Auteur/autrice : René Levy

L’Observatoire Juif de France dépose plainte contre un individu qui prétend se présenter à la Fonction Supreme et qui appelle au “Boycott de l’Etat d’Israël.

 

L’Observatoire Juif de France qui a pour objet de lutter contre toutes les formes de discrimination raciale, ethnique, nationale ou religieuse, a déposé plainte  entre les mains du Parquet de Toulouse, à l’encontre d’Anasse Kazib qui, disant vouloir  devenir président de la République française, se commet avec les boycotteurs de        « Collectif Palestine vaincra » dont on sait qu’il est une émanation du FPLP, interdit en France et classé comme Organisation terroriste.

Cet homme  aux hautes ambitions, déclarant vouloir diriger les destinées de la France, déambule dans les rues en brandissant une affiche appelant au boycott d’Israël. 

Ne sait-il pas que la Loi pénale prohibe toute discrimination et que le boycott en est une ?

Veut-il accéder à ces hautes fonctions en soutenant une organisation en lien avec des terroristes ?

Ne sait-il pas que le boycott de l’Etat d’Israël est assimilé à un acte antisémite ?

L’O J F s’oppose par toutes les voies de droit, à tous les actes antisémites et à toutes les discriminations avérées à fortiori lorsqu’ils émanent d’un homme public qui déclare son ambition de briguer la magistrature suprême.

L’OJF demande que sa plainte soit retenue et que des poursuites soient lancées à l’encontre de cette personne qui est coutumier de ces démarches nauséabondes.

René Lévy 

 

                                                  

                                                                     

JE ME DOIS DE M’ASSOCIER A CET HOMMAGE. LE DOCTEUR ANDRE NAHUM A ETE UN EXCELLENT MEDECIN ET UN GRAND HUMANISTE ET UN. GRAND CONTEUR. IL AVAIT OUVERT SON CABINET AU PREMIER ETAGE DANS L’IMMEUBLE QUE NOUS HABITIONS AU 2 RUE DE BORDEAUX. IL A ETE MON MEDECIN DEPUIS MES 10 ANS ET NOUS A REJOINT A SARCELLES ET A ETE CELUI DE NOTRE FAMILLE. MERCI A JEAN-PIERRE.

Jean Pierre Allali

Membre du Bureau Exécutif du CRIF, Jean-Pierre Allali préside la Commission des Relations avec les Syndicats, les ONG et le Monde Associatif.

HOMMAGE – ANDRÉ NAHUM, LE CHANTRE DU JUDAÏSME TUNISIEN

23 Novembre 2021 | 11 vue(s)
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Il y a 100 ans, naissait André Nahum, le chantre du judaïsme tunisien

 

Le plus célèbre des Juifs de Sarcelles, personnalité truculente de la communauté juive de France, « roi des briks » (1) et « médecin de Kairouan »(2), André Nahum, s’est éteint le 7 décembre 2015. Il était né le 24 novembre 1921, il y a cent ans.

Médecin et romancier, chroniqueur à la radio Judaïques FM, André Nahum était le chantre du judaïsme tunisien, véritable gardien de la mémoire de « Tunis-la-Juive » (3), de son humour et de sa sagesse (4).

Fils d’Eugène Nahum, qui, avec les frères de son épouse, tenait un commerce de tissus en gros dans les souks de Tunis, André Nahum a vu le jour dans la capitale tunisienne. Sa destinée, dès lors, était toute tracée et il aurait dû succéder à son père, mais, après avoir obtenu son baccalauréat section philosophie, il choisit, malgré les fortes réticences d’Eugène Nahum, de se lancer dans des études de médecine et de gagner Paris. À l’époque, les voyages en avion étaient rares. C’est donc en bateau que le jeune André rejoint Marseille et, de là, Paris. Comme tous les jeunes « Tunes » exilés, il ne manquait pas de revenir au pays pour les vacances estivales. La Deuxième Guerre mondiale va perturber ce rythme tranquille et, en 1939, il préfère poursuivre ses études à Alger qu’à Paris, devenue dangereuse. Après l’armistice, il est réquisitionné comme externe à l’hôpital Parney. Libéré après plusieurs semaines, il regagne Tunis puis Alger. En 1941, du fait du Statut des Juifs, il est exclu de la faculté de médecine d’Alger. Il se retrouve à Tunis. Tour à tour, pointeur, aide-comptable et vendeur de sciure, il retrouve l’espoir quand il apprend le débarquement américain en Afrique du Nord. Hélas, les Allemands n’ont pas encore dit leur dernier mot et, contre toute attente, envahissent la Tunisie qu’ils occuperont pendant six mois, du 13 novembre 1942 au 7 mai 1943. André Nahum, comme des milliers de jeunes Juifs tunisiens, sera astreint au travail obligatoire au camp de Bizerte. « J’ai connu les coups de plat de baïonnette sur les fesses, la cravache et les tonsures infamantes…Avec mes compagnons d’infortune, j’ai subi la vermine, les poux, la gales, les réveils au petit matin à grands coups de crosse sur la porte de la chambrée aux coups répétés et furieux de  Aufstein, Los , Los ! » racontera-t-il plus tard (5).

