Catégorie : Lévy

Affaire Sarah Halimi: «Pour protester contre le jugement de Kobili Traoré, j’ai rendu ma robe de juge !» L’Observatoire Juif de France, tient à saluer et rendre hommage de Monsieur Jack Broda par son geste honorable.

 

FIGAROVOX/ENTRETIEN – Jack Broda, juge du Pôle Social du Tribunal de Grande Instance de Nancy, a démissionné de ses fonctions pour protester contre la décision de justice rendant Kobili Traoré, le meurtrier de Sarah Halimi, pénalement irresponsable. Il espère une transformation de la loi et un nouveau jugement.

Par Aziliz Le Corre
Dimanche 25 avril, plusieurs manifestations ont eu lieu en France pour demander justice pour Sarah Halimi.

Jack Broda est pharmacien de formation, devenu juge au Tribunal de Commerce de Nancy, puis juge du Pôle Social du Tribunal de Grande Instance de Nancy jusqu’à sa démission pour protester contre le jugement de Kobili Traoré, le meurtrier de Sarah Halimi.
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FIGAROVOX. – Dans un article publié par nos confrères de L’Est Républicain , vous expliquez avoir rendu votre robe de juge, après le jugement de Kobili Traoré, le meurtrier de Sarah Halimi. Pouvez-vous nous expliquer votre acte ?


Jack BRODA. – Quand le jugement a été rendu et que la cour de cassation a confirmé que Kobili Traoré, le meurtrier de Sarah Halimi, était rendu inaccessible à toute sanction pénale, ma première réaction en tant que juge a été de me dire «Je rêve !». Pour protester, j’ai décidé de démissionner de mes fonctions. Ma démission a été acceptée et… regrettée.

Sur le fond de l’affaire, je dirai qu’il y a la loi et l’esprit de la loi. Il n’y a pas de réponse automatique sur un problème judiciaire par le biais d’une expertise, car l’expert exprime un avis, qui doit être corroboré par toutes les pièces du dossier.

Dans une autre vie, pharmacien, j’ai eu la chance de passer un diplôme d’éthique médicale, c’est une discipline précise dans la laquelle tous les éléments constitutifs des difficultés liées à la profession sont évoqués : médecins, patients, droits et devoirs de chacun. Il ne serait pas inutile d’instituer un nouveau diplôme universitaire d’éthique judiciaire comparable à celui de la médecine.

Quand on fait appel à un expert, le but n’est pas d’opiner du chef sur son rapport, il est nécessaire d’écouter, d’analyser tous les avis à charge et à décharge et ceci ne peut se faire que dans le cadre d’un procès et in fine le tribunal rendra son verdict en son âme et conscience.
Le manque de réflexion peut conduire à un manque de compréhension et d’analyse. Quand on fait appel à un expert, le but n’est pas d’opiner du chef sur son rapport, il est nécessaire d’écouter, d’analyser tous les avis à charge et à décharge et ceci ne peut se faire que dans le cadre d’un procès et in fine le tribunal rendra son verdict en son âme et conscience.

La justice ne doit pas être rendue par les experts.C’est pourquoi, je souhaite vivement un nouveau procès.

Il ne serait pas inutile d’instituer un nouveau diplôme universitaire d’éthique judiciaire comparable à celui de la médecine.

En tant que juif, évidemment cela m’a troublé : qu’est-ce que cette justice qui prend fait et cause pour ce qui semble être un assassinat antisémite ?

Je veux pourtant continuer à croire en l’institution que j’ai servie pendant plus de 25 ans.

À la suite des manifestations dans plusieurs grandes villes de France pour réclamer justice, le garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti, a annoncé que le gouvernement présentera fin mai en conseil des ministres un projet de loi pour combler le vide juridique apparu dans l’affaire Sarah Halimi. Est-ce une victoire ?

Enfin ! C’est une nécessité ! La loi ne doit pas être transformée de fond en comble.

