dans une tribune du Vif-l’Express la dangerosité de ce mouvement frériste encore trop peu documenté en Belgique, regrettant qu’il ne soit pas pris suffisamment au sérieux. Il faut dire que quiconque s’y intéresse de près doit vite se résoudre à vivre sous protection policière. Mohamed Sifaoui, qui dissèque l’entrisme des « Frères » en France dans son récent ouvrage Takiyya, peut en témoigner.

Frères musulmans: la Belgique dans le déni

Ihsane Haouach, une Commissaire pour l’Égalité Hommes-Femmes douteuse

 

 
Frères musulmans: la Belgique dans le déni
En Belgique, Ihsane Haouach (photo) a démissionné le 9 juillet 2021. Le jour de sa démission, la presse a relayé des informations émanant de la Sûreté de l’État qui feraient état de liens potentiels entre elle et les Frères musulmans. Image: capture d’écran YouTube.

Alors que l’Autriche, par exemple, a interdit les slogans et la littérature des Frères musulmans, l’affaire Haouach souligne la mansuétude dont la confrérie islamiste bénéficie en Belgique. Chez nos voisins, on préfère plutôt se cacher la tête dans le sable qu’alimenter l’extrême-droite ! Récit.


L’écologisme – l’idéologie écologiste à relents sectaires qui est en train de s’étendre en Europe sous prétexte de protection de la Nature et de lutte contre le dérèglement climatique – qui sévit en Belgique a tout à voir avec celui qui règne en France. Il y subit le même type de dérives. En Belgique également, le parti ECOLO-GROEN pratique le clientélisme communautariste sans garde-fous, allant bien plus loin que les autres partis de gauche, notamment le Parti socialiste wallon que la tradition laïque et l’ancrage franc-maçon obligent tout de même à ne pas dépasser certaines limites.

Une femme musulmane voilée et diplômée est pour les écolos belges comme le chiffon rouge agité devant le taureau. Ils perdent tout repère et toute précaution, seul compte le combat contre les discriminations qui, dans ce cas, remplit au moins deux cases du néoprogressisme contemporain : la lutte contre l’islamophobie et contre le machisme. 

 

C’est ainsi que les écologistes belges,  qui détiennent notamment le portefeuille de secrétaire d’État à l’Égalité des genres, à l’Égalité des chances et à la Diversité dans le gouvernement d’Alexander De Croo, ont proposé récemment Ihsane Haouach au poste de Commissaire pour l’Égalité Hommes-Femmes. 

Talents issus de la diversité

La politique de la coalition actuellement au pouvoir en Belgique (socialistes-libéraux-écologistes) mise clairement (et légitimement) sur la mise en avant de « talents » issus de la diversité. Diplômée de la prestigieuse Solvay Brussels School – Economics & Management, Ihsane Haouach remplissait les critères. En apparence, du moins. Car, tout d’abord, il ne saute pas directement aux yeux qu’une femme voilée (on parle aujourd’hui de « foulard » pour atténuer le caractère clairement patriarcal du voile islamique) puisse incarner la lutte pour l’égalité homme-femme… Cette nomination provoque donc des remous assez rapidement, car le voile de la nouvelle Commissaire rompt avec la tradition de « neutralité » (version belge de la laïcité) à ce type de poste garant de l’équilibre des institutions.

Le premier à s’émouvoir de la situation est le Mouvement réformateur (plus ou moins l’équivalent des Républicains, et qui fait partie de la coalition au pouvoir) qui a pourtant plus ou moins entériné préalablement cette nomination avec ses partenaires du gouvernement. Le directeur scientifique du centre d’études de ce parti, soulignera, lors de la première réunion du conseil d’administration, que le voile de Mme Haouach pose problème en réunion… L’intéressée crie assez vite dans Le Soir à « des attaques sexistes et racistes ». Mais plusieurs médias ressortent des déclarations plus que borderline d’Ihsane Haouach selon lesquelles, la neutralité devrait « s’adapter à l’évolution démographique » (lisez : la lente islamisation de certaines villes de Belgique). Elle s’y plaignait également que l’Islam n’est, hélas, pas suffisamment organisé en lobby. Militantisme plus que gênant. D’autant que ressort dans la presse une photographie la montrant lors d’un dîner en compagnie de personnes proches des Frères musulmans… Le député de gauche qui a commencé sa carrière de médecin à Handicap International, Georges Dallemagne (Centre démocratique humaniste, ex-démocratie chrétienne) monte au créneau également. L’opposition N-VA (nationalistes flamands)-CDH demande une audition de Mme Haouach à la Chambre des députés pour explication. 

Miscasting

Sa situation devenant vite intenable, Ihsane Haouach démissionne. Les écolos s’aperçoivent un peu tard de l’extraordinaire erreur de casting qu’avait constitué sa nomination. Le Premier ministre De Croo tiendra plus tard ces propos curieux : « Je préfère une femme voilée diplômée qui travaille plutôt que rester à la maison. » Les mères au foyer Bac+5 apprécieront…

Cette saga qui a occupé la « une » des journaux belges pendants quelques semaines, a toutefois un mérite : elle a permis de déterrer une note de la Sureté de l’Etat, très peu médiatisée côté francophone à propos de l’entrisme des Frères musulmans. Une confrérie au fonctionnement opaque dont la propension est, justement – comme le gouvernement belge ! – de recruter des musulmans diplômés et hautement éduqués. Cette note n’exclut d’ailleurs pas totalement l’appartenance de Mme Haouach aux Frères musulmans, mais précise qu’aucune preuve n’existe… Comme par définition, il s’agit d’une société secrète, le mystère reste entier. 

A lire aussi, Gerald Darmanin: “Certains acceptent la différence, mais ne veulent pas être minoritaires dans leur pays”

Alors que le gouvernement conservateur… écologiste (!) autrichien a carrément interdit les slogans et la littérature de la Confrérie, en Belgique,  surtout francophone, les médias préfèrent généralement mettre ce type de problème sous le tapis, histoire de ne pas réveiller une extrême-droite pourtant politiquement exsangue en Wallonie. Une stratégie totalement contre-productive, puisque ce type d’incident réveille justement la méfiance envers l’islam, au détriment des musulmans laïques intégrés.

Comme souvent, la vérité sort de la bouche de ces musulmans-là qui ne savent que trop bien le danger que l’islamisme fait peser sur beaucoup de pays du Maghreb et du Moyen-Orient. C’est ainsi qu’un collectif, emmené par Malika Akhdim, militante féministe et laïque et l’humoriste Sam Touzani, a rappelé dans une tribune du Vif-l’Express la dangerosité de ce mouvement frériste encore trop peu documenté en Belgique, regrettant qu’il ne soit pas pris suffisamment au sérieux. Il faut dire que quiconque s’y intéresse de près doit vite se résoudre à vivre sous protection policière. Mohamed Sifaoui, qui dissèque l’entrisme des « Frères » en France dans son récent ouvrage Takiyya, peut en témoigner.

Gantz à Paris – consécration de la coopération militaire et la consultation stratégique

Posted by Freddy Eytan on 7/29/21 • Categorized as Editorial pour LE CAPE DE JERUSALEM

Freddy Eytan

Benny Gantz, ancien chef d’état-major de Tsahal, homme politique très affable et cherchant le compromis, a réussi de dissiper les malentendus avec la France dans l’affaire d’espionnage Pegasus. Selon une enquête menée par un consortium de 17 médias dont Le Monde, Radio France, et Haaretz,les services de renseignement marocains auraient utilisé Pegasus à des fins de piratage ou de tentative de piratage des téléphones du président Macron. NSO avait rejeté catégoriquement les accusations, et les autorités marocaines ont déposé des plaintes de diffamation contre ces médias.

Gantz a affirmé qu’il prenait les allégations très au sérieux mais qu’Israël accordait des autorisations en matière de cyber sécurité uniquement dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et la criminalité.  

En règle général, le logiciel Pegasus doit obtenir le feu vert de l’Agence de contrôle des exportations militaires (DECA), qui dépend du ministère israélien de la Défense, pour être vendu à des pays tiers, au même titre que la vente d’armement.

