Auteur/autrice : Observatoire Juif de France

Vingt-cinquième jour du procès des attentats du 13 novembre 2015| Charlie Hebdo

Jeudi 14 octobre : vingt-cinquième jour

Revivre par les mots
 
 
Dessins par Corentin Rouge.
 

PROCÈS DU 13 NOVEMBRE 2015

Jour 25 : Revivre par les mots

CORENTIN ROUGE·LORRAINE REDAUD· MIS EN LIGNE LE 14 OCTOBRE 2021

Vingt-cinquième jour d’audience. Comme depuis trois semaines, de nombreuses personnes sont venues raconter ce qu’ils ont vécu ou témoigner sur ceux qu’ils ne côtoieront plus jamais.

EXCLU WEB

Pendant son témoignage, Emmanuel a tenu à faire diffuser une photo du concert des Eagles of Death Metal.

Lorsque l’on est un rescapé des attentats, on ne se décrit pas à la barre. On ne cherche pas à expliquer qui l’on est, ses qualités, ses défauts. Ce qui est dit relève de l’extérieur, presque du factuel. L’intérieur, modifié par ces événements sanglants, il est pour les proches. Ce qui définit l’être, sa singularité aux yeux du monde, laisse place au commun : « j’ai survécu comme ceux qui ont défilé à la barre avant moi ». Au fond, on ne connaît des rescapés que l’unicité de leur visage.

Pour une personne décédée en revanche, la journée se clôt avec cette funeste impression de la connaître. À la barre ont pu défiler une mère, un père, un conjoint ou encore des enfants… Le temps d’un instant, elle fait partie de notre entourage. On se sent ainsi proche de Claire, 23 ans, fauchée au Bataclan. Elle allait emménager avec son petit-ami Cyril la semaine d’après, ils étaient ensemble depuis 3 ans. Sa mère la décrit comme « attentive, chaleureuse, passionnée ». Elle venait de terminer ses études et d’empocher un CDI. Sur le grand écran derrière la cour, des photos de Claire défilent, elle semble nous fixer du regard. Sa mère n’apprendra son décès que le 17 novembre à 20h.

On aurait aimé connaître Nicolas, 37 ans, « un père aimant, un peu fantasque, un peu geek » qui laisse trois enfants derrière lui, Nino, Marius et Lazare.

Le 13 novembre 2015, ils avaient respectivement 15, 11 et 6 ans. Les deux aînés viendront à la barre rendre hommage à leur père. Leur destruction est à la hauteur de l’amour qu’ils lui portaient. Nino, qui tenait sa famille à bout de bras depuis 5 ans, a craqué récemment, en janvier. Marius a pris la relève, lui qui à 14 ans s’était fait interner en psychiatrie pour dépression sévère. Lazare, le plus jeune des trois, se ferme parfois. Il se réfugie dans son lit, devient inconsolable. Nicolas, selon son père, était un grand enfant. Il se souvient d’ailleurs d’une phrase que Nino lui avait lancé : « Mais papa, quand est-ce que tu deviendras adulte ? » Comme souvent, le malheur unit. Les membres de cette famille recomposée se sont rapprochés physiquement en déménageant, dans la douleur, en se voyant très souvent.

Le soir du 13 novembre 2015, ces gens n’étaient qu’un nombre. Par ce procès, on découvre leur vie, leurs espoirs, leurs ambitions, la plaie éternellement béante de leur absence.  Et pour la deuxième fois, Farid Kharkhach, l’un des accusés, demandera à prendre la parole : « Tous les témoignages me font saigner leur cœur, voir des enfants ici… Toutes mes condoléances à ceux qui ont perdu un membre de leur famille. » 


Newsletter spéciale procès du 13 novembre 2015

Trois nouveaux dessinateurs, venus de la BD et de l’illustration, Benoît Springer, Corentin Rouge et Emmanuel Prost, suivent le procès historique des attentats de novembre 2015.

