LETTRE ADRESSEE A MONSIEUR GERALD DARMANIN MINISTRE DE L’INTERIEUR

                                                                                                            Monsieur Gérald DARMANIN

                                                                                                                       Ministre de l’Intérieur

    

Objet : Collectif Palestine vaincra / B D S CAPJPO-EUROPALESTINE

Monsieur le Ministre,

C’est en ma qualité de président de l’Association Observatoire Juif de France (Analyse et Décryptage sur le Net) sise 154 ter Avenue Victor Hugo 75116 Paris, et qui a pour objet de combattre le racisme, l’antisémitisme, le négationnisme ainsi que toute atteinte à la dignité humaine que je m’adresse à vous, que j’attire votre attention.

Nous nous adressons à vous Mr le Ministre de l’Intérieur, vous qui avez tout pouvoir pour demander la dissolution d’une association. Il s’agit désormais du Collectif Palestine Vaincra émanation du FPLP (Front Populaire de Libération de la Palestine) de CAPJPO-EUROPALESTINE qui inscrit et abrite dans ses statuts le BDS (Boycott désinvestissement, Sanctions) contre l’État d’Israël, un objet qui est contraire aux lois de la République.

Ces organisations n’ont qu’un seul but : revendiquer la disparition de l’État d’Israël » en organisant des manifestations, sans aucune autorisation préfectorale et bien souvent interdites par la loi, en se livrant à des affichages sauvages sur la voie publique, dans les supermarchés, appelant au boycott de cet État.

Ces organisations sont les suivantes :

-Collectif Palestine Vaincra qui est une émanation du FPLP dissout et dont le dirigeant exécute une peine de réclusion criminelle

-CAPJPO-EUROPALESTINE-BDS qui organise régulièrement des manifestations appelant au boycott de l’État d’Israël en réclamant tout récemment encore et ouvertement la disparition de cet État.

A cet effet, je me permets d’attirer votre attention sur la législation française qui dispose qu’une association est dissoute par décret en conseil des ministres, dans les cas cités supra.

Nous ne doutons pas que comme pour « Génération Identitaire, CCIF,  BARAKACITY », vous serez animé par le souci que ces groupes bien souvent mènent par leurs démarches à des actions terroristes.

C’est pourquoi l’Observatoire Juif de France, souhaite que vous proposiez en Conseil des ministres la dissolution de ces associations dont les statuts sont illicites et les actions illégales et, qui n’en doutons pas, menacent gravement l’ordre public.

Dans l’attente de connaître votre position,

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’assurance de ma très haute considération.

Président de l’Observatoire Juif de France

Observatoire Juif de France qui Analyse et Décrypte sur le Net

154 Ter Avenue Victor Hugo

75116 Paris

L’Observatoire Juif de France, qui Analyse et Décrypte sur le Net, coopère étroitement et pleinement avec Balance Ton Antisémite qui a participé à l’élaboration de ce dossier avec une équipe de bénévoles, dont la vocation est de combattre tous les individus qui se livrent à des actes ou faisant l’apologie de l’antisémitisme du terrorisme et du nazisme.

L’Observatoire Juif de France, vient de déposer plainte auprès du Procureur de la République du Tribunal Judiciaire de Paris contre un dénommé Sofian Moualek qui se dit le fils de Ahmed Moualek, poursuivi et condamné pour ses propos antisémites et ses appels à la haine contre les juifs. 

Cet individu dans deux longues vidéos, laisse éclater sa haine des juifs, en feignant de s’indigner qu’on s’attaque à son père, mais en soulignant sans cesse que les juifs sont les pires ennemis des musulmans et que le Coran ne les épargne pas en leur faisant porter le poids des misères supposées, endurées par les musulmans.

Il est pris dans une diatribe et insultant les « juifs », les menaçants de représailles empreintes d’une haine inextinguible.

L’Observatoire Juif de France attend avec confiance la réponse qui sera donnée à ce dangereux individu, et fait entièrement confiance à la Justice de notre Pays, afin d’y mettre fin.

 

Rachel Khan: «Le discours victimaire des pseudo-antiracistes m’est insupportable»

 

GRAND ENTRETIEN – Juriste, scénariste, actrice et écrivain avant d’être femme, noire ou juive, Rachel Khan refuse toute assignation à résidence identitaire et victimaire. Dans son nouvel essai, Racée (L’Observatoire), elle se moque des nouvelles idéologies «décoloniales» et «intersectionnelles» qui, sous prétexte d’antiracisme, ne font, selon elle, qu’alimenter les ressentiments.

 
Pour Rachel Khan, juriste, scénariste, actrice et écrivain, le mot «racisé» révèle chez ceux qui l’emploient «une faille narcissique et paranoïaque mais surtout une dérive et une incohérence idéologique». ©Léa Crespi pour le Figaro Magazine

LE FIGARO. – Vous vous définissez comme «racée». Qu’entendez-vous par ce terme?

 

Rachel KHAN. – Je suis issue d’un mélange entre une mère juive polonaise et un père sénégalais et gambien d’origine musulmane mais animiste au départ, avant l’islamisation de l’Afrique de l’Ouest. Racée, ce terme délicatement ancien du dictionnaire, est aussi évidemment une réponse espiègle au mot «racisé» donc l’élégance s’est perdu en chemin. C’est donc un contrepied et un contrepoint de vue face à la situation actuelle des victimaires et des identitaires. Racée est à la fois un trait d’humour, qui souligne le fait d’avoir plusieurs «races» en soi, et un jeu de mot par rapport à «racisé».

Je suis décontenancée par l’usage de ce terme «racisé» que j’entends très souvent depuis 2-3 ans. C’est insupportable, cet essentialisme qui enferme les individus dans une identité-discrimination au nom de la lutte pour l’égalité. C’est complètement contre-productif et délétère de porter la haine qui appartient à l’autre en soi. Quand on fait de son mieux chaque jour pour s’en sortir, ce mot est d’une violence rare, il heurte parce qu’il enferme au lieu de libérer, il ne propose aucune issue. Cette notion est irrecevable au regard des droits fondamentaux parce qu’elle assigne les individus à un statut inférieur, en revendiquant du fait de sa couleur de peau un droit à la victimisation.