NS0 est une entreprise israélienne privée dont certains consultants sont étrangers. L’un d’eux était ambassadeur de la France à Tel-Aviv…Gantz à Paris

(Twitter officiel de Benny Gantz)

Bien entendu, un contrôle plus efficace devrait être appliqué sur ce genre de logiciel espion. Dans cette affaire où le mystère plane nous devrions également être vigilants et méfiants devant la manipulation politique de certains médias et ONG, ainsi que sur les intentions malveillantes de certains utilisateurs. Une enquête approfondie est nécessaire pour éviter de dangereux dérapages. Pour l’heure, des premières indications prouvent qu’il n’y pas eu d’infiltration cybernétiques dans les ordinateurs de l’Elysée ni des téléphones mobiles du président Macron et ses proches conseillers.

L’importance de la visite de Gantz à Paris s’inscrit dans un contexte historique. Depuis 1967 et durant de nombreuses années, la France refusait des visites officielles de ministres de la Défense et des chefs d’état-major à Paris comme à Jérusalem. La coopération stratégique était timide et très discrète. La France conditionnait l’amélioration de la relation par des concessions dans la solution du problème palestinien. Cette politique a bien échoué. Elle a créé inutilement des incompréhensions et parfois des disputes graves.Benny Gantz

(Twitter officiel de Benny Gantz)

Cependant, malgré l’embargo sur les armes, l’anathème gaullien, la politique arabe, et la méfiance des leaders politiques au pouvoir, une formidable « complicité » existait toujours entre les militaires des deux pays amis. On se souviendra que c’est grâce à l’armée française qu’Israël avait pu se moderniser et acquérir l’expérience nécessaire à l’organisation de Tsahal.

Nos relations sont aujourd’hui au beau fixe pour une raison simple : il existe une séparation nette entre le bilatéral et le multilatéral.

La puissance technologique de l’armée israélienne, ses divers services du renseignement, sa riche expérience dans les guerres conventionnelles et opérations militaires, sont un gage pour consolider les relations dans l’arène internationale. La forte présence israélienne dans les salons militaires et aéronautiques telle qu’au Bourget, attire toujours curiosité, intérêt, et soulève parfois l’admiration des armées concurrentes et des puissances émergentes.

Aujourd’hui, la France et Israël entretiennent de bonnes relations bilatérales de défense et la coopération militaire repose sur des consultations stratégiques sincères et un dialogue permanent entre les divers services sécuritaires.

Au-delà de cette sensible affaire, soulignons que la visite de Gantz à Paris a été programmée de longue date. Elle s’inscrit dans le cadre des ententes existantes entre les deux pays, face à la menace nucléaire iranienne, la déstabilisation des régimes arabes dont le Liban et la Tunisie, les intentions hégémoniques de la Turquie, et surtout le combat international contre le terrorisme islamiste. Gantz a demandé à la France d’intervenir énergiquement pour faire sortir le Liban de la crise actuelle. La faillite de l’Etat libanais risque en effet de voir le Hezbollah renforcer ses positions et de profiter de la situation explosive pour relancer des hostilités le long de la frontière Nord.

Sur la coopération bilatérale, soulignons que les armées de l’air française et israélienne ont procédé à des entraînements communs tels menés en Corse, en novembre 2016. Des manœuvres maritimes communes pourront également se produire dans le bassin méditerranéen et ailleurs notamment dans le cadre de l’OTAN.

Nous partageons avec la France des valeurs démocratiques et universelles et des intérêts stratégiques au moment où la planète affronte une guerre cybernétique dangereuse.

La visite de Gantz à Paris a donc renforcé les relations avec la France et le dialogue se poursuivra dans un climat amical avec une grande confiance à l’avenir.

NSO: Israel needs to change spy-tech regulations now

Damage to relations from Pegasus scandal likely temporary, but Defense Minister Gantz will face tough questions during Paris trip.

Defense Minister Benny Gantz. (photo credit: MARC ISRAEL SELLEM)
Defense Minister Benny Gantz.
(photo credit: MARC ISRAEL SELLEM)
 
Israel needs to reassure France it intends to review and reform its defense export policies if it wants to minimize the diplomatic fallout from the NSO Group spyware saga, foreign relations experts warn.

Israeli Defense Minister Benny Gantz is slated to meet with his French counterpart, Florence Parly, in Paris this week to discuss high-profile allegations linked to the Pegasus spyware scandal, as well as the crisis in Lebanon and nuclear talks with Iran.

The Pegasus spyware was developed by the Israeli firm NSO and was allegedly used by the Moroccan government to target French President Emmanuel Macron. The powerful software, which can covertly collect a phone’s data and turn on its camera or microphone, is at the heart of a massive scandal, allegedly used by authoritarian governments to target journalists, human rights activists, politicians and others around the globe. Some 50,000 phone numbers are purportedly linked to the malware.

The NSO Group has repeatedly denied the mass spying claims and stressed that Pegasus is intended for use solely against criminals and terrorists.

Ahead of Gantz’s trip, some have cautioned that the health of Israeli-French relations rests on how the Israeli government responds to the serious allegations. Though NSO is privately owned, its products require government approval to be sold abroad.

“Everything will depend on the response of the Israeli government,” Jean-Pierre Maulny, deputy director of the Paris-based French Institute for International and Strategic Affairs (IRIS), told The Media Line.

Maulny, who also heads the Armament Industry European Group (ARES Group) − a network of European security and defense specialists − believes Gantz will be asked some tough questions in Paris.

“Israel will have to cooperate in an investigation to identify the flaws in its export [laws] in relation to the use of this software,” Maulny said. “If they don’t, their public image will suffer and a lack of trust will set in.”

Macron reportedly spoke with Israeli Prime Minister Naftali Bennett last week to express concern over the hacking software. A Presidency official also revealed that Macron changed his mobile phone number, although it has not been proven that he was actually a target of the malware.

Though it is difficult at present to determine the extent of the damage the scandal has caused to France-Israel ties, Gantz will likely be asked to clarify the precise nature of the Israeli government’s connection to NSO.
 
“Israel is not an ally of France, nor is it a member of NATO; however, it is not an enemy state either,” Maulny explained. “They will therefore be asked to put more safeguards in place. … It’s possible that there will be a strong response [from Paris] but it will likely be symbolic in nature and then things will return to normal.”

Because charges of negligence will be difficult to prove, Maulny believes Israeli officials will attempt to shirk responsibility and point the blame at either NSO or the Moroccan government. Rabat has denied using the software to eavesdrop on French officials.

“The problem first and foremost is one of regulating cybersecurity software products,” Maulny related. “Everyone is spying on everyone; the American government spied on [German Chancellor] Angela Merkel. These types of software need to be better regulated and monitored.”

Daniel Shek, a former Israeli ambassador to France, told The Media Line that while diplomatic ties have not been permanently damaged as a result of the Pegasus affair, France will certainly expect Israel to make assurances about future exports of cyber-weapon technologies.

“Israel should take a close look at the process and the procedure for approving such sales, be pickier about the end-users and be more diligent about safeguards,” Shek said.

“There are question marks but I haven’t seen anybody in France actually point the finger at Israel as a state,” he continued. “Having said that, they understand that there is a level of control and regulation that the Israeli authorities have or should have over the export and use of such technology.”

Overall, Shek does not believe that this affair will permanently damage relations between the two countries, which he says have historically had “outstanding ties” in a number of arenas, especially with regard to defense.

“I don’t think, for the moment, there is real damage to be feared,” he said.

Other foreign relations experts also argued that the affair underlines the pressing need to reexamine the issue of spyware technology exports.

“We just saw in this case how it has a huge potential to create a diplomatic crisis, and I think Israel has to be very cautious and treat this as a defense issue,” Dr. Emmanuel Navon, an international relations expert who teaches at Tel Aviv University, told The Media Line.

Navon further noted that Israel finds itself at a critical juncture with regard to a nuclear Iran, and as such ties with France are more critical than ever.

“Israel is seeking to have some kind of guarantees from France in case of a confrontation between Israel and Iran,” Navon said. “It’s critical to really rebuild this relationship.” 
 
 
 
TRADUCTION EN FRANCAIS
 

ONS : Israël doit modifier dès maintenant la réglementation sur les technologies d’espionnage
Les dommages causés aux relations par le scandale Pegasus seront probablement temporaires, mais le ministre de la Défense Gantz devra faire face à des questions difficiles lors de son voyage à Paris.
Gantz devra faire face à des questions difficiles lors de son voyage à Paris.

