L’Orchestre Philarmonique d’Israël fait ses débuts à Abu Dhabi, pour la première fois dans un pays arabe depuis 1945

Par JERUSALEM POST STAFF

Jérusalem Post 365 jours de culture israélienne dans le monde Musique

L’Orchestre philharmonique d’Israël a fait ses débuts à Abu Dhabi la semaine dernière, marquant la première fois qu’il se produit dans un pays arabe depuis 1945.

L’orchestre a été invité à participer au prestigieux Abu Dhabi Classics Festival par le ministère de la Culture des Émirats Arabes Unis et a joué à l’Emirates Palace.

Le chef d’orchestre Lahav Shani a dirigé l’orchestre dans une œuvre épique digne de cette grande occasion, la puissante Symphonie n° 1 “Titan” de Gustav Mahler. L’ensemble basé à Tel Aviv a également interprété le Concerto pour piano n° 23 de Wolfgang Amadeus Mozart.

Israël et les Émirats arabes unis ont normalisé leurs relations avec les accords d’Abraham en 2020.

Depuis lors, la coopération entre les deux pays s’est renforcée tant dans les domaines politique et économique que culturel.

L’interprétation de l’hymne national israélien Hatikvah au début du concert a incarné la nouvelle ère d’amitié entre les nations.

Fondé en 1936 par le violoniste polonais Bronislaw Huberman, l’orchestre comprenait des dizaines de musiciens juifs fuyant l’antisémitisme et les persécutions en Europe. Au cours des années suivantes, le chef d’orchestre de renommée mondiale Arturo Toscanini a dirigé l’ensemble à deux reprises.

En 1945, l’orchestre est parti en tournée en Égypte et s’est produit à l’Opéra du Caire.

Soixante-dix-sept ans plus tard, il se produit à nouveau dans un pays arabe.

“Notre représentation dans un pays arabe est peut-être un petit pas sur le chemin de ce que nous souhaitons tous – la paix”, a déclaré Shani selon Ynet.

“C’est peut-être un petit pas, mais c’est certainement réconfortant. La musique est un langage de communication, un langage universel qui relie les gens, au-delà des mots.

Et cette connexion qu’elle produit est notre humble contribution.”

Né en 1989, Shani a été nommé directeur artistique de l’orchestre en 2020. Il est considéré comme l’un des jeunes chefs d’orchestre les plus talentueux au monde.

Le ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis, Sheikh Abdullah bin Zayed, la ministre de la Culture et de la Jeunesse, Noura Al Kaabi,

la ministre des Affaires environnementales, Mariam bint Mohammed Saeed Hareb Almheiri, et le conseiller du président, Zaki Nusseibeh, ont tous assisté au concert.

La première dame d’Israël, Michal Herzog, s’est également rendue à Abu Dhabi pour l’occasion. Elle a assisté à l’événement en compagnie de l’ambassadeur d’Israël aux Émirats arabes unis, Amir Hayek.

“Il s’agit d’une amitié merveilleuse et continue, et je suis sûr que nous participerons à de nombreux autres événements d’échange culturel comme celui-ci”, a déclaré Al Kaabi selon Ynet.

Cet article est alimenté par le ministère des Affaires étrangères

Source : JERUSALEM POST STAFF 

Israel Philarmonic Orchestra debuts in Abu Dhabi, first time in Arab country since 1945

By JERUSALEM POST STAFF  JANUARY 5, 2023 14:35

   Jerusalem Post  365 Days of Israeli Culture Around the World  Music

The Israel Philarmonic Orchestra made its debut in Abu Dhabi last week, marking the first time that it performed in an Arab country since 1945.

The orchestra was invited to participate to the prestigious Abu Dhabi Classics Festival by the Ministry of Culture of the United Arab Emirates and played at the Emirates Palace.

Conductor Lahav Shani led the orchestra in an epic work befitting the grand occasion, Gustav Mahler’s powerful “Titan” Symphony No. 1. The Tel Aviv-based ensemble also performed Wolfang Amadeus Mozart’s Piano Concerto No. 23.

Israel and the UAE  normalized their relations with the Abraham Accords in 2020. Since then, the cooperation between the two countries has grown stronger both in the political and economical fields and in the cultural one. The performance of Israel’s national anthem Hatikva at the beginning of the concert embodied the new era of friendship between the nations.

Founded in 1936 by Polish violinist Bronislaw Huberman, the orchestra included dozens of Jewish musicians fleeing antisemitism and persecution in Europe. In the following years, world-acclaimed conductor Arturo Toscani led the ensemble twice. In 1945, the orchestra went on tour in Egypt and performed at the Cairo Opera House. Seventy-seven years later, it played again in an Arab country.

“Our performance in an Arab country is perhaps a small step on the way to what we all wish for – peace,” Shani said according to Ynet. “It may be a small step, but it is certainly heartwarming. Music is a language of communication, a universal language that connects people, beyond words. And this connection that it produces is our humble contribution.”

Born in 1989, Shani was appointed as the artistic director of the orchestra in 2020. He is considered one of the world’s most talented young conductors.

UAE’s Minister of Foreign Affairs Sheikh Abdullah bin Zayed, Culture and Youth Minister Noura Al Kaabi, Environmental Affairs Minister Mariam bint Mohammed Saeed Hareb Almheiri and Advisor to the President Zaki Nusseibeh all attended the concert. Israel’s first lady Michal Herzog also flew to Abu Dhabi for the occasion. She attended the event together with the country’s Ambassador to the UAE Amir Hayek.

“This is an ongoing wonderful friendship, and I am sure that we will participate in many more cultural exchange events like this,” Al Kaabi said according to Ynet.

This article is powered by Ministry of Foreign Affairs

 

 

Les fourberies de Dieudonné M’Bala M’Bala. – JForum

Les fourberies de Dieudonné M’Bala M’Bala.

Quel crédit accorder à un activiste antisémite et négationniste lorsqu’il vient demander pardon à la communauté juive ? Retour sur le cas Dieudonné.