Si la personne a tenu à se mettre dans cette position de délire : si elle boit, prend des drogues, elle recherche donc un état qui doit lui permettre d’outrepasser la loi.
L’article 122-1 du code pénal dispose :

« N’est pas pénalement responsable la personne qui était atteinte au moment des faits, d’un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli son discernement ou le contrôle de ces actes. »

Il suffit d’ajouter :

« Sauf si ce trouble résulte de la consommation de produit stupéfiant, de drogue ou d’alcool. »

Si la personne a tenu à se mettre dans cette position de délire : si elle boit, prend des drogues, elle recherche donc un état qui doit lui permettre d’outrepasser la loi. Dans ce cas manifestement Kobili Traoré est pénalement responsable car selon l’axiome latin : Nemo auditur propriam turpitudinem allegans (« Nul n’est recevable à invoquer sa propre turpitude »).

Comprenez-vous qu’il faille attendre l’émoi du pays tout entier pour que le gouvernement réagisse ?

Les gouvernements se succèdent et malheureusement sur des sujets lourds et graves, ils n’osent pas toujours aller à l’encontre des corporations.

Il est encore temps de soutenir la proposition de loi de Nathalie Goulet, sénatrice de l’Orne, qui associée à des initiatives parlementaires de Roger Karoutchi et de Jean Sol, évoque le principe de l’irresponsabilité pénale qui doit se décider à l’audience et non en chambre d’instruction.
Si le gouvernement a mis du temps à réagir respectant la séparation des pouvoirs, Emmanuel Macron a bien compris les enjeux de ce jugement me semble-t-il.

Il est encore temps de soutenir la proposition de loi de Nathalie Goulet, sénatrice de l’Orne, qui associée à des initiatives parlementaires de Roger Karoutchi et de Jean Sol, évoque le principe de l’irresponsabilité pénale qui doit se décider à l’audience et non en chambre d’instruction.

 

Quelques réactions suite au lâche assassinat de Madame Sarah Halimi et au digne rassemblement pour protester contre ce non-procès. “Des mots encore des mots”.

Affaires Halimi et Viry-Chatillon : le Conseil de la magistrature s’insurge contre la “mise en cause” de la justice

“L’institution judiciaire doit pouvoir continuer de juger, à l’abri des pressions, en toute indépendance et en toute impartialité”, écrit le CSM dans un communiqué. 

 Anne Hidalgo annonce qu’une rue de Paris “portera le nom de Sarah Halimi”

A la suite de la décision de la Cour de cassation concernant l’irresponsabilité pénale du meurtrier de la sexagénaire juive, la maire socialiste dit souhaiter qu’il y ait “une nouvelle loi”.

“Ce sera aussi une façon de lui rendre justice.” Anne Hidalgo l’a annoncé, dimanche 25 avril, lors du rassemblement organisé place du Trocadéro pour contester l’absence de procès après le meurtre de cette sexagénaire juive en 2017 : “Une rue portera le nom de Sarah Halimi à Paris.” “C’est un projet sur lequel nous allons travailler avec la famille”, a expliqué la maire de Paris.

 Affaire Sarah Halimi : le gouvernement annonce un projet de loi sur l’irresponsabilité pénale

Répondant à la demande d’Emmanuel Macron, le garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti, a indiqué que le projet de loi serait présenté “fin mai” en Conseil des ministres.

 

 

L’Observatoire Juif de France, dépose plainte entre vos mains contre Boris LE LAY multirécidiviste, condamné de nombreuses fois pour ses propos antisémites diffusés sur la toile.

Suite à des informations qui nous été communiquées par BTA et vérifiées par nos soins, l’Observatoire Juif de France, dont l’objet est de combattre l’antisémitisme et ses formes négationnistes, apologétiques du nazisme et du terrorisme, dépose plainte entre vos mains contre Boris LE LAY multirécidiviste, condamné de nombreuses fois pour ses propos antisémites diffusés sur la toile.

Cette fois il réitère sans vergogne ses déclarations sur son lien «  Démocratie participative ».

Il s’attaque notamment au «  juif perfide Manigold, restaurateur » J’observe le rat juif Manigold depuis quelques temps maintenant.

J’ai pour habitude de suivre le moindre membre du peuple élu qui fait inexplicablement irruption dans la synagogue médiatique car je sais d’expérience que lorsqu’un colporteur circoncis surgit miraculeusement de la sorte dans chaque foyer de France, Jéhovah se prépare à poignarder dans le dos sa victime.

Et j’ai enfin ma réponse.

Présenté comme une « voix critique » des mesures de terreur sanitaire gouvernementales par BFMTV, le « restaurateur » Manigold « supplie » les commerçants d’obéir au doigt et à l’œil aux autorités alors que la rumeur d’une ouverture sauvage des restaurants court.