Israël doit rassurer la France sur son intention de revoir et de réformer ses politiques d’exportation de défense s’il veut minimiser les retombées diplomatiques de la saga du logiciel espion du groupe NSO, préviennent les experts en relations extérieures.

Le ministre israélien de la défense Benny Gantz doit rencontrer son homologue française, Florence Parly, à Paris cette semaine pour discuter des allégations très médiatisées liées au scandale du logiciel espion Pegasus, ainsi que de la crise au Liban et des négociations nucléaires avec l’Iran.

Le logiciel espion Pegasus a été développé par la société israélienne NSO et aurait été utilisé par le gouvernement marocain pour cibler le président français Emmanuel Macron. Le puissant logiciel, qui peut collecter secrètement les données d’un téléphone et activer sa caméra ou son microphone, est au cœur d’un scandale massif, qui serait utilisé par des gouvernements autoritaires pour cibler des journalistes, des militants des droits de l’homme, des politiciens et d’autres personnes dans le monde entier. Quelque 50 000 numéros de téléphone seraient liés à ce logiciel malveillant.

Le groupe NSO a démenti à plusieurs reprises les allégations d’espionnage massif et a souligné que Pegasus est destiné à être utilisé uniquement contre les criminels et les terroristes.

Avant le voyage de Gantz, certains ont averti que la santé des relations israélo-françaises dépend de la façon dont le gouvernement israélien répondra à ces graves allégations. Bien que NSO soit une entreprise privée, ses produits doivent être approuvés par le gouvernement pour être vendus à l’étranger.

“Tout dépendra de la réponse du gouvernement israélien”, a déclaré à The Media Line Jean-Pierre Maulny, directeur adjoint de l’Institut français des affaires internationales et stratégiques (IRIS), basé à Paris.

Maulny, qui dirige également l’Armament Industry European Group (ARES Group) – un réseau de spécialistes européens de la sécurité et de la défense – pense que Gantz se verra poser des questions difficiles à Paris.

“Israël devra coopérer à une enquête visant à identifier les failles de ses [lois] d’exportation en relation avec l’utilisation de ce logiciel”, a déclaré Maulny. “S’ils ne le font pas, leur image publique en souffrira et un manque de confiance s’installera.”

Macron se serait entretenu avec le Premier ministre israélien Naftali Bennett la semaine dernière pour lui faire part de ses préoccupations concernant le logiciel de piratage. Un responsable de la présidence a également révélé que Macron a changé son numéro de téléphone portable, bien qu’il n’ait pas été prouvé qu’il était effectivement la cible du logiciel malveillant.

Bien qu’il soit difficile à l’heure actuelle de déterminer l’ampleur des dommages que le scandale a causés aux liens France-Israël, Gantz sera probablement invité à clarifier la nature précise du lien entre le gouvernement israélien et NSO.
“Israël n’est pas un allié de la France, ni un membre de l’OTAN, mais ce n’est pas non plus un État ennemi”, explique M. Maulny. “Il leur sera donc demandé de mettre en place davantage de garanties. … Il est possible qu’il y ait une réponse forte [de Paris], mais elle sera probablement de nature symbolique et les choses reviendront ensuite à la normale.”

Étant donné que les accusations de négligence seront difficiles à prouver, M. Maulny pense que les responsables israéliens tenteront de fuir leurs responsabilités et de rejeter la faute sur l’ONS ou le gouvernement marocain. Rabat a nié avoir utilisé le logiciel pour espionner les fonctionnaires français.

“Le problème est avant tout celui de la réglementation des produits logiciels de cybersécurité”, a relaté M. Maulny. “Tout le monde espionne tout le monde ; le gouvernement américain a espionné la [chancelière allemande] Angela Merkel. Ces types de logiciels doivent être mieux réglementés et surveillés.”

Daniel Shek, ancien ambassadeur d’Israël en France, a déclaré à The Media Line que si les liens diplomatiques n’ont pas été définitivement endommagés à la suite de l’affaire Pegasus, la France attendra certainement d’Israël qu’il donne des assurances quant aux futures exportations de technologies de cyber-armes.

“Israël devrait examiner de près le processus et la procédure d’approbation de ces ventes, être plus pointilleux sur les utilisateurs finaux et être plus diligent sur les garanties”, a déclaré Shek.

 

Emmanuel Navon, expert en relations internationales qui enseigne à l’Université de Tel Aviv, a déclaré à The Media Line : ” Nous venons de voir dans cette affaire que le potentiel de création d’une crise diplomatique est énorme, et je pense qu’Israël doit être très prudent et traiter cette question comme une question de défense “.

Navon a également noté qu’Israël se trouve à un moment critique par rapport à un Iran nucléaire, et que les liens avec la France sont donc plus importants que jamais.

“Israël cherche à avoir une sorte de garantie de la part de la France en cas de confrontation entre Israël et l’Iran”, a déclaré Navon. “Il est essentiel de vraiment reconstruire cette relation”.


Traduit avec www.DeepL.com/Translator (version gratuite)

 
 

Dordogne : un greffier placé en garde à vue pour incitation à la haine raciale

 

Info RTL INFO RTL – Un greffier exerçant à Périgueux a été interpellé, soupçonné d’avoir publié des séries de tweets incitant à la haine raciale.

Un brassard de police (illustration)
Un brassard de police (illustration)
Crédit : THOMAS COEX / AFP
Guillaume Chieze

Sous pseudonyme, il appelle entre autres, à prendre les armes en pointant l’incapacité de l’État à défendre la race blanche. Il incite également à matraquer l’ultra gauche, à les “fracasser”. “Derrière chaque Français il y a un antisémite qui s’ignore”, écrit-il encore, utilisant régulièrement l’expression “Synagogue de Satan”. Les faits qui lui sont reprochés sont a priori, sans lien avec ses fonctions de greffier

“Nous sommes condamnés à la violence politique pour rétablir l’État de droit. Mourir debout plutôt que vivre à genoux !”, peut-on encore lire sur son compte Twitter. Le parquet de Périgueux a demandé d’être dessaisi de cette affaire au profit du parquet de Brive qui reprendra l’enquête.

 

Apartheid, Shmapartheid

 

Un mur pour protéger, un nom pour agresser

À la suite de la seconde intifada, qui avait causé la mort de plus de 1000 civils israéliens dans des attaques terroristes[1], l’État juif avait pris la décision d’édifier un obstacle pour empêcher les incursions et protéger sa population. Le tracé de cette construction était controversé, car elle empiétait par endroits sur les territoires palestiniens, mais il avait été prévu, dès l’origine, de le modifier en fonction des frontières à être définies par le futur traité de paix. À l’époque, on espérait encore une paix israélo-palestinienne…

Les lecteurs du Figaro qui avaient lu, le 2 janvier 2008, l’article titré « En 2007, une seule bombe humaine est parvenue à frapper l’État hébreu[2] » n’ont certainement pas deviné que la « parade anti-kamikaze » grâce à laquelle le nombre des attentats avait connu « une chute spectaculaire » était en réalité le fameux mur-de-l’apartheid dont les palestinolâtres français faisaient leurs choux gras depuis le début de sa construction, en 2003. Également connu sous le sobriquet de mur-de-la-honte, l’ouvrage était d’autant moins identifiable que le Figaro se livrait, à son sujet, à un exercice inédit dans les médias français : du journalisme. En effet, le quotidien se contentait de décrire la « clôture électronique de plus de 500 kilomètres de long, qui prend dans certains secteurs la forme d’un mur de béton », et d’observer qu’elle avait « rendu les infiltrations de Cisjordanie en Israël plus difficiles ».

Cette barrière de protection (en version originale) a repris, depuis, son appellation médiatique de « Mur de l’apartheid. »  C’est mérité, mais l’apartheid n’est pas du côté où le situe la propagande : du côté israélien, il y a 20% de citoyens arabes, alors que de l’autre, l’Autorité palestinienne se veut 100% Judenrein, c’est-à-dire « sans juif. »

 

De quoi ça parle, le film « l’Occupation de la Palestine » ?