Tous les jours, vous retrouverez sur le site de Charlie leurs dessins et leurs croquis de l’audience du jour et chaque fin de semaine sur charliehebdo.fr, vous pourrez lire le compte rendu de la journaliste Sylvie Caster. Ne manquez pas ces rendez-vous pour suivre ce moment historique, comme si vous y étiez.

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PROCÈS DU 13 NOVEMBRE 2015

Jour 23 : Le sentiment d’abandon des victimes

Pour ce vingt-troisième jour d’audience, les témoins déplorent le manque de prise en charge. À la culpabilité d’avoir survécu s’ajoute la colère de se sentir abandonné.

EXCLU WEB

« On se rappelle de nous pour les commémorations mais le reste de l’année, on s’en fiche » La palette d’émotions qui vient peindre chaque témoignage à la barre se situe le plus souvent dans le champ de la souffrance : la culpabilité, la tristesse, le regret… Mais la souffrance se retrouve aussi dans la colère. Elle est là, tapie, prête à surgir à chaque coin de phrase. Chez certains témoins, la colère bouillonne, surplombe tout.

Pour Sophie, qui se trouvait au Bataclan avec une amie, la colère étrangle sa voix, elle qui déplore l’abandon des victimes face à leur sort : « Quand je suis revenue sur Paris, j’ai paniqué, je me suis dit que les terroristes allaient venir me chercher pour finir le travail. J’ai appelé l’assistance psychologique, on m’a raccroché au nez en me disant de rappeler quand je serais calmée. Par la suite, j’ai vu un psychologue, apparemment une ponte, à Necker. Quand je lui ai raconté pourquoi je venais, il s’est endormi. Je n’y suis jamais retournée. Trois ans de calvaire psychologique ont commencé : ce psy qui me demandait avant chaque rendez-vous le remboursement de la Sécu, celui qui a fondu en larmes quand je lui ai raconté pourquoi je venais et que j’ai dû réconforter pendant 1h… »

Hugo, 20 ans à l’époque, en veut à l’État « qui s’est montré incapable de nous protéger, qui a échoué dans son contrat social. » Il en veut aux politiques qui instrumentalisent ces attentats pour « servir un agenda », attend des réponses de ce procès, « que l’État fasse le point sur ses réussites et ses défaillances dans l’antiterrorisme mais aussi dans le suivi des victimes. »

Ce suivi, Shaili, la vingtaine aussi, n’en a jamais vu la couleur : « j’ai vu une quantité monstre de psys mais je n’ai jamais été aidée. Depuis le Covid, je ne suis plus du tout suivie mais je n’ai plus la force de trouver quelqu’un. » Sa colère, elle la garde pour elle, contre elle. Sa bouche se tord quand elle raconte son entourage qui lui a tourné le dos, ce procès où elle n’attend rien. Son corps tremble quand elle s’expose face à la cour, face à tous ces inconnus : « Depuis ce soir-là, j’ai pris 20 kilos, j’ai une mémoire défaillante. Je suis dépressive, suicidaire, j’ai des sautes d’humeur aberrantes, explosive, irrégulière. J’ai 24 ans et le temps file sans moi. Je n’ai qu’un bac en poche et aucune perspective. »

Grégory et Geoffrey, deux amis, ont de leur côté une colère sardonique : « Les accusés ont de la chance d’être jugés en France. Je voudrais que ces gens souffrent, qu’ils aillent au bagne. » Sans surprise, dans le box en verre, on ne bronchera pas. •


Newsletter spéciale procès du 13 novembre 2015

Trois nouveaux dessinateurs, venus de la BD et de l’illustration, Benoît Springer, Corentin Rouge et Emmanuel Prost, suivent le procès historique des attentats de novembre 2015.

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Source : Charlie Hedbo

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François Cluzet, contributeur de l’antisémitisme en France, devrait se taire | InfoJmoderne

Dans « C à vous » du 6 octobre, Cluzet fait le beau et dénonce l’antisémitisme qu’il a contribué à faire prospérer en refusant de remettre l’Oscar à Scarlett Johansson.