Ce mardi 10 janvier 2022, Sur « Touche Pas à mon Poste » (TPMP), l’émission phare de la chaîne C8, qui se nourrit principalement de sujets scabreux et les traite d’une manière déplorable, l’inénarrable Cyril Hanouna a invité sur son plateau, l’avocat rémois de Dieudonné M’Bala M’Bala, Maître Emmanuel Ludot et le directeur de publication d’Israël Magazine, un journal franco-israélien qui ne se caractérise pas par son professionnalisme et son intelligence. Lors de cette émission, André Darmon vient expliquer pourquoi il aurait hésité mais a finalement décidé de publier un texte de Dieudonné dans son magazine. Sur son site Internet, sous le titre de « Dieudonné demande pardon à la communauté juive », Dieudonné se fend d’une lettre ubuesque où il écrit qu’il tient « à demander pardon à toutes celles et ceux que j’ai pu heurter, choquer, blesser au travers de certaines de mes gesticulations artistiques. Je pense notamment à mes compatriotes de la communauté juive, avec lesquels je reconnais humblement m’être laissé aller au jeu de la surenchère ». Surenchérissant, son avocat vient appuyer cette demande, en parlant d’une initiative dont il vante l’honnêteté et qui s’appuierait sur le modèle de la fête religieuse juive de Yom Kippour (le Grand Pardon), le jour le plus saint et le plus solennel de la religion juive consacrée à regretter les mauvaises actions et les mauvaises pensées qui ont été commises durant l’année écoulée et à demander pardon, à Dieu ainsi qu’à ses semblables, avec sincérité. Et, sur le plateau, le débat biaisé porte sur cette démarche. Faut-il permettre à Dieudonné d’adresser à la communauté juive des excuses et sont-elles sincères ?

Sauf que voilà, Dieudonné M’Bala M’Bala n’a pas à répondre de ses actes devant une quelconque religion ou au nom de quelconques préceptes religieux, mais devant la Justice de notre pays, seule habilitée à déterminer de sa culpabilité. Or, la justice française a condamné à plusieurs reprises ce multirécidiviste de la haine. Et ce n’est que devant la justice de notre pays, prononcée au nom du peuple français, que Dieudonné devra continuer de répondre des mots orduriers et qui ont été les siens. D’ailleurs et tout au long de ces années, de nombreux procès ont été intentés contre Dieudonné, dont plusieurs se soldent par des condamnations pour incitation à la haine raciale. Nous n’allons pas ici rendre compte de ces procédures judiciaires, tant elles sont nombreuses. Comme l’a rappelé un magistrat, lors d’une audience, son casier judiciaire est très fourni. Enfin et dans un autre domaine, en juin 2021, Dieudonné est condamné à deux ans ferme en appel pour abus de biens sociaux et fraude fiscale. Dernièrement, Noémie Montagne, son ancienne compagne, a porté plainte contre lui (mardi 25 octobre 2022). Elle l’accuse de « harcèlement » et d’ « escroquerie ».

Il était une fois, Dieudonné…

Il était une fois un jeune humoriste parmi les plus doués de sa génération. Pendant plusieurs années, de 1991 à 1997, le Franco-Camerounais Dieudonné M’bala M’bala est en tournée avec l’humoriste Elie Semoun. Un duo qui fonctionne bien. En même temps, Dieudonné bataille contre le Front national. C’est ainsi que, lors des législatives de 1997, Dieudonné se porte candidat à Dreux pour s’opposer à Marie-France Stirbois, représentante locale du Front national. Il est alors encensé par une partie de la gauche pour ses positions en faveur de la régularisation des sans-papiers ou du droit de vote des immigrés. Il est invité dans les émissions de radio et de télévision. Dieudonné plaît. Mais peu à peu il s’enferme, il catégorise, dénonce, puis stigmatise. Et un autre Dieudonné apparaît.

En 2000, Dieudonné se lance dans la réalisation d’un film sur le Code noir[1]. Il demande une aide à l’écriture au Centre national du cinéma (CNC), refusée en 2002. Selon Louis Sala-Molins, autre coauteur, le scénario était d’une « férocité totale », car « il fallait cogner », que le Français sache vraiment ce que fut sa politique négrière[2]. Mais voilà, très vite, Dieudonné impute ce refus aux prétendus « sionistes du CNC » qui pratiquent, selon lui, un « deux poids, deux mesures ». Un refus qui aurait été le déclencheur de ses prises de position ultérieures.

Il s’en expliquera d’ailleurs lors d’une interview qu’il accorde à Thierry Ardisson, dans son émission « Tout le monde en parle », sur France 2, le 11 décembre 2004. À L’animateur Thierry Ardisson qui lui demande « est-ce que vous n’auriez pas intérêt finalement à faire avancer la cause des Noirs plutôt que d’être l’ennemi de la cause sioniste ? », Dieudonné répond : « C’est sûr. Mais bon, tout a commencé avec ce projet de film sur le Code Noir, sur la traite négrière. Tout a commencé comme ça. Je vais voir les autorités de mon pays, le CNC, pour dire “Bon voilà je voudrais faire ce film”. Et là on m’envoie un courrier. On me dit : “Non. Ne faites pas un film”… Pourquoi ? Parce que c’est un sujet extrêmement délicat. 95 % des richesses aux Antilles appartiennent encore aux descendants d’esclavagistes. C’est un sujet difficile à ouvrir. Alors je leur dis : “Vous ne pouvez pas me dire ça. Vous avez financé tout un tas de films sur d’autres crimes contre l’humanité.”… Et là, j’ai compris que j’étais face à une sorte d’unicité dans la souffrance, face à la République, qui m’a extrêmement dérangée ». Mais dans son esprit, ce refus ne pourrait en aucun cas lui être imputable, quel que soit le scénario et sa « férocité totale ». Non, il lui faut un bouc-émissaire fantasmé, il est donc tout trouvé.