« Il est temps d’en finir avec le mensonge palestinien de l’occupation israélienne ou de l’apartheid israélien », déclarait, en mars 2016, Tzipi Hotovely, vice-ministre israélienne des Affaires étrangères, qui accusait la France de jeter de l’huile sur le feu moyen-oriental[3]. Et d’administrer les preuves : « Israël n’occupe pas la Palestine. En 1967, il n’y avait pas d’État palestinien. Il n’y a jamais eu un tel État. Lors de la Guerre des six jours, une guerre défensive, nous avons repris la Judée-Samarie et Jérusalem aux Jordaniens, qui s’en étaient emparés illégalement. Le terme de Judée-Samarie était utilisé par la communauté internationale jusqu’à son occupation par la Jordanie en 1946. L’ONU elle-même l’a employé dans le texte de la résolution 181 de novembre 1947, pour désigner précisément les frontières des deux États, arabe et juif, à créer par le partage de la Palestine mandataire. »

En effet, au commencement était le Royaume d’Israël, vers 1050 avant J-C, puis les Royaumes d’Israël et de Juda, de la fin du Xᵉ au VIIIᵉ siècle av. J.-C. Ils ont été détruits et le territoire a été occupé par l’Empire Babylonien  (626 à 539 av. J-C), puis par l’Empire Perse (environ 550 à 330 av. J-C), par l’Empire Macédonien d’Alexandre le Grand (-336 À -322), puis par l’Empire Séleucide (-312 à -168). L’État juif hasmonéen a été une courte parenthèse de retour aux sources (-168 à -37). Le colonisateur suivant fut l’Empire Romain (-27 à 330), suivi de l’Empire Byzantin (330-1453), remplacé par l’Empire Ottoman turc et musulman, qui des siècles, jusqu’en 1922. À la fin de la première guerre mondiale, les Alliés se partagèrent les colonies de cet empire et la « Palestine » se retrouva sous le Mandat de la Grande-Bretagne, chargée d’y favoriser la création d’un Foyer national juif.

Ben… Et l’État de Palestine ? Il n’a jamais existé que dans l’imagination des antisémites de la fin du XXe siècle.

 

Arabes en Israël : le contraire des Noirs en Afrique du sud

Le grand rabbin d’Afrique du sud, qui a vécu l’apartheid, le vrai, estime que « décrire Israël comme un État d’apartheid est absurde. … Je me souviens de Noirs arrêtés pour avoir marché dans des zones blanches. J’ai vu des toilettes publiques et des bancs marqués séparément pour les Noirs et les Blancs. Je vivais dans une société dans laquelle le racisme était institutionnalisé de manière répugnante par le parlement, pratiqué par les tribunaux, appliqué par la police et vécu dans toute la société.[4] »

Bon, mais le rabbin qui raconte l’Afrique du sud, il n’est pas crédible aux yeux fermés et aux oreilles bouchées des antisionistes professionnels : il prêche pour sa chapelle ! Un autre témoin est nécessaire. Par exemple, le Dr Avraham Neguise, député israélien d’origine éthiopienne, donc noir.

Il a écrit une lettre ouverte pour clouer le bec du petit-fils de Nelson Mandela, qui cherchait à se faire un prénom en tapant sur le bouc émissaire universel : « Israël est en fait le contraire de l’apartheid, c’est une histoire de libération, d’émancipation et d’anti-colonisation. … Parler d’apartheid par Israël, une nation qui a accueilli plus de réfugiés par habitant que n’importe quelle autre dans l’histoire, et où des personnes de toute religion, ethnie et origine peuvent atteindre les plus hautes fonctions, déshonore l’héritage de votre grand-père. Votre grand-père s’est battu contre un système brutal qui a créé un appareil juridique pour empêcher les gens de couleur de se mélanger et de s’associer aux classes dirigeantes blanches. Il y avait des éviers, des salles de bain et des trottoirs séparés pour les Noirs et les Blancs. Il était interdit à la majorité noire de voter ou d’occuper des fonctions publiques. Elle avait peu de droits.[5] » Lui, il doit savoir qu’il n’est pas interdit, en Israël, à qui que ce soit, « d’occuper des fonctions publiques », puisqu’il est président de la commission de la Knesset pour l’immigration, l’absorption et les affaires de la diaspora, et président du Caucus de la Knesset pour les relations entre Israël et les pays africains.

 

Ce n’est pas politiquement correct, mais parlons des faits

En 1948, 156 000 Arabes sur les 750 000 qui habitaient la Palestine mandataire, sont restés dans le pays, à l’indépendance d’Israël. Ils ont immédiatement eu les mêmes droits civiques que les Juifs. Ils votent donc depuis cette date, y compris les femmes. Cela fait d’elles les premières femmes arabes du Moyen-Orient à avoir obtenu le droit de vote. Le premier parlement israélien, en 1948, comptait trois députés arabes.

En 2020, les Arabes israéliens étaient 1,96 million, soit 21% de la population.

Ils ont toujours les mêmes droits, ils votent toujours et ils ont 16 députés à la Knesset, le parlement israélien. Depuis cette année (2021) un parti arabe, Ma’ar, fait partie du gouvernement israélien.

La première femme druze siégeant à la Knesset est une ancienne présentatrice du JT israélien. Elle s’appelle Gadeer Mreeh, elle a 34 ans et est originaire de Daliyat al-Karmel, un village druze (une religion musulmane hétérodoxe). Elle a été élue en avril 2019, sur la liste de Benny Gantz. « J’ai été la première femme non juive à présenter un journal télévisé en hébreu. Arriver au top des médias israéliens n’a pas été facile[6] », a-t-elle expliqué. Non pas parce qu’Israël pratiquerait un quelconque apartheid, mais parce que la plupart de ses coreligionnaires considère que le journalisme n’est pas un travail pour les femmes.

Et il serait dommage d’oublier que deux juges arabes siègent à la Cour suprême israélienne. Ou que, par ailleurs, c’est un juge arabe chrétien, Georges Karra, qui a condamné l’ancien président d’Israël, le juif Moshe Katsav, à 7 ans de prison pour viol.

 

Qu’est-ce qui N’EST PAS un APARTHEID ?

La réponse tient en un mot : Israël. C’est une démocratie multiraciale et multiethnique. Pour le dire autrement, toutes les minorités, qu’elles soient arabes, druze, chrétienne, sataniste, bahaï, rasta ou n’importe quoi d’autre, disposent de droits égaux : liberté d’opinion, droit de vote, liberté de presse, de réunion…  En revanche, les discriminations raciales sont interdites par la loi.

Euh, l’apartheid, n’est-ce pas l’institutionnalisation de la discrimination raciale ? Si. Preuve, en effet, qu’Israël est exactement le contraire de l’apartheid.

Les universités sont mixtes. D’ailleurs, beaucoup de villes et de villages le sont également, mixtes, c’est-à-dire, pour les nuls en maths, avec une répartition entre Juifs et Arabes de l’ordre de 50/50. Par définition, toutes les villes israéliennes sont habitées par des juifs et des Arabes, par des chrétiens et des ‘autres’… Mais en général, il y a une majorité et une minorité. Nazareth est majoritairement arabe. Tel Aviv est majoritairement juive. 50/50, c’est le cas d’Acre, de Haïfa, de Jaffa, de Lod, de Ramla (liste non exhaustive), où Juifs et Arabes vivent côte à côte en nombres équivalents.

Les citoyens arabes d’Israël bénéficient collectivement de certains droits : l’arabe est la deuxième langue en Israël, où la culture, la littérature et la presse arabes prospèrent.

Les tribunaux israéliens luttent efficacement contre toute forme de discrimination. Le moins qu’on puisse dire de la minorité arabe, c’est qu’elle participe pleinement au processus politique, puisqu’elle est maintenant au gouvernement. « Maman, les p’tits Zoulous, qui vivaient là-bas, avaient-ils des gens au gouvernement ? Mais non, mon gros bêta, si y en avait eu ç’aurait été une démocratie ! »

Le gouvernement israélien œuvre en faveur de la réduction des écarts entre la minorité et la majorité ethnique. Plus particulièrement depuis la Commission Or en 2000, Israël comble activement les écarts économiques, ouvre l’accès au service civil, égalise les droits sociaux, introduit l’arabe dans les écoles juives et améliore l’accès à l’éducation supérieure.