Vous ne vous considérez pas comme «racisée» mais est-ce que pour autant, vous défendez le principe d’assimilation?

Mes parents sont passés par cette assimilation culturelle. C’est un héritage qui m’a été transmis. Mon père est arrivé en France à la fin des années 60. Ce n’était pas son pays d’origine pourtant il m’a offert cet amour du patrimoine français. Je suis née en Touraine, dans la région de Descartes, Rabelais, Balzac. C’est ce qui m’a donné des clefs très précieuses dans ma vie. Je m’en rends compte aujourd’hui à quel point ce fut important et à quel point cette transmission de la France par mon père était un acte d’amour. L’assimilation permet de se transcender. Je ne comprends toujours pas pourquoi il y a une crispation autour de la notion «d’assimilation». Au-delà même de la question de l’intégration le terme «assimiler» signifie acquérir. L’assimilation culturelle ne vise pas à déposséder l’autre de ses racines, mais au contraire à lui permettre d’acquérir un supplément dont il pourra se nourrir. Mais de toute façon, rien ne convient jamais aux contestataires! Ils sont donc définitivement bien français! (rires)

Vous rappelez vos origines, juives, africaines et vous êtes héritière d’un passé douloureux. Pour autant, vous refusez de vous définir comme une «victime»…

N’en déplaise à certains, je me sens l’inverse d’une victime. Je considère avoir énormément de chances mais ce genre de position ne crée pas le buzz. J’aurais sans doute fait une carrière plus médiatique si j’avais choisi d’être «entrepreneuse de la victimisation». En tant que femme, juive, petite fille de déporté, noire et autres… je coche beaucoup de cases pour pouvoir m’indigner sur ma/mes conditions. Mais au fond, c’est une question de désir et d’estime de soi. Si je désirais être une victime, j’en serais une dans ma vie quotidienne.

Manu Dibango était mon parrain, il a joué avec les plus grands, Nina Simone, Gainsbourg… il a vécu des déchirures et des obstacles tout au long de sa vie, ce qui ne l’a pas empêché de devenir un artiste international qui a su transcender ses souffrances. C’était un amoureux de la France qui revendiquait le patrimoine français, la gastronomie française. Et il aimait rire. Lorsqu’il se retrouvait face à une personne qui lui faisait une réflexion raciste, il préférait s’en moquer puis son génie et ses harmonies mettaient tout le monde d’accord. Il faut avoir conscience qu’aujourd’hui les personnes qui crient le plus à l’injustice sur les plateaux de télévision sont rarement celles qui souffrent le plus. Les vraies victimes n’ont hélas pas la force de parler. Encore moins devant les projecteurs.

Vous n’avez jamais ressenti de dualité? Devoir choisir une identité?

Au contraire, rétrospectivement, j’en ai même voulu à mes parents de ne pas m’avoir préparée à vivre dans une société cloisonnée. C’est lorsque j’ai quitté la maison à 18 ans que j’ai rencontré des personnes qui se prétendaient antiracistes et qui m’ont dit qu’il fallait choisir (et d’ailleurs que je n’avais pas le choix! (rires) entre noire et juive, ou juive et musulmane. Pour eux, mes parents ne pouvaient «être ensemble», il s’agissait d’une association «incompatible». Aujourd’hui, pour les jeunes, la situation est délicate. Depuis tout petit, on les conditionne à choisir un clan, un camp, une case. Quand je vais les voir, que je parle avec eux et qu’à la fin de la conversation, je leur annonce que je suis juive, ils me regardent avec des grands yeux. Il s’agit seulement de dialoguer au plus près, de les reconnaître pour dissiper les idées reçues et ouvrir les mentalités car, pour certains, personne ne les aide dans ce sens.

Je travaille beaucoup avec Ismaël Saidi qui a fait un spectacle intitulé Djihad, mais aussi Géhenne, une pièce dans laquelle je joue, malgré les apparences (!), une mère juive. Nous avons sillonné la France, au contact des jeunes, notamment de banlieue ou même des détenus et des fichés S. Ce n’est pas simple mais, en passant un peu de temps avec eux, on arrive à dialoguer et à ouvrir les perceptions et les conceptions. Parfois, ils ne veulent pas voir ce que l’État leur propose, ni les opportunités qu’il offre. Il ne faut pas créer la menace de les laisser vivre en vase clos, là où ils se persuadent en permanence d’être victime et d’avoir à ce titre le droit de se venger de l’État colonial ou que sais-je.

Les individus qui emploient le terme « racisé » ont une nostalgie du mot race, une nostalgie des ghettos

Rachel Khan

Cette assignation à résidence identitaire et victimaire complique-t-elle le processus d’intégration?

Nous avons des enfants, les générations futures dont il faut s’occuper. On ne va tout de même pas leur transmettre l’idée que dans la vie il faut absolument être une victime. Imaginez un enfant de 4 ans: «Bonjour je m’appelle Charlie, j’ai 4 ans, je suis racisé». L’éducation démarrerait mal et les perspectives de cet enfant se retrouveraient très réduites. Mais c’est aussi l’objectif de ces idéologies: ne pas permettre l’égalité dès la naissance pour ensuite s’en plaindre. Je suis stupéfaite aussi que des personnes, alors que nous sommes en démocratie, s’octroient le droit de parler au nom des gens qui ont à peu près la même couleur de peau qu’elles. Dans notre système démocratique, je n’ai jamais voté pour que Rokhaya Diallo me représente. Pourtant, lorsqu’on me rencontre, les gens qui ne me connaissent pas pensent que je partage automatiquement sa vision des choses parce que pour eux j’ai la même couleur de peau. Je suis allée sur un plateau télé récemment pour discuter de l’islamogauchisme à l’université et un intervenant me dit gentiment «je crois que nous sommes dans le même camp». Non, je ne crois pas, non… mais, à cet instant j’ai compris que je devais avoir des cheveux «islamogauchistes»!

