Catégorie : Lévy

L’Observatoire Juif de France vous souhaite une très belle année hébraïque 5783.

Que cette nouvelle année soit pour vous et votre famille ainsi que pour l’ensemble de nos compatriotes juifs et non juifs aussi douce qu’une pomme trempée dans du miel. 

Paix sur le monde et bonheur dans vos foyers. 
Que les saveurs de l’amour et de la vie vous accompagne tout au long de l’année. 
Que de bonnes solutions soient  prises par nos dirigeants en France en Israël et dans le monde.
Que votre nom soit inscrit et scellé pour cette nouvelle année dans le livre de la vie.
Amen 

René Lévy 

Le Grand Rabbin Alain Goldmann z’’l, vient de nous quitter, une grande perte pour le judaïsme.

Il a œuvré toute sa vie pour le rayonnement des valeurs du judaïsme au sein de plusieurs communautés juives de France, et durant quatorze années il accomplit sa mission de Grand Rabbin de Paris avec l’estime de tous les fidèles.

Son parcours exceptionnel et son humilité, sa constante proximité et son écoute au sein des plus hautes fonctions qui étaient les siennes laisseront une empreinte gravée dans nos cœurs.
C’est un prince du judaïsme de France qui nous quitte.

Nous adressons nos plus sincères condoléances à son fils Ariel Goldmann et à toute sa famille.

 

René Lévy

Président de l’Observatoire Juif de France

Email : [email protected]

L’Observatoire Juif de France dépose plainte à l’encontre d’Hervé Ryssen et de la Société RAKUTEN France

L’Observatoire Juif de France dépose plainte à l’encontre d’Hervé Ryssen auteur de livres antisémites ainsi qu’à l’encontre de RAKUTEN.COM et son Président qui propose à la vente plusieurs de ses livres antisémites.

Hercé Ryssen de son vrai nom Hervé LALIN, est un multirécidiviste condamné notamment à un an de prison ferme en 2016 par le Tribunal de Paris pour « incitations à la haine raciale » envers les Juifs pour son ouvrage « Comprendre le judaïsme, Comprendre l’antisémitisme »   dont l’ellipse pourrait paraître presque comique si les propos qu’il contenait n’étaient aussi ouvertement anti-juifs.

RAKUTEN propose également sur son site le livre d’Hervé Ryssen « La Mafia Juive », pour le quel il a également été condamné.

L’Observatoire Juif de France a écrit au groupe RAKUTEN France, pour demander la suppression de ses œuvres scandaleuses, dont les propos bafouent les lois de notre Pays.

La plainte de l’Observatoire Juif de France repose sur plusieurs griefs, dont Provocation à la haine et à la discrimination nationale raciale religieuse par parole, écrit, image ou moyen de communication au public par voie électronique.

Les plateformes internet, les sites de vente en ligne, trouveront toujours l’Observatoire Juif de France sur leur route pour les empêcher de commercialiser les œuvres des antisémites, négationnistes, et des auteurs faisant l’apologie du nazisme.

Nous remercions BTA pour leur collaboration sur ce dossier.

Nous espérons que la Justice, infligera des peines sévères, afin de mettre hors d’état de nuire, les auteurs et complices de ses œuvres odieuses.  

 

                                    René Lévy

                                                                                   Président de l’Observatoire Juif de France

                                                       Email :  [email protected]

                                   

MICHEL ZANA, INSTRUCTEUR FÉDÉRAL DE KRAV-MAGA, VOUS ACCEUILLE AU CEJ Paris 17 DEMAIN MERCREDI 31 AOÛT 2022 DE 14H30 à 21H00 POUR VOS INSCRIPTIONS À SES COURS PRESTIGIEUX.

Dans le cadre de la journée Porte Ouverte Du Centre Européen du Judaïsme PARIS 17, Activités jeunes Saison 2022/2023. MICHEL ZANA sera présent pour vous accueillir au stand KRAV-MAGA ENFANTS – ADOS ADULTES. MERCREDI 31 AOÛT 2022 de 14h30 à 21h30 pour vos inscriptions.

MICHEL ZANA Instructeur Fédéral FFKDA 2DAN .

Merci de votre confiance A MERCREDI 

Pour les personnes ne pouvant venir ce mercredi, vous avez la possibilité de le contacter par E-mail : [email protected]

COMMUNIQUE DE PRESSE URGENT ET TRES IMPORTANT 

 

Ce vendredi 19 août monsieur Eyal HADDAD a été assassiné à coup de hache à la tête à son domicile par le présumé Dridi Mohamed.

Que monsieur Haddad repose en paix en Israël où sa famille a demandé qu’il soit enterré.

Nous présentons nos sincères condoléances à sa famille ainsi qu’à ses proches.

L’Observatoire Juif de France est consterné par le drame qui s’est déroulé en Seine et Marne.

C’est une terrible tragédie.

Interpelé par la Police, le suspect de nationalité Algérienne et de confession musulmane, aurait avoué qu’il cohabitait avec Monsieur Eyal HADDAD, et qu’il l’a tué car il lui devait 100 € et était juif.

L’Observatoire Juif de France constate que cet assassin a avoué qu’il avait commis cet acte car la victime était de confession juive.

La Justice ne peut que retenir des circonstances aggravantes vu la nature du crime.

Mais l’observatoire Juif de France craint une fois de plus, que ce motif ne soit pas reconnu par la Justice.

L’Observatoire Juif de France, lance un appel à toutes les Associations et Institutions juives à se mobiliser.

L’Observatoire Juif de France, se constituera partie civile, et espère que la justice affligera une peine exemplaire, à ce monstre antisémite.

D’après des informations qui viennent de nous être communiquées Monsieur Eyal Haddad (Zal) avait l’habitude de dire le Kaddish au cimetière de Pantin.

Nous sommes consternés par le silence des autorités, de la presse, des chaines d’information et Institutions juives et pas seulement juives.

Nous demandons avec gravité que nos Institutions soient plus réactives face aux dangers auxquels les juifs de France sont confrontés.

Est-ce pour des raisons politiques que cette information ait mis plus de dix jours à sortir ou vu que ce lâche assassinat a précédé le voyage en Algérie de notre Président de la République, Monsieur Emmanuel Macron.

 

Le Bureau

Tel. 06 08 27 14 18

[email protected]

Fuir Bizerte, quitter la Tunisie

Le départ des Juifs de Tunisie, généralement associé aux conséquences de la guerre des Six Jours, prend en fait racine dans un conflit tuniso-français, celui de la crise de Bizerte, en 1961. L’accusation de trahison formulée à l’encontre des Juifs de Bizerte, puis leur sauvetage in extremis inaugure le mouvement de départ, provoquant la disparition rapide de la présence juive dans le pays. Pour K., Agnès Bensimon, spécialiste de l’histoire des Juifs en Afrique du Nord, nous raconte, documents et témoignages inédits à l’appui, les derniers jours de la communauté juive de Bizerte.

Caserne Japy, Bizerte

Pour comprendre les raisons du départ des Juifs de Tunisie, un épisode est rarement évoqué :  celui de la crise de Bizerte. Cette guerre éclair qui opposa la France à la Tunisie en est pourtant le déclenchement. Pour comprendre cet épisode, il faut rappeler un fait oublié : c’est sans Bizerte qu’est proclamée l’indépendance tunisienne en mars 1956. La France a décidé d’y maintenir des forces militaires et continue donc à occuper la base navale de Bizerte, clé de voûte du dispositif stratégique français en Méditerranée. Désireux de liquider cette dernière « séquelle de l’ère coloniale », les Tunisiens, et le Président Bourguiba en tête n’ont de cesse de réclamer l’évacuation totale des troupes françaises. Le conflit s’envenime et va mener au pire : pendant 4 jours, du 19 au 23 juillet, des combats meurtriers ont lieu. La communauté juive, qui compte environ 2000 personnes, est épargnée mais la rumeur de sa trahison rôde et s’étend. Bientôt, il n’est plus possible de rester. Il faut fuir Bizerte, quitter la Tunisie. Le Mossad, aventureux, et la France, ambigüe, procèdent aux évacuations.

En croisant les informations officielles, des documents diplomatiques de première main et les témoignages des multiples acteurs impliqués à tous les échelons, nous avons pu reconstituer les derniers jours des Juifs de Bizerte.