D’ailleurs, en 2017, 73% des Arabes israéliens disaient ressentir un sentiment d’appartenance à l’État hébreu et 60% d’entre eux se disaient fiers d’être Israéliens[7]. De plus, lorsqu’en mars 2020, le plan de paix Trump d’échange de territoires impliquait que les Arabes israéliens seraient rattachés à l’État palestinien, les habitants d’Umm al-Fahm ont déclaré vouloir rester israéliens[8].

 

Qu’est-ce qui fait qu’une démocratie est le contraire de l’apartheid ?

Fastoche ! C’est le système de gouvernement et la protection des droits des minorités. La déclaration d’indépendance d’Israël, en 1948, a promis aux habitants arabes de l’État d’Israël « une citoyenneté pleine et égalitaire et une juste représentation dans tous les organismes et institutions –  provisoires et permanents – de l’État. » Et la Knesset (le Parlement) a tenu parole, puisque c’est grâce à un parti arabe que le dernier gouvernement en date a pu se constituer.

On peut aussi citer le premier consul général de confession musulmane d’Israël, qui a occupé ce poste à Atlanta de 1987 à 1990, le premier ambassadeur musulman d’Israël, nommé en Finlande en 1995 et le premier ambassadeur druze au Vietnam, en 1990. Ils ont été suivis d’autres : en 2018, un ambassadeur arabe chrétien a été nommé en Azerbaïdjan.

Selon le ministère israélien du Travail et le Bureau central des statistiques, en 2018, il y avait environ 4 000 ingénieurs arabes travaillant dans la haute technologie israélienne. Cela ne représentait qu’un tout petit pourcentage des 280 000 personnes que comptait le secteur, mais pour les geeks arabes, qui sont passés de 350 à 4 000, c’est une augmentation de 1000% en dix ans.

30% des médecins israéliens sont arabes, comme 35% des pharmaciens.

Avec ses 400 médecins, Arraba, une ville arabe de Galilée de 26 000 habitants, est l’une des mieux nanties du Moyen-Orient en nombre de médecins au prorata des habitants. Le chirurgien plasticien Yusef Nassar, qui y habite, en est fier : « Une chose étrange a lieu dans notre ville. Dans chaque maison, vous trouverez trois ou quatre médecins. J’ai plusieurs cliniques dans tout le pays. Qui vient dans mes cliniques ? Des juifs comme des arabes. »

Saeed Yassin, médecin généraliste retraité d’Arraba, a cinq enfants : trois médecins (deux garçons et une fille) et deux fils pharmaciens. Le Dr Yassin et ses dix frères et sœurs exercent également comme médecins. « Tous les six mois, des feux d’artifice célèbrent la remise des diplômes de 15 ou 20 autres médecins. Il n’est pas rare qu’une famille se compose de médecins, d’avocats et d’ingénieurs. C’est très banal chez nous.[9] »

 

Tant  qu’on a la santé…

En termes d’espérance de vie et de taux de mortalité infantile, la population arabe israélienne est mieux lotie que les 21 pays musulmans et arabes qui l’entourent. En 2016, l’espérance de vie en Israël atteignait une moyenne générale de 82,5 ans : 80,7 ans pour les hommes et 84,2 ans pour les femmes. Parmi les hommes arabes, la moyenne vit, chez les Druzes 79,4 ans, chez les Arabes chrétiens 78,9 ans et chez les musulmans, 76,5 ans. Chez les femmes arabes, l’espérance de vie la plus élevée a été trouvée parmi les chrétiennes, 83,5 ans, suivies par les Druzes, 82,4 ans, puis les musulmanes, 80,9 ans[10].

En 2015, le taux moyen de mortalité parmi les Arabes israéliens était de 79, plus élevé que celui des pays riches comme le Qatar, les Émirats Arabes Unis (EAU) et Bahreïn, mais égal à la moyenne de la population américaine. Concernant la mortalité infantile, il existait encore de grandes disparités entre les pays. Bahreïn a la plus faible avec 5,3 décès pour 1000 naissances vivantes. À l’autre extrême se trouve le Pakistan, avec un taux de de 65,8 pour 1000 naissances vivantes. Les Israéliens arabes se classent au quatrième rang après Bahreïn, les EAU et la Malaisie[11].

Youssef Haddad, un de ces chrétiens arabes israéliens, originaire de Nazareth, s’était engagé dans l’armée israélienne, où il a servi dans la brigade d’élite Golani. Pendant son service, il a été blessé et, à sa sortie de l’hôpital, en 2018, il a trouvé un autre moyen de servir son pays : lutter contre BDS, la campagne de boycott, désinvestissement et sanctions et améliorer les liens entre les Arabes israéliens et l’État[12].

Un des critères qui distinguent les démocraties est la liberté d’association, en particulier pour les syndicats. En Israël, le syndicat national, la Histadrout, recrute aussi des membres palestiniens qui vivent dans les zones de Judée et de Samarie contrôlées par l’Autorité palestinienne. En 2019, plus de 7000 Palestiniens travaillant en Israël y ont adhéré.[13]

Le 2 août 2019, le maire de Jérusalem, Moshé Leon, a reçu son homologue du village arabe d’Abou Gosh, Salim Jaber, qui a assisté à une séance du conseil municipal et a évoqué les bonnes relations régnant depuis longtemps entre les deux villes : « Je suis là en tant que représentant de la municipalité d’Abou Gosh, un village qui n’a jamais combattu l’État d’Israël et a même collaboré à sa création[14] ».

 

Qu’est-ce qui fait que les citoyens sont égaux, et certains plus égaux que d’autres ?

En Israël, c’est le talent. Ainsi, en 1992, Emile Habibi, auteur et ex-député, a reçu le Prix d’Israël de littérature arabe. En 1999, Miss Israël était jeune fille arabe de 21 ans, Rana Raslan. En 2004, une équipe de football arabe, les « Bnei Sakhnin », a remporté la Coupe nationale d’Israël et en 2020, le capitaine de l’équipe nationale de foot était un Arabe israélien. Dans un tout autre registre, en 2008, pour ses 96 ans, le Sheikh Abu Muamar, chef de file de la communauté bédouine du pays, surnommé « Sheikh de tous les Sheikh », a reçu un prix national pour son engagement envers les membres de sa communauté.

Et puis, si 30% des médecins israéliens sont arabes, il n’y a qu’un seul Ahmed Eid, chirurgien, Professeur et chef de service à Jérusalem, qui a réussi la première greffe de foie du pays. En 2017, il a eu l’honneur d’allumer une des bougies d’anniversaire de l’État d’Israël[15].

Il n’y a aussi qu’un seul professeur Hossam Haick : c’est celui qui a remporté le prix européen de l’innovation pour avoir inventé, en 2018, le Sniffphone, un nez électronique capable de diagnostiquer les patients en analysant leur respiration[16].

La Dr Shaden Salameh, est aussi remarquable : directrice du service des urgences de l’hôpital Hadassah Mount Scopus, elle a été, en 2019, la première femme médecin arabe à diriger le service des urgences d’un hôpital en Israël[17].

Le Docteur Atamna-Ismaeel, elle, est une exception dans une autre spécialité que la médecine : elle est microbiologiste. Elle était, plutôt, car elle a aussi remporté le Top Chef et se consacre, désormais, à développer les métissages arabes pour la cuisine israélienne[18].

 

Israël est une mère juive pour tous ses citoyens

Le vice-président d’Apple Israël s’appelle Srouji, Johny Srouji. Installé dans le building flambant neuf d’Apple, à Herzlia Pitouach, où le moindre pavillon coûte deux millions de dollars, il se revendique Arabe israélien et il sait ce qu’il doit à l’État juif, où il a obtenu ses diplômes au Technion, le premier institut de haute technologie[19]. On ne peut s’empêcher de penser qu’en France, son destin aurait été tout autre : comme un grand nombre de ses coreligionnaires, il aurait été travaillé au corps par islamo-gauchistes, qui n’auraient eu de cesse que de le convaincre que, né ‘racisé’, il ne pouvait avoir d’autre horizon que le chômage ou le djihad…

En 2020, il y avait plus d’Israéliens arabes chrétiens diplômés de l’université que de Juifs. D’ailleurs, en 2016, le Professeur  Michael (Mousa) Karayanni, Arabe issu d’une famille chrétienne grecque orthodoxe de  Kafr Yasif en Galilée, a  été élu à l’unanimité au poste de doyen de l’Université hébraïque. Auparavant, il avait été Président de la faculté de droit international Bruce W. Wayne pendant six ans[20].