Ces invectives et ces appels à la haine tombent sous le coup de la loi pénale avec la circonstance aggravante qu’il livre des noms de personnalités juives ou supposées telles à la vindicte du grand public.

Face à ces propos que la Justice a déjà condamné, nous attendons qu’elle se montre intraitable et condamne sévèrement ce récidiviste.

Nous, Observatoire Juif de France, avons pour but de traquer sans relâche les racistes, les antisémites et les xénophobes.

Le Président

René Lévy

Tel. 06 08 27 14 18 – Courriel. [email protected]

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L’Observatoire Juif de France a donc décidé de déposer plainte à l’encontre de Monsieur Pascal Boniface

L’Observatoire Juif de France  reprend ses actions juridiques et judiciaires à l’encontre des propos et des actes antisémites, négationnistes et l’apologie du nazisme et du terrorisme.

L’Observatoire Juif de France a donc décidé de déposer plainte à l’encontre de Monsieur Pascal Boniface, à propos de la vidéo YouTube du 02 avril 2021 qu’il diffuse sur les réseaux sociaux en suivant le lien suivant : https://youtu.be/dHKQMEFWLU4.

Cette Personne, instruite et éduquée dans les meilleures écoles de la République, qui connai donc la valeur des mots, et éventuellement leur conséquence, a cru devoir publier une vidéo dans laquelle, dans un premier temps il étale son ego surdimensionné dans laquelle il se vante avec complaisance, des livres qu’il a écrit et des Instituts qu’il a créé. Dans une deuxième séquence il se plaint d’être écarté par les grands Médias audiovisuels et de la Presse écrite. Il se dit « Blacklisté par France Inter, France Culture et le Monde ».

A notre avis très probablement seule la qualité de ses analyses sur le monde politique et géopolitique ont été retenues.

A plusieurs reprises il se prétend inscrit sur une « liste noire » qui lui interdirait de s’exprimer alors qu’il se dit être un géopoliticien d’envergure internationale.

Il serait interdit en raison de sa critique permanente de l’État d’Israël, de son gouvernement, voire de ses positions antisionistes.

Par des propos lénifiants, il distille la théorie d’un complot ourdi en faveur de l’État d’Israël, par ces grands médias « qui ne sont pas la propriété de leurs dirigeants ».

il laisse entendre que ces Médias sont, soit dirigés par des juifs « Madame Bloch de France Inter », soit par des journalistes couards, craignant de perdre leurs postes.

L’Observatoire Juif de France a demandé des poursuites à son encontre et son renvoi devant la Juridiction répressive qui, nous l’espérons prononcera une sanction sévère.

Ils trouveront à chaque fois, l’Observatoire Juif de France-O J F, sur leur chemin, pour les renvoyer devant leurs juges.

René Lévy – 06 08 27 14 18

COMMUNIQUE DE PRESSE NOUVELLE PLAINTE DEPOSEE

L’Observatoire Juif de France a pour objet la lutte contre l’antisémitisme, le négationnisme, l’antisionisme, le racisme et toute forme d’intolérance.

Nous continuons d’assister  à un déferlement de haine et de violence de plus en plus virulent sur les réseaux sociaux.

Des informations communiquées par BTA et vérifiées par nos soins ont amené nos avocats à déposer plainte auprès de Monsieur le Procureur de la République, contre le dénommé Patrick LAINE déjà condamné en 2019 pour des faits de cette nature.

Cet individu a tenu des propos antisémites et négationnistes, faisant l’éloge, du IIIème Reich, du Protocole des Sages de Sion, et d’appeler à boycotter les produits israéliens au mépris de la loi interdisant le boycott, et de proférer d’autres insanités. Il a même déclaré : « les cafards de BTA seront bientôt éradiqués ».

Face à ses propos que la Justice a déjà condamné, nous attendons qu’elle se montre intraitable et condamne sévèrement ce récidiviste.

Nous, Observatoire Juif de France, avons pour but de traquer sans relâche les racistes, les antisémites et les xénophobes. Aussi, nous œuvrerons à travailler la main dans la main avec les organisations et associations qui souhaiteraient être à nos côtés.

Aussi, nous remettrons à toutes les associations qui le souhaitent nos dossiers complets et DVD liés à nos dépôts de plainte.