Après avoir quitté la Tunisie, André Nahum s’installera à Sarcelles où s’étaient regroupés, dans les années soixante, de nombreux Juifs d’Afrique du Nord. Il sera alors, pendant longtemps « Le » médecin de Sarcelles.

Marié à Jeanine Augé,  il aura 3 enfants, deux garçons, Pierre et David, tous deux médecins et une fille, Maya, auteure et journaliste, animatrice à Radio J.

La passion de l’écriture et du témoignage le gagnera très vite. Paru en 1979, « L’étoile et le jasmin » est un véritable bijou (6), précurseur et annonciateur de nombreux autres ouvrages.  Plus tard, André Nahum, qui vouait au grand champion de boxe juif tunisien assassiné à Auschwitz, Young Perez, une grande admiration, lui consacrera deux ouvrages (7).

Il suivait avec passion l’actualité proche-orientale (8) et, s’il gardait une nostalgie pour son pays natal et se voulait un partisan de l’amitié judéo-musulmane, il analysait avec lucidité l’exil des Juifs des pays arabes, estimant que « l’habileté du pouvoir fut de se débarrasser des Juifs en faisant croire qu’il faisait tout pour les garder. Officiellement on voulait nous retenir et on nous poussait délicatement vers la sortie. En réalité, tout concourrait à nous faire partir » (9). Plus particulièrement, pour ce qui concerne la Tunisie, il affirmait : « La Tunisie, c’est le pays où je suis né il y a 2000 ans. Celui de mes aïeux, de mes morts, celui de mon enfance. Une terre à laquelle j’étais viscéralement attaché jusqu’au jour où l’on m’a fait comprendre qu’elle n’était plus mienne. « Tunis-la-Juive » est morte. Elle ne reviendra jamais plus. J’ai cru après l’indépendance qu’une minorité juive pourrait vivre dans un pays arabe. Je me suis trompé ». (10)

Avant de tirer sa révérence, André Nahum nous a offert, en octobre 2015, un ouvrage pour la jeunesse, illustré par Éva Sanchez Gomez (11).

André Nahum, un grand, un très grand bonhomme apparu sur cette terre il y a un siècle. Que sa mémoire soit bénie et longtemps magnifiée.

 

Jean-Pierre Allali

L’ambassadrice d’Israel au Royaume-Uni évacuée sous la menace violente de pro-palestiniens

 

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Rachel Khan – La laïcité n’est pas une opinion, c’est une nécessité

L’autrice de « Racée », essai dans lequel elle dénonce le repli identitaire, a reçu le prix de la laïcité. Voici son discours à la réception du prix.

Rachel Khan (ici en 2018 a Cannes ).
Rachel Khan (ici en 2018 à Cannes ).© ALBERTO PIZZOLI / AFP
Par Rachel Khan
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Essonne : un enfant juif de 11 ans agressé à cause de sa religion |

 

VU DANS LA PRESSE – Un jeune garçon a été frappé et insulté à cause de sa religion dans un collège de Champcueil (Essonne). Les deux agresseurs, âgés de 14 ans, seront jugés par le tribunal pour enfants d’Evry-Courcouronnes.