Dès lors, Dieudonné utilise un qualifiant (les sionistes) qui sert de repoussoir notamment dans les quartiers sensibles, mais aussi chez des arabo-musulmans, dans une partie de la gauche et à l’extrême-gauche. Mais, qui, dans sa langue, est utilisé à la seule fin de dénoncer les Juifs, dans leur globalité. Par ailleurs, ce choix – pour des raisons à la fois tactiques et politiques – est aussi la conséquence des procès perdus par Dieudonné. Celui-ci déclarait le 14 juillet 2005 sur le site des Ogres (aujourd’hui fermé) « Ben ! Je vous le dis (…) je ne prononce pas le mot Juif. Après mes différents procès, j’ai compris qu’il pouvait y avoir interprétation sur ce mot alors que sioniste, il n’y a pas d’interprétation possible[3] ».

En réalité, Dieudonné poursuit une stratégie que décrit Éric Marty, professeur à l’université Paris-VII[4]. En premier lieu, dénier la qualité de victimes aux Juifs en leur attribuant les signes de leurs propres bourreaux ; faire des Juifs les artisans du martyr noir et de l’esclavage ; se donner soi-même comme victime, en dénonçant le « lynchage » dont il se dit victime. Cet antisémitisme traverse également des mouvements radicaux noirs américains, les Black Panthers ou Nation of Islam, dont le chef est Louis Farrakhan[5]. Dieudonné tente de fédérer une communauté noire très dispersée, mais dont le ressentiment monte face à une République qui ne tiendrait pas ses promesses. Pour lui, les premières victimes du racisme sont les Noirs et les Maghrébins. Succès garanti dans certaines banlieues difficiles. C’est ainsi que la thématique du « tous pourris » imprègne ses spectacles.

Mais, c’est en décembre 2003, sur le plateau de « On ne peut pas plaire à tout le monde », le talk-show de Marc-Olivier Fogiel sur France 3, que son image médiatique commence sérieusement à se brouiller. Il interprète, en direct, un sketch polémique. Le visage masqué, il campe un colon israélien s’en prenant à Jamel Debbouze, présent autour de la table, qu’il qualifie d’« humoriste musulman », de « moudjahidine du rire ». Son personnage fait un salut fasciste, invitant les jeunes des cités à rejoindre « l’axe du bien américano-sioniste ». La provocation de trop. Lors du procès en première instance pour ce sketch, Dieudonné est encore soutenu par quelques personnalités, comme Robert Ménard, alors président de Reporters sans frontières ou l’ex-auteur des Guignols Benoît Delépine (de Canal+). Ce sont là d’éventuels témoignages de moralité. Mais, d’autres personnes assistent au procès, comme Ginette Skandrani, sexagénaire, environnementaliste alsacienne, foncièrement anti-israélienne, proche du négationniste Serge Thion[6]. Dans la salle, venu également le soutenir, Nouari Khiari, un militant connu pour ses violentes diatribes anti-israéliennes, animateur de manifestations des pro-voiles[7]. Nouari est également un proche de Farid Smahi, ex-conseiller régional FN d’Ile-de-France.

Et, les déclarations antisémites se multiplient alors. Dès lors, il n’est plus le bienvenu dans les studios. On ne veut plus l’inviter, on craint le scandale. La presse écrite hésite. Ses outrances provoquent des protestations. Des plaintes sont déposées. Or, en février 2005, à Alger, devant un public conquis, il se compare à Dreyfus et à Jésus, dessine le portrait d’une France où la parole serait interdite et où violer un bébé serait moins grave que de critiquer Israël[8]. Il jette en pâture certains noms (Patrick Bruel, Elie Wiesel, Bernard-Henri Lévy…) À l’issue de la conférence de presse donnée avant le spectacle, Dieudonné parle de la France, qu’il décrit en ces termes : c’est un « territoire occupé par le sionisme ». Il ajoute que « la Shoah est une pornographie mémorielle ».

Dieudonné et l’accusation de peuple déicide

A Alger, le 19 février 2005, dans le quotidien algérien L’Expression, Dieudonné affirme que « le sionisme, c’est le sida du judaïsme » : « Dire qu’on vit en France. Nous sommes des sous-citoyens. Nous n’avons pas les mêmes droits que les sionistes. Eux, dans une école, il suffit qu’un petit soit traité de sale Juif pour que tout le monde se lève. Pour moi, le sionisme, c’est le sida du judaïsme ». De jours en jours, Dieudonné radicalise un peu plus son propos et renforce définitivement son image d’antisémite. C’est ainsi également que le fiel du complotisme ne va plus le quitter, lorsqu’il est à l’étranger, en tournée dans un pays arabe et en Iran. Il en usera et il en abusera pour plaire à ses hôtes. Dieudonné cherche-t-il une consécration à l’étranger ? Oui, et c’est en Iran qu’il va la trouver. Il se rend en Iran et y rencontre le président Mahmoud Ahmadinejad. Là, Dieudonné participe à des interviews télévisées.

Lorsqu’il le peut et où qu’il soit, d’Iran en Syrie et de Syrie en Corée du Nord, il mène un combat contre le sionisme et les démocraties occidentales. Pour Dieudonné, le sionisme est une sorte de pieuvre tentaculaire qui dominerait le monde. Ce faisant, consciemment ou inconsciemment, il répercute les vieux mythes fondateurs de l’antisémitisme. Mais lorsqu’il parle du sionisme, Dieudonné ne veut pas seulement dénoncer une doctrine, et un nationalisme. Dieudonné y ajoute d’autres qualifications et considérations. Quoiqu’il se défende tactiquement d’être antisémite alors qu’il l’est, il voit dans cette dénonciation du sionisme, une expression commode, sorte de ramasse tout de substitution. Comme d’autres, avec cette dénonciation du sionisme, il prend tout ce qui l’arrange et qu’il veut délibérément et constamment dénoncer. Derrière le sionisme et l’État d’Israël, dans son esprit, se trouve forcément toujours le Juif, et toutes les représentations fantasmées et apocalyptiques autour du Juif. C’est ainsi que, par exemple, ce glissement sémantique a pu s’opérer le plus tranquillement du monde, lorsque Dieudonné est interviewé par la chaîne iranienne Sahar 1 en septembre 2011. Lors de l’entretien, Dieudonné lâche subitement que « le sionisme a tué le Christ » :