Le Président

René Lévy

Tel. 06 08 27 14 18 – Courriel : [email protected]

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Islamo-gauchisme et judéo-bolchevisme: le faux parallèle

ANALYSE – L’ancien ministre Benoît Hamon a comparé, sur France Inter, la situation présente avec les années 1930 et la montée d’un fascisme aux conséquences que l’on sait.

Benoît Hamon a fait un parallèle, sur France Inter samedi 17 avril, entre islamo-gauchisme et judéo-bolchevisme. PHILIPPE DESMAZES/AFP

Interrogé sur France Inter samedi 17 avril sur l’ «islamo-gauchisme», l’ancien ministre Benoît Hamon a déclaré: «J’observe qu’on a parlé des ‘‘judéo-bolcheviques’’ avant la Seconde Guerre mondiale, les mêmes, le même courant, maintenant ce sont les islamo-gauchistes. On ne se rend pas compte de là où on va aujourd’hui.» En faisant ce parallèle historique, Benoît Hamon mettait en garde sur le retour du même, tropisme intellectuel omniprésent à gauche qui consiste à comparer la situation présente avec les années 1930 et la montée d’un fascisme aux conséquences que l’on sait. Il n’est pas le seul à s’engouffrer dans cette brèche. L’historien Shlomo Sand, qui a lui-même «cessé d’être juif» par empathie pour la cause palestinienne, avait fait cette analogie lui aussi. Rebondissant sur l’usage de plus en plus répandu du terme«islamo-gauchisme» il avait évoqué son père communiste polonais qualifié jadis de «judéo-bolchevique».

 

Aujourd’hui le terme «islamo-gauchiste» ne désigne pas un intellectuel musulman converti au socialisme mais un compagnon de route parfaitement athée de la religion supposément des faibles. Cette expression, certes devenue galvaudée, désigne la convergence entre des intellectuels de gauche et des mouvements islamistes, par exemple le soutien à la révolution iranienne de la part de Sartre et Foucault, les défilés communs entre extrême gauche occidentale et Hamas au début des années 2000, l’aveuglement d’une partie de la gauche au péril islamiste après les attentats. Et ce pour plusieurs raisons: tiers-mondisme, recherche d’un prolétariat de substitution, ou culpabilité historique.

Née après la révolution de 1917, l’expression «judéo-bolchevisme»visait, elle, à dénoncer un complot juif derrière la prise de pouvoir en Russie. «Il n’y a plus moyen de contester que les 95% des grands chefs soviétistes soient juifs (…) Dans toute l’Europe, il est le voyageur de la révolution.» écrivait par exemple Charles Maurras dans l’Action française en 1920. On insiste aussi sur les origines juives de Karl Marx. On voit derrière l’internationalisme révolutionnaire la trace du«cosmopolitisme» juif. «Lorsqu’elle s’est diffusée, au début des années 1920, dans certains milieux anticommunistes et antisémites, l’expression ‘‘judéo-bolchevisme’’ signifiait que le bolchevisme était un phénomène juif et que les bolcheviques étaient en fait des Juifs (ou des ‘‘enjuivés’’)»rappelait récemment Pierre-André Taguieff dans Libération. Aussi, le«judéo bolchevisme» s’inscrit dans une histoire plurimillénaire de l’antisémitisme indissociable du complotisme qui conduit à supposer le pouvoir exorbitant d’une minorité juive dans les événements historiques (guerre, révolution, épidémie).

Vouloir calquer sur une haine supposée des musulmans le modèle de la haine des juifs, c’est faire fi de l’histoire spécifique de l’antisémitisme

Si l’antisémitisme s’appuie sur une rhétorique du complot, la dénonciation de l’islamo-gauchisme s’appuie sur une accusation de compromission bien différente. Cette comparaison fallacieuse entre islamo-gauchisme et judéo-bolchevisme n’est que la réplique d’une analogie tendancieuse entre une prétendue islamophobie de la France d’aujourd’hui et l’antisémitisme tel qu’il a pu se déployer en Europe dans l’entre-deux-guerres. On cherchera en vain les pogroms et les«nuits de cristal» visant les musulmans dans notre pays aujourd’hui. Vouloir calquer sur une haine supposée des musulmans le modèle de la haine des juifs, c’est faire fi de l’histoire spécifique de l’antisémitisme dont le judéo-bolchévisme n’était qu’un des manifestations.