Dans l’émission « C à vous » Cluzet, plein d’empathie et de belle conscience, s’emporte contre l’antisémitisme qui ravage la France aujourd’hui. Il ne veut pas de ça aujourd’hui : «  Elle n’était plus seule à être antisémite. […] C’est impardonnable. C’est grave. Les Juifs, ce sont une minorité. Ce sont les boucs émissaires toutes les semaines. En tant que citoyen, je suis très énervé après ça, très contrarié. Depuis la pandémie, l’antisémitisme ressort avec liberté, mais comment est-ce possible ? On ne peut pas tenir des propos comme ça  ».

Ce sont ses propos bien moralisateurs qui fustigent la porteuse de la pancarte antisémite qui a défrayé la chronique. Bonne conscience, mon pote, et beau discours!! On t’admire pour ce joli laïus qui nous a bien épatés, et bien informés sur ta prise de position!

Mais peut-on te rappeler que cet antisémitisme résurgent en France est quand même un « dommage collatéral » d’un antisionisme flambant dans notre beau pays? Quand le célèbre Cluzet défend ardemment Salah Hamouri et est membre d’honneur du comité de soutien à ce terroriste franco-palestinien, c’est un signal pour les pro pals. On le sait, il en parle partout, et s’exprime avec force et conviction.

En revanche, quand le même Cluzet fait un coup d’éclat sous le tapis à la cérémonie des Oscars, et refuse de remettre à Scarlett Johansson, c’est plus vicieux : pas de pub autour de ce refus, Cluzet se contente lors de la cérémonie de passer le micro au génialissime Tarentino. Se serait-il rendu compte que ménager la chèvre et le chou est un exercice difficile et périlleux? Faut dire que comme « ils sont partout« , et surtout dans le milieu du cinéma, vaut mieux faire ses petites crottes minables discrètement.

Alors Cluzet sois gentil, épargne nous tes états d’âme sur l’antisémitisme, ta compassion pour les victimes de ce fléau, fous ta bonne conscience dans ta poche avec au moins une écharpe par-dessus pour la faire taire, et par pitié laisse donc ce sujet à des personnes qui ne trainent pas des casseroles comme les tiennes.

Line Tubiana

http://infojmoderne.com/2021/10/08/francois-cluzet-contributeur-de-lantisemitisme-en-france-devrait-se-taire/

 

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Le massacre de Babi Yar hante toujours l’Ukraine | Times of Israel

 
The ?Crystal Wall of Crying,? by conceptual and performance artist, Marina Abramovi? will be one of the biggest art installations constructed in Europe during the last decade (PRNewsfoto/Babyn Yar Holocaust Memorial Center)

Babi Yar: « Le premier crime fut l’effacement de l’homme, le second la dissimulation » (Isaac Herzog)

Le président israélien Isaac Herzog a récité la prière des morts – Yizkor – lors de la cérémonie commémorative mercredi soir marquant le 80e anniversaire du massacre nazi de dizaines de milliers de juifs à Babi Yar, les 29 et 30 septembre 1941.

« Des familles entières ont été supprimées », a rappelé M. Herzog tandis que près de 34.000 civils juifs ont été assassinés dans le ravin de Kiev.

« Le premier crime fut l’effacement de l’homme, puis le second la dissimulation et l’oubli, effacer les preuves, effacer la mémoire », a-t-il dénoncé estimant que « le désir de cacher n’a fait que renforcer l’horreur ».

« Les corps ont été brûlés, les cendres broyées », a-t-il souligné appelant à l’heure du souvenir, et « c’est pour ça que nous sommes ici ».

« Sur le sol ukrainien a fleuri l’une des communautés juives des plus importantes au monde produisant des dirigeants, des hommes d’Etat, des intellectuels, des poètes, et des rabbins », a indiqué M. Herzog évoquant dans le même temps « les pogroms qui se sont produits en cet endroit ».