Sahar 1 : « Pourquoi le sionisme essaie tant de faire des crimes de par le monde ? »
Dieudonné : « C’est profondément une science du mensonge et une haine profonde de l’humanité. Il me semble que c’est une épreuve envoyée à l’Humanité, mais que nous allons dépasser. Le sionisme joue sur nos instincts les plus bas. Le sionisme partout où il arrive tente d’enlever les valeurs morales du pays (…) Il nous tente. C’est la tentation dont a parlé le Christ (…) Les valeurs islamiques arrivent partout dans le monde et c’est pour cela que le sionisme développe une communication islamophobe. Le sionisme a tué le Christ. C’est le sionisme qui prétendait que Jésus était le fils d’une putain (…) or, Jésus a annoncé la venue du prophète, euh… du messager ».

Cette qualification est ici appliquée sans la moindre hésitation et retenue, sciemment, pour rappeler dans l’imaginaire collectif ce vieux mythe. Car pendant des siècles, les chrétiens ont accusé le peuple juif d’être collectivement responsable de la mort de Jésus. C’est ce que l’on a appelé « l’accusation de peuple déicide ». Or, ce terme fait explicitement référence à la crucifixion de Jésus-Christ et porte une signification particulière, celle de « meurtrier de Dieu ». Dans cette interview, lorsque Dieudonné invoque le « sionisme » pour imputer aux Juifs la mort de Jésus et les malheurs de l’humanité, il parle abusivement et mensongèrement d’une idéologie, le sionisme, pourtant postérieure de quelque dix-neuf siècles à la mort de Jésus.

Dieudonné, le négationnisme et Robert Faurisson

Mais, surtout, Dieudonné a un grand ami, le négationniste Robert Faurisson. Le 28 décembre 2008, au Zénith de Paris, Dieudonné remet à Faurisson « un prix de l’infréquentabilité et de l’insolence » devant 5.000 spectateurs et le gratin de l’extrême droite. Jean-Marie Le Pen est accompagné de son épouse Jany et de sa fille Marie-Caroline, ainsi que Patrick Bourson, l’associé du leader frontiste dans une affaire de champagne. Dans la salle, l’essayiste Alain de Benoist, Dominique Joly, un conseiller régional FN élu sur la liste de Marine Le Pen, Frédéric Chatillon, un ancien dirigeant du GUD, et Marc Georges, alias Marc Robert, coordinateur de la campagne de Dieudonné pour la présidentielle de 2007. « Il y avait aussi des gens d’extrême gauche », tente de rééquilibrer le polémiste, qui toutefois refuse de donner des noms : « Je ne veux gêner personne. » La militante propalestienne Ginette Skandrani confirme sa présence, non loin du leader radical noir Kémi Seba, dont le mouvement Tribu Ka a été dissous en 2006 par le ministère de l’Intérieur. Il est sur scène, il s’amuse comme un petit fou. Juste avant d’accueillir Faurisson, il fait monter Jacky, son acolyte[9]. Jacky est en chemise de nuit avec une énorme étoile jaune sur la poitrine. La salle adore. Jacky ne comprend pas pourquoi il doit se déguiser en Juif. « C’est pour que les gens n’oublient pas ! » hurle Dieudonné[10]. Et Jacky, ovationné par le public, quitte la salle en bêlant : « N’oubliez pas ! » Sur scène, Faurisson se voit remettre un trophée en forme de chandelier sur lequel sont plantées des pommes par un technicien (Jacky) habillé en pyjama à carreaux, avec une étoile jaune sur la poitrine et le mot juif inscrit dessus, évoquant un déporté juif. En mars 2009, Dieudonné hilare filme un sketch avec le même Faurisson qui à cette occasion est coiffé d’une kipa. Puis il réalise un long-métrage « L’Antisémite », coproduit avec une société iranienne. Le film n’est pas diffusé en salles mais commercialisé sur Internet pour ses seuls abonnés. Il est présenté le 15 janvier 2012 en avant-première au théâtre de la Main d’or. Dieudonné y interprète le rôle principal : un homme alcoolique et violent, déguisé en officier nazi pour un bal costumé. Robert Faurisson y joue également pendant quelques minutes son propre rôle, tandis que la Shoah y est personnifiée en sainte.

Le premier extrait (de 3 minutes) de « L’Antisémite » est accessible sur Internet. La date de sortie officielle est le 21 mars 2012. Dans ce court extrait, sur fond de piano tourné avec une couleur très années 1920, on peut voir un Américain, William Murdock (qui joue son propre rôle) inspecter une chambre à gaz. On reconnaît Jacky, son technicien, qui porte l’habit rayé des déportés. Le film n’est pas diffusé en salles mais commercialisé sur Internet pour ses seuls abonnés. Il est présenté le 15 janvier 2012 en avant-première au Théâtre de la Main d’or. Pour comprendre ce dont il s’agit, nous reproduisons l’extrait suivant :