Vous évoquez les mots qui «séparent» tels que «souchien» «racisé» «afro-descendant»… N’y a-t-il pas un paradoxe à vouloir lutter contre le racisme tout en employant ces mots que l’on pensait disparus? Comme le mot race que l’on a fait disparaître de la Constitution…

Selon moi, le mot «racisé» exprime une frustration. En réalité, ces individus sont dépités que le mot «race» ne figure plus dans la Constitution. Ils auraient aimé pouvoir se raccrocher à cette notion pour accréditer leurs thèses. Ils vont donc réemployer un autre mot assez proche qui est «racisé». Nous ne sommes pas dupes. Les individus qui emploient le terme «racisé» ont une nostalgie du mot race, une nostalgie des ghettos. Ils ne sont pas nés au bon endroit, ni à la bonne période. Ils auraient adoré être en Alabama dans les années 50. Pas de chance, ils sont en France et en 2021! (rires). Cela révèle une faille narcissique et paranoïaque mais surtout une dérive et une incohérence idéologique. Ils pointent du doigt «l’entre-soi» alors même qu’ils prônent la «non-mixité» et sont les premiers à mettre en œuvre ce qu’ils reprochent aux autres. En utilisant ces nouveaux mots et ces nouveaux codes, ils se persuadent que le racisme d’État, tel que l’Apartheid en Afrique du Sud, est une réalité en France. Avec leur faille paranoïaque, ils se sentent offensés par n’importe quel propos.

Je vais vous raconter une anecdote. À une époque, moi-même je pensais que la plupart des personnes de mon université, Assas, étaient racistes. J’ai commencé à me plaindre auprès de mon père, qui était professeur à la faculté de Tours. Il m’a remis en place très sévèrement… Pour lui c’était inconcevable, non pas que le racisme existe, mais il me défendait toute victimisation. J’ai donc pris sur moi et je comprends aujourd’hui pourquoi il me disait qu’il fallait me concentrer sur mes études, plutôt que de perdre du temps. Les dogmes qui entrent à l’université aujourd’hui troublent le rapport au travail, puisqu’ils obligent à ne parler que de soi-même en fonction de la «race» et du «sexe» et, dans le même mouvement, rendent illégitimes les enseignements sur l’histoire africaine d’un professeur blanc. À force, certains finissent par croire qu’il est nécessaire d’avoir une pensée décoloniale. C’est très problématique par rapport aux savoirs, à la connaissance et à notre héritage universaliste. Pour moi, ces idéologies sont une insulte aux grands hommes tels que Césaire, Manu Dimango, Édouard Glissant, avec lequel j’ai eu la chance de travailler, ou mon père, qui se sont affranchis de concepts revanchards pour tisser de nouveaux liens et conjuguer leur histoire avec celle de l’Europe.

Que vous inspirent l’affaire Adama Traoré et la figure d’Assa Traoré?

Elle est convaincue de mener une bataille, un combat profond. Mais pour mener ce type de combat sérieusement, il est préférable de ne pas porter… de perruque! (rires) J’ai l’impression qu’il y a toute une stratégie de communication derrière elle. Elle fait des publicités pour des T-shirts, il y a là une forme d’opportunisme dérangeant. Elle bafoue la présomption d’innocence qui est un principe fondamental. Puis, il y a quand même l’affaire du viol en prison d’un codétenu par son frère… Ils ne sont pas seulement des «victimes». Ils surfent sur le mouvement «Black Lives Matter», mais nous ne sommes pas aux États-Unis! D’ailleurs, si Assa Traoré allait au Mali, je doute qu’elle pourrait se livrer à ce type de comportement. Elle ne serait pas aussi libre qu’en France en tant que «femme». Enfin, ces mouvements ne font qu’aggraver les déchirures profondes de notre pays et lorsque je pointe mon attachement à certaines choses qui font l’universalisme, la République, l’État de droit et notre démocratie, tout de suite, je suis traité, comme d’autres, de «nègre de maison», de «bounty», etc. C’est intolérable et d’une violence inouïe lorsque l’on pense que ces principes font notre liberté.

Avez-vous été attaquée ou menacée?

Pas vraiment, mais après chaque émission à LCI, je reçois des messages du type «nègre de maison», «traîtresse» ou autres. J’ai l’impression d’être plus attaquée par les racistes qui se disent «racisés» que par les autres, mais bon, de toute façon c’est la même chose, une conjugaison de frustrations, de violence et de haine. Je reste malgré tout toujours prête au débat et à l’échange.

Il y a le discours des entrepreneurs identitaires qui prétendent représenter les minorités. Mais aussi celui des élites médiatiques, universitaires ou politiques. Pourquoi ces discours se rejoignent-ils?

La victimisation répond à la culpabilisation. Face aux victimaires, certains aiment se flageller et s’autoculpabiliser, c’est étrange comme pratique…Il y a une sorte de perversion là-dedans.

Pour autant, le racisme existe encore dans la société. Est-ce que vous le niez?

Ce qui est malhonnête, c’est de penser ou de faire croire que les personnes qui tiennent les mêmes propos que moi sur l’universalisme, qui sont amoureux de la France, seraient dans un déni ou n’auraient vécu aucune discrimination. J’ai vécu des choses, je suis aussi active sur le terrain, auprès des jeunes, des détenus, dans les collèges et les lycées, c’est d’ailleurs pour cela que je suis en charge de la commission jeunesse et sport de la Licra, etc. Donc oui, je me bats depuis plus de 20 ans contre les discriminations et par ailleurs j’ai des douleurs mais je ne veux pas m’y attarder éternellement et nouer une rancœur qui m’empêche de bâtir.

Tout le monde a un côté un peu raciste, c’est finalement un phénomène universel. Par nature, l’être humain est intolérant. Ce qui est dangereux aujourd’hui, c’est de constater que des individus, emplis de colère et de rage, alimentent ce racisme. Il y a désormais un risque que des personnes non racistes au départ finissent par en avoir assez de ces discours pleins de ressentiments qu’ils associent à l’ensemble des personnes arabes, noires et autres. Ce qui pousse à se demander si au fond ces nouveaux «antiracistes» ne sont pas dans cette quête. Je ne suis pas sûre que l’intérêt des entrepreneurs identitaires soit vraiment la lutte contre le racisme, puisque s’il n’y a plus de racisme, ils n’ont plus de raison d’être.

Le discours de victimisation/culpabilisation que vous décrivez est-il propre à l’Occident?