Le Président et le Général, l’Algérie, la Tunisie et la France

« Je n’admets pas que l’on manque à la France », écrit le Général de Gaulle dans ses Mémoires d’espoir, évoquant la crise de Bizerte de juillet 1961, quand les troupes françaises s’opposèrent à l’armée tunisienne durant des combats aussi brefs que sanglants. La Tunisie, indépendante depuis le 20 mars 1956, n’avait eu de cesse d’exiger l’évacuation des troupes françaises toujours stationnées sur son sol, se focalisant surtout sur Bizerte où la France avait aménagé à grands frais une base antiatomique de première importance. Malgré les promesses réitérées de négocier ce retrait, cinq ans après l’indépendance, la question continue de se poser. Le bombardement du village algérien de Sakiet Sidi Youssef par l’aviation française[1], le 8 février 1958,  en représailles à une action du FLN depuis la Tunisie marque un tournant décisif. Le président Bourguiba déclare le lendemain « qu’aucun uniforme militaire français n’est plus tolérable en Tunisie » et demande l’évacuation totale de son territoire, Bizerte compris. De l’autre côté de la Méditerranée, le bombardement de Sakiet Sidi Youssef précipite la chute de la IVème République et le retour en politique du Général de Gaulle, le 13 mai 1958. Cette nouvelle situation permet un accord de temporisation signé le 17 juin entre les deux pays : les troupes françaises ont quatre mois pour évacuer la  Tunisie, avant que ne commencent les négociations concernant la base navale, étant entendu que la France reconnaît la souveraineté tunisienne sur Bizerte.

Ce énième report du règlement de la question de Bizerte l’inscrit dans un rapport de forces dès lors plus personnel. En février 1959, le Président Bourguiba formule l’étonnante proposition d’échanger la base de Bizerte contre la paix et l’indépendance de l’Algérie[2]. Pour Paris, la proposition est absurde : échec retentissant. Parallèlement, côté Algériens, on se méfie du rôle d’intermédiaire de Bourguiba dans une solution du conflit. Résultat des courses : le problème de Bizerte est réactivé et amorce une nouvelle phase de décomposition des relations franco-tunisiennes. En janvier 1960, le président Bourguiba joue son joker en déclarant qu’il engagera la bataille si la France n’a pas évacué la base le 8 février (jour du 2ème anniversaire de Sakiet Sidi Youssef). Il mobilise la population et des troupes mais cède presque immédiatement au veto du général de Gaulle qui rappelle que la France se maintient à Bizerte pour sa propre défense et pour celle de l’Occident et donc, par là même, pour celle de la Tunisie, incluse dans le camp occidental. Un an plus tard, une rencontre a lieu à Rambouillet, le 27 février 1961, entre de Gaulle et Bourguiba d’où il ressort que le président tunisien est « hors-jeu » pour la question du règlement du conflit algérien et que la question de Bizerte ne doit plus être soulevée avant la fin de la guerre d’Algérie. L’incompréhension de part et d’autre aggrave le malentendu.

Habib Bourguiba par Habib Osman — Collection particulière, Domaine public

À l’arrière de la rade de Bizerte, l’extension de la base aérienne de Sidi Ahmed en vue de l’aménagement de pistes d’atterrissage supplémentaires adaptées aux nouveaux modèles d’avions constitue l’élément déclencheur de l’épreuve de force à venir. La Garde Nationale tunisienne surveille les travaux dès le début, à la mi-avril 1961, puis intervient en interdisant au personnel civil tunisien de travailler sur le chantier, allant même jusqu’à tenter d’interrompre les travaux. Les Tunisiens édifient un mur de béton, creusent des kilomètres de tranchées tout autour de la base et disposent sept barrages dans la région, entre juin et début juillet 1961. La tension monte à mesure que les Tunisiens renforcent les effectifs sur la zone. L’Amiral Maurice Amman, commandant en chef de la base stratégique somme alors la Garde Nationale de cesser sa résistance. Bourguiba s’immisce dans la crise, appelant à des manifestations populaires, suscitant la pression de la rue, encourageant la propagande pour l’affrontement, organisant la mobilisation de la Garde Nationale et des jeunesses destouriennes. Sur place, l’Amiral Amman décrète l’état d’alerte total. Le 6 juillet, Bourguiba fait porter à de Gaulle une lettre « de la dernière chance ».  De Gaulle lui répond tardivement, par une fin de non-recevoir qui lui parvient le 17 juillet. L’affront étonne Tunis et le jour même, Bourguiba annonce le déclenchement des opérations. L’échéance de la bataille est fixée au mercredi 19. À cette date, toute violation de l’espace aérien par l’aviation française sera considérée comme le signal du début des affrontements. Mais alors qu’à Tunis on s’attendait à des combats sporadiques, Paris, anticipant le danger, s’est déjà préparé à la guerre.

19-23 juillet 1961 : Une guerre éclair sanglante

Les affrontements armés sont continus du mercredi 19 juillet, vers 15 heures, jusqu’au cessez-le-feu, le dimanche 23 juillet au matin. Quatre bataillons tunisiens d’infanterie, un groupe d’artillerie, environ 200 gardes nationaux et près de 6 000 volontaires de la jeunesse destourienne, électrisés mais peu armés sont mobilisés. Sans plan de défense ni plans d’opérations, les Tunisiens n’ont pas pour mission d’entrer dans la base. C’est l’effet conjugué de la réaction française et de l’agitation incontrôlée des volontaires civils qui engendre le véritable début des hostilités. Du côté français, les moyens militaires sont largement supérieurs : avions Mistral, Mystère IV et Corsair, hélicoptères, quatre compagnies de défense Air et Marine vite épaulées par deux Régiments de Parachutistes d’Infanterie Marine (2ème et 3ème RPIMA) puis le 3ème Régiment Étranger d’Infanterie, basés à Blida en Algérie. Sans oublier le Colbert, le De Grasse et le porte-avion Arromanches qui croisent à proximité de la rade.

Les premiers tirs se produisent du côté de Sidi-Ahmed, théâtre des combats des premières vingt-quatre heures au terme desquelles les 2ème et 3ème RPIMA prennent l’avantage, avec une violence inouïe. Il faut dire que les Tunisiens ont fait feu sur les paras envoyés en renforts sur la base. Les volontaires civils tunisiens mettent en avant les femmes et les enfants – tactique des boucliers humains[3] qui a fait école depuis – et tirent également sur les militaires français, tandis que les combattants les bombardent au mortier. La riposte est sans pitié, les Français visant du haut des hélicoptères la foule des manifestants. Lucien Bodard, alors correspondant de France-Soir écrit : « Je me dis que si Bourguiba a voulu un nouveau Sakiet, les Français le lui ont donné. Pourquoi ont-ils riposté si vigoureusement ? C’était tellement peu nécessaire devant la faiblesse de l’assaut tunisien. » Le 20 juillet, en fin de soirée, la base est quasiment dégagée. L’amiral Amman, craignant des combats dans Bizerte intra-muros et soucieux des victimes civiles, tente en vain de contacter le Gouverneur, Mohamed Ben Lamine, au soir du 20 juillet, pour chercher un arrangement lui permettant d’obtenir sans combats le contrôle du goulet, afin de rétablir la communication entre le port et la Méditerranée. Or, l’ordre est donné aux troupes tunisiennes de résister coûte que coûte. Les combats vont continuer.

Combats à Bizerte. Photographie : Claude Azoulay, le 21 juillet 1961.

La France met en place une stratégie militaire et guerrière pour le 21 juillet. À 10h du matin, les bérets verts sont lâchés dans la ville, autant pour reprendre le contrôle du goulet que pour annihiler la rébellion tunisienne. S’ensuit une véritable guerre urbaine avec de nombreux combats au corps à corps. Le 22, les soldats français s’attachent à nettoyer les dernières poches de résistance au sein du quartier européen de Bizerte. Les chars quadrillent la ville. La situation est sous contrôle en fin de journée. L’amiral Amman négocie par téléphone l’accord de cessez-le-feu avec le Gouverneur de Bizerte. Il entre en vigueur le 23 juillet à 1h du matin intra-muros et à 8h partout ailleurs.