Dans Les Origines du totalitarisme, Hannah Arendt montre bien les deux écueils à éviter lorsqu’on pense l’antisémitisme: l’idée d’un antisémitisme anhistorique, sorte de «malédiction» sur le peuple juif, et l’idée du «bouc émissaire» des Juifs comme victimes contingentes de l’histoire. Elle écrit: «Cette théorie qui présente les Juifs comme d’éternels boucs émissaires implique que le bouc émissaire aurait pu être tout aussi bien n’importe qui d’autre». Dire que les Juifs furent des boucs émissaires, c’est finalement éluder la profondeur et la spécificité de l’antisémitisme en affirmant que n’importe quels«parias» auraient pu subir ce déchaînement de violence.

C’est bien cette théorie que reprennent ceux qui voient dans les musulmans d’aujourd’hui les nouvelles victimes expiatoires de la crise de nos démocraties. C’est nier délibérément la montée de l’islamisme, et que celui-ci produit lui-même aujourd’hui dans certains milieux musulmans une nouvelle forme d’antisémitisme. Une réalité dont Benoît Hamon devrait tenir compte plutôt que de se lancer dans des rapprochements terminologiques hasardeux.

LES VERTS VIRENT AU GRIS

Affaire Sarah Halimi : Julien Bayou crée la polémique en évoquant «l’émoi de la communauté juive»

Le secrétaire national d’Europe Écologie Les Verts a évoqué la peine «de la communauté juive». Des mots que ses détracteurs, qui préfèrent parler de «communauté nationale», lui reprochent.


Affaire Sarah Halimi: Julien Bayou crée la polémique

«Je comprends l’émoi de la communauté juive, mais on doit conserver ce principe : ‘On ne juge pas les fous’ (…) La justice, ce n’est pas la vengeance.» Ces paroles, prononcées dimanche 18 avril par le secrétaire national d’Europe Écologie-Les Verts, Julien Bayou, dans le «Grand Jury» RTL-Le Figaro-LCI, en ont fait bondir plus d’un. Ils font référence à la décision de la Cour de cassation en fin de semaine dernière de confirmer l’irresponsabilité du meurtrier de la sexagénaire juive Sarah Halimi, assassinée en 2017 à Paris, et de rejeter ainsi la tenue d’un procès, que souhaitait la famille de la victime. 

Après sa déclaration, l’élu écologiste s’est rapidement retrouvé au cœur d’une polémique. Sur Twitter, de nombreux internautes ont vivement dénoncé ses propos. Les réactions politiques ont également été nombreuses. «C’est la communauté… nationale qui s’est émue de l’absence de jugement du meurtrier de Sarah Halimi ! Défendons notre nation une et indivisible. C’est ça la France, une France que certains ne cessent de diviser et de fracturer», a notamment réagi Valérie Pécresse, la présidente de la région Île-de-France.

«Ce n’est pas la communauté juive qui est en émoi mais la communauté nationale, tout simplement. Une fois de plus, les dirigeants de la gauche rétrécissent la nation par leur communautarisme. Pourquoi tournent-ils ainsi le dos à nos principes républicains ?», a quant à elle répondu Marine Le Pen, la présidente du Rassemblement national.

«Il y a une émotion très forte chez tous les Français», a également insisté le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, sur Europe 1 ce lundi matin. Dans son interview fleuve au Figaro, Emmanuel Macron, le président de la République a pourtant sensiblement tenu les mêmes propos que l’élu écologiste, en exprimant «aux proches de la victime» et à tous les «concitoyens de confession juive qui attendaient un procès» son «chaleureux soutien» et sa «détermination (…) à les protéger».

«Toute la France est attaquée»

Après cette controverse, Julien Bayou a tenu à «préciser sa pensée». Au micro d’Europe 1, dimanche soir, le secrétaire national d’Europe Écologie Les Verts, a expliqué qu’il avait réagi «en homme de droit» en développant «sur les raisons juridiques» ayant conduit la Cour de cassation à prendre cette décision. «Mais clairement, ce verdict nous a tous choqués, évidemment», a clarifié l’avocat

«Quand un juif est attaqué, c’est toute la France qui est attaquée. J’ai parlé de la communauté juive en particulier parce que les juifs en France sont particulièrement touchés par ces actes de plus en plus barbares et de plus en plus nombreux», a-t-il expliqué au micro d’Europe 1.