Deux écoliers à Gien dans le Loiret. (illustration)
Deux écoliers à Gien dans le Loiret. (illustration)
Crédit : Romain Beaumont/SIPA
Lison Bourgeois publié le 09/11/2021 à 19:45

Le Parisien raconte ensuite le flot d’injures antisémites et les violences physiques que reçoit le garçon. “L’un des deux agresseurs lui a dit : sale juif, on va te gazer en mettant sa main sur sa bouche”, détaille une source proche du dossier. “Il a pris la victime par le cou, l’a plaquée contre son aisselle et lui a demandé de se soumettre”, ajoute cette même source. Les deux adolescents enchaînent ensuite les saluts nazis.

9 jours plus tard, les parents de la victime découvrent les faits. Ils décident de déposer plainte le 18 septembre à la gendarmerie de Ballancourt-sur-Essonne pour “violences à caractère antisémite, ce qui déclenche l’ouverture d’une enquête. 

Un stage de citoyenneté ?

Les deux enfants accusés ont été entendus. Si l’un ne connaissait pas la signification du salut nazi, le second a reconnu qu’il connaissait le nazisme et ses codes. La victime a été jugée “bouleversée” par un expert psychologique. 

Une lettre d’excuses aurait été rédigée à l’attention du jeune élève de 11 ans, mais les deux adolescents accusés pourraient aussi suivre un stage de citoyenneté. Le parquet d’Évry-Courcouronnes vient justement de signer une convention avec le Mémorial de la Shoah. 

Un stage de citoyenneté s’organiserait sur un jour et demi. En s’adressant aux majeurs, mais aussi aux mineurs à partir de 13 ans, elle a pour objectif de donner matière à réflexion sur le racisme, l’antisémitisme, l’étude des génocides et la haine en ligne.

Source: https://www.rtl.fr/actu/justice-faits-divers/essonne-un-enfant-juif-de-11-ans-agresse-a-cause-de-sa-religion-7900094761

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Communiqué : L’Observatoire Juif de France a déposé plainte contre Jean-Luc Mélenchon

L’Observatoire Juif de France a déposé plainte ce mardi 2 novembre 2021 contre Jean-Luc Mélenchon suite à sa déclaration à dessein de façon ambigüe mais bien révélatrice, en réponse à une question posée par le journaliste Bruce Toussaint de savoir si Éric Zemmour était antisémite :

 « Monsieur Zemmour ne doit pas être antisémite parce qu’il reproduit beaucoup de scénarios culturels : on ne change rien à la tradition, on ne bouge pas, la créolisation, mon dieu, quelle horreur ! Et tout ça, ce sont des traditions qui sont beaucoup liées au judaïsme. Ça a ses mérites d’ailleurs, ça lui a permis de survivre dans l’histoire. Donc moi je ne crois pas qu’il soit antisémite. »

Le propos de cet homme public, élu de la Nation, est manifestement antisémite puisqu’il assimile les juifs à une sorte de secte engoncée dans ses « traditions ».

Monsieur Mélenchon ne trompe personne. L’Observatoire Juif de France, (OJF) s’oppose par toutes les voies de droit à tous les antisémites qui se déclarent comme tels subrepticement, ce qui dénote un manque de courage, et de surcroît lorsque ces déclarations émanent d’un homme public qui brigue la magistrature suprême.

L’Observatoire Juif de France (OJF) demande que sa plainte soit retenue et que des poursuites soient lancées à l’encontre de cette personne qui n’en est pas à son coup d’essai.

 René Lévy

 Président

CHRONIQUE Michel Zerbib pour RADIO J 13 NOVEMBRE NUMERO 18. Quand le sort s’acharne, une audience à pleurer

Ilana Ferhadian.

Hier Michel vous nous racontiez les témoignages de spectateurs retenus en otage au Bataclan par les terroristes Aggad et Mostefai, entre terreur et discussions surréalistes avant l’assaut de la BRI. Ce mercredi 20 octobre, la Cour a entendu encore des récits de survivants et de familles de victimes ; des témoignages insoutenables mais parfois dits avec une forme d’humour étonnante.

Michel ZERBIB

Oui Ilana un humour ici <<politesse du désespoir >> comme dit l’aphorisme et qui essaye de mettre à distance (si c’est possible) la description de l’horreur. Plusieurs témoins en ont fait montre dans ce procès si dur dans cette phase fondamentale qu’est le témoignage. Des petits moments de respiration alors que les récits nous coupent littéralement le souffle.
C’est le cas de celui de Hans , veste kaki et cheveux longs, 43 ans à l’époque, qui veut témoigner << pour tous ces fantômes qui hantent cette nuit du  13 novembre 2015, au concert des Eagles of Death Metal avec sa compagne  Lou, rencontrée quelques mois auparavant.