Même parmi les prisonniers, ceux qui font des études sont majoritaires : en août 2019, ils étaient plus de mille à suivre études supérieures. Le président de la Commission des affaires pénitentiaires de l’Autorité palestinienne, Qadri Abu Bakr, n’en fait pas mystère : « Le nombre total des prisonniers à l’heure actuelle est d’environ 5 700. 1026 d’entre eux sont actuellement inscrits dans des universités palestiniennes, notamment à celle d’Al-Qods », a-t-il déclaré lors de la cérémonie de remise des prix à 93 lauréats emprisonnés pour terrorisme. Bien entendu la presse française n’en parle pas : le politiquement correct s’arrête où finit le misérabilisme.

 

Dans la troupe de Tsahal, y a pas d’jambe de bois…

Y a des Arabes, mais ça n’se sait pas. Enfin, ça ne se sait pas en France, où l’on a décidé une fois pour toutes que les soldats israéliens sont des nazis assoiffés de sang, définition incompatible avec la bonté ontologique des Arabes. En Israël, ce genre de préjugé n’a pas cours. En revanche, la seule inégalité de traitement entre citoyens juifs et non juifs se situe là : le service militaire est obligatoire pour les juifs, alors que les autres doivent se porter volontaires.

Il y a plus de 1000 Arabes volontaires dans Tsahal et plus de 5000 Arabes israéliens qui font un service civil. En 2012, le musulman le plus haut gradé de Tsahal était Ala Wahib. Il a commandé des troupes en Judée-Samarie (il appelle cette région de son nom d’origine, il n’utilise pas « Cisjordanie », en français dans le texte), où sa connaissance de la mentalité de ses coreligionnaires l’a aidé à comprendre des situations qui eussent laissé pantois les palestinolâtres hexagonaux : « Un jour j’ai été appelé en urgence à un ckeckpoint parce qu’une femme arabe avait tenté de poignarder un soldat. A mon arrivée, elle a fondu en larmes. Son corps était couvert de marques noires et bleues. J’ai tout de suite compris qu’elle avait été battue et qu’elle préférait commettre un crime et être enfermée dans une prison israélienne plutôt que de rester dans sa famille.[21] » Depuis 2009, il commande le centre de formation au combat en milieu urbain de l’armée israélienne où toutes les unités, régulières, de réserve et d’élite sont entraînées.

Un autre héros ordinaire de Tsahal est le lieutenant-colonel Ayoub Kyuff, un Druze qui commandait la légendaire brigade Golani et qui a été nommé, en septembre 2019, à la tête de l’unité Shaldag. Il s’agit d’une unité d’élite de l’armée de l’air, spécialisée dans les opérations de reconnaissance et de commando, célèbre pour son programme d’entraînement rigoureux, qui est le plus long de l’armée israélienne.

Le 24 décembre 2020, Awad Suleiman a reçu un beau cadeau de Noël, bien qu’il ne fête habituellement pas la naissance de Issa, le prophète musulman : il a été promu au rang de colonel, ce qui a fait de lui le premier Druze à atteindre ce rang dans l’Armée de l’air. Son commandant a trouvé qu’il méritait une double casquette, aussi l’a-t-il aussi nommé à la tête de l’unité en charge des drones[22].

Parité oblige, le commandant de l’Armée de l’air a aussi choisi la première femme au poste de chef de bureau du commandant de l’IAF : la major arabe israélienne en question était, auparavant, navigatrice sur des avions de chasse F-16 depuis 2016. Non seulement il y a plus de femmes qui pilotent des F16 en Israël que de saoudiennes qui conduisent des voitures, mais parmi elles, il y a des Arabes !

 

Et l’apartheid sexuel ?

Tel Aviv est considérée comme une des villes les plus gay friendly par les médias LGBT, enfin, ceux qui n’intersectionnalisent pas avec les antisionistes[23].

Le 10 janvier 2014 le premier mémorial d’Israël dédié aux victimes homosexuelles du nazisme, a été inauguré à Tel Aviv, sous la forme d’une sculpture en forme de triangle rose, « À la mémoire des persécutés par le régime nazi pour leur orientation et leur identité sexuelle.[24] »

Wikipedia liste les droits des homosexuels dans le monde entier. En Israël, voici ce que ça donne :

 

La situation israélienne, comme dans pratiquement tous les domaines, est à l’opposé de ce qui se passe dans les deux Palestine. Wikipedia n’a pas fait, pour elles, de tableau comme celui ci-dessus, car le constat est réduit à sa plus simple expression : « Malgré la légalité de l’homosexualité en Cisjordanie, il n’y a aucune reconnaissance des droits LGBT et ceux-ci sont victimes de violences.[25] » Voilà pour l’une. Pour l’autre, « après le retrait britannique, la section 152(2) du Code criminel no 74 de 1936 est toujours restée en application, rendant les homosexuels  de ce territoire toujours susceptibles d’être poursuivis pour homosexualité. » Wikipedia se réfère à l’annuaire 2012 des États institutionnalisant l’homophobie : ceux régis par la sharia. Mais, en 2020, cet annuaire fait l’impasse sur les Palestine[26].

Ceux qui s’intéressent de plus près à ce sujet ne manquent pas d’autres sources d’information.

« Dans la société palestinienne et arabe, l’homosexualité n’a aucune place ; elle est dénoncée et stigmatisée. Pour éviter les persécutions et le harcèlement, des dizaines de Gazaouis ont fui en Israël peu après que le Hamas ait proscrit l’homosexualité à Gaza. En Cisjordanie, aucune des lois de l’Autorité palestinienne ne protège les gays palestiniens. Au cours des dernières décennies, plusieurs Palestiniens homosexuels ont été tués en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.[27] »

À Gaza, les homosexuels, quand ils ne sont pas jetés du haut des toits, sont passibles de peines de prison à la tête (!) du client, dans des conditions que la Croix-Rouge ne cherche pas à connaître. Même un haut-gradé du Hamas, Mahmoud Ishtiwi, n’y a pas échappé : il a été abattu de trois balles[28]. D’autres sont piégés sur Internet et torturés pour dénoncer leurs complices. Cela a été le cas d’un jeune Gazaoui, Tayzee, qui a réussi ensuite à s’enfuir en Cisjordanie, où il a été repris et soumis aux mêmes exactions[29].

 

Si on ne parle pas de Covid, on n’a rien dit

La pandémie a été pain bénit pour les antisionistes de tout poil : les Juifs/Israël/le Mossad avaient créé le virus. PressTV en a averti les téléspectateurs iraniens : « des groupes sionistes ont développé une souche mortelle de coronavirus contre l’Iran[30]». Pour un public plus international, les Juifs avaient utilisé « le coronavirus pour manipuler le marché boursier à leur avantage ». On les soupçonnait aussi d’avoir « breveté un vaccin contre le coronavirus il y a des années et d’avoir l’intention de tirer profit de sa vente.[31]» En Turquie, Fatih Erbakan, chef du parti Refah, fils de l’ancien premier ministre Necmettin Erbakan et mentor d’Erdogan, est allé plus loin : le virus était une ruse permettant de stériliser en masse les musulmans : « Le sionisme est une bactérie vieille de 5000 ans, qui a causé la souffrance des peuples.[32]» Aux États-Unis, une actrice en mal de pub twittait qu’Israël « travaillait sur le vaccin depuis un an, dans une entreprise dont KUSHNER OSCAR était le principal investisseur. Des vies en danger pour de l’argent.[33]»

Avec l’arrivée du vaccin (qu’Israël n’avait pas mis au point), les médias français antisionistes (oups, pléonasme) trouvèrent aussi leur miel dans les accusations plus ciblées d’apartheid : les Israéliens ne vaccinaient que les Juifs, refusant le vaccin à leurs concitoyens arabes …

À la tribune de l’ONU, un de ces citoyens « de seconde zone » est venu apporter un démenti : Youssef Haddad, fondateur de l’association « Ensemble – Garants les uns des autres[34] », lui-même Arabe de Nazareth et vacciné, a été précis : « Des accusations ont été portées contre Israël dont le programme de vaccination serait raciste. Ce n’est pas vrai. Comme moi, ma famille, mes amis et des centaines de milliers d’autres Arabes israéliens ont été vaccinés. L’État d’Israël fait campagne en arabe pour nous encourager, nous les Arabes israéliens, à nous faire vacciner et le Magen David Adom (la Croix-Rouge israélienne), qui est composée de Juifs et d’Arabes, travaille directement avec les communautés arabes pour vacciner leurs habitants[35] ».

