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Raphaël Nisand – Non au vote juif – lemonde.co.il

Raphaël Nisand – Non au vote juif

En cette période préélectorale les Juifs de France voient l’ensemble des autorités cultuelles monter au créneau pour donner leurs avis et leurs préférences en vue de l’élection présidentielle.

Il est toujours bon de rappeler ici que le concept même de vote juif est inexact et dangereux.

Les juifs français sont des citoyens éclairés, souvent engagés de façon citoyenne et tous les votes possibles peuvent émaner des juifs de France.
Dans les injonctions faites ces derniers jours de voter comme ci ou comme ça il a manqué semble-il l’essentiel.

Cet essentiel ce sont les thématiques vitales pour les juifs vivant dans ce pays, et à cet égard il faudrait que nos dirigeants se saisissent de l’élection pour faire progresser ces causes qui nous sont chères.

La première bien sûr c’est la sécurité.

Dans un article du Monde daté du 28 octobre le quotidien analyse les cicatrices laissées à Toulouse par l’attentat antisémite meurtrier de 2012.
10 000 juifs de moins à Toulouse dans le silence et l’indifférence générale.
L’actualité récente vient encore aggraver ce phénomène.

L’imam de la grande mosquée de Toulouse Mohamed TATAÏ a été relaxé le 14 septembre 2021 par le Tribunal de la ville après avoir dit devant 3000 fidèles « les juifs se cachent derrière les rochers et les arbres, et les rochers et les arbres diront : ô musulman, ô serviteur d’Allah, il y a un juif qui se cache derrière moi, viens le tuer ».

Le Tribunal a estimé que ces propos, pour être religieux, ne constituaient pas une incitation à la haine ou à la discrimination. Il a donc acquitté l’imam.

Ce jugement a été prononcé « sous les applaudissements de certains habitants des cités déplore Maître Simon COHEN l’avocat toulousain défenseur des parties civiles. Le parquet a fait appel.

Dans un récent documentaire télévisé le Président du Consistoire de la ville disait qu’il se sentait comme un syndic de liquidation.

Depuis lors, outre Toulouse, ce sont des dizaines de milliers de juifs de France qui ont été contraints de quitter leur ville ou leur quartier en raison d’un antisémitisme quotidien et massif qui leur rend la vie impossible.
Certains vont dans d’autres villes de France, d’autres s’en vont inexorablement, faisant leur alya ou partant dans des pays plus paisibles pour les juifs.

On aurait aimé entendre l’avis de nos dirigeants sur le jugement de Toulouse et sur le devenir des communautés en péril.

C’est bien sûr la première demande que nous devons présenter aux autorités de la République et à tous les candidats. Pour le moment le compte n’y est pas et la saignée continue malgré les belles paroles.

Les juifs de France sont également attachés à Israël et à cet égard nous devons constater la glaciation totale des relations officielles franco-israéliennes.

Quelques exemples ?

Il a été décidé de façon implicite de boycotter toute relation gouvernementale ou présidentielle avec Israël. Le dernier ministre de l’économie et des finances à s’être rendu en Israël c’était un certain Emmanuel MACRON du temps de François HOLLANDE (il avait à cette époque tenu des propos plutôt sympathiques). Depuis lors, le premier ministre Edouard PHILIPPE a annulé son voyage prévu en Israël et le Président MACRON s’est rendu en Israël pour une commémoration de la Shoah en refusant de rencontrer NETANYAHOU et en faisant un scandale comme il n’en a jamais fait à l’étranger à l’entrée d’une église à Jérusalem.

Il n’y a plus NETANYAHOU mais le ministre des affaires étrangères LE DRIAN n’est pas en reste. Il n’a jamais mis les pieds en Israël et dit officiellement craindre que cela soit un pays d’apartheid, une accusation qui place une cible sur chaque juif de France qui devient ipso facto un soutien de l’apartheid, un raciste de la pire espèce.

Le 28 octobre le ministère des affaires étrangères toujours lui, fait un communiqué pour se dire « pleinement mobilisé » pour que le terroriste franco-palestinien Salah HAMOURI puisse rester vivre à Jérusalem.
Qui est Salah HAMOURI ? Membre du FPLP (front populaire de libération de la Palestine) , organisation reconnue terroriste par l’Union Européenne Salah HAMOURI a été emprisonné de 2005 à 2011 pour sa participation à la tentative d’assassinat du Grand Rabbin d’Israël Ovadia YOSSEF.
Cette « mobilisation » est juste scandaleuse.

Sur ces thématiques, nos autorités devraient pouvoir obtenir une meilleure compréhension d’Israël et du lien franco-israélien.