C’est comme si nous avions honte de nos valeurs françaises et européennes alors que nous sommes confrontés à une perte de repères. Comme s’il était nécessaire d’effacer le passé, l’histoire… Ce livre a pour objectif de nous réparer, c’est un manifeste sur l’amour de la France, de la République, de l’universalisme. Dès lors, j’y énonce ce qui nous sépare et notamment ces phénomènes en cours en Occidentqui peuvent paraître comme des détails mais que je considère comme dangereux, et si symboliques du climat actuel. C’est un cri du cœur pour résister à cette déconstruction à laquelle nous sommes confrontés: écriture inclusive, cancel culture, woke… Toutes ces dérives entachent aujourd’hui la démocratie. L’écriture inclusive constitue un frein à la liberté d’expression. Vous imaginez si on traduisait tout votre journal en écriture inclusive, renommé pour l’occasion Madame Figara? Par ailleurs, les journaux qui adopteraient l’écriture inclusive verraient probablement leur nombre de lectrices et lecteurs fortement diminuer. Les journaux seraient inclusifs, certes, mais totalement exclus par le plus grand nombre.

On a un problème majeur qui est l’illettrisme, des enfants de sixième qui ne savent pas lire. L’égalité, c’est se battre face à cette situation. Si on commence à adopter l’écriture inclusive, qui est illisible, et compliquée pour tout le monde, comment est-il possible de résoudre le problème et de réduire les inégalités? Quand je vais en Gambie, je donne des cours à mes petites voisines. Demain, si je débarque et que je leur dis «cette fois on change tout, nous allons travailler l’écriture inclusive», elles vont me prendre pour une folle! Elles ont la nécessité de s’ouvrir pour s’émanciper avec une écriture partagée par l’ensemble du monde francophone. Que pense d’ailleurs la francophonie de l’écriture inclusive?

Une fois de plus je joue contre « mon camp », j’aurais dû me lamenter sur mon sort, parce qu’avec toutes mes étiquettes, j’ai des chances de devenir présidente de la République !

Rachel Khan.

En tant qu’artiste, que pensez-vous de la politique des quotas?

Lorsque l’on écrit un scénario, nous disposons d’une liberté créative et on fait l’expérience de la liberté d’expression, de l’imaginaire, on s’évade et on ne doit pas se sentir comme dans une prison mentale pour écrire. Je suis opposée aux quotas. Une fois de plus, je joue contre «mon camp», j’aurais dû me lamenter sur mon sort, parce qu’avec toutes mes étiquettes, j’ai des chances de devenir présidente de la République! J’aurais dû capitaliser sur ma couleur, mon sexe, ma religion, ma situation… en faisant des sorties comme Camélia Jordana! D’ailleurs, elle devrait nous expliquer comment elle est arrivée à faire cette belle carrière si la France est vraiment gangrenée par le racisme systémique? Idem pour la chanteuse Yseult, dont j’ai vraiment regretté le discours aux Victoires de la musique. Elle chante magnifiquement bien, les textes sont beaux mais son discours est malvenu. Si elle a obtenu une Victoire, ce sont donc des gens racistes qui la lui ont offerte? Nous ne sommes pas à Soweto en France… Il faut accompagner les artistes, les épauler parce qu’ils sont sensibles, ils sont censés être prescripteurs de quelque chose qui est beaucoup plus lumineux. Là, ils nous offrent une désespérance absolue. Par ailleurs, ce n’est pas un message responsable pour les plus jeunes. Les footballeurs ne sont pas exempts de tout reproche non plus quand on voit les propos de Lilian Thuram… Il a été un héros en 98, il est quand même paradoxal de se sentir persécuté après ça. S’il considère qu’il y a un racisme d’État en France, il aurait fallu qu’il ne porte pas le maillot de l’équipe de France et qu’il décline sa sélection.

Pour en revenir aux quotas, j’estime qu’ils brisent la véritable méritocratie. Il y a quelques années, Aïssa Maïga avait demandé à 16 comédiennes d’écrire un texte sur la situation des actrices noires dans le cinéma. Dans mon texte, j’avais écrit que «Noire n’est pas un métier». Sinon autant dire aux «racisés» de ne rien faire et que la réussite viendra d’elle-même, qu’ils sont déjà le rôle grâce à leur couleur de peau. En tant que comédienne, j’aime travailler avec acharnement, c’est comme chercher une nouvelle identité, un nouveau personnage, ce qui permet d’explorer ce que l’être humain est capable de faire, de se réinventer… Malheureusement, lorsqu’Aïssa Maïga pointe les noirs, donc les blancs, dans la salle au moment de la cérémonie des Césars l’année dernière, c’est un moment fortement gênant qui la positionne non pas en tant qu’actrice mais en tant que Noire. Je ne comprends pas, Aïssa est une grande comédienne qui n’a pas besoin de ça.

Existe-t-il un risque de basculer dans une société multiculturelle à l’américaine en rupture totale avec l’universalisme républicain?

Malheureusement, ce risque existe mais je ne veux pas y croire. Ce serait vraiment perdre notre patrimoine, notre élégance, autant qu’une puissance singulière dans notre manière de résister pour l’égalité et la justice. Nous sommes tissés, métissés, pluriels mais pas assignés à des cases. Je pense que la question fondamentale pour enrayer ce type de phénomène est l’éducation et évidemment à travers les parents. L’école et les institutions ne peuvent pas tout faire, d’autant que parfois, elles vrillent et se plient par faiblesse à cette idéologie.

Qu’est-ce que Romain Gary, que vous citez beaucoup, vous a apporté?

J’ai aimé son rapport aux identités au-delà de son intelligence. Sa manière d’écrire aussi, et la facilité avec laquelle il arrive à changer de peau, de personnage, son amour pour la France et les mots. Quand il obtient son prix avec Émile Ajar, son vœu de disparaître totalement dans l’écriture, pour ne laisser la place qu’au génie, est exaucé. Il est allé sur des chemins inexplorés à l’avant-garde comme dans Chien blanc où il raconte précisément ce qu’est en train de refaire «Black Lives Matter», en moquant cette intolérance, par vengeance et colère, qui ne mène nulle part. Il avait écrit ce roman en réaction à son ex-compagne de l’époque, Jean Seberg, qui se rapprochait de l’idéologie du mouvement Black Panthers. Il ironise aussi sur le mouvement en évoquant les incohérences des membres des Blacks Panthers qui se convertissent à l’islam, alors même que les musulmans ont participé très activement à l’esclavage. Une pratique inhumaine qui existe encore aujourd’hui dans certains pays et que nous devons combattre tous ensemble à l’échelle mondiale, plutôt que de nous prendre pour Angela Davis.