Malgré ces précisions, les nombreux messages d’internautes évoquant la première déclaration de l’élu continuent d’affluer sur les réseaux sociaux ce matin.

Les confidences de Richard Odier

Ecrit par Propos recueillis par Karen Allali

Richard Odier, quels ont été vos modèles, ceux qui ont influencé votre parcours professionnel et votre engagement communautaire ?  

Mes modèles ont sûrement été mon père et mon oncle, deux jeunes enfants arrêtés pendant la guerre avec une partie de leur famille. Beaucoup ont fini à Sobibor, eux ont eu la chance de s’échapper et de se construire avec cette envie de vie et de s’élever par le travail, la joie et l’imagination. Ils ont gardé cet amour de la famille, des fêtes et surtout de la générosité. Ils ont su faire circuler une parole d’espoir, d’altruisme et de rigueur au travail. 

Les autres modèles, il suffit de venir au siège du FSJU, et vous trouverez leur visage sur les murs de la maison. Ils ont construit la solidarité juive française : Moïse Topiol, Nicole Goldmann, Nicole Weinberg, les familles Benhamou, Goldstein, Weill, Kraemer, Rothschild… Ils ont été des Juifs militants et des entrepreneurs. « Si je ne suis que pour moi, que suis-je ? Et si ce n’est pas maintenant, quand ? » (Maximes des Pères). 

Dans l’histoire ancienne ou moderne du judaïsme, quelles figures vous semblent inspirantes ?

Nous avons eu les bâtisseurs d’Israël, les héros de la Résistance, les refuzniks, Herzl et Bernard Lazare, Hannah Szenes ou Ruth Bader Ginsburg. Les héros de nos textes nous ont donné des valeurs. Des écrivains – de Kafka à Proust, d’Appelfeld à Albert Cohen, ou de Roth à Singer – nous inspirent tous les jours. Les traits de Chagall, la perfection de Modigliani ou les couleurs de Rothko nous fascinent. Mais peut-être que ce fameux monothéisme, cet Éternel qui s’est voulu unique, nous empêche d’avoir un héros unique. C’est cela notre histoire, l’Homme est faillible et on se doit de le savoir ; à nous de chercher à travers ces héros des traces, des messages pour se trouver soi-même et être soi. Trois valeurs m’ont en tout cas permis à la fois d’être un entrepreneur puis de prendre en 2018 la direction du FSJU : révolte permanente contre l’injustice, incapacité de rester immobile en allant vers l’avant, et conscience de la chance de vivre à notre époque par rapport à celle de ma famille et de nos ancêtres. Une vie professionnelle réussie, c’est la capacité d’essayer et de recommencer.

Il nous semble que les jeunes d’aujourd’hui – et la jeunesse juive ne fait pas exception – se choisissent surtout des modèles de réussite économique et de notoriété qui ne reflètent pas nécessairement les valeurs juives.  Partagez-vous ce constat ?

Non, pas du tout, la jeunesse est engagée, et nous le voyons dans le regroupement pluriel du département Noé du FSJU, où est présent l’ensemble des structures de la jeunesse. Ils sont attaqués et blessés par la crise économique, la crise sanitaire, mais la recherche de sens et l’engagement sont là. Ils sont au contraire plus intègres et ouverts que la génération précédente, la mienne. Ils savent se rendre disponibles pour le collectif, avant leur propre ego. Ils sont transparents et militants. La grande difficulté pour eux est de se construire avec des « Éclaireurs » qui n’ont pas toujours été à la hauteur des enjeux de la crise actuelle. Ils marchent vers l’avenir et nous devons les aider et leur donner les moyens de le construire.

Publié le 19/04/2021

Jean Alex Buchinger, premier avocat de la famille de Sarah Halimi : les véritables raisons de ce fiasco judiciaire

Opinion Internationale a demandé au premier avocat de la famille Halimi comment expliquer d’un point de vue l’incroyable arrêt de la Cour de cassation, permettant à Kolibi Traoré d’échapper à la justice. Son parcours meurtrier ne correspondait en rien à une « bouffée délirante aigue » mais à un meurtre avec préméditation, donc un assassinat. Alors pourquoi ? Selon Maître Jean Alex Buchinger, la réponse n’est pas à chercher du côté des magistrats de la Cour d’appel et encore moins de ceux de la Cour de cassation mais dans les errements initiaux du juge d’instruction.