Le bilan humain de cette guerre éclair varie selon les sources. Du côté français, on sait avec précision qu’il y eut 27 tués et 128 blessés. Du côté tunisien, on déplore entre 600 à 700 morts dont la moitié de militaires et gardes nationaux et 1 555 blessés. Mais les chiffres officiels (le monument du cimetière des martyrs de Bizerte honore la mémoire de 630 victimes) sont contestables, jugés volontairement minimisés pour camoufler l’ampleur de la déroute et l’imprévoyance du gouvernement. Dans un discours prononcé le 24 août 1961, le Ministre de l’Information du gouvernement tunisien, M. Masmoudi, annonce 1 300 morts. Le Croissant Rouge tunisien a, lui, estimé que les trois jours de combats avaient causé la mort de  5 000 personnes ; l’historien Mohamed Lazhar Gharbi avance, pour sa part, le chiffre de 4 000 victimes comme étant le plus plausible. Une étude de l’Université de Sherbrooke fait état de 1 300 morts[4].

Vue aérienne de Bizerte par {Jacques Hoden} — [1], Domaine public, Licence Commons

Si le bilan militaire permet de conclure à la victoire de l’armée française, le bilan diplomatique est plus nuancé. En août, la Tunisie obtient le soutien de l’ONU sur le vote d’une résolution condamnant la France. Les civils français vont quitter Bizerte entre le 23 juillet et le 30 septembre 1961. L’évacuation ouvrant à Bourguiba les portes d’un monde arabe qui lui était autrefois hostile. Dans les faits, la base militaire ne sera définitivement évacuée que le 15 mars 1963, sept années après la proclamation de l’indépendance et bien après la fin de la guerre d’Algérie.

La communauté juive de Bizerte face aux rumeurs de trahison

En marge du drame national, les conséquences de la guerre de Bizerte se mesurent de façon très différente à l’aune du destin des Juifs de Tunisie. À Bizerte vivait une communauté d’environ deux mille âmes, très bien assimilée, au niveau de vie élevé et que la présence française faisait prospérer, comme elle faisait prospérer du reste l’ensemble des 50 000 habitants de la quatrième ville du pays. Pour elle, oubliés les jours sombres de l’occupation allemande, de novembre 1942 à mai 1943, quand toute la communauté (de même que tous les Bizertins), avait été sommée d’évacuer la ville. Dix-huit ans plus tard, elle est loin d’imaginer le sort brutal qui l’attend. “En effet”, se souvient Maud Adda, membre de l’Association des Juifs Originaires de Bizerte, créée à Paris au début des années 90 afin d’entretenir le cimetière juif : « Nous étions très attachés à la culture et au mode de vie français. La communauté n’était pas particulièrement pratiquante, sauf pour les fêtes. Nous fréquentions les écoles françaises et nous parlions le Français entre nous. Il y a eu beaucoup de mariages mixtes du reste, plus qu’ailleurs. Des jeunes gens avaient fait leur service militaire dans l’armée française. De nombreux ouvriers travaillaient à l’Arsenal, à Ferry Ville. Le train qui les emmenait chaque jour avait été surnommé “le train de l’Arsenal”. Les Juifs étaient principalement des bijoutiers, des marchands de tissus, il y avait de petites entreprises familiales. Grâce à la présence française, nous vivions très bien.”   

Les Juifs de Bizerte n’ont pas souffert durant les combats, même si leur cimetière a été bombardé et qu’une périlleuse opération de sauvetage ait été improvisée en catastrophe pour permettre le rapatriement à Tunis de 130 adolescents partis en camp de vacances dans une forêt proche de Bizerte. Ils se trouvèrent pris entre deux feux [5].

Mais voilà : plusieurs sources affirment que la population juive a apporté un soutien sans faille à l’armée française et a collaboré avec elle durant la crise. Cela n’échappe pas aux autorités tunisiennes. Dans une note envoyée au président Bourguiba concernant les combats des vendredi 21 et samedi 22 juillet, le gouverneur de Bizerte reproche même aux « Israélites » du quartier dit de « la rue de Tunis » d’avoir aidé les militaires français en tirant sur des soldats tunisiens. 

La rumeur ne peut être confirmée. On ne peut nier que les commerçants ou les entrepreneurs juifs faisaient de bonnes affaires avec les Français et avaient intérêt au maintien de la base et de l’armée. Mais ne pouvait-on pas en dire autant des commerçants tunisiens musulmans ? Il y avait par ailleurs des soldats juifs dans les troupes françaises, et même parmi les paras envoyés en renforts. Une synagogue avait été installée pour eux dans la base pour les fêtes de Tichri. Ces différents éléments ont  servi de terreau à la rumeur de trahison ou d’espionnage des Juifs en faveur de l’ennemi. 

Photographie prise au camp de R’mel, groupe de l’Hashomer Hatzaïr. Crédit : Armand Meyer Bokobza

Après le cessez-le-feu, les mosquées et les églises reprennent leur service, tandis que les synagogues demeurent fermées. Le marché qui se tenait le mercredi a désormais lieu le samedi… Dans les jours qui suivent la fin de l’épreuve de force, des dizaines de Juifs sont arrêtés. L’un d’entre eux, Octave Haccoun va passer plusieurs années en prison. Il est accusé  d’espionnage au profit de l’armée française et du meurtre d’un commandant de l’armée tunisienne – le commandant Bijaoui[6], 35 ans, officier d’ordonnance de Bourguiba, ancien officier français ayant fait l’Indochine en 1954 et qui, depuis 1956, avait mis sur pied l’artillerie tunisienne. On parle pour Haccoun de la peine capitale. Malgré le caractère non fondé des accusations contre lui, il faudra beaucoup de temps et de nombreux efforts pour obtenir la relaxe du prisonnier. En France, une campagne de presse est orchestrée, et c’est finalement grâce aux interventions de Jean-Paul Sartre et de Pierre Mendès-France auprès du président Bourguiba en personne, que sa libération est obtenue. 

Au cœur de l’été de 1961, les rapports convergent sur les menaces de pogroms pesant sur les Juifs de Bizerte. Ils émanent tant du côté des diplomates français en poste au consulat de la ville, que des représentants de l’Agence juive à Tunis et à Bizerte, mais également des membres de la « misgeret », la branche tunisienne du réseau secret mis en place en Afrique du Nord, au milieu des années 50, par Isser Harel, le « patron » du Mossad. Pendant les quelques semaines qui séparent le cessez-le-feu des accords franco-tunisiens du 30 septembre entérinant le départ des Français, toutes les solutions sont donc envisagées pour l’évacuation des Juifs de Bizerte. 

L’évacuation, vers et par la France, ou Israël

Le Consul général de France à Bizerte, M. Xavier Jeannot, alerte le premier les autorités françaises. Dans un télégramme en date du 3 août 1961, portant le n°23, il relate: « La colonie israélite de Bizerte, qui comprend sans doute plusieurs milliers de personnes en grande majorité de nationalité tunisienne, est en proie à la plus grande inquiétude. Accusée à tort, semble-t-il, d’avoir aidé directement ou indirectement les troupes françaises et participé à la bataille, elle appréhende au plus haut point le départ de nos soldats et les représailles qui suivraient. Les confidences que certains de nos compatriotes ont reçues ces jours derniers de musulmans tunisiens pourtant modérés tendent à prouver que ces craintes ne sont pas vaines. Dans l’impossibilité d’assurer actuellement le départ de ces familles sans risquer de m’attirer les plus sérieuses difficultés de la part des autorités tunisiennes, je m’efforce de les rassurer mais je crois de mon devoir de suggérer au Département d’appeler sur cette situation l’attention de tous les organismes, gouvernementaux ou non, qui seraient en mesure d’apporter aux Israélites de Bizerte quelque protection. J’attacherais d’autre part du prix à recevoir des instructions du Département concernant l’attitude que je devrais adopter dans diverses éventualités si mon aide était sollicitée à nouveau dans les jours prochains, comme il est très probable, par des Israélites tunisiens, généralement attachés à notre pays et qui désireraient y trouver refuge.» 