“France Info” Honte à cette information On vous met au défi de trouver un seul élève de confession juive portant un kippa de la sorte dans une Ecole Publique.

Laïcité à l’école : le fossé se creuse entre les jeunes et le reste de la population

Plus d’un lycéen sur deux se dit favorable au port des signes religieux à l’école, c’est deux fois plus que la population générale. Le fossé est grandissant entre les générations.

Feuerstein, F. Renard, G. Blondel, C. Hilary, G. Orain, France 3 Provence-Alpes, V. LabenneFrance 3France Télévisions

Une fracture générationnelle

Dans ce sondage, les lycéens interrogés sont aussi favorables au port de signes religieux ostensibles pour les parents accompagnant une sortie scolaire, à 57 %. Dans le reste de la population, c’est 26 %. “Il y a clairement un clivage entre les lycéens et le reste de la population. Les lycéens ayant une vision beaucoup plus inclusive, plus multiculturelle, plus anglo-saxonne de la laïcité et de l’encadrement des religions dans l’enceinte scolaire”, explique François Kraus, directeur du pôle politique-actualité de l’IFOP.

Interrogés par l’institut de sondage Ifop, pour la LICRA, 52 % des lycéens seraient favorables au port des signes religieux dans leurs établissements publics. “Si des personnes veulent mettre le voile, ou la kippa, ou la croix, c’est juste un objet… Ça ne va pas déranger quelqu’un, ce n’est pas censé déranger quelqu’un en tout cas”, témoigne une lycéenne rencontrée à Paris. “Le fait d’avoir le voile, je ne vois pas pourquoi ça devrait gêner”, poursuit un autre.

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Serge Hadjenberg nous a quittés.


Comme tous ces « mentsch », comme tous ces grands militants, il fut un combattant qui se postait toujours en première ligne quand il jugeait qu’il y avait urgence.

Aujourd’hui, on pourrait dire que Serge était un lanceur d’alerte, un cœur de métier pour lui.
Et puis il y eut la radio juive qui n’existerait sans doute pas sans Serge Hadjenberg.

Les auditeurs auront tous sans exception aucune une pensée pour lui car ils savent ce qu’ils lui doivent, ils savent reconnaître les grands.
Comme tout militant, Serge pouvait avoir ses admirateurs et ses détracteurs mais pour Serge, ils avaient quelque chose en commun qui pouvait toujours les réunir : le respect.

Serge était un homme de cœur et son cœur s’est arrêté.

L’Observatoire juif de France adresse ses sincères condoléances à sa famille, sa très grande affection à son frère Henri et fait part de sa tristesse à la grande famille de Serge qu’est la Communauté juive de France.

Frédéric Potier fait le bilan de son mandat à la Dilcrah auprès du ToI

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    Frédéric Potier, préfet et Délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (DILCRAH). (Crédit : DILCRAH)
    INTERVIEW

    Avant de rejoindre la RATP, l’auteur de plusieurs ouvrages sur le racisme se penche sur les entrepreneurs de haine dans un monde de plus en plus (dé)connecté

    Frédéric Potier, Délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (DILCRAH) depuis mai 2017, a quitté ses fonctions le 12 février dernier. Sophie Elizéon, préfète de l’Aude, lui succédera à partir de la semaine prochaine.

    Diplômé de l’ENA et de l’Institut d’études politiques de Bordeaux, Frédéric Potier a rejoint le groupe RATP, où il a été nommé Délégué général à l’éthique et à la conformité. Il s’occupera des questions relatives à l’éthique, à la laïcité, à la diversité, à l’égalité hommes-femmes, aux violences sexuelles et aux discriminations.

    Il a publié ces dernières années plusieurs ouvrages, dont La matrice de la haine (2020) et Contre le racisme et l’antisémitisme (2019).

    Après plusieurs entretiens au Times of Israël durant son mandat à la DILCRAH, Frédéric Potier nous a accordé mi-février une interview bilan, juste avant sa prise de poste à la RATP.

    The Times of Israël : Quel bilan dressez-vous de votre mandat et de la situation aujourd’hui en France, en particulier en ce qui concerne l’antisémitisme ?

    Frédéric Potier : Il y a eu une baisse des actes et des menaces antisémites sur l’année 2020 – ce qui est surtout le résultat des périodes de confinement. Ce qui ne veut bien sûr pas dire que l’antisémitisme a disparu en France, mais simplement que sa manifestation – en tout cas pour l’année 2020 qui a été très atypique – en a été altérée.

    Je pense qu’on peut tirer un bilan positif à la DILCRAH sur les outils, les dispositifs, les actions, en particulier pour ce qui est formation, lutte à travers l’éducation, lutte avec les lieux de mémoire… On a aussi fait beaucoup de choses sur Internet.

    Mais il faut évidemment toujours garder une grande vigilance, car l’antisémitisme comme le racisme et l’homophobie ne disparaissent pas comme ça. Il n’y a pas de recette miracle ou de baguette magique. L’action reste toujours à renouveler, à réinventer, à requestionner… L’antisémitisme se réincarne souvent dans de nouvelles expressions. C’est un combat face auquel il ne faut jamais abdiquer.

    En 2019, vous déclariez au Times of Israël : « Il faut trouver les mesures opérationnelles, les actions, pour faire reculer l’antisémitisme. » Estimez-vous avoir trouvé en partie ces mesures ? Quelles actions concrètes a entrepris la DILCRAH dans la lutte contre l’antisémitisme ?

    Si je prends un peu de recul sur ces quatre dernières années, je pense que, quand j’ai pris mes fonctions en 2017, j’étais peut-être le seul à dire qu’il fallait absolument modifier la loi, que la haine sur Internet était quelque chose de très présent et qu’on ne pouvait pas en rester à la législation actuelle.