En tout cas le retour vers les urnes ne peut être en l’occurence le moment de l’alignement inconditionnel que l’on constate de la part de nos dirigeants.

Last but not least.

On a pu voir cette semaine, dans un silence de plomb, le candidat écologiste JADOT annoncer que lui élu, l’abattage rituel autrement dit la casherout, serait interdite.

Encore une menace claire et nette sur l’existence de la communauté juive de France.

Qu’ont dit nos responsables ?

Et puis allons dans le symbolique, mais cela compte, on aimerait que nos responsables honorent Georges BENSOUSSAN, historien victime du djihad judiciaire lancé par le CCIF, organisation dissoute depuis par le gouvernement pour séparatisme.

Georges BENSOUSSAN a été innocenté par la justice à la suite de poursuites islamistes auxquels s’étaient joints le parquet de Paris, la LICRA, la LDH et le MRAP. Il demeure boycotté par nombre de médias et victimes d’un ostracisme évident. BENSOUSSAN un DREYFUS moderne ?

En tout cas il mérite réhabilitation, excuses et légion d’honneur.

Voici quelques idées qui, j’espère seront reprises pour être utiles et aller au-delà des incantations de circonstance.

Je suis sûr que c’est en fonction de ces paramètres également que voteront en toute liberté nos concitoyens.

Raphaël Nisand

Chroniqueur sur Radio Judaïca

Source : https://www.tribunejuive.info/2021/10/31/raphael-nisand-non-au-vote-juif/

 

 

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Sugihara Chiune, le Schindler japonais (vidéo) | lemonde.co.il

Sugihara Chiune, le Schindler japonais (vidéo)

 

Sempo Chiune Sugihara est né au Japon à Yaotsu (Gifu) en 1900. Après une scolarité exemplaire, il entreprit des études supérieures pour servir son pays auquel il était profondément attaché et qu’il rêvait de représenter sous toutes les latitudes.

Il épousa une jeune femme du nom de Katia Semionovna de laquelle il divorça en 1935. Il épousa en secondes noces une japonaise Yukiko Sugihara et fonda avec elle une famille heureuse illustrée par la naissance de quatre enfants.

Il parlait la langue russe très couramment car il avait étudié tout ce qui concernait l’Union Soviétique à l’institut japonais Gakuin implanté à Harbin et en tant que Directeur du Ministère des Affaires Etrangères d’un Etat fantoche : le Mandchoukouo et il avait développé de nombreuses relations avec des personnes originaires de Russie soviétique. Parallèlement, Tokyo exigeait de lui des renseignements sur les mouvements terrestres et maritimes des armées nazies et/ou soviétiques dans les régions avoisinantes la Lituanie et la Russie.

S’étant brillamment illustré en 1932 par des transactions et des relations commerciales et diplomatiques avec la République Soviétique de l’époque dans une sorte de représentation diplomatique à Harbin, capitale de la Mandchourie, il reçut l’ordre de mission, en Novembre 1939, en tout début de la seconde Guerre Mondiale, de rejoindre la Lituanie et d’y ouvrir un consulat.

Dès son arrivée à Kovno, capitale de Lituanie, Sugihara fut immédiatement confronté au problème de survie des Juifs pourchassés par les Nazis. La population juive de Kovno comptait 30,000 âmes. Déjà, il avait eu vent des atrocités perpétrées par les nazis sur les Juifs en Pologne. Il délivra des visas pour le Japon à plus de 6,000 personnes leur permettant ainsi de quitter ce sol pour voguer vers d’autres territoires plus amènes et sauvant la vie de ces réfugiés en leur suggérant de fuir cette Europe enflammée à travers la Russie et la Sibérie jusqu’en Mandchourie puis, de là, vers le Japon muni de leurs visas.

Son gouvernement le houspilla et le rappela à l’ordre mais, tant qu’il put délivrer des visas, il le fit, pour sauver des vies. Ce couple poursuivit ses actions salvatrices en dépit des ordres reçus par le gouvernement japonais occupé par ailleurs par des tractations coupables aux yeux du monde libre et tout-à-fait conscients qu’ils mettaient leur carrière et leurs vies en danger par leur refus d’obéissance.