 

Le 4 avril 2017, à Paris 75011, Sarah Halimi, 65 ans, médecin retraitée de confession juive, était surprise au petit matin dans son sommeil par l’un de ses voisins, Kolibi Traoré, 27 ans, qui a commencé par la torturer avec une rare sauvagerie au cri de ALLAH AKBAR accompagnant ses coups d’insultes grossières.

Réveillés par les hurlements de la malheureuse victime, les voisins ont assisté, impuissants depuis leur fenêtre, à cette scène de torture et à ces actes de barbarie insoutenable, sans pouvoir réagir.

Le criminel a eu la présence d’esprit de lancer à l’intention des témoins du drame massés à leurs fenêtres «il y a une femme qui va se suicider », ce qui démontre que son discernement était loin d’être aboli comme il n’a cessé de vouloir le faire croire.

Après quoi, il a défenestré Sarah Halimi, dont les pompiers, appelés sur les lieux, ont constaté le décès.

Pour commettre cet assassinat, car c’est bien d’un meurtre avec préméditation dont il s’agit, Kobili Traoré, s’est rendu vers 04h00 du matin dans l’immeuble de la famille Diarra, des amis de sa famille originaire du même village au Mali.

La veille dans l’après-midi, il était venu déposer des vêtements de rechange, dans ce même appartement.

Paraissant excité, sans jamais avoir été violent avec les membres de cette famille, les Diarra se sont réfugiés dans une pièce de leur appartement et ont appelé police secours.

Des fonctionnaires de la BAC sont arrivés dans les 3 minutes devant leur immeuble et l’une des filles de Mr Thiéman Diarra, leur a jeté par la fenêtre le badge permettant de pénétrer dans l’immeuble.

Les premiers policiers arrivés sur les lieux se sont postés derrière la porte de l’appartement des Diarra, entendant un homme réciter des sourates du Coran, mais n’ont procédé à aucune interpellation, attendant des consignes de leur chef, ainsi que le renfort d’autres policiers.

Cette inertie de la police a permis à Kobili Traoré d’enjamber le balcon de l’appartement des Diarra pour atteindre le balcon voisin, celui de l’appartement de Sarah Halimi.

Après avoir commis cet assassinat par défenestration, il est revenu dans l’appartement des Diarra, récitant à nouveau des sourates du Coran, avant que les policiers ne finissent par forcer la porte du logement de ses amis pour l’appréhender.

Kobili Traoré qui n’avait jamais connu par le passé de troubles psychiatriques, a rapidement été transféré à l’infirmerie psychiatrique de la Préfecture de Police de Paris.

Interné depuis 4 ans à l’hôpital, il ne souffre d’aucune pathologie psychiatrique et ne reçoit de ce fait aucun traitement médicamenteux.

Selon les experts psychiatres, Kobili Traoré aurait été pris au moment des faits d’une bouffée délirante, dont la cause serait la consommation massive de cannabis.

Le 14 avril 2021, la Cour de Cassation concluait à :

(…) 28. En l’état de ces énonciations, déduites de son appréciation souveraine des faits et des preuves, la chambre de l’instruction a, sans insuffisance ni contradiction, et en répondant aux chefs péremptoires des conclusions dont elle était saisie, exposé les motifs pour lesquels elle a déclaré, d’une part, qu’il existait à l’encontre de M. Traoré des charges d’avoir commis les faits reprochés, d’autre part, qu’il était irresponsable pénalement en raison d’un trouble psychique ou neuro-psychique ayant aboli son discernement ou le contrôle de ses actes au moment des faits ».

Cette décision a bouleversé la famille de Sarah Halimi et toutes les personnes qui l’ont soutenu tout au long de ces 4 années.

Ils considèrent qu’il s’agit d’un véritable déni de Justice.

L’arrêt de la Cour de Cassation n’a rien de surprenant, la haute juridiction n’a fait que constater le respect des règles de droit, tant par les deux juges d’instructions que par la Chambre de l’instruction de la Cour d’appel de PARIS.

La véritable cause de ce qu’il convient de qualifier de dysfonctionnement judiciaire est à rechercher dans le cadre de l’instruction de l’affaire, qui a été menée de façon pour le moins singulière.