    La députée LREM Laetitia Avia en 2017. (Crédit : Wikimedia)

    J’estime que ce constat – que je faisais en mai 2017 – est depuis assez largement partagé, et je pense qu’aujourd’hui tout le monde reconnait qu’on doit modifier nos instruments juridiques – et qu’il ne s’agit pas seulement de désigner quelques magistrats supplémentaires.

    Cette question de la modération et de la transparence des réseaux sociaux s’est beaucoup posée. Nous avons beaucoup milité pour l’adoption de la loi Avia, qui a depuis été largement censurée [par le Conseil constitutionnel], mais le débat s’est aujourd’hui déplacé au niveau européen. Il y a désormais des discussions au niveau des 27 États sur l’impulsion de la Commission européenne, et j’ai bon espoir que ce texte européen, qui sera commun à tous les États de l’Union européenne, viendra combler des dispositifs qui sont aujourd’hui lacunaires.

    Le texte européen sera sans doute différent de ce qui a été pensé par Laetitia Avia et les députés, mais l’esprit sera le même. L’idée est que les réseaux sociaux sont des outils formidables, mais qu’ils créent aussi beaucoup d’externalités négatives, et qu’on ne peut pas uniquement s’en remettre au pouvoir public pour corriger les expressions de haine qui naissent sur ces réseaux sociaux.

    Je pense que, sur ces quatre ans, on a beaucoup progressé sur la prise de conscience. Je pense aussi qu’il y a beaucoup d’acteurs associatifs qui se sont renouvelés, notamment en créant et en animant des comptes [sur les réseaux sociaux], comme par exemple les lieux de mémoire – le Mémorial de la Shoah en particulier, le Musée d’art et d’histoire du judaïsme, la LICRA, SOS Racisme… Tout cet écosystème a su se renouveler, et il y a aussi des nouveaux acteurs, comme l’Observatoire du conspirationnisme avec Rudy Reichstadt et Tristan Mendès France. En 2017, ils étaient très marginaux. Ils ont aujourd’hui pris une vraie place, parce qu’on voit un problème de ce côté-là, et qu’il est nécessaire de le résoudre.

    Saluez-vous le blocage du compte de Donald Trump et de ceux de la mouvance QAnon et autres, ou cela peut-il représenter un problème pour la liberté d’expression ?

    Une capture d’écran du compte Twitter du président américain Donald Trump avec deux publications bloquées par Twitter, le 6 décembre 2021. (Capture d’écran)

    Oui et oui. Je considère que même Donald Trump doit respecter les lois, et il n’y a pas de raison que quelqu’un qui incite à la haine et à la violence ne fasse pas l’objet de modération.

    Mais à l’évidence, cela pose aussi un problème de transparence démocratique, puisqu’on a par conséquent des plateformes qui obéissent à leurs propres lignes directrices – et ça pose le problème du contrôle démocratique.

    Il ne faut pas qu’il y ait d’impunité, et il faut qu’il y ait aussi une forme d’égalité. Il n’y a pas de raison qu’un militant qui lutte contre l’antisémitisme se fasse censurer parce qu’il dénonce un certain nombre de dessins ou de pratiques, et que, d’un autre côté, des gouvernants en soient exemptés [de la modération] parce qu’ils sont gouvernants. Cela pose bien ces questions de transparence, de modération, et je pense qu’on a beaucoup progressé sur ces questions-là.

    L’antisémitisme s’est-il « décomplexé », est-il devenu « ordinaire » ces dernières années – dans l’espace public mais aussi sur les réseaux sociaux avec des hashtags antisémites régulièrement en tête des tendances (« #sijetaitunjuif », « #JewishPrivilege », « #UnBonJuif »), ou avec les récentes insultes visant Miss Provence ?

    Cet antisémitisme était déjà présent. Ce qu’on a pu appeler le « nouvel antisémitisme » n’est pas une découverte. C’est quelque chose qui prend aujourd’hui un essor très important sur les réseaux sociaux. Et je n’ai donc pas été particulièrement surpris.

    Cela montre que ce n’est pas une question de GAFAM américains, mais une question d’opérateurs et de gestion de leurs propres modèles de diffusion. C’est une question de volonté, d’engagement financier. Des acteurs considèrent nécessaires d’avoir des discussions et des collaborations avec des pouvoirs publics ; d’autres acteurs considèrent que, tant qu’il n’y pas de loi, ils n’auront pas besoin de faire grand chose. J’en reviens à la nécessité de légiférer.Ça appelle aussi à la responsabilité d’une plate-forme comme Twitter, qui n’est aujourd’hui pas à la hauteur de ses obligations. D’autres acteurs ont fait beaucoup de choses : Facebook a engagé de nombreux modérateurs, informe, a mis en place un fonds d’un million d’euros… Twitter n’en est pas du tout là.

    Quel est selon vous le principal danger pour les Juifs aujourd’hui en France : l’islamisme ? La haine anti-Israël qui pousse à des crimes antisémites ? Ou le vieil antisémitisme traditionnel d’extrême
    droite ?

    Ces trois sources existent à l’évidence. L’islamisme est évidemment lié à l’antisémitisme. La haine d’Israël et l’anti-sionisme sont également des vecteurs importants de l’antisémitisme que nous avons cherché à combattre, en particulier avec la définition de l’IHRA qu’on utilise dans nos formations et avec la résolution qu’on a aidé à faire adopter à l’Assemblée nationale. Et il y a aussi cet antisémitisme très classique qu’on trouve à l’extrême droite.

    Mais ces schémas-là sont peut-être un peu intellectuels, car ces trois sources se mélangent parfois. Ces schémas qui peuvent paraitre intellectuellement assez ordonnés peuvent se brouiller complètement dans l’esprit de personnes un peu détraquées.

    Je pense donc que, sur la question de l’antisémitisme, il n’y a que des combats à mener, et que la question n’est pas uniquement celle de la source, mais aussi celle de l’émetteur ou de l’expression et la façon de contrer ces messages.

    Pouvez-vous revenir davantage sur votre travail pour l’adoption de la définition de l’antisémitisme de l’IHRA, qui lie en quelque sorte les attaques anti-Israël à l’antisémitisme ?