« Le narrateur : Alors, arrivés à Auschwitz, les Alliés découvrent un spectacle d’horreur et de désolation.
Un prisonnier (à un autre gros prisonnier fumant la pipe) : Dégage !… On filme l’histoire !
Le prisonnier : S’il vous plaît ! À manger !
Le narrateur : L’officier américain William Murdock dira… 
William Murdock : Tiens ! Bouffe !
Le narrateur : L’humanité tout entière s’est vue à jamais marquée du fer rouge de la barbarie ! Grâce à un système de tuyauterie particulièrement ingénieux et complexe, le gaz était acheminé jusqu’à l’intérieur de la pièce.
William Murdock : Oh my God ! Oh mon Dieu !
Le narrateur : Sur la porte de cette chambre à gaz est inscrit SALICH DOUCHE : salle de douches.
William Murdock : Les preuves irréfutables…
Le narrateur : C’est dans une chambre à homicide comme celle-ci que le régime nazi a gazé deux millions de Juifs et quelques autres manants, sans conséquence.
Un personnage (au sujet du gaz): Mais comment ça marche ?
Un personnage (sous la douche qui coule) : C’est incroyable !
Le narrateur : Plus de 80 déportés étaient entassés dans cet endroit réduit pour y être asphyxiés.
Un personnage : Les fameuses douches…
Un autre : Mais d’où venait le gaz ?
Le narrateur : Le gaz utilisé pour tuer était le Zyklon B. Les corps étaient transportés au crématorium central jusqu’à des crématoriums de fortune comme celui-ci [mini-barbecue], qui servaient à incinérer des nourrissons.
Un personnage (au sujet du Zyklon B) : Je peux l’emporter ? Ça peut toujours servir !
Un personnage (tirant une fourchette du barbecue) : Une fourchette ? – Euh… On coupera au montage.
Un personnage (tirant des os de poulet du barbecue) : Des os de poulet ? – Euh… Non ! Des os d’enfants.
Le narrateur : D’autres corps étaient dépecés, et les peaux utilisées pour faire des fauteuils en cuir…
Un prisonnier (désignant un fauteuil) : Attention ! Vous vous asseyez sur ma grand-mère !
Le narrateur : … ou bien encore de luxueux abat-jours particulièrement prisés par la bourgeoisie nazie.
Un personnage : Ça aussi, c’est en peau de Juif ? – Bien sûr !
Le narrateur : Malgré cet amoncellement de preuves irréfutables, il s’en trouvera encore pour nier la Shoah ! »

On voit bien dans cet extrait, défiler toute la stratégie mise en œuvre par Dieudonné. Le crime est totalement ridiculisé, il est décontextualisé et devient un objet de moquerie, de drôlerie, de bouffonnerie. Et là, s’opère également sa négation. C’est ainsi que le négationnisme fonctionne chez Dieudonné. Il est couplé avec toutes les ficelles de l’antisémitisme. Mais, cette stratégie et cette convergence avec Robert Faurisson correspondent aussi à une vision du monde que Dieudonné résume dans une interview publiée par l’hebdomadaire d’extrême droite Rivarol, le 11 mars 2011. Cette citation condense probablement tout ce que Dieudonné entend, comprend et veut débiter. Elle explique aussi pourquoi et comment Dieudonné s’est entiché de Faurisson, tout au long de ces années : « Les grands vainqueurs de la dernière guerre mondiale ce sont les sionistes. On a eu pendant la guerre l’occupation allemande ; aujourd’hui, c’est l’occupation sioniste. Non seulement la guerre n’est pas terminée, mais elle se durcit car l’occupant est pire que les précédents. »

Comment s’étonner dans ces conditions qu’en octobre 2018, Dieudonné pleure la mort du négationniste ? Véritablement triste, il s’exclame : « Robert Faurisson nous a quittés, je perds un ami, un homme exceptionnel qui m’a beaucoup inspiré. Je sais que la soif de vérité à laquelle il était enchaîné est à présent apaisée, elle aura fait de sa vie une œuvre incomparable. Dans un monde normal, ta place sera au Panthéon […] Tu es le seul homme pour qui je vais m’imposer un devoir de mémoire ».

Dieudonné joue la victime

Dieudonné se nourrit des polémiques qu’il alimente. Comme Jean-Marie Le Pen en son temps – qui calculait sciemment ce qu’il voulait dire et comment il fallait le dire – Dieudonné se nourrit des polémiques qu’il engendre, des mots lâchés, sciemment. Cela participe à la fois de la promotion de ses shows et du business qui va avec. Plus on parle – fût-ce en mal – de lui, plus il en tire des bénéfices. Car la promotion du « spectacle » ne se fera que si elle est accompagnée de phrases assassines. Bien évidemment, il va être très critiqué. Mais, après tout, n’est-ce pas ce que son public attend et réclame ? Dieudonné ne fait pas dans la vertu, il se nourrit du grossier, il affectionne le scandale. Il transgresse, c’est le job. Il ne doit pas le faire à moitié, mais totalement. Et plus c’est gros, plus cela porte et fidélise ses fans. Il doit y voir un autre avantage. Dieudonné cherche à faire passer des messages. Son combat est politique, nous le pensons. C’est ainsi qu’il ne s’agit pas seulement de gagner de l’argent, même s’il aime l’argent. Si tel est bien le cas, il aurait pu le faire autrement, sans aller aussi loin, probablement. Les phrases délivrées constituent également un argumentaire, fût-il sordide, fût-il scabreux, pour « éduquer » son public. Enfin, et pour terminer, Dieudonné aime jouer la victime. C’est un répertoire et un rôle qu’il affectionne particulièrement. Dieudonné se veut en « martyr » du système et des lobbies, comme un saint, comme Jésus. C’est en tout cas l’image qu’il aime donner de lui. C’est aussi cela la promotion du « spectacle », pas seulement lancer une phrase, mais jouer pleinement le registre de la victimisation. Il n’est pas le seul bien sûr à le faire. Ils sont nombreux à affectionner ce rôle. Mais Dieudonné en connaît tous les registres. Comme pour rappeler à son public qu’il paye cher le fait de pointer du doigt. C’est un registre qu’il affectionne particulièrement, comme Jean-Marie Le Pen, en son temps. C’est un registre qu’il connaît par cœur et dont il use et abuse régulièrement.

Pardonner ?

Dans ces conditions quel crédit accorder à un activiste antisémite et négationniste lorsqu’il vient demander pardon à la communauté juive ?

Les fourberies de Dieudonné, je connais. J’ai eu l’occasion avec mes camarades de SOS Racisme, de l’UEJF, de la LICRA et du MRAP et d’autres associations, de le voir, de l’entendre, de le regarder, et de l’affronter, lors de différentes audiences.