Il n’a été tenu aucun compte du fait que Kobili Traoré a prémédité le meurtre de Sarah Halimi qui était depuis une dizaine d’années sa voisine et qu’il croisait régulièrement dans l’escalier et l’ascenseur du 30 rue Vaucouleurs – 75011 Paris.

Il savait que sa voisine était une juive pratiquante et c’est précisément pour cette raison qu’il a décidé de s’en prendre à elle, en préparant soigneusement son crime, à la façon des terroristes islamistes.

Selon les juges d’instruction, le fait que le meurtrier s’en prenne à Sarah Halimi n’aurait été que le fruit du hasard.

Sa fureur antisémite n’aurait été provoquée que par la présence dans l’appartement de Sarah Halimi d’un livre en hébreu et d’une paire de chandeliers.

Kobili Traoré a été mis en examen du chef d’homicide volontaire sur la personne de Sarah Halimi mais également du chef de séquestration de la famille Diarra.

Pour les juges d’instruction, les Diarra ont immédiatement été qualifiés de victimes, alors que leur rôle est des plus troubles.

Tout au long de ce drame, ils étaient en relations téléphoniques avec les policiers qui se trouvaient derrière la porte d’entrée de leur appartement, sans intervenir.

Les membres de la famille Diarra, qui ont été les plus proches témoins du drame, se sont bien gardés d’informer les policiers par téléphone de ce que Kobili Traoré avait quitté leur appartement et de ce qu’il était en train de torturer leur voisine.

Contrairement aux usages en matière criminelle, les juges d’instruction se sont énergiquement opposés à toute reconstitution, qui aurait permis de mettre à jour le dysfonctionnement policier et de prouver que non seulement les Diarra n’étaient pas les victimes de Traoré, mais qu’ils s’étaient rendus coupable à minima du délit de « non-assistance à personne en péril » pour n’avoir pas informé les policiers du drame qui était en train de se dérouler dans l’appartement à côté du leur.

S’ils avaient ouvert la porte aux policiers après que Traoré soit passé sur le balcon voisin, le pire aurait pu être évité.

Si Traoré a pu souffrir au moment des faits d’une bouffée délirante provoquée par la consommation massive de cannabis, il était en pleine possession de ses moyens lorsqu’il a prémédité cet assassinat, dans les heures qui ont précédé et suivi le drame.

Alors que j’étais encore en charge de la défense des intérêts des enfants de Sarah Halimi, j’ai fait appel de ce refus de reconstitution.

J’ai été suivi en cela par le Procureur de la République de Paris, qui lui aussi a fait appel de ce refus de reconstitution.

Devant la juridiction d’appel des juges d’instruction, toutes les parties ont manifesté leur souhait de voir procéder à cette reconstitution, aussi bien toutes les parties civiles que le Procureur Général de la République et aussi le mis en examen, Kobili Traoré, qui a accepté d’y participer.

Or, de façon forte étonnante, la chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Paris a refusé cette reconstitution, confirmant en cela l’ordonnance des juges d’instruction.

Le grand principe du Code de Procédure Pénale, qui consiste à favoriser autant que faire se peut la manifestation de la vérité, a été totalement occulté.

De toute évidence, la recherche de la vérité n’a jamais été le souci premier dans cette terrible affaire, car si tel avait été un tant soit peu le cas, la préméditation n’aurait pu échapper au magistrat et par voie de conséquence, il n’aurait pas été possible de conclure à l’abolition du discernement de l’assassin.

Le premier Expert psychiatre, Daniel Zagury, avait estimé que le discernement de Traoré n’était qu’atténué, et par voie de conséquence, qu’il était en état d’être renvoyé devant une cour d’assises.

Les juges d’instruction ont cru devoir désigner deux collèges d’experts, qui invoquant la bouffée délirante de Traoré, ont conclu à son absence de discernement.

Ce fiasco judiciaire laisse un goût amer à toutes celles et ceux qui se sont battus durant ces quatre années pour la recherche de la vérité.

Je n’ai plus été en charge de cette affaire à compter de juillet 2018.

Je n’ai donc pu aller au bout de ma démarche qui aurait consisté à déposer plainte contre les membres de la famille Diarra du chef de «non-assistance à personne en péril », dans le but de démontrer qu’ils étaient loin d’être des victimes dans cette affaire.

Une telle action aurait peut-être obligé les juges à procéder à cette reconstitution.

 

 Me Jean Alex Buchinger