Ce couple se trouvait dans la fosse quand les trois terroristes ont pénétré dans le Bataclan.
Hans se souvient très bien des << pétarades et de cette silhouette en ombre chinoise d’un homme qui tenait une arme . Il ressent très vite une douleur qui le fait tomber au sol. Il est tombé sur une femme qui était déjà morte :<< ce qui m’a frappé, c’est la quantité de sang qui coulait … comment était-ce possible ? >> Mais il comprend qu’il ne faut pas bouger. Faire le mort comme l’ont raconté plusieurs survivants. Mais il ne sait pas où est Lou.


Hans essaie de supporter cette douleur qui lui irradie le corps, il tente de se comprimer contre le corps de cette femme et empêcher son propre sang de couler.

Quelques minutes plus tard, le terroriste Amimour fait exploser son gilet . Hans se souvient de << cette myriade de confettis qui retombaient …c’était assez joli. En fait, c’était répugnant >> admet-il. Mais attention le pire est à venir ! Certains spectateurs en profitent pour s’échapper de la salle. << Une tête est alors tombée sur mes pieds, ça ajoutait de l’inconfort à ma situation >> lâche-t-il avec un humour très anglais et puis carrément noir lorsqu’il poursuit << mes gestes étaient lents. J’essayais de faire rouler cette tête entre mes pieds >>
 Hans se demande ou sont ces blessures son << corps commençait à le lâcher … des épanchements à l’intérieur de moi … J’ai froid … je comprends que je commence à partir.>> Drôlement encore il dit << tout le monde se demande ce que ça fait de mourir. Pour moi c’était médiocre. Je n’ai pas vu de lumière au bout du tunnel. J’ai pensé à personne, j’avais juste froid >>

Les policiers arrivent enfin à l’intérieur et le transporte dehors. << une balle est entrée par la hanche, a démoli la rate puis s’est logée dans le poumon >> raconte encore Hans qui est un miraculé car une autre balle lui a touché le crâne ! Il a d’autres cicatrices mais il ne sait pas ce c’est >> Et Lou sa compagne ? Par chance, elle est sortie saine et sauve et c’est elle qui est à son chevet à l’hôpital puis dans les mois de rééducation. Mais ils ont survécu et peuvent aujourd’hui se réapproprier la rue. Vivants !

Ilana Ferhadian.

le récit d’une rescapée qui souffre d’une amnésie presque totale des attentats a été parmi d’autres un moment fort

Michel ZERBIB

Dominique a 47 ans. << je n’ai aucune violence envers les accusés car je ne veux pas m’abaisser à penser comme Daesh >> dit-elle d’emblée. C’est donc cette femme qui tente de reconstituer face aux juges les événements de sa mémoire traumatisée. Elle est de petite taille et elle n’est donc pas aller dans la fosse durant le concert << Quoi tient une vie ? c’est peut-être ma taille qui m’a sauvée >> En revanche sa mémoire n’a pas oublié le bruit terrible des kalachnikovs << je me sens piégée, je suis au sol, je ne vois rien >> Elle pense aux attentats de janvier, elle est désespérée << ce n’est pas de la peur, c’est au-delà. Elle va mourir sans pouvoir rien faire.
Dominique ne se souvient pas comment elle a pu s’échapper. Elle est ratée de longs mois en état de sidération << J’ai l’impression d’être restée là-bas, piégée par terre >> Mais ils ne l’ont pas eue et elle est libre << soyez heureux >> conclue-t-elle. On va essayer …

Ilana Ferhadian.

Pas facile Michel avec le récit qui va suivre, une mère qui a perdu son fils à 24 ans

Michel ZERBIB

 Non pas vraiment avec la photo de Pilomène et de son fils Baptiste souriants, projetée à la Cour. Cette femme encore jeune, à la coupe courte et aux lunettes veut raconter le parcours de son fils doux, solaire, à qui tout réussissait, jusqu’à ce terrible soir du concert, un cadeau de sa sœur. << sa vie c’est la mienne, sa mort c’est aussi la mienne >>Ce soir-là Philomene veut se rassurer << sur 1500 personnes, ce n’est pas possible qu’il soit dedans >> Cette nuit sera longue entre espoir et désespoir. C’est la petite amie de son fils qui lui annonce sa mort.