« Ne nous y trompons pas, de nos jours l’antisémitisme existe encore et souille la mémoire des morts », a-t-il regretté exhortant les dirigeants de tous les pays à condamner « fermement » ce fléau.

« Nous devons assurer ici à toute l’humanité, où le monde a vu et s’est tu, qu’il n’y aura plus jamais un autre Babi Yar », a-t-il affirmé.

A l’occasion de ces commémorations, un « Mur des Pleurs en cristal », une oeuvre de 40 mètres de haut incrustée de quartz, a été inauguré, créé par l’artiste serbe Marina Abramovic, et commandé par la fondation Babyn Yar Holocaust Memorial Center.

i24NEWS dernière modification 06 octobre 2021, 22:28

Babi Yar : un avocat demande le procès du dernier auteur présumé encore en vie

L’affaire contre Herbert Waller, 99 ans, a été précédemment abandonnée parce qu’il était sur le site de la tuerie ukrainienne en tant qu’infirmier

 

JTA – Il y a 80 ans, un ravin au nord de ce qui est aujourd’hui la capitale de l’Ukraine s’est transformé en un bain de sang lorsque les nazis, aidés par des collaborateurs locaux, ont abattu des dizaines de milliers de Juifs en deux jours.

À la fin du mois de septembre 1941, des collaborateurs ukrainiens ont amené plus de 33 000 Juifs sur les collines du ravin de Babi Yar à Kiev, où les soldats de l’armée d’Adolf Hitler ont exécuté groupe après groupe des victimes sans défense – des enfants, ainsi que des femmes et des hommes de tous âges.

Les victimes étaient abattues avec des mitrailleuses dans des fosses. Lorsqu’aucune ne restait debout, les auteurs sautaient dans la fosse avec leurs victimes pour achever les mourants et ceux qui faisaient semblant d’être morts. Puis les corps étaient enterrés et un nouveau groupe de victimes était amené à se tenir debout sur la fine couche de terre fraîche qui recouvrait leurs frères.

Les 80 ans du massacre, première fusillade de masse de ce que l’on appelle aujourd’hui « la Shoah par balles », suscite une vague de commémorations, dont une cérémonie en Israël en l’honneur d’un survivant et une pièce commémorative en Ukraine, où les collaborateurs nazis sont malheureusement de plus en plus célébrés aux côtés de leurs victimes.

Elle donne également un nouvel élan à la mission d’un avocat allemand qui souhaite traduire en justice un homme qui, selon lui, pourrait être le dernier auteur de Babi Yar en vie, un Allemand de 99 ans nommé Herbert Waller.

Pour Hans Brehm et ses partenaires, la tentative d’inculper Waller est un effort symbolique et ultime pour corriger des décennies de ce qu’ils considèrent comme une inaction des autorités allemandes à l’encontre de presque toutes les personnes responsables du plus grand pogrom de Juifs de toute la Shoah. Sur les quelque 700 participants, seuls 10 ont été condamnés pour un crime.

Premiers efforts pour localiser et identifier les restes à Babi Yar en 1966. (Crédit : Joseph Schneider via la Bibliothèque nationale d’Israël)

La semaine dernière, Brehm s’est rendu à Kiev pour s’entretenir avec des parents de victimes de Babi Yar. En effet, en vertu du droit allemand, les parties touchées par des crimes majeurs peuvent engager des poursuites pénales contre les accusés, même si les procureurs décident de ne pas les inculper.

« Je veux que cet homme soit traîné devant un juge », a déclaré Brehm à Der Spiegel cette semaine. Il est conscient qu’il y a peu de chances que le tribunal punisse un défendeur aussi âgé, a-t-il ajouté. Brehm a dit qu’il voulait seulement que Waller soit mis en examen, et s’il est reconnu coupable, qu’il soit condamné.

« Il s’agit d’expiation, de justice tardive », a déclaré Brehm.