 

Médisez, médisez, vous qui, en mai, disiez du mal d’Israël

Qu’importe la vérité, la marée de médisances était trop belle : si ce n’est les Arabes israéliens, c’est donc leurs frères. Les Israéliens empêchaient les Palestiniens de se procurer le vaccin, ils propageaient le virus… Une association française de bienfaisance, dans son enthousiasme à stigmatiser le virus de l’occupation, a même expliqué comment ils s’y prenaient : « pour les Israéliens, le crachat est une arme de guerre.[36]

L’Autorité palestinienne a pourtant clamé haut et fort son indépendance : « Nous ne sommes pas un département du ministère israélien de la Défense. Nous avons notre propre gouvernement et notre ministère de la Santé, et ils font d’énormes efforts pour obtenir le vaccin[37]». Cela n’a pas ralenti le matraquage : l’antisionisme n’allait pas se priver d’une si belle accusation, au seul motif que cela contredisait la réalité ! Pourtant, les faits sont têtus. Et il suffisait de regarder le texte des Accords d’Oslo (Article VI), pour constater que la santé des Palestiniens relevait de leur propre administration : « À partir d’avril 1994, la santé, l’éducation, les affaires sociales, la taxation, le tourisme et la culture seront transférés aux Palestiniens.[38]» Oui, mais non. Quand on hait, on ne compte pas avec les faits et les traités.

Le Premier ministre palestinien, Mohammed Shtayyeh, a accusé les soldats de Tsahal de propager délibérément le virus « sur les poignées de voiture.[39]» Rien qu’en comptant toutes les Mercedes neuves des territoires palestiniens, ça faisait du boulot !

Un professeur de l’université Stanislaus, en Californie, Asad Abukhalil, a été très premier degré. Il a twitté : « Israël aura – j’en suis sûr – des procédures médicales différentes pour les juifs et pour les non-juifs. Les non Juifs iront dans des prisons de masse.[40]» Venant d’un prof de fac, on aurait attendu plus subtil…

France 24, la vitrine du Quai d’Orsay à l’international, a trouvé une personnalité pour diffuser son tropisme anti-israélien. Son édition en anglais du 19 mai 2021 était ainsi introduite : « Le président sud-africain Cyril Ramaphosa déclare à FRANCE 24 que la situation à Gaza lui rappelle l’époque de l’apartheid dans son propre pays, les actions israéliennes contre les Palestiniens étant évocatrices d’un État d’apartheid.[41] »

France Info, (également financé par nos impôts et donc soumis à la même théorique déontologie), a choisi ses témoins dans le même cluster. Exemple, le 27 avril 2021, « Human Rights Watch qualifie d’ »apartheid » la politique d’Israël à l’égard des Palestiniens. L’ONG estime que l’État hébreu exerce une « oppression systématique » et des « actes inhumains » contre les Arabes vivant sur son sol et les Palestiniens dans les Territoires occupés.[42]»

Tous les ans, tous les mois, tous les jours, le « marronnier » du Monde s’appelle « apartheid israélien. » Quand son allié objectif, le ministre français des Affaires étrangères, a enfourché le même cheval de bataille, le 30 mai 2021, ce fut l’orgasme : « La mise en garde de Jean-Yves Le Drian sur « le risque fort d’apartheid«  en Israël fait suite à la dénonciation de « crimes d’apartheid«  par des organisations de défense des droits humains, relançant un débat houleux[43]. »

 

Une mauvaise foi au carré

Les médias français ne peuvent pas prétendre avoir agi à l’insu de leur plein gré, car dès le mois de mars, toute la population israélienne à risque, de quelque ethnie/religion/ opinion qu’elle soit, prisonniers inclus, était vaccinée. « Le Service correctionnel israélien a terminé, cette semaine, la vaccination de ses détenus les plus à risque relativement à la COVID-19. Les détenus ont été logés à la même enseigne que tous les concitoyens et ils ont été vaccinés dans les mêmes conditions[44]», pouvait-on lire le 15 mars 2021. Par simple charité chrétienne, on ne demandera pas combien de détenus français ont, dans les prisons françaises, reçu les deux injections, voire une seule…

Entre le 15 et le 21 mars 2020, 2547 camions de marchandises israéliens étaient entrés à Gaza, dans la « prison à ciel ouvert qui meurt du blocus inhumain », par le poste frontière de Keren Shalom. 116 camions citernes de carburant, 206 tonnes de fournitures médicales, 393 tonnes de produits agricoles, 11 457 tonnes de nourriture et 48 667 tonnes de matériaux de construction. Le 10 mars 2020, le coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires, le COGAT, avait coordonné le transfert de 20 tonnes de désinfectants et de centaines de kits de test de coronavirus. Le 20 mars 2020, à lui seul, Israël avait livré des centaines d’autres kits de test et 1000 kits d’équipement médical de protection à Gaza. Le COGAT a aussi coordonné la livraison de milliers de masques et de kits de test donnés par l’OMS pour la Cisjordanie et Gaza. Le 25 mars, par exemple, plus de 3000 kits de test et 50 000 masques avaient été livrés aux Palestiniens[45].

Un an plus tard, le 14 mars 2021, « Israël a vacciné plus de 50 000 personnes au cours de la première semaine de son opération visant à inoculer les travailleurs de l’Autorité palestinienne (AP) qui travaillent en Israël contre le coronavirus (COVID-19). L’opération est menée par le Commandement central de Tsahal, le COGAT, le ministère de la Santé et l’Autorité des points de passage. Elle comprend la mise en place de complexes de vaccination dédiés à plusieurs points de passage et dans des zones industrielles en Judée et Samarie (nom donné par Israël à la Cisjordanie occupée. NDLR.[46]»

On a du mal à croire que la note de la rédaction de La Presse canadienne tient à ce qu’elle ignore que Judée et Samarie sont les noms de cette région depuis plus de 3000 ans. « Cisjordanie » n’existe qu’en français et ce, depuis 1967. En anglais, on parle de la Rive ouest : the West Bank.

Mais l’antisionisme n’est pas une opinion politique, c’est une religion, donc imperméable aux faits. Si Descartes revenait, il dirait probablement que c’est celle au monde la mieux partagée… On peut aussi penser que c’est la pire.

En juin 2021, on apprenait qu’Israël allait « fournir à l’Autorité palestinienne un million de doses de vaccins contre le coronavirus sur le point de se périmer, d’après un accord entre les deux parties annoncé ce vendredi par l’État hébreu. L’Autorité palestinienne, basée en Cisjordanie occupée, a confirmé la livraison « dans les jours à venir » d’un million de doses, sans faire mention d’un accord avec l’État hébreu.[47] »

 

L’apartheid israélien, c’est le Père Noël des antisémites : ils savent qu’il n’existe pas, mais ils ne peuvent pas s’empêcher de lui écrire une lettre chaque année. Sauf que dans le cas des journalistes, c’est 365 fois par an.