J’ai vu son petit rire moqueur lorsqu’au tribunal, l’on projetait quelques-unes de ces vidéos « assassines ». J’ai vu sa satisfaction, son orgueil démesuré et sa brutalité. L’homme (en bermuda) devant les juges, sans attendre de nous entendre, je l’ai vu se régaler de ses saillies misérables et racistes. Je l’ai vu également sur Internet, se régaler de ses mots/maux et exciter son public, notamment les jeunes de banlieue, jetant comme on jetterait aux chiens, des os. Lui, Dieudonné M’Bala M’Bala jetait en pâture les Juifs, avec une expression particulière du visage et un sourire carnassier…

Alors, pardonner ? Jamais. Par contre, nous continuerons de le traîner devant les tribunaux, afin que justice soit rendue.


Marc Knobel est historien, il a publié en 2012, l’Internet de la haine (Berg International, 184 pages). Il publie chez Hermann en 2021, Cyberhaine. Propagande, antisémitisme sur Internet.


[1] Rédigé sous l’autorité de Colbert, et promulgué par Louis XIV, le Code noir réglemente l’esclavage aux Antilles. En un préambule et soixante articles, il règle dans les possessions françaises d’outre-Atlantique « l’état et la qualité des esclaves » en les qualifiant de bêtes de somme ou de purs objets.

[2] Anne-Sophie Mercier, Dieudonné démasqué, Paris, Le Seuil, 2009, p. 63.

[3] Cité par Cindy Leoni, « Dieudonné, multirécidiviste », Libération, 3 janvier 2014, p. 21.

[4] Éric Marty, « Que Dieudonné se rassure ! », Le Monde, 7 mars 2004.

[5] Sur ce sujet voir l’article de Philippe Boulet-Gercourt, « États-Unis : les noirs antijuifs », Le Nouvel observateur, 24 février – 2 mars 2005.

[6] Ancien professeur de littérature à l’université Lyon-II, cette figure de l’ultra-gauche négationniste consacre sa vie à expliquer que les chambres à gaz n’ont jamais existé. Son engagement lui a valu des procès qu’il a toujours perdus.

[7] Claude Askolovitch, « Dieudonné. Enquête sur un antisémite », Le Nouvel observateur, 24 février – 2 mars 2005.

[8] Selon Jean-Marcel Bouguereau dans « Terrifiante comptabilité », Le Nouvel Obs, 21 février 2005.

[9] Marianne, « Jacky Sigaux, le régisseur », 11 au 17 janvier 1014, page 19.

[10] Dans un éditorial intitulé « Hitler et Voltaire » dans L’Express en date du 15 janvier 2014, Christophe Barbier écrit : « Dieudonné n’est pas un humoriste, il est un propagandiste ; il n’est pas politiquement incorrect, il est idéologiquement infect. Ceux qui vont l’applaudir sont des coupables s’ils partagent ses thèses ou des complices s’ils cautionnent sa pensée par leur présence et leur rire tout en plaidant la naïveté ».

Source : https://www.jforum.fr/les-fourberies-de-dieudonne-mbala-mbala.html

Meurtre de Mireille Knoll : Yacine Mihoub, condamné à la perpétuité, se désiste de son appel

Il n’y aura pas de procès en appel dans le cadre du meurtre de l’octogénaire tuée en mars 2018, pour lequel Yacine Mihoub a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.

L’homme condamné pour le meurtre, avec un caractère antisémite, de Mireille Knoll à Paris en 2018 s’est désisté de son appel, ce qui entraîne la clôture définitive de cette procédure, a déclaré mardi 10 janvier l’avocat de Yacine Mihoub à l’AFP. Il avait été condamné fin 2021 à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une période de sûreté de 22 ans par la cour d’assises de Paris pour le meurtre de l’octogénaire. Il avait fait appel mais s’est depuis désisté.

Son co-accusé Alex Carrimbacus s’était déjà désisté de son appel : à l’issue du procès, il avait été acquitté du meurtre mais condamné à 15 ans de réclusion, avec une peine de sûreté des deux tiers, pour vol aggravé. Le caractère antisémite a également été retenu pour lui, de même que la circonstance aggravante de la vulnérabilité de Mireille Knoll, 85 ans et très affaiblie par la maladie de Parkinson.

Yacine Mihoub connaissait Mireille Knoll depuis l’enfance

Yacine Mihoub et Alex Carrimbacus s’étaient rencontrés en prison. Ils étaient libres depuis peu lorsqu’ils s’étaient fortuitement retrouvés peu avant le 23 mars 2018. Ce jour-là, tous deux sont restés un peu plus de deux heures dans l’appartement de Mireille Knoll – qui avait fui Paris pour échapper en 1942 à la rafle du Vel d’Hiv – que Yacine Mihoub connaissait depuis l’enfance puisqu’elle habitait le même HLM que sa mère dans l’est parisien. Les pompiers y avaient ensuite découvert le corps en partie carbonisé de Mireille Knoll, lacéré de onze coups de couteau.

Source : https://www.francetvinfo.fr/faits-divers/meurtres/meurtre-de-mireille-knoll/meurtre-de-mireille-knoll-yacine-mihoub-condamne-a-la-perpetuite-se-desiste-de-son-appel_5595053.html

L’Observatoire Juif de France a déposé une nouvelle plainte contre Boris Le Lay

L’Observatoire Juif de France a déposé une nouvelle plainte devant Monsieur le Procureur de la République, contre Boris Le Lay, le néonazi exilé au Japon, suite à la publication d’un article sur son site « Démocratie Participative ». 