Le nom de Waller a été signalé pour la première fois en 2014 à l’Office central des administrations judiciaires de l’État allemand pour l’enquête sur les crimes nationaux-socialistes, dans une liste de 80 noms qui leur a été remise par Efraim Zuroff, le célèbre « chasseur de nazis » du Centre Simon Wiesenthal. Ces hommes étaient membres des Einsatzgruppen : les escadrons de la mort de l’armée allemande qui, entre 1941 et 1943, ont abattu plus de 2 millions de Juifs en Europe de l’Est.

 

En 2017, le bureau a commencé à enquêter sur Waller mais a abandonné l’affaire après avoir découvert qu’il était stationné à Babi Yar en tant qu’infirmier et qu’il ne pouvait donc pas être prouvé qu’il avait activement participé aux tueries.

Brehm, 73 ans, ne croit pas à cet argument, a-t-il déclaré à Der Spiegel. « Pourquoi avez-vous besoin d’auxiliaires médicaux dans un massacre ? » a-t-il déclaré.

Zuroff a déclaré à la Jewish Telegraphic Agency qu’il partageait ce scepticisme. Les Einsatzgruppen fonctionnaient comme n’importe quelle unité militaire, les membres participant collectivement à toutes les missions.

« C’est ridicule. Ce n’est pas comme s’il y avait des Einsatzgruppen tueurs de juifs et des Einsatzgruppen non meurtriers », a-t-il déclaré.

Presque tous les auteurs du massacre de Babi Yar – l’historienne Franziska Davies estime qu’environ 700 hommes étaient impliqués – ont échappé à la justice.

 

Lors du procès de Nuremberg dans les années 1940, un nazi, Paul Blobel, a été condamné à mort et exécuté pour les crimes commis à Babi Yar, entre autres.

Deux autres ont été condamnés à des peines de prison. Un procès en 1968 s’est conclu par des peines de prison de 4 à 15 ans pour sept accusés ; trois hommes ont été acquittés lors de ces procès, les derniers de tous les auteurs de Babi Yar.

« Le traitement inadéquat des [crimes] de Babi Yar est indigne d’un État constitutionnel », a déclaré Brehm.

D’après son expérience, Babi Yar, également appelé Babyn Yar, ne signifie rien pour les Allemands d’aujourd’hui, quel que soit leur âge. « Quand je demande aux gens s’ils le connaissent, ils me demandent si c’est le nom d’une ville de Mongolie », a-t-il déclaré à Der Spiegel.

En Ukraine, Babi Yar est également relativement obscure, en partie en raison du refus des autorités communistes de le commémorer pendant des décennies. Ce refus s’inscrivait dans le cadre d’une politique plus large qui minimisait les souffrances des Juifs pendant la Shoah, en les intégrant dans le récit soviétique du sacrifice patriotique dans la lutte contre le nazisme.

Pour corriger cette erreur, des philanthropes, des militants et les autorités ukrainiennes ont créé un nouveau musée et un centre commémoratif sur le site, le Babi Yar Shoah Memorial Center. Diverses initiatives visant à commémorer les victimes de Babi Yar n’ont jamais abouti et, pendant des décennies, le seul souvenir de la tragédie était constitué de quelques petits monuments négligés dans des zones où des meutes de chiens erraient le jour et où des ivrognes se rassemblaient la nuit.

La banque centrale d’Ukraine a émis une pièce commémorative pour le 80e anniversaire, la première fois qu’une telle initiative a lieu en Ukraine.

Le site de Babi Yar à Kiev, en Ukraine, est composé de dizaines de ravins et de fossés où les forces nazies et leurs alliés ont tué des dizaines de milliers de Juifs et de non-Juifs en septembre 1941. (Crédit : avec l’aimable autorisation du Centre commémoratif de la Shoah de Babyn Yar via JTA)

En Israël, la Knesset s’est réunie la semaine dernière pour marquer cet anniversaire ; le président de la Knesset, Mickey Levy, a remis une médaille à Michael Sidko, l’un des derniers survivants connus des meurtres perpétrés à cet endroit. Il avait 6 ans à l’époque. Dans une vidéo produite à l’occasion de cet anniversaire, il rappelle comment un collaborateur ukrainien a battu sa sœur à mort devant sa mère, qui tenait son petit frère de 4 mois. Sa mère s’est effondrée et le collaborateur a également tué le bébé. « Je me souviens de tout. Jusqu’aux moindres détails. Mais je ne veux pas me souvenir. C’est trop douloureux », a-t-il dit.