Trois jours plus tard, le Consul général Jeannot revient sur ces analyses dans un nouveau télégramme, portant le numéro 35, expliquant que l’estimation de la taille de la communauté juive de Bizerte avait été surestimée et qu’en réalité il s’agirait d’organiser le départ de quelques centaines de personnes dont les papiers ne sont pas en ordre. Le 9 août, le Consul général, se référant à ces précédents télégrammes, réitère ses craintes quant à la précarité de la situation des Juifs de Bizerte : « De plusieurs côtés me parviennent les échos d’arrestations ou de vexations auxquelles sont soumis les Israélites tunisiens par les autorités, même de la part du petit peuple. Les démarches auprès de ce consulat général afin que des moyens soient mis en œuvre pour permettre à la communauté israélite locale de quitter le pays se font de plus en plus pressantes et le ton en devient angoissé. Malheureusement, les Israélites dont les passeports tunisiens sont en règle ou en cours de validité sont peu nombreux, il s’agit par ailleurs, dans bien des cas, de familles franco-tunisiennes dont les enfants possèdent les uns la nationalité d’un des parents, les autres celle de l’autre. Je m’efforcerai de faire embarquer sur le « VILLE D’ORAN » du 11 août quelques-unes de ces familles qui ont des attaches françaises, mais le problème restera pratiquement entier. Le chef de la Communauté israélite de Bizerte qui s’est rendu à Tunis où il a pris des contacts m’a fait savoir que l’Agence juive serait disposée à couvrir les frais de transport et de séjours pendant quatre jours à Marseille des familles juives de Bizerte qui gagneraient ensuite Israël (…)» Sur le télégramme, reçu à Paris le 10 août, une mention manuscrite indique : « attendre ». D’autres éléments viendront confirmer qu’au Quai d’Orsay, les inquiétudes de M. Jeannot comme ses velléités de porter secours aux Juifs , n’ont pas été perçues avec bienveillance. 

Le paquebot Ville d’Oran. Licence Creative Commons

Le directeur de l’Agence juive dont il est fait mention, s’appelle David Isboutsky. Ses bureaux, situés rue d’Elbe à Tunis, s’affichent sous l’enseigne « L’Agence, association suisse à buts humanitaires ». Il se rend à Bizerte au mois d’août pour aider au départ des Juifs qui ne peuvent quitter la ville. Dans un rapport, il confirme à sa manière les observations du Consul général : « La ville de Bizerte se vide des Européens, les Italiens émigrent en Italie, les Français en métropole et les Juifs tunisiens se trouvent dans une situation catastrophique, leurs maisons et leurs magasins sont pillés et volés des deux côtés. Les Juifs qui habitent dans la Medina n’ont pas accès à leur domicile car des barbelés séparent la ville européenne. Certains ont été arrêtés et emprisonnés, nous ignorons quel est leur sort, malgré l’intervention de la Croix-Rouge internationale et locale. Les Juifs dépourvus de papiers (700 personnes) se trouvent dans une situation désespérée parce que le courrier gouvernemental entre Bizerte et Tunis est coupé. Ils n’ont pas la possibilité de s’enfuir à Tunis, les gendarmes tunisiens opèrent une sélection entre les musulmans et les israélites. Près de 250 personnes désirent se rendre en Israël, mais les Juifs de nationalité française ne veulent pas perdre leurs avantages et préfèrent être rapatriés à la charge du gouvernement français et continuer ensuite, éventuellement, vers Israël ».

David Istboutsky en Grande-Bretagne en 1944

En conclusion de son rapport, David Isboutsky préconise d’activer de toute urgence l’évacuation de la communauté juive par l’intermédiaire des autorités françaises. Il travaille en étroite coopération avec le représentant local de l’Agence Juive à Bizerte, Maurice Mattouk, alors âgé de 24 ans. Celui-ci le met en relation avec le Consul général adjoint, M. Jean-Jacques Roos, en poste depuis 1960. Ce diplomate français, également israélien, pense avec eux aux moyens d’organiser le départ des Juifs de Bizerte. Il est certain que Xavier Jeannot a fondé ses rapports envoyés au Ministère des Affaires Étrangères sur les informations données par Jean-Jacques Roos, Maurice Mattouk et David Isboutsky. 

« Pour le cas de danger précis et imminent »

Dans cette affaire, discutée par les plus hautes instance de l’État français, le Quai d’Orsay ne soutient pas franchement les agissements de ses diplomates locaux, reflétant ainsi les réserves du Ministre des Affaires Étrangères Maurice Couve de Murville, en désaccord sur ce point avec le Premier Ministre Michel Debré. Leur approche différente de la question est perceptible dans les échanges de courriers diplomatiques entre les parties prenantes et mérite qu’on s’y arrête. 

Dans un télégramme (n°70) daté du 26 août 1961, adressé au Quai d’Orsay et communiqué au Premier Ministre et au Ministre des Affaires Étrangères, le Consul général Jeannot s’appuie sur le soutien du Premier Ministre : « Je crois devoir ajouter qu’au cours de la mission qu’il a effectuée à Bizerte, le 18 août dernier, le général Puget, adjoint en chef de l’État-major de la Défense, m’a indiqué que, suivant les instructions du Premier Ministre, les ressortissants tunisiens, Israélites ou Musulmans, qui le désireraient, pourraient trouver auprès de nous, en cas de danger précis et imminent, notamment dans l’hypothèse d’un retrait des troupes françaises, non seulement asile dans nos installations militaires, mais encore des facilités de départ par des moyens exceptionnels ». Ce télégramme reçu le 27 août porte une nouvelle mention manuscrite : « Le Ministre doit en parler avec le P.M. attendre 2 ou 3 jours, 28 VIII. » 

Dans une note en date du 28 août 1961, émanant de la Direction des Affaires politiques – Affaires Marocaines et Tunisiennes, la position du Ministère des Affaires Étrangères est très claire : « L’attention du Ministre devrait être attirée sur le télégramme 70 de Bizerte (ci-joint) au sujet d’une évacuation éventuelle d’israélites et de musulmans tunisiens par la base de Bizerte, le cas échéant par des moyens militaires. Il est fait état d’une position favorable du Premier Ministre, exprimée à Bizerte par le général Puget lorsqu’il a inspecté la base le 18 août. Nous avions pris une position sensiblement différente, le 2 août, en réponse à plusieurs télégrammes de notre Consul. Le Premier Ministre, interrogé à ma demande par Contamine, reconnaît le danger qu’il y aurait à laisser connaître la position exposée par le Général Puget (afflux des candidats, risque d’indiscrétions et de réactions des Tunisiens). Mais il la confirme « pour le cas de danger précis et imminent » et estime qu’elle devrait être indiquée confidentiellement et à toute éventualité à Jeannot et Amman. Si le Ministre était d’accord, il importerait de marquer à Jeannot qu’il doit jusqu’à nouvel ordre maintenir une attitude absolument négative vis-à-vis de toutes les demandes dont il est saisi. » La note porte en outre la mention : « Vu par le Ministre – Il estime que la position du P.M. n’est pas raisonnable – lui en parlera ».

Sur le terrain, cette différence d’approche se concrétise autour de la question, cruciale pour les Juifs, de l’obtention d’un passeport, d’un visa ou d’un laissez-passer pour la France. La différence s’incarne à travers deux figures distinctes de la diplomatie française, le Consul général à Bizerte, Xavier Jeannot, que nous avons vu à l’œuvre, et Jean Royère, son homologue à Tunis. Avec une constance attestée à travers les nombreuses communications à sa hiérarchie, Jean Royère ne manque pas de dénoncer les démarches des Juifs pour quitter le pays et de manifester sa réprobation : « Le Département n’ignore pas que des centaines de familles tunisiennes de confession israélite s’efforcent par tous les moyens de se fixer en France. Certaines d’entre elles sont dignes d’intérêt, alors que d’autres ne présentent aucun apport pour la communauté française », écrit-il déjà en juin 1960. Même au plus fort de la crise de Bizerte, il continue d’exprimer ses réserves dans les mêmes termes : « La crise franco-tunisienne a incontestablement placé dans une situation très difficile les Israélites tunisiens, et notamment ceux appartenant à l’élite intellectuelle ont toujours été proches des Français par leurs manières de vivre et leurs coutumes. Je tiens à vous faire savoir que, dans ces conditions, je n’ai pas d’objection à ce que soient examinées par priorité et dans un esprit favorable, les demandes de naturalisation déjà présentées ou qui le seront par les Israélites tunisiens présentant les conditions requises par l’article 4 de la loi du 20.12.1923. Seuls devraient être à mon sens reportés les dossiers sur lesquels ce Consulat général a porté un avis nettement défavorable » (bordereau n° 668/669 – 12 août 1961). Il est avéré que le Consul général à Tunis a appliqué avec sévérité les consignes et rejeté de nombreuses demandes de visa sollicitées par des familles juives désireuses de gagner la France. Et à propos de celles qui ont fini par partir, Jean Royère les dénigre auprès de ses interlocuteurs : « Sans méconnaître les raisons humanitaires qui ont incité l’Autorité préfectorale à régulariser sur place certains cas particulièrement intéressants, il n’en reste pas moins vrai que de très nombreux Israélites – dont l’apport à la communauté française paraît pour le moins discutable – s’efforcent de se maintenir en France (en particulier à Paris et à Marseille) bien que leurs visas soient expirés depuis plusieurs semaines. ».