Cette fois-ci, suite à un Tweet de la journaliste Pascale Clarke, concernant l’affaire « LOLA » qui a bouleversé toute la France, Boris Le Lay se permet d’écrire :

« Par « extrême-droite », la juive Pascale Clarke désigne tous les goyim blancs qui ont encore un instinct de survie en France. »

« Ce faciès hébraïque difforme vous communique son envie de tuer vos enfants et d’en rire »

L’auteur a mis également dans cet article une photo-montage où la victime est assortie d’une étoile jaune rappelant des heures les plus sombres de l’Histoire et incluant le mot « juif » placé comme une insulte, par différentialisme nazi :

L’article est de surcroît à forte teneur antisémite et incite à l’aryanisme nazi, les juifs y étant odieusement dépeints comme une race de parasites racistes antiblancs au comportement nuisible s’infiltrant dans la société dite « aryenne ».

La plainte de l’Observatoire Juif de France vise plusieurs griefs, dont provocation à la discrimination nationale raciale religieuse ainsi que diffamation envers particulier(s) en raison de sa race, de sa religion ou de son origine, et ce, par parole, écrit, image ou moyen de communication au public.

L’Observatoire Juif de France qui lutte contre le racisme, l’antisémitisme, le négationnisme, l’apologie du terrorisme et du nazisme sera toujours là pour poursuivre en justice les personnes qui s’attaquent à notre communauté et qui portent atteinte à l’intégrité Nationale.

Le Bureau

[email protected]

L’Observatoire Juif de France est indigné par les déclarations de journalistes et d’intellectuels diffamant le nouveau gouvernement israélien

Paris, le 3 janvier 2023

 

Le 1er novembre 2022, ont eu lieu les élections législatives en Israël pour désigner les 120 députés de la Knesset.

Avec 23,41% des suffrages et 32 sièges, le Likoud, parti dirigé par Benyamin Netanyahou, est le vainqueur des élections. Les partis soutenant ce politicien -Likoud, Shas, Judaïsme unifié de la Torah et Parti sioniste religieux – ont obtenu la majorité absolue (64 sièges) dans ce Parlement israélien. 

Le 13 novembre 2022, le Président Isaac Herzog a désigné Benyamin Netanyahou afin de former un gouvernement.

Le 21 décembre 2022, Benyamin Netanyahou a annoncé avoir constitué son gouvernement alliant ces partis : Likoud, Shas, Judaïsme unifié de la Torah, Parti sioniste religieux, Otzma Yehudit et Noam.

Le 29 décembre 2022, le gouvernement Netanyahou-VI a obtenu, par 63 voix sur 120, le vote de confiance de la Knesset.

Des journalistes et intellectuels français ont allégué que ce gouvernement serait d’« extrême droite », « extrémiste », « ultradroitier », « fasciste », et qu’il menacerait la démocratie, les relations entre l’Etat d’Israël et la diaspora juive, ainsi que des « valeurs juives ».

L’Observatoire Juif de France respecte le suffrage universel israélien, quels qu’en soient les résultats, et soutient l’Etat d’Israël, quelle que soit l’orientation politique de son gouvernement.

Sa mission statutaire ne l’autorise pas à s’immiscer dans la vie politique israélienne et française.

L’Observatoire Juif de France est surpris par ces déclarations diffamant un gouvernement à peine formé et qui n’a pas encore présenté son programme.

Et ce, d’autant que la Charte des droits et devoirs des journalistes de Munich (1971) impose aux journalistes de « s’interdire la calomnie, la diffamation, les accusations sans fondement ».

Si l’un des partis constituant ce gouvernement constituait une menace pour la démocratie, nul doute que le précédent gouvernement aurait fait adopter une loi pour l’interdire.

Et, durant ses précédents mandats de Premier ministre, Benyamin Netanyahou n’a jamais agi contre la démocratie, et il a signé les accords d’Abraham.

Curieusement, ces critiques virulents ont éludé qu’à la Knesset, le président nouvellement élu le 29 décembre 2022  par une majorité de 63 voix sur 120 est Amir Ohana. Proche du Premier ministre, ce député de droite ouvertement homosexuel élève avec son compagnon Alon leurs deux enfants nés par GPA.

L’Observatoire Juif de France craint que ces diffamations n’alimentent la haine d’Israël et n’incitent à une guerre civile, alors que cet Etat affronte la menace existentielle du programme militaire iranien et juridique d’une future procédure devant la Cour internationale de justice.

L’Observatoire Juif de France invite ces journalistes et intellectuels à éviter de galvauder le sens des mots. Ainsi, alléguer que le gouvernement Netanyahou-VI serait « fasciste », ces déclarations infondées stigmatisant l’Etat Juif seront vraisemblablement brandies comme un paravent par ceux poursuivis pénalement pour antisémitisme ou antisionisme.

Elles contribueront donc à affaiblir le combat contre ce fléau.

L’Observatoire Juif de France invite donc les commentateurs patentés à la patience et à juger le gouvernement israélien uniquement sur ses futures mesures.

Comme les Israéliens, l’Observatoire Juif de France espère que soient réglés les problèmes importants, au premier rang desquels l’insécurité induite par les attentats terroristes palestiniens et le coût de la vie élevée.

Le Président de l’Observatoire Juif de France

Email : [email protected]

 

 

Nous vous présentons nos meilleurs vœux pour cette nouvelle année 2023

Toute l’équipe de l’Observatoire Juif de France vous souhaite une très belle année 2023.


Nous espérons que 2023 vous apporte bonheur, succès et plein de bons moments en excellente santé, pour vous et tous vos proches.


Et surtout la paix pour ISRAEL et dans le monde.


Nous tenons à vous remercier pour votre fidélité et votre confiance, et nous nous engageons à continuer à nous battre contre l’anti sémitisme, l’anti sionisme, le négationnisme et l’islamisme radical et tous autres actes criminels dirigés envers nos coreligionnaires et la France.

Le Bureau

[email protected]

L’Observatoire Juif de France dépose plainte à l’encontre d’Éric PERROUD

L’Observatoire Juif de France dépose plainte contre Monsieur Éric PERROUD qui profère des propos à caractère nazi et antijuif particulièrement nocifs et qui, en tous cas, violent intentionnellement la Loi.