Le 6 octobre, le gouvernement ukrainien organisera une cérémonie à Babi Yar, auxquels participeront le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy, qui est juif, ainsi que le président Isaac Herzog et le président de l’Allemagne, Frank-Walter Steinmeier.

Pourtant, alors que l’Ukraine est de plus en plus sensibilisée à la question de Babi Yar, le pays voit également se multiplier les célébrations des actions des collaborateurs locaux qui ont facilité et parfois participé aux meurtres perpétrés par les nazis.

Ces dernières années, de nombreuses rues ont été baptisées en Ukraine du nom de Roman Shukhevych. Ses troupes sont soupçonnées d’avoir tué des milliers de Juifs. Lui et un autre nationaliste ukrainien, Stepan Bandera, font partie des hommes célébrés en héros aujourd’hui pour avoir fait équipe avec l’Allemagne nazie contre l’Union soviétique pendant la Seconde Guerre mondiale.

Des Ukrainiens tiennent des torches enflammées alors qu’ils se rassemblent à Kiev, en Ukraine, le 5 mars 2010, pour marquer le 60e anniversaire de la mort de Roman Shukhevych, homme politique, chef militaire et collaborateur nazi ukrainien. (Crédit : AP Photo/Sergei Chuzavkov)

À Kiev, les autorités municipales ont annoncé leur intention d’installer des panneaux commémorant le maire de Kiev pendant la guerre, Vladimir Bagaziy, en tant que victime des massacres de Babi Yar.

Bagaziy a été tué à Babi Yar, avec des dizaines de milliers d’autres non-Juifs, mais quelques mois après le massacre des Juifs locaux et seulement après avoir initialement collaboré avec l’occupation nazie. Selon certains témoignages, Bagaziy a été vu observant, le meurtre des Juifs à Babi Yar alors qu’il était encore un allié des nazis. L’intention de l’honorer en rapport avec Babi Yar a provoqué les protestations du Comité juif ukrainien, l’un des nombreux groupes représentant les intérêts des Juifs ukrainiens.

Les deux tendances – commémorer les victimes tout en célébrant certains auteurs – « ne vont pas ensemble », a prévenu Zuroff, citant les protestations des diplomates israéliens, polonais, allemands et américains.

M. Zelensky a clairement fait savoir qu’il n’appréciait pas la vénération de personnes comme Bandera, mais il ne l’a pas interdite et n’est pas intervenu contre elle – des actions qui n’aideraient probablement pas sa popularité en chute libre ni ses projets de réforme économique.

« Les Ukrainiens finiront par devoir choisir leur position sur ce sujet », a déclaré M. Zuroff. « Je crois qu’ils feront le bon choix ».

Par CNAAN LIPHSHIZ 4 octobre 2021, 18:35

fr.timesofisrael.com

 

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L’Europe adopte des mesures contre l’antisémitisme croissant | L ‘ECHO

Un portrait de la survivante des camps nazis et politicienne française Simone Veil, couvert par une croix gammée à Paris. ©REUTERS

La Commission européenne a adopté une stratégie pour lutter contre l’antisémitisme, mieux protéger la vie des juifs européens et le patrimoine juif. L’UE veut aussi préserver le souvenir de l’Holocauste.

Face à la montée des actes et des discours de haine antisémites en Europe, la Commission européenne a adopté, ce mardi, une stratégie pour lutter contre l’antisémitisme dans l’Union européenne (UE). Cette stratégie, une première dans l’histoire de l’UE, s’articule autour de trois piliers: prévenir toute forme d’antisémitisme, protéger la vie des juifs et promouvoir le souvenir de l’Holocauste.