Dans les faits, la question des passeports s’avère cruciale et son traitement délicat. Les Juifs de nationalité française (environ un millier) partent pour la métropole sans difficulté comme tous les ressortissants. Restent sur place près de 900 Juifs pour lesquels la situation est plus complexe. La plupart d’entre eux disposaient de passeports périmés. Jean-Jacques Roos, adjoint du Consul général Jeannot, a utilisé toutes les ressources à sa disposition pour résoudre les problèmes au cas par cas pendant des semaines. Dans ses mémoires, il explique par exemple comment il a travaillé avec une jeune femme tunisienne employée dans la plus importante agence de voyages de Bizerte, dont le propriétaire était juif. Elle se rendait à son bureau au Consulat avec les passeports expirés, Roos accordait alors les visas et les laissez-passer, avec l’accord indirect du Quai d’Orsay, de façon à ce que les passagers puissent débarquer à Marseille. Jean-Jacques Roos assistait à chaque départ des bateaux car la police tunisienne contrôlait les passeports et fouillait des gens. Avant d’embarquer, les familles lui remettaient leur argent, leur or ou leurs bijoux. Deux à trois fois dans la journée, il montait à bord, en sa qualité de diplomate français et leur restituait leurs biens – souvent à leur grand étonnement. Grâce à son action, à la fin du mois d’août 1961, il ne restait « plus que » 325 Juifs tunisiens candidats à l’émigration selon le dénombrement communiqué à Paris par Xavier Jeannot (télégramme n°70 du 26 août) : « Sur ce nombre, environ une centaine disposerait sans doute de titres de voyage et pourrait partir par des moyens normaux. Pour les autres, environ 225, il est au contraire impossible pratiquement d’obtenir des passeports ou des laissez-passer des autorités tunisiennes.».

Opération Solange

La date butoir du départ des Français, le 30 septembre, oblige les dirigeants israéliens du réseau secret en Afrique du Nord à prendre la décision d’amorcer les préparatifs d’une opération d’émigration clandestine d’envergure qui portera le nom de code « Opération Solange ». 

Sur le terrain, Maurice Mattouk, jeune recrue de la « misgeret » s’occupe alors principalement de l’aliya du mouvement des jeunes sionistes locaux. Il s’est déjà illustré en organisant, de nuit, le rapatriement à Tunis des adolescents partis en camp de vacances dans la région au moment des violents affrontements. Il va s’impliquer totalement dans l’opération de sauvetage des Juifs de sa ville natale et ne partira qu’avec les derniers émigrants, sur l’une des deux péniches qui relieront Bizerte à Bône[7] le 1er octobre 1961. Durant le mois de septembre, à mesure que la fin de la présence française se rapproche, la situation des quelque 300 derniers Juifs bizertins empire et les menaces se multiplient de toutes parts : « Attendez un peu que les Français ne soient plus là et vous verrez comment on va s’occuper de vous ! » raconte Maurice Mattouk dans ses témoignages. Le 8 septembre, 130 passagers embarquent sur le « Ville d’Oran », munis de passeports tunisiens, escortés par les paras français. 

Ce n’est pas moins de trois opérations qui ont été montées par la misgeret avant l’opération “Solange”. L’opération « Har Sinaï » a lieu le 13 septembre : 10 Juifs embarquent sur un navire militaire français à destination de Bône où l’Agence juive les prend en charge jusqu’à Marseille, grâce au Consul Jeannot qui parvient à vaincre les résistances du capitaine. Deux jours après, l’opération « Jéricho » permet à 15 hommes de monter sur un bateau de l’armée, avec un laissez-passer pour Bône. Il reste alors encore 130 noms sur la liste établie par Maurice Mattouk. 7 familles, soit 21 personnes, partent le 22 septembre, par bateau, cette fois au large de Tunis dans le cadre de l’opération « Moshé ». Mais à huit jours de l’expiration du délai fixé pour le départ des Français, 109 personnes attendent encore une issue.

La dernière Souccah des Juifs de Bizerte

C’est à Paris, au prix d’un véritable « marathon diplomatique » que l’issue définitive est mise au point. Sous la direction d’Ephraïm Ronel, le chef des réseaux en Afrique du Nord, basé à Paris, Israël étudie dans les moindres détails la possibilité d’affréter un bateau depuis Haïfa pour ramener les émigrants en Israël, en mouillant un peu à l’écart de Bizerte, à l’insu des autorités tunisiennes. 

Le bateau fait déjà escale à Naples, en attente des consignes quand l’opération est annulée après que les deux experts de la marine israélienne dépêchés sur place l’aient déclarée impossible. Les risques sont trop grands et le souvenir encore trop douloureux du naufrage du rafiot l’Egoz, qui a coulé en janvier de la même année au large du Maroc[8], incite Israël à la prudence. Dans son télégramme n°70 du 26 août 1961, déjà cité, le Consul général Jeannot relate en détail les termes de cette opération et précise : « Consulté à cet égard, l’Amiral (Amman) a considéré qu’une telle opération n’était pas irréalisable pratiquement, mais que d’une part elle présentait un caractère aléatoire, suivant les conditions atmosphériques, et que d’autre part elle ne pourrait être effectuée sans autorisation formelle du Ministère français de la Défense Nationale. »

David Ben-Gurion and Isser Harel, 1969. (Dan Hadani Archive, the Pritzker Family National Photography Collection at the National Library of Israel, Uzi Keren)

Pour le chef du Mossad, Isser Harel et son bras droit, la seule solution est d’obtenir l’aide du gouvernement français pour organiser le sauvetage des derniers Juifs de Bizerte. Ephraïm Ronel s’adresse à Uzi Narkiss, attaché militaire de l’Ambassade d’Israël en France pour qu’il utilise ses contacts à cette fin. Mais sans ordre de sa hiérarchie directe, ce dernier refuse de passer à l’action. Le chef du Mossad en réfère alors au Premier ministre, David Ben Gurion, qui tranche la question. Dans son journal de l’année 1961, Uzi Narkiss détaille les démarches qu’il a entreprises auprès de ses relations. En voici les principales étapes :

  • 21 septembre : aujourd’hui, j’ai rencontré l’Amiral O’Neill, vice-commandant des forces armées. Nous avons examiné le problème des Juifs que nous voulons faire sortir de Bizerte, suite à la demande de l’Ambassade d’Israël en France, transmise par son Conseiller, Yaël Vered. Il m’a dit qu’il fera tout ce qu’il est possible de faire dès qu’il en recevra l’ordre du Ministère des Affaires Étrangères. Or la position du Ministère est la suivante : les Juifs titulaires d’un passeport français seront évacués avec les Français s’ils le veulent, mais les Juifs qui n’ont pas de passeport français ne seront pas évacués.
  • Il n’y avait donc aucune aide à attendre de ce côté. Dans la nuit du 21 septembre, j’ai rencontré le colonel Maton, chef du cabinet militaire de Michel Debré et un autre ami, le général Dodelier, chef de l’État-Major militaire du cabinet du général de Gaulle.
  • 22 septembre : l’amiral O’Neill m’a fait savoir que malgré la position du Quai d’Orsay, le Premier ministre avait décidé de faire sortir les Juifs de Bizerte. L’ordre a été transmis à l’amiral Amman, responsable de la base de Bizerte, d’évacuer tous les Juifs, avec les familles françaises, dans le plus grand secret, à l’insu des autorités tunisiennes.
  • 27 septembre : une note de l’Élysée me confirme que les Français s’apprêtent à faire sortir la communauté juive de Bizerte.
  • 1er octobre : j’ai télégraphié en Israël : « les 109 Juifs de Bizerte sont arrivés ce matin à Bône à 9h. Il a plu toute la nuit mais leur moral était très haut. L’avion loué par l’Agence juive a décollé à 10h30 et est arrivé à 15h à Marseille. Les autorités françaises à Bône les ont accueillis avec chaleur mais étaient très étonnées car elles n’avaient pas été informées de l’opération.