Certains Juifs lituaniens ou polonais s’étaient arrangés pour recevoir de faux-visas pour Curaçao ou vers des possessions hollandaises en Amérique. Les façons de fuir d’Europe occidentale devenaient de plus en plus périlleuses aussi, Sempo Sugihara, ne sachant que décider pour ces personnes, leur délivra en 1940 des visas d’une durée de 10 jours pour leur permettre de s’éloigner. Il reçut, de son gouvernement, l’ordre de fermer le consulat en automne de la même année. Déchiré par le sort amer qui attendait ces êtres dont certains n’étaient pas même en possession de tous les documents nécessaires pour leur transfert vers le Japon ou Curaçao et leur délivra, malgré tout, des visas et autres documents, car, à l’époque, le seul moyen de regagner les rivages américains était de transiter par le Japon.

Les autorités nippones, soucieuses de ne pas avoir soudain des réfugiés à nourrir et entretenir, exigèrent de Sempo Sugihara de vérifier que chaque voyageur était en possession de titres de voyage et d’argent pour leur permettre de subsister tout le temps de leur transfert et, dans la négative de ne pas délivrer quelque document que ce fût. La réponse du diplomate fut qu’il avait dû délivrer des visas sans vérifier les moyens de subsistance des futurs voyageurs à cause de l’urgence et du fait que pour transiter ils étaient obligés d’être en possession des visas pour pouvoir quitter la république soviétique. Les autorités soviétiques à Vladivostok firent pression sur le gouvernement japonais afin de faciliter le transbordement des fuyards vers le Japon même si tous les documents n’étaient pas visibles.

Entre la date de sa nomination jusqu’à la date où il quitta la Lituanie, Sempo Sugihara délivra 2440 visas y compris des visas pour des enfants.

Sugihara Chiune, le Schindler japonais | Nippon.com – Infos sur le Japon

Sempo Sugihara quitta Kovno pour se rendre dans la capitale Tchèque : à Prague. De là, le gouvernement japonais, l’envoie en mission en Roumanie. Il restera là-bas jusqu’à ce que les Nazis, battus, retournent en Allemagne. C’est alors qu’il fut appréhendé et arrêté puis incarcéré et détenu avec les membres de sa famille trois années durant par les Soviétiques.

En 1947, le gouvernement japonais, de manière très arbitraire, mit un terme à la carrière diplomatique de Sempo Sugihara sous le prétexte qu’il était nécessaire d’opérer une très importante réduction de personnel.

Sempo Sugihara tomba en disgrâce à cause de son opiniâtreté à délivrer des visas aux Juifs persécutés. Destitué de ses fonctions diplomatiques, il dut s’exiler pour une vingtaine d’années à Moscou où il dirigea une entreprise commerciale. Puis, revenant sur le territoire japonais il continua dans des activités commerciales, dans une importante société commerciale japonaise. Il s’en retira à l’âge de 75 ans.

Les démarches pour l’obtention de la médaille des Justes aboutirent en 1985 par une cérémonie officielle à Jérusalem, au cours de laquelle cette suprême consécration lui fut décernée le remerciant et saluant de cette manière la compassion et l’humanité dont il fit preuve durant ces dures années que dura la seconde guerre mondiale.

En recevant la Médaille des Justes, Sempo Sugihara répondit à la question qui lui fut posée de savoir pour quelles raisons il désira tellement (au prix de très longues heures d’un travail harassant pour lui et son épouse en 1940 à signer des milliers de visas :  » c’étaient des êtres humains et ils avaient besoin d’aide » dit-il simplement. « Je suis heureux d’avoir trouvé la force de prendre des décisions pour eux ». C’était un homme religieux qui croyait en un Dieu universel pour tous les peuples. Il a déclaré encore : je peux désobéir à mon gouvernement mais je ne peux désobéir à D.

Lors de cette cérémonie, des milliers de personnes se sont rendues à Jérusalem pour rendre hommage et témoigner de leur reconnaissance. Certaines données laissent à penser qu’environ 40,000 personnes doivent la vie à cet homme hors du commun.

Il s’était converti à l’Eglise Grecque Orthodoxe et, comme il a été dit plus haut il était profondément croyant.

Sugihara s’éteignit en 1986, âgé de 86 ans. Sa femme lui survécut puisqu’elle mourut en 2008 à l’âge de 94 ans.

Persona Non Grata (2015) - IMDb

Sugihara was also raised in the strict Japanese code of ethics of a turn-of-the-century samurai family. The cardinal virtues of this society were oya koko (love of the family), kodomo no tameni (for the sake of the children), having giri and on (duty and responsibility, or obligation to repay a debt), gaman (withholding of emotions on the surface), gambatte (internal strength and resourcefulness), and haji wo kakete (don’t bring shame on the family). These virtues were strongly inculcated by Chiune’s middle-class rural samurai family.

Caroline Elishéva REBOUH

SourceJFORUM.FR

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