“L’antisémitisme frappe au cœur de nos valeurs : humanité, liberté religieuse et égalité. L’antisémitisme est un poison pour notre société. C’est à nous tous de le combattre. À nous de l’empêcher. Et de l’éradiquer”, a déclaré mardi la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. “L’Europe ne peut prospérer que lorsque sa communauté juive se sent en sécurité et peut prospérer”, a-t-elle ajouté.

Selon les données de l’exécutif européen, 44% des jeunes juifs en Europe ont expérimenté des actes de harcèlement antisémite. Par moins de 71% des juifs européens évitent de porter ou d’exposer des objets qui pourraient les identifier comme juifs. Pour 85% des juifs d’Europe, l’antisémitisme est un “problème sérieux” qu’ils doivent affronter.

Stratégies nationales

La Commission encourage en premier lieu les États européens à adopter des stratégies nationales de lutte contre l’antisémitisme. Pour l’exécutif européen, il s’agit de lutter contre l’antisémitisme contemporain, présent dans l’ensemble de la société sous de nombreuses formes. “Le discours et le comportement antisémites peuvent être ouverts ou voilés, conscients ou inconscients”, lit-on dans le document adopté ce mardi.

La stratégie prévoit aussi de développer un réseau de “personnes de confiance” et d’organisations juives chargées de signaler les discours haineux et antisémites en ligne. Elle encourage également à coopérer avec l’industrie et les sociétés informatiques pour empêcher l’affichage et la vente illégaux de symboles, de souvenirs et de littérature liés aux nazis en ligne.

Source: https://www.lecho.be

Communiqué : L’Observatoire Juif de France – OJF, dépose plainte à l’encontre de l’administrateur du site www.vivaeuropainfo

L’Observatoire Juif de France – OJF, dépose plainte à l’encontre de l’administrateur du site www.vivaeuropainfo et du ou des auteurs qui publient sur ce site des phrases, des vidéos et des slogans nazis et antisémites d’une rare violence.  

 L’OJF, l’Observatoire Juif de France demande que la République use de toute la puissance de l’Etat pour poursuivre et faire condamner ces individus qui confondent liberté de pensée et diffamation haineuse à l’encontre “de gens qui ne font pas partie de sa race “.

Le dénommé « Grand Monarque » fait ouvertement l’apologie d’Hitler et du nazisme.

Selon lui dans une rubrique intitulée « LES CAHIERS D’ARYANITÉ », « le juif est un ennemi mortel, il ne fait pas partie de sa race ».

L’OJF, l’Observatoire Juif de France qui a déposé plainte, condamne fermement les insultes et propos haineux de cet individu sans scrupule. Ses insultes sont une atteinte à la paix civile et incitent à la division et à la stigmatisation d’une partie de la communauté nationale.

Le Président

René Levy

Enquête – Bruxelles : le parlement européen excite les frères musulmans – Charlie Hebdo

INTERNATIONAL

Bruxelles : le parlement européen excite les frères musulmans

Enquête
MÉLANIE DÉCHALOTTE ·  · 

Quatorzième jour du procès des attentats du 13 novembre 2015 | Charliehebdo.fr

                     Mercredi 29 septembre : quatorzième jour

                             « On est des morts-vivants »

Quatorzième jour. Après les témoignages du Stade de France, les parties civiles pour le bar Le Carillon sont venues à la barre.

Y a-t-il plus représentatif d’une société qu’une cour d’Assises ? Plus qu’une pièce de théâtre où chacun connaît son rôle à jouer, un tribunal abrite toute sorte de personnages : des avocats rompus à l’exercice, des enquêteurs droits dans leurs bottes, des interprètes pointilleux… et des parties civiles multifacettes. Le côté humain d’un procès, c’est à elles qu’on le doit : leur parole brute et leurs émotions nous rappellent pourquoi nous sommes ici.

Voir le comte-rendu de charlie hebdo.fr

                                                                                           Dessins par Benoît Springer

 

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