De son côté, Yaël Vered, Conseiller de l’Ambassade d’Israël en France témoigne « que cette négociation avec le gouvernement français avait été sans aucun doute la plus difficile de toute sa mission en France. Nous étions pressés par le temps. La date du 1er octobre approchait, le général de Gaulle devait se rendre en Pologne, il n’était pas au courant de l’affaire. Tout s’est joué à Kippour lorsque Walter Eytan (Ambassadeur d’Israël en France) a réussi après maints détours et maintes pressions à obtenir une conversation téléphonique directe avec le général, qui était en fait le seul à pouvoir décider. Même l’intervention du Premier Ministre Michel Debré était insuffisante. Le jour de Kippour, le général a donc donné son aval et son accord opérationnel.»

Le shabbat du 30 septembre 1961, au matin, date d’expiration du délai accordé aux Français, le mot d’ordre est passé à chacun : « Préparez vos valises, ce soir nous viendrons vous chercher ; prenez le minimum.» Et à la nuit tombée, dans des voitures privées appartenant aux familles juives et qui seront abandonnées sur place, les derniers immigrants clandestins se rendent vers la base navale. Ils n’ont ni passeport, ni laissez-passer. Ils montent à bord de deux péniches de débarquement de tanks, sans confort. Des bâches ont été installées pour abriter les fuyards des bourrasques et de la pluie drue qui tombe. Les enfants, effrayés, pleurent. Les hommes prient sous cet abri de fortune. C’est le premier soir de la fête de Souccot. Ils ont laissé derrière eux leur pays, leur maison, comme dit la chanson.

La synagogue de Bizerte, inaugurée en 1954 est aujourd’hui une bibliothèque publique

Le sauvetage des Juifs de Bizerte, oublié de tous, inaugure le départ de la grande communauté juive de Tunisie. Entre le 1er août et le 1er octobre 1961, 4 200 d’entre eux obtiennent des visas de court séjour pour quitter la capitale tunisienne en toute hâte afin de se réfugier en France. Dans le même temps, 500 autres obtiennent des visas similaires pour Israël. 

Fuir Bizerte, quitter la Tunisie… Il reste un petit millier de Juifs aujourd’hui dans le pays, principalement à Djerba et à Tunis, déterminés à rester coûte que coûte… L’histoire si riche de la vie  juive en Tunisie ne saurait se laisser réduire à quelques chiffres et bat toujours dans le cœur de sa diaspora.


Agnès Bensimon

Agnès Bensimon a été journaliste en France et en Israël. Après avoir dirigé l’Institut de la Mémoire Audiovisuelle Juive (IMAJ) à Bruxelles, elle a été en charge du service culturel de l’Ambassade d’Israël en Belgique. Elle a réalisé en 2008 un film documentaire sur le cirque juif, « Sous le chapiteau des Pauwels », produit par les frères Dardenne, diffusé sur ARTE et la RTBF.  Elle est également l’auteure d’un essai sur l’émigration clandestine des Juifs du Maroc : « Hassan II et les Juifs, histoire d’une émigration secrète » (Le Seuil, 1991, traduit en hébreu aux éditions Yediot Aharonot,1993).

1 Le village est détruit aux trois quarts, une école rasée, on déplore 74 morts et 102 blessés.
2 Voilà ce que propose le Président Bourguiba le 17 février 1959 : « Pour l’abandon de Bizerte, la seule contrepartie serait la paix et un règlement négocié du problème algérien […] Nous sommes prêts à faire ce sacrifice, si nous pouvons, avec Bizerte, grâce à Bizerte, aider nos frères algériens, et par la même la France, à mettre fin au conflit […] J’estime qu’on peut accepter une base française si cette occasion peut hâter la paix, faciliter la concorde, et ouvrir des possibilités économiques et politiques qui représenteraient pour la France en Afrique du Nord une paix solide… » (in Archives ANOM, Bob. A84, carton 26H25 (2), d 3, f 185, conférence de presse de Bourguiba du 17 février 1959) https://www.cairn.info/revue-confluences-mediterranee-2008-4-page-129.htm#no56
3 Dans La guerre de Bizerte : le choc de deux Stratégies de Noureddine DOUGUI, on peut lire : « […] au moment où les avions mitraillent les concentrations de troupe, ordre est donné à des foules nombreuses composées d’adolescents, de femmes, d’enfants et de cadres du parti de marcher sur les installations françaises de Bizerte et de Menzel Bourguiba. Mais la tactique des boucliers humains échoue lamentablement. La riposte française ne fera pas de distinction entre civils et militaires. » Voir aussi un télégramme du ministre de la Défense à l’Amiral Amman : « Le procédé des Tunisiens qui consiste à mêler systématiquement des femmes et des enfants aux éléments combattants pose un problème. Chaque fois que la chose sera possible, vous tenterez de la résoudre en exigeant le retrait des non-combattants, par des mises en demeure adressées aux autorités civiles et aux chefs militaires. Mais quel que soit le résultat de ces démarches, c’est en dernière analyse, l’exécution de votre mission qui prime sur toute autre considération »
4 Mohamed Lazhar Gharbi. Les Cahiers de Tunisie – Vol LXI, n° 189-190. 2004 La crise de Bizerte. Perspective Monde. Université de Sherbrooke. Février 2011
5 Sur le site Harissa.com en date du 18/08/2015, Armand Meyer Bokobza évoque la mémoire de son ami Henri Bellicha. Tous deux étaient membres du mouvement de jeunesse Hashomer Hatzair à Tunis et avaient participé au mahane (camp) organisé dans la forêt de Bizerte en ce mois de juillet 1961. “Ce séjour avait failli se terminer tragiquement pour plusieurs d’entre nous car nous avions été pris dans les combats violents entre les forces tunisiennes et l’armée française”
6 Dans la revue tunisienne Leaders, en juillet 2014, le Général Saïd Elkateb revient sur les événements de Bizerte et rend hommage au commandant du Régiment d’Artillerie Bijaoui, tombé au combat le 21 juillet. Il s’interroge : “Pourquoi a-t-on tenu coûte que coûte à envoyer à la casse ce régiment dans la ville même de Bizerte ? Rien ne peut justifier cette décision irréfléchie, absurde (…). De ce sacrifice inutile, il fallait désigner un coupable : le Juif Octave Haccoun en fit office, suivant l’antique tradition du bouc émissaire.
7 Annaba, « Bouna », anciennement Bône lors de la colonisation française est la quatrième ville d’Algérie en nombre d’habitants
8 Dans la nuit du 11 janvier 1961, 42 personnes ont péri dans l’ultime traversée de l’Egoz entre Al Hoceima, au Nord du Maroc, et Gibraltar. Il s’agissait de Juifs marocains quittant clandestinement le pays sous la responsabilité de la misgeret en place au Maroc. Voir “Hassan II et les Juifs, histoire d’une émigration secrète”, A. Bensimon. Le Seuil. 1991.

Source : https://k-larevue.com/fuir-bizerte-quitter-la-tunisie/?utm_campaign=K.%20La%20Revue%20%2374FR&utm_medium=email&utm_source=Mailjet

Justice a été rendue : Délibéré de l’audience du 8 août 2022 du Tribunal judiciaire d’Albertville.

À la suite du signalement de BTA, l’Observatoire Juif de France avait déposé plainte à l’encontre de Antonin Quard, personnage d’un racisme et d’un antisémitisme d’une rare violence.

Les faits ont été commis entre le 15 mai 2021 et le 7 juin 2021 à Grand-Aigueblanche.

Cet individu déversait sa haine envers les juifs sur le réseau Telegram sous le pseudonyme « OG OZ BORN ».

Le sieur Antonin Quard, âgé de 25 ans, a été reconnu coupable de provocation publique à la haine ou à la violence en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion et dégradation ou détérioration de bien destiné à l’utilité ou la décoration publique.