 

 

[1] https://mfa.gov.il/MFA/AboutIsrael/Maps/Pages/Situation-on-the-eve-of-the-Second-Intifada.aspx

[2] https://www.lefigaro.fr/international/2008/01/03/01003-20080103ARTFIG00020-israel-a-l-abri-des-attaques-kamikazes-.php

[3] http://www.lemondejuif.info/2016/03/israel-hotovely-accuse-la-france-dinstrumentaliser-le-conflit-israelo-palestinien/

[4] https://www.jpost.com/opinion/free-debate-must-continue-but-apartheid-causes-confusion-opinion-672591

[5] https://blogs.timesofisrael.com/an-open-letter-to-mandla-mandela/

[6] https://www.algemeiner.com/2019/03/07/former-tv-news-anchor-set-to-become-first-druze-woman-in-israels-parliament/

[7] https://www.i24news.tv/fr/actu/israel/societe/160927-171122-60-des-arabes-israeliens-se-disent-fiers-d-etre-israeliens-sondage

[8] https://www.lefigaro.fr/international/a-umm-al-fahm-les-arabes-du-triangle-veulent-rester-israeliens-20200301

[9] https://www.gatestoneinstitute.org/15602/fortunate-arabs

[10] http://www.israelvalley.com/2017/12/13/israel-ramat-gan-ville-lesperance-de-vie-plus-elevee-beersheba-plus-faible/

[11]  https://infos-israel.news/arabes-israeliens-ont-lesperance-de-vie-plus-elevee-rapport-aux-populations-de-21-pays-musulmans-arabes/

[12] https://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-5237042,00.html

[13] https://unitedwithisrael.org/over-7000-palestinians-join-israels-top-trade-union/?utm_source

[14] https://lphinfo.com/un-invite-insolite-a-la-mairie-de-jerusalem/

[15] https://www.israelhayom.co.il/article/471857

[16] https://unitedwithisrael.org/watch-israeli-arab-wins-eu-award-for-revolutionary-sniff-diagnosis-method/

 

Pour que 2021 soit l’année de la fin de l’apartheid en Israël HONTE A VOUS

TRIBUNE
 
Israël-Palestine, conflit sans fin?dossier

Plus de 1 000 artistes, intellectuels et universitaires de plus de 45 pays appellent à la reconnaissance internationale et au démantèlement du régime d’apartheid mis en place par Israël sur le territoire de la Palestine.

par Un collectif de 1000 personnalités internationalement reconnues

Gageons que, dans quelques années, quand les historiens voudront caractériser les événements marquants de l’année 2021 en ce qui concerne l’Etat d’Israël, ce qui l’emportera ne sera ni la vaccination éclair contre le Covid ni le départ du Premier ministre Benjamin Nétanyahou, mais bel et bien la reconnaissance mondiale de l’état d’apartheid dans tout l’espace de la «Palestine historique». Cela a commencé le 12 janvier par la publication du rapport de B’Tselem (Centre israélien d’information pour les droits de l’homme dans les territoires occupés) intitulé : «Un régime de suprématie juive s’étendant du Jourdain à la Méditerranée, c’est de l’apartheid». Trois mois plus tard, le 27 avril, le rapport de Human Rights Watch, ONG internationale de défense des droits humains mondialement respectée, enfonçait le clou sous le titre : «Un seuil franchi : les autorités israéliennes et les crimes d’apartheid et de persécution». Enfin, le 6 juillet, 600 universitaires, artistes et intellectuels venant de 45 pays rendaient publique une déclaration qui appelle au démantèlement du régime d’apartheid dans la Palestine historique.

L’apartheid est un crime, internationalement reconnu comme tel depuis que, le 30 novembre 1973, l’Assemblée générale des Nations unies adoptait la Convention internationale sur l’élimination et la répression du crime d’apartheid. Dans le statut de Rome de 2002 instituant la Cour pénale internationale, l’apartheid est caractérisé comme un crime contre l’humanité «commis dans le cadre d’un régime institutionnalisé d’oppression systématique et de domination d’un groupe racial sur tout autre groupe racial ou tous autres groupes raciaux et dans l’intention de maintenir ce régime».

 

La coïncidence avec la législation israélienne et les politiques de discrimination envers les Palestiniens est manifeste. Pourtant, pendant des décennies, il fut pratiquement impossible d’en faire état publiquement. Lorsque l’ancien président Carter, dans un livre sur Israël de 2006, osa faire figurer le mot dans son titre (Palestine : la paix, pas l’apartheid), il souleva des clameurs d’indignation. Dix ans après, quand une étude des Nations unies parvint aux mêmes conclusions («Le traitement par Israël du peuple palestinien et la question de l’apartheid», commission économique et sociale des Nations Unies pour l’Asie occidentale [ESCWA], 2017), la réaction ne fut pas moins violente. Face à la colère des groupes de pression et des Etats pro-israéliens devant cette utilisation à leurs yeux inacceptable du «mot en A», le secrétaire général dut demander le retrait du rapport. La directrice exécutive de l’ESCWA, Rima Khalaf, préféra alors démissionner plutôt que de s’incliner.

 
 

Mais en cette année 2021, le verrou vient de sauter. Les sociétés civiles du monde entier ne le supportent plus. D’un continent à l’autre, d’une génération à l’autre, d’une nationalité à l’autre, les manifestations, les prises de position, les tribunes, les motions adoptées à de larges majorités convergent en un même flot de protestation. La reconnaissance du fait qu’Israël a bel et bien instauré un régime d’apartheid dans l’ensemble des territoires qu’il a soumis à sa juridiction, s’ajoutant à d’autres violations du droit international, mène à exiger que la communauté internationale sorte de la complaisance et engage les mesures concrètes qui découlent de ce constat.

Dans cet esprit, la déclaration du 6 juillet sur l’élimination et la répression du crime d’apartheid dans la Palestine historique, après avoir résumé l’histoire des pratiques israéliennes de discrimination systématique envers les Palestiniens, continues depuis la Nakba, en insistant sur la signification de l’adoption par la Knesset de la loi fondamentale de 2018 qui réserve aux seuls habitants juifs la pleine citoyenneté de l’Etat et le «droit à l’autodétermination», ainsi que sur la responsabilité des puissances occidentales qui protègent et subventionnent ce régime, et rappelé les obligations découlant de la Convention internationale de 1973, énonce quatre grands principes d’action :

 

– nécessité de condamner en tant que crime au sens du droit international le régime d’apartheid imposé au peuple palestinien résidant en Israël-Palestine ou contraint à l’exil ;

– nécessité du démantèlement de ce régime et de l’établissement d’un ordre constitutionnel respectant le droit international et les conventions de défense des droits humains, qui garantirait l’égalité des droits et devoirs pour les habitants de cette terre indépendamment de toute différence raciale et ethnique, comme de toute appartenance religieuse ou identité sexuelle, et reconnaîtrait le droit au retour de tous les exilés depuis la création de l’Etat d’Israël ;

 

– nécessité pour les gouvernements complices de mettre fin à leur connivence avec le régime d’apartheid en poussant à son démantèlement et en soutenant une transition sensible au droit à l’autodétermination des deux peuples habitant actuellement la Palestine historique ;

– nécessité enfin d’une commission de paix, de réconciliation et de responsabilité chargée d’accompagner la transition vers une gouvernance respectueuse des droits humains et de la démocratie. En attendant qu’un tel processus soit enclenché, les signataires appellent la Cour pénale internationale à lancer une enquête sur les dirigeants et le personnel de sécurité à qui la perpétuation du crime d’apartheid peut être imputée.

 
La déclaration (lisible sur le site https://www.aurdip.org/declaration-sur-l-elimination-et.html) est signée à ce jour par plus de 1 000 personnalités internationalement reconnues, en particulier Rima Khalaf (ancienne directrice exécutive de l’ESCWA), les professeurs Richard Falk et Virginia Tilley (auteurs du rapport de l’ESCWA en 2017), les Prix Nobel de la paix Adolfo Pérez Esquivel et Mairead Maguire, le Prix Nobel de chimie George Smith, Nurit Peled-Elhanan (Prix Sakharov 2001 et co-fondatrice du Tribunal Russell pour la Palestine), les juristes Monique Chemillier-Gendreau et John Dugard, les enseignants et chercheurs Bertrand Badie, Hagit Borer, Ivar Ekeland, Souad Joseph, Edgar Morin, Jacques Rancière, Roshdi Rashed et Gayatri Spivak, le biologiste Sir Iain Chalmers, le compositeur Brian Eno, le musicien Roger Waters, l’écrivaine Ahdaf Soueif, l’économiste Sir Richard Jolly (ex-assistant du secrétaire général des Nations-unies), l’ancienne vice-présidente du Parlement européen Luisa Morgantini, le vétéran sud-africain de la lutte anti-apartheid Ronnie Kasrils et la militante pacifiste et ancienne dirigeante des Verts canadiens Joan Russow. Cette liste ne cesse de s’accroître. Espérons qu’elle contribue à faire enfin bouger les choses dans le sens de la justice.

La version originale anglaise de ce texte a été élaborée par Robert Falk et Jonathan Rosenhead. Adaptation française par Etienne Balibar et Jean-Marc Lévy-Leblond.