Nous avons pu relever dans 2 vidéos qu’il a publié sur la plateforme Odysee les propos suivants :

« Le national-socialisme ça n’a jamais été l’nazisme et je suis moi-même national socialiste et je n’suis pas raciste et je n’suis pas antisémite

« Le national-socialiste n’a jamais été raciste. Le national-socialiste souhaitait qu’une chose c’est la pureté d’son peuple comme le font les juifs. Ben oui, les juifs font pareil. »  

«Alors oui, j’défends Vincent Reynouard et j’le défendrai toujours et je défendrai toujours la mémoire aussi de Robert Faurisson qui a été un historien hors pair et qui mériterait tous les honneurs, tous les honneurs face à un mensonge énorme »

La plainte de l’Observatoire Juif de France vise plusieurs griefs dont :

« Provocation à la haine et à la discrimination nationale, raciale, religieuse, par parole, écrit, image par ses agissements » et « délit d’incitation à la haine envers un ou des particulier(s) en raison de sa race, de sa religion ou de son origine ».

L’Observatoire Juif de France qui lutte contre le racisme, l’antisémitisme, le négationnisme, l’apologie du terrorisme et du nazisme sera toujours là pour faire face aux attaques auxquelles la Communauté juive se doit de faire face.

Le Président

[email protected]

Appel à don de l’Observatoire Juif de France

Chers (es) toutes et tous,

Il ne reste plus que quelques jours afin d’effectuer des dons et de faire preuve de votre générosité et de votre attachement à défendre les juifs de France et se dresser face aux attaques que subit l’état d’Israël.

Les actes antisémites ne cessant d’augmenter, nous obligent à être encore plus motivés afin de traquer et de traduire devant les tribunaux toute personne se livrant à un acte à caractère antisémite, raciste, négationniste, antisioniste ou de xénophobie, sur des biens ou envers des personnes de confession juive ou non juive.

Nous assistons les victimes tout au long de la procédure en prenant en charge l’intégralité des frais occasionnés.
Nous avons mis en place une cellule de veille sur internet qui scrute inlassablement les « réseaux sociaux » où se déverse une haine et une violence de façon exponentielle.  
Seuls vos dons nous permettrons de continuer cette mission que nous nous sommes assignés.  

Vous pouvez personnellement ou à travers votre entreprise, effectuer un don et à cet effet, un reçu CERFA vous sera délivré à votre nom ou au nom de votre entreprise.

En tant que particulier vous pourrez déduire 66 % à hauteur de 20% de votre imposition, et jusqu’à 60% dans le cadre d’une entreprise.

                                                                                       Cliquez pour faire un don

Toute l’équipe de l’Observatoire Juif de France vous remercie par avance.

Nous vous souhaitons de bonnes fêtes de fin d’année. 

Nous contacter : [email protected] 

 

 

Zohra Bitan, une grande gueule made in France, de Liliane Messika – Menora.info

 

Zohra Bitan, une grande gueule made in France

 par Liliane Messika, Editions Jean Cyrille Godefroy

Les porteurs de bonnes nouvelles sont suffisamment rares pour ne pas bouder le plaisir de les remercier.

Quelle bonne nouvelle nous apporte Liliane Messika avec son livre sur Zohra Bitan ? C’est une histoire forte, celle d’une fille d’immigrés algériens, pauvres, qui à force de travail, de courage et de curiosité intellectuelle, va se sortir d’un destin programmé. La petite fille travaille bien à l’école, est curieuse d’apprendre et va trouver dans les livres une porte d’entrée pour rêver d’une autre vie que celle qui s’offre à la jeunesse-issue-de-la-diversité-des-quartiers-difficiles pour parler comme la novlangue compassionnelle l’exige. Celle qui est devenue chroniqueuse régulière des Grandes gueules sur RMC a un parcours singulier qui va la conduire à briser ce triple statut de départ : d’abord d’être une femme, musulmane, de culture maghrébine. Ces trois déterminismes vont au contraire nourrir une énergie transgressive peu commune.

En brisant les règles non écrites qui ont construit ces univers schizophrènes, Zohra Bitan affirme une personnalité hors norme. Le « séparatisme » islamiste s’est nourri dans ces viviers. Tout le talent de Liliane Messika est de nous donner ce témoignage dépourvu de tout misérabilisme compassionnel, celui qui a tant desservi la cause que la gauche antiraciste croyait défendre. On est au cœur des questions qui se posent à la France aujourd’hui et la vie de Zohra Bitan affirme, propose une réponse positive. Au lieu de la plainte, de la mise en accusation d’un colonialisme jamais éteint, dont l’indigénisme a fait sa rente, Zohra Bitan s’est construite avec des choix de vie diamétralement opposés à un statut de victime. Elle a épousé un juif ! Acte symbolique inimaginable au vu de son origine et de sa communauté. Elle dénonce l’antisémitisme qui ronge les banlieues, autant que la culture du ressentiment qui l’abrite. Elle a dénoncé l’obscurantisme islamiste, l’enfermement qu’il engendre, accompagné symétriquement par l’autoflagellation décoloniale telle que la pratiquent tous ses idiots utiles. Pour être une femme libre, trop libre aux yeux de certains, elle a affronté toutes les menaces des islamistes.

C’est un autre rapport à la France, fait de reconnaissance pour ce que ce pays lui a apporté : la liberté de penser, la liberté du choix, celui d’être une femme libre. En refusant tous les clichés que la bonne conscience voulait lui assigner, Zohra Bitan trace une voie dont Liliane Messika a su saisir la singularité.

Le seul vrai ennemi de cette Grande Gueule de Zohra Bitan est le cancer qu’elle déjà combattu et repoussé par deux fois. Cette empathie de l’auteur pour son sujet a produit ce livre fort, généreux et tonique qui tire le lecteur hors du pessimisme ambiant.

Source ; https://www.menora.info/zohra-bitan-une-grande-gueule-made-in-france/