Antonin Quard a été condamné à 3 mois d’emprisonnement avec sursis probatoire pendant 2 ans avec obligations de :

  • Travail ou formation
  • Soins
  • Travail d’intérêt général de 90 heures
  • Indemnisation des victimes

René Lévy

Président de l’Observatoire Juif de France

 Email : [email protected]

 

 

L’Observatoire Juif de France est scandalisé par la résolution de 35 députés NUPES « condamnant l’institutionnalisation par Israël d’un régime d’apartheid à l’encontre du peuple palestinien » et visant la destruction de l’État d’Israël

Le 13 juillet 2022, la proposition de résolution n° 143 présentée par 35 députés, dont Jean-Paul Lecoq, député (Gauche démocrate et républicaine – NUPES) de la 8e circonscription de la Seine-Maritime et vice-président de la Commission des affaires étrangères, et « condamnant l’institutionnalisation par Israël d’un régime d’apartheid à l’encontre du peuple palestinien » (22 pages) a été enregistrée par la Présidence de l’Assemblée nationale.

 

Détournant le droit, ce texte diabolise, diffame et délégitime l’État d’Israël afin de le détruire par étapes, notamment par le boycott, selon un processus défini durant la conférence haineuse à Durban (Afrique du sud) en 2001. En l’occurrence, ces députés songent au « droit au retour des réfugiés palestiniens » en Israël pour l’annihiler. Et pourquoi ne pas les orienter vers la Jordanie dont ils composent plus des deux tiers de la population ? Surtout, un tel « droit au retour » n’a aucun fondement en droit international et est en contradiction avec la « Solution à deux Etats » avancée par ces parlementaires.

Quant aux étapes préalables à cette destruction, ces députés préconisent que le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies (ONU), à l’initiative de la France, adopte un « embargo strict sur l’armement, incluant toutes les armes et munitions, ainsi que les équipements de maintien de l’ordre » et « impose des sanctions ciblées, comme le gel d’actifs, aux responsables israéliens les plus impliqués dans le crime d’apartheid ». Donc des Israéliens sans moyen de se défendre !

En réclamant le démantèlement du « régime d’oppression et de domination des autorités israéliennes sur les Palestiniens d’Israël » depuis 1948, ils exigent donc, « pour la bonne cause » et par respect du « droit international », la destruction d’Israël. Quel sort préconisent-ils pour les Israéliens juifs, une fois détruit cet État ?

Ces députés exhortent à la reconnaissance par le Gouvernement français de l’« État de Palestine aux côtés de celui d’Israël », mais de facto en lieu et place d’Israël. Rappelons qu’aucun État Arabe n’a créé une « Palestine » de 1948 à 1967 dans les territoires administrés alors par l’Egypte et la Jordanie, ni ne souhaite établir cette « Palestine » qui serait un ferment terroriste déstabilisant une région troublée.

Ces députés camouflent leur projet létal derrière ce dessein verbeux quasi-suranné : « ouvrir une nouvelle phase historique de paix, de coopération et de coexistence, fondée sur la reconnaissance et le respect mutuel des deux peuples, israélien et palestinien ». Ils semblent ignorer les bouleversements positifs au Moyen-Orient générés par les accords d’Abraham qui ont permis la signature de traités de paix et coopération entre Israël et des États Arabes. Seules les parties en conflit doivent déterminer les contours de cette paix et de cette coopération. Et l’Observatoire Juif de France (OJF) souhaite bien entendu leur avènement bénéfique à tous.

Cette proposition de résolution est antisémite selon la définition opérationnelle de l’antisémitisme élaborée par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA) modifiée lors de son adoption le 3 décembre 2019 par l’Assemblée Nationale et englobant dans « l’antisémitisme moderne les manifestations de haine à l’égard de l’État d’Israël justifiées par la seule perception de ce dernier comme collectivité juive ».

Elle reprend la définition de la Convention Internationale sur l’élimination et la répression du crime d’apartheid (1973) : « Politiques et pratiques de ségrégation et discrimination raciales… Actes inhumains […] commis en vue d’instituer ou d’entretenir la domination d’un groupe racial d’êtres humains sur n’importe quel autre groupe racial d’êtres humains et d’opprimer systématiquement celui-ci ».

Ces députés allèguent donc l’existence d’une « race israélienne » dominant, en la persécutant de manière systématique, une « race palestinienne ». Serait-ce une version de gauche du stéréotype haineux de la « race juive » dominant le monde en l’exploitant cruellement ? Quels critères sont utilisés par ces députés pour définir ces deux races ? La « race israélienne » diffère-t-elle de la « race juive » ? Dans l’affirmative, comment ? Dans la négative, l’antisémitisme serait clairement avéré.

Les députés évoquent aussi la domination d’un « groupe ethnique-national-racial » pour désigner les Israéliens. De quelle « ethnie » s’agit-il quand les Israéliens proviennent de tous les continents ?

Le texte allègue que « les autorités israéliennes traitent les Palestiniens comme un groupe racial inférieur défini par son statut arabe non-juif ». Mais quid des Palestiniens noirs ou Afro-Palestinians, originaires notamment des actuels Soudan, Nigéria, Sénégal, Ghana, et qui souffrent du racisme des « Arabes palestiniens » ?

                                                                         Middle East Monitor

Quels « actes inhumains » aurait commis le « groupe racial » israélien dans le cadre de ce « régime institutionnalisé » ? Ce texte évoque « la mort violente d’enfants », soit un blood libel (accusation infondée de meurtre rituel portée contre les Juifs) caractéristique de l’antisémitisme.

En outre, l’ignorance du droit international et de l’Histoire le dispute à la mauvaise foi :

  • Les allégations, imprécises, sans date ni nom, ne sont pas argumentées et sont souvent assorties du conditionnel : « Des experts juridiques soulignent qu’il s’agirait… »

Les statistiques ne sont pas sourcées ;

Membre de l’organisation terroriste FPLP (Front Populaire de Libération de la Palestine), Salah Hamouri a plaidé coupable, et a été condamné en 2008 à sept ans de prison pour avoir fomenté d’assassiner le chef spirituel du parti orthodoxe israélien Shass, le rabbin Ovadia Yossef. 

  • Membre de l’organisation terroriste FPLP(Front Populaire de Libération de la Palestine), Salah Hamouri a plaidé coupable, et a été condamné en 2008 à sept ans de prison pour avoir fomenté d’assassiner le chef spirituel du parti orthodoxe israélien Shass, le rabbin Ovadia Yossef.

Ayant bénéficié de soutiens politiques en France aux plus hauts niveaux, il a été libéré de manière anticipée le 18 décembre 2011, dans le cadre de l’accord ayant permis la libération du jeune otage Franco-Israélien Guilad Shalit le 18 octobre 2011 en échange de 1027 détenus Arabes palestiniens. Il n’a exprimé ni regret ni remord, et a poursuivi son combat.

Le 30 juin 2020, Salah Hamouri a été arrêté par les autorités israéliennes.

Se fondant sur une loi israélienne de 2008, la ministre de l’Intérieur, Ayelet Shaked, a motivé sa décision de révoquer le statut de résident permanent de Salah Hamouri par « l’abus de confiance » qu’il a commis.

  • Le droit international désigne des « territoires disputés» ou « territoires contestés », et non des « territoires palestiniens » ou « territoires occupés », car aucune souveraineté étatique n’avait été reconnue en 1967, avant la guerre des Six-jours, par l’ONU ;
  • Les « Palestiniens» ont désigné les habitants d’un territoire, et jamais un peuple.

Les seuls « Palestiniens » sont les Hébreux ou Juifs. En effet, après la révolte du patriote Juif Bar Kokhba vaincu par l’empereur romain Hadrien en 135, les Romains ont rasé Jérusalem. Les Romains voulaient détruire en Judée tout souvenir d’histoire juive, y compris les noms de Judée et de Jérusalem. Ils ont nommé Jérusalem Aelia Capitolina, et, pour désigner ce territoire, ils forgèrent le terme « Palestine » à partir du mot Philistins, anciens ennemis des Hébreux et disparus (préhistoire). La Judée a disparu dans la région de « Syria Palæstina » (Syrie Palestine).

Ensuite, la « Palestine » a été une province d’Empires, notamment celui ottoman, puis en 1922 un territoire sous Mandat britannique de la SDN (Société des nations).