    La France a voté pour cette définition en 2016. Il était donc important que l’État assume cette position et la décline. C’est pour cette raison que le président de la République a indiqué qu’il endossait cette définition en février 2019.

    Nous avons mené à partir de là un certain nombre de formations – pour les policiers, les magistrats –, pour expliquer ce dont il s’agissait. On a aussi réalisé des documents pédagogiques, notamment à destination des enseignants, pour expliquer que l’anti-sionisme était aussi une forme d’antisémitisme.

    Cette question-là n’est pas forcément simple : il y a des questions de définition, de compréhension… Mais je pense que l’État français a adopté une grande clarté sur ce sujet.

    Le préfet Frédéric Potier de la DILCRAH en octobre 2017. (Crédit : DILCRAH)

    Quel est l’impact de la pandémie sur la montée des haines ?

    Il est direct. Cette période de crispation, de tensions, d’inquiétudes, génère évidemment des logiques de bouc-émissaires. On voit bien que, sur Internet et les réseaux sociaux, certains entrepreneurs de haine n’hésitent pas à désigner certains groupes religieux, ethniques ou sociaux comme la source de cette pandémie.

    On a vu ressurgir – même si elles n’avaient pas disparu – des idées racistes, notamment contre les personnes d’origine asiatique au début de la pandémie ; et complotistes, avec des théories sur l’idée d’un grand complot mondial, le complot juif et franc-maçon…

    Je n’ai pas été particulièrement surpris. On a fait des signalements judiciaires quand il s’agissait de propos haineux. Évidemment, ce contexte sanitaire compliqué à gérer suscite des phénomènes de rejet et de refus de l’altérité et il faut en être conscient.

    Dans certains quartiers, le départ des Juifs semble être depuis ces dernières années une nécessité et la seule solution contre l’antisémitisme. Certains parlent de zones « de non-droit », de zones de « non-France », des zones « perdues de la République ». Quelle est votre analyse ? Et de façon plus générale, quelle place ont encore les Juifs aujourd’hui en France ?

    Je n’aime pas le terme de « territoire perdu » car on a l’impression qu’il y a des no man’s land et que les règles de droit ne s’y appliquent absolument pas. Je pense plutôt qu’il y a des territoires où il y a des angles morts. Des zones où le service public ne joue plus trop son rôle et où il y a un désinvestissement. Je pense qu’il est important qu’on réinvestisse ces territoires et que l’État y soit présent, qu’il joue son rôle.

    Pour ce qui est des recompositions géographiques, c’est une question compliquée. Oui il y a de l’antisémitisme, et oui l’antisémitisme peut expliquer ces recompositions géographiques, mais il y a aussi des questions de paupérisation.

    Le fait que des classes sociales dites moyennes quittent certaines zones de banlieue n’est pas uniquement lié à l’antisémitisme. C’est un phénomène qui concerne aussi des Français d’autres religions. Les choses sont plus mêlées qu’on ne le croit. D’autres questions sont aussi à prendre en compte, notamment celle de l’éducation : le secteur privé juif est de très bonne qualité [d’où une possible volonté de déménager pour l’intégrer]. Il y a aussi le choix de l’alyah, qui peut être religieux. Tous ces phénomènes se mélangent et sont compliqués à démêler, mais à l’évidence il y a des zones où il y a un antisémitisme très enraciné.

    La pensée dite « islamo-gauchiste », « anti-impérialiste » ou « décoloniale » et son émergence au sein de l’université ont beaucoup fait parler ces dernières semaines. Quel danger représente cette mouvance ?

    C’est là aussi un phénomène qui recoupe plusieurs réalités. Je dirais tout d’abord que les chercheurs et les universitaires sont libres – et c’est très important. Libres de mener leurs recherches, de penser… Mais de la même façon, le public est libre de s’inspirer de leurs théories, de leurs travaux, ou de les faire travailler.

    Le Conseil scientifique de la DILCRAH, présidé par le sociologue Smaïn Laacher, réunit des historiens comme Iannis Roder ou Emmanuel Debono et des gens qui vont plutôt travailler sur des questions de migration ou de mémoire de l’esclavage. Je pense qu’on peut d’évidence considérer que la colonisation a une influence sur notre société actuelle. J’ai beaucoup travaillé sur les territoires d’outre-mer – et notamment la Martinique et la Guadeloupe –, et si on ne comprend pas la mémoire de l’esclavage ou son histoire, on ne comprend rien à ces territoires. La colonisation a eu un effet dans nos mentalités et dans nos représentations, et c’est ce que dit Benjamin Stora dans son dernier rapport. Pour autant je pense que cela n’explique pas tout. Il n’y a pas, à partir de ces théories, à avoir une vision du monde dans laquelle il y aurait d’un côté les dominants et de l’autre les dominés, d’un côté les racisés et ceux qui ne le seraient pas.

    Ce que je trouve extrêmement dangereux dans certaines théories, c’est cette idée qu’il y aurait une essentialisation, qu’on mette une étiquette : « Vous êtes de telle religion, vous êtes Blanc, non Blanc. » Je pense que les identités sont complexes, multiples, et je pense qu’un des grands apports de la Révolution française, des Lumières et de l’universalisme, c’est qu’au fond les identités se mélangent et les individus sont libres.

    Je pense que, sur certaines pseudo-théories sociologiques, il y a une forme d’enfermement identitaire et victimaire qui est extrêmement dangereuse. Je ne veux pas généraliser, mais s’il y a un combat intellectuel à mener, il faut y aller de front, que les chercheurs, les historiens et les citoyens s’engagent. Et beaucoup le font : il y a notamment le réseau ALARMER qui a été créé.

    Mais c’est la vie intellectuelle du pays : il y a 40 ou 60 ans, il y avait de grands débats sur le maoïsme ou le marxisme. Aujourd’hui, il y a d’autres effets de mode.

    Vous avez cité sur Twitter le proverbe africain « Seul, on va plus vite mais ensemble on va plus loin ». Quels ont été vos rapports avec les représentants et responsables communautaires et associatifs juifs ces dernières années ? Noémie Madar de l’UEJF, Ariel Goldmann du FSJU et Philippe Meyer du B’nai B’rith ont salué votre action.