Emis lors dudit mandat en Palestine, ce timbre mentionne « Palestine » en anglais, hébreu et arabe. En hébreu, ce timbre ajoute deux lettres “א.י.” (E.I.), pour Eretz Israel, la Terre d’Israël, dénomination par laquelle les Juifs ont toujours appelé cette région.

Quant à la lettre « p » n’existe pas en langue arabe. Ce qui prouve l’escroquerie sémantique et sonore consistant à créer un « peuple palestinien » ne pouvant pas prononcer, dans sa langue, la « Palestine » dont il se réclame !

Le seul « peuple palestinien » s’avère être le peuple Juif.

  • Le 31 mars 1977, Zuheir Mohsen,membre du comité exécutif de l’OLP (Organisation de libération de la Palestine), a déclaré au journal néerlandais Trouw :

« Le peuple palestinien n’existe pas. La création d’un Etat palestinien est seulement un moyen nouveau pour continuer la lutte contre l’Etat d’Israël et pour note unité arabe. En réalité, aujourd’hui, il n’y a pas de différence entre les Jordaniens, les Palestiniens, les Syriens et les Libanais… Ce n’est que pour des raisons politiques et tactiques que nous parlons aujourd’hui de l’existence d’un peuple palestinien, car les intérêts arabes nationaux exigent que nous mettions en place l’existence d’un “peuple palestinien” distinct pour l’opposer au sionisme. »

  • Ce texte parlementaire utilise le mot « Cisjordanie» afin d’éviter sa dénomination biblique : la Judée – d’où vient le mot « Juif » – et la Samarie.

Il révèle la volonté de délégitimer toute présence juive dans ce berceau historique et spirituel du peuple Juif qui en est l’indigène.

  • Les termes « colonie» et « colonisation » sont utilisés eux aussi pour délégitimer la présence des juifs israéliens sur leur terre.

La conférence de San Remo (1920) a inclus la Judée et la Samarie ainsi que Jérusalem dans le territoire du foyer Juif à fonder – décision préservée par l’article 80 dans la Charte des Nations Unies -. Donc, les constructions israéliennes en Judée et en Samarie sont légales.

Le terme « colonisation » est inadéquat aussi faute de « métropole » et d’empire.

 

  • Aucune discrimination ou ségrégation raciales ne caractérisent l’État d’Israël.

La Loi sur la Dignité humaine et la liberté (1992) affirme : « Toute personne a droit à la protection de sa vie, de son corps et de sa dignité ».

Les citoyens Arabes bénéficient de droits, notamment de vote, de libertés, en particulier d’expression, et « de leur propre réseau d’éducation et dans leur langue ». Ils occupent de hautes fonctions :

  • Khaled Kabub est un juge musulman à la Cour suprême israélienne,
  • Ali Yahya(1947-2014) a été ambassadeur d’Israël en Finlande, puis en Grèce,
  • Né en 1984, George Deeka été le premier Arabe israélien chrétien à devenir ambassadeur, et a été nommé ambassadeur en Azerbaïdjan en 2018,
  • Issawi Frej est député (Meretz) à la Knesset depuis 2013,
  • La Liste Arabe unie (Ra’am) menée par Mansour Abbas est membre de la coalition gouvernementale.

Ministre israélien de la Coopération régionale, Issawi Frej, a déclaré le 2 mars 2022 à des journalistes étrangers visitant Israël : « Il est impossible que je sois un ministre arabe musulman dans le gouvernement israélien, et que vous puissiez dire que c’est un État d’apartheid. Cela n’a pas de sens »…

  • Les circonstances de la mort de la journaliste Shireen Abu Akleh ne sont pas établies;
  • Le blocus par l’Egypte de la bande de Gaza est occulté par le texte.

L’État d’Israël fournit une importante aide humanitaire aux Gazaouis.

  • Les ONG – B’Tselem, Yesh Diin, Al-Haq, Addameer, Amnesty International, Human Rights Watch (HRW) – citées dans la proposition de résolution sont partiales et perçoivent des subventions d’États partiaux, etc.

Par contre, les « Palestiniens » subissent l’apartheid dans le monde Arabe :

  • Ils y sont maintenus dans des camps misérables pour qu’ils ne s’intègrent pas (Liban) ;
  • Ils n’ont pas le droit d’exercer certains métiers (Liban) ;
  • Ils n’ont pas accès à la citoyenneté (Syrie, Arabie saoudite), etc.

Et l’Autorité palestinienne (AP) ainsi que le mouvement terroriste Hamas ont imposé des apartheids palestiniens antijuifs :

  • L’AP a interdit la vente de terre à des Juifs à peine d’emprisonnement et de travaux forcés ;
  • Elu en janvier 2005 Chairman (président) de l’AP pour un mandat de quatre ans, a promu en 2010, puis en 2013 une « Palestine» sans Israélien/Juif. Et la bande de Gaza dirigée par le Hamas est Jüdenrein, sans aucun Juif ;
  • L’enseignement de la haine des Infidèles et l’incitation au djihad contre les Israéliens et pour la « libération de la Palestine», notamment dans les médias palestiniens et dans les manuels scolaires palestiniens de l’UNWRA (Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient) sont inculqués dès l’enfance.

Cela n’indigne pas ces signataires français qui dissimulent d’autres faits graves :

  • La corruption du Fatah et du Hamas ;
  • Les tortures infligées par l’AP et le Hamas sur les militants des Droits de l’Homme, les personnes LGBTQ+, les opposants politiques, les « collaborateurs » avec Israël et les Palestiniens vendant leurs terres à des Juifs ;

Des tortures dénoncées notamment par Human Rights Watch (HRW) ;

Ce qui induit leur exil, souvent vers Israël, et leur lente disparition de la terre où est né le christianisme voici plus de deux mille ans ;

  • Le versement par l’AP de salaires aux familles de terroristes ;

 

  • Le refus de l’AP d’extrader vers la France Mahmoud Khader Abed Adra, alias « Hicham Harb », membre présumé du commando ayant commis l’attentat contre la synagogue rue Copernic (Paris) le 3 octobre 2022 ;
  • L’assassinat par lapidation de la Française Esther Horgen, mère de six enfants, le 20 décembre 2020 par Mohammed Kabha dans une forêt près de Tal Menashé…

L’Observatoire Juif de France demande solennellement à l’ensemble des Députés à s’opposer vigoureusement à cette résolution racialisante, antisémite, et de faire en sorte qu’elle soit rejetée avec vigueur. Ce serait une honte pour l’Assemblée Nationale et resterait gravée dans l’histoire si cette résolution est retenue.

Alors que le nombre d’actes antisémites demeure à un étiage élevé, alors que la France subit une grave crise économique et sociale, l’Observatoire Juif de France, stupéfaite, exprime son inquiétude envers cette proposition de résolution risquant de fracturer davantage une société française fragilisée.

La NUPES ambitionne de gouverner la France. Ce qui suppose une maîtrise de connaissances élémentaires, notamment en droit. Au vu des nombreuses carences Juridiques et historiques émaillant sa proposition de résolution, l’Observatoire Juif de France nourrit raisonnablement des craintes pour l’avenir de la France, en particulier sa diplomatie et la condition des Français juifs, dans l’hypothèse où la NUPES arriverait au pouvoir…

René Lévy

Président de l’Observatoire Juif de France

Courriel : [email protected]

 

Le philosophe et essayiste Michel Onfray dénonce dans le JDD :

« un troisième temps de l’antisémitisme », alimenté selon lui par certains membres de la gauche, du Parti Communiste et de la France Insoumise notamment. 

À l’heure où tout le monde invoque l’Histoire, banco, allons-y : écartons les idéologues de cour et déconstruisons cette mythologie qui permet à “la gauche” de croire qu’elle incarne systématiquement le camp du bien, de la morale et de la vertu, y compris quand elle pare son antisémitisme d’un antisionisme que partageait déjà le Grand Mufti de Jérusalem qui souhaitait ardemment la victoire du IIIe Reich.

Des députés PCF, LFI, PS et EELV ont donc paraphé un texte qui invoque sans vergogne “la domination d’un groupe racial” sur “un autre groupe racial d’êtres humains”. Les fascistes des années 1930, la véritable extrême droite donc, eussent aimé qu’on oppose ainsi la race juive à la race palestinienne afin de fustiger la première pour mieux célébrer la seconde ! Le Drumont de La France juive eût applaudi des deux mains. Et je ne vais chercher ma référence que de ce côté-là du Rhin…