    Nous avons eu des rapports de grande franchise et de grande confiance. Ils n’ont pas hésité à me dire quand ils s’estimaient insatisfaits de l’action publique. Et j’ai essayé de créer avec eux des collaborations efficaces quand j’estimais qu’il fallait qu’on puisse travailler ensemble sur certains sujets. On a réfléchi ensemble : personne ne prétend avoir de solution toute prête pour lutter contre l’antisémitisme. Outre l’UEJF et le B’nai B’rith, nous avons travaillé avec le CRIF, le Consistoire, le grand rabbin de France, avec les mouvements libéraux… J’ai toujours essayé de ne pas être uniquement dans le discours et l’incantation morale, mais plutôt dans l’action très concrète. Donc ma porte a toujours été ouverte aux propositions et aux initiatives pour essayer de faire changer les choses. Et cela va continuer, je n’en doute pas.

    Vous vous êtes rendu en Israël en 2018. Quelles images et quels souvenirs gardez-vous de ce voyage et de ce pays ?

    Je ne connaissais pas Israël avant de prendre mes fonctions à la DILCRAH. J’ai d’abord été conquis par les Israéliens avec lesquels j’ai eu des échanges de très grande qualité. J’ai eu la chance d’être reçu par le président Reuven Rivlin et d’accompagner le président Emmanuel Macron lors de sa visite officielle en début 2020.

    Je pense que Français et Israéliens ont beaucoup de choses et de valeurs en commun. Trouver la façon d’exprimer cela est importante. Comme il est important également de ne pas cacher des inquiétudes qui peuvent être réciproques, et d’être dans l’action. C’est ainsi qu’on travaille le mieux.

    Un dernier mot ?

    Shalom !

     
     

Jérôme Bourbon, Directeur de RIVAROL, récidive en dépit de plusieurs condamnations.

L’Observatoire Juif de France  reprend ses actions juridiques et judiciaires à l’encontre des propos et des actes antisémites, négationnistes et l’apologie du nazisme et du terrorisme

L’Observatoire Juif de France a donc décidé de déposer plainte contre Monsieur Jérôme Bourbon et son acolyte Stéphane Blet, tous deux récidivistes, qui feignent de s’interroger l’un et l’autre sur la duplicité juive qui serait à l’origine des maux de la société française. 

Ils tiennent aussi des propos négationnistes qui tombent sous le coup du Code pénal

L’O J F demande des poursuites à leur encontre et leur renvoi devant la Juridiction répressive qui, nous l’espérons prononcera des sanctions sévères pour qu’ils soient dissuader de croire qu’ils peuvent poursuivre impunément leur œuvre de haine

Ils trouveront à chaque fois, L’Observatoire Juif de France-O J F, sur leur chemin, pour les renvoyer devant leurs juges.

 

Marseille. Un homme armé d’un couteau maitrisé dans une épicerie casher

En début de matinée, vendredi 5 mars 2021, un homme exhibant un couteau près d’une école juive et d’une boulangerie casher dans le 13ème arrondissement de Marseille a été arrêté.

Les deux policiers ont plongé dans l'eau à 10°C
Les deux policiers ont plongé dans l’eau à 10°C (©Illustration / Le Pays d’Auge)

Par Rédaction MarseillePublié le 5 Mar 21 à 10:05 

Vers 8h15 ce matin, vendredi 5 mars 2021un homme armé d’un couteau a été arrêté par la police à proximité d’une école juive et d’une boulangerie casher. Les faits se sont déroulés dans le 13èmearrondissement de Marseille (Bouches-du-Rhône) sur le boulevard Barry, d’après les informations de la Préfecture de Police. 

Un homme, âgé d’une soixantaine d’années serait sorti de sa voiture avec « une serviette posée sur la tête et un couteau » à la main, précise La Provence.

L’individu s’est présenté dans un premier temps devant l’école juive Yavné « où il a été refoulé » puis il s’est dirigé vers une épicerie casher située à côté, précise la Préfecture de Police. 

C’est à l’intérieur de l’épicerie que l’homme a été maitrisé par des agents de la sécurité de l’école. L’homme est actuellement placé en garde à vue. Aucun blessé n’est à déplorer.https://www.google.com/maps/embed?

Un équipage de police devant l’école juive

Après les faits, la Préfète de police a ordonné la mise en place d’un équipage de police devant l’école Yavné ainsi que de “renforcer les passages de patrouilles” de police et sentinelles sur les autres sites de la communauté juive dès ce matin.

Les deux policiers ont plongé dans l'eau à 10°C
Les deux policiers ont plongé dans l’eau à 10°C (©Illustration / Le Pays d’Auge)

Par Rédaction MarseillePublié le 5 Mar 21 à 10:05 

Vers 8h15 ce matin, vendredi 5 mars 2021un homme armé d’un couteau a été arrêté par la police à proximité d’une école juive et d’une boulangerie casher. Les faits se sont déroulés dans le 13èmearrondissement de Marseille (Bouches-du-Rhône) sur le boulevard Barry, d’après les informations de la Préfecture de Police. 

Un homme, âgé d’une soixantaine d’années serait sorti de sa voiture avec « une serviette posée sur la tête et un couteau » à la main, précise La Provence.

L’individu s’est présenté dans un premier temps devant l’école juive Yavné « où il a été refoulé » puis il s’est dirigé vers une épicerie casher située à côté, précise la Préfecture de Police. 

C’est à l’intérieur de l’épicerie que l’homme a été maitrisé par des agents de la sécurité de l’école. L’homme est actuellement placé en garde à vue. Aucun blessé n’est à déplorer.https://www.google.com/maps/embed?pb=!1m18!1m12!1m3!1d2902.8355875883994!2d5.407612450838054!3d43.317701079031835!2m3!1f0!2f0!3f0!3m2!1i1024!2i768!4f13.1!3m3!1m2!1s0x12c9bf9e07580b83%3A0x84f98fefe3f024d8!2sAssociation%20Yavne!5e0!3m2!1sfr!2sfr!4v1614934619586!5m2!1sfr!2sfr

Un équipage de police devant l’école juive

Après les faits, la Préfète de police a ordonné la mise en place d’un équipage de police devant l’école Yavné ainsi que de “renforcer les passages de patrouilles” de police et sentinelles sur les autres sites de la communauté juive dès ce matin.