Philomène passera rapidement sur l’institut médicolégal et son manque d’humanité. Comme d’autres parents en deuil, elle a voulu savoir quels furent les derniers instants de son fils << j’ai attendu des mois avant de savoir comment était mort Baptiste, s’il avait souffert, s’il avait eu le temps d’avoir peur … >> Elle a tout lu, tout regardé pendant des mois. Aujourd’hui elle dit à la barre << que son fils a presque eu de la chance de mourir tout de suite, apparemment sans souffrir. En revanche, pour elle, six ans après la plaie est béante.


Tatiana témoigne pour sa grande sœur Precilia, assassinée avec son compagnon
. << partie dans la plus grande barbarie et sans doute seule >> Ses deux enfants qui lui permettent << d’avancer dans ce deuil >> ont comme second prénom celui de leur tante assassinée.
<< il faudra un jour que je trouve les mots pour leur expliquer dans quelle violence leur tante a disparu >>
Son père, lui, est mort de chagrin raconte-t-elle dans son récit qui a fait pleurer la salle.
Tatiana est poursuivi par le sort. Elle s’est retrouvée à nouveau dénaturée un attentat islamiste << j’habite dans la rue de l’école de Samuel Paty >> Son fils est scolarisé dans l’école du professeur décapité …

MICHEL ZERBIB

Mon interview par Radio Chalom Nitsan le 7 octobre 2021 par Véronique Chemla

 

J’ai été interviewée sur Radio Chalom Nitsan (RCN) le 7 octobre 2021 à 11 h, dans le cadre d’Israël d’hier et d’aujourd’huiémission animée par André Barmo’ha, sur le procès des attentats terroristes islamistes du 13 novembre 2015 à Paris et à Saint-Denis – antisémitisme de l’attentat au Bataclan occulté, accueil souvent incompris des premières déclarations du terroriste islamiste Salah Abdeslam -. Par manque de temps, je n’ai pas pu évoquer le livre d’Eric Zemmour « La France n’a pas dit son dernier mot ». Gentiment, André Barmo’ha m’invitera le 14 octobre 2021 pour que nous évoquions ce livre intéressant à la lecture stimulante.

« Il y a mille façons d’informer. Il n’y en a qu’une pour dire la vérité »… Radio Chalom Nitsan émet de Nice. Cette “radio de la communauté Juive de la Côte d’Azur” dispose d’un site Internet, d’un compte Facebook, et d’une chaine Youtube

 

Attentat au Bataclan

Le 13 novembre 2015, des commandos terroristes islamistes ont commis, au nom de l’Etat islamique (ISIL, ISIS ou Daech), des attentatsprès du Stade de France à Saint-Denis, et à Paris aux terrasses de café ainsi qu’au Bataclan. Ils ont tué 130 personnes, dont 90 dans cette salle de spectacles. Le procès de ces attentats, où comparaîtront 20 accusés, a débuté le 8 septembre 2021 et devrait s’achever le 25 mai 2022. 

La principale cible des terroristes s’avère le Bataclan, lieu de spectacles menacé par les islamistes pour son accueil de soirées en solidarité avec l’Etat Juif et dont les propriétaires étaient jusque récemment des Français Juifs. Une salle de spectacles recevant ce 13 novembre 2015 le groupe américain de rock Eagles of Death Metal qui venait de se produire en Israël, malgré les appels au boycott

Tous ces faits prouvent que l’antisémitisme caractérise ces attentats. L’Etat islamique (ISIS) vise à terroriser les Occidentaux, les kouffars, les Yaoud, probablement aussi à réduire le chiffre d’affaires des entreprises détenues par des Français Juifs, à les marginaliser dans la  société française, à ce qu’ils soient évités, boycottés par leurs concitoyens, et in fine à ce qu’ils quittent la France. Car ISIS a bien conscience que les Français juifs sont les plus ardents défenseurs de la république, de la démocratie, de la France.

Le 13 novembre 2017, lors de l’émission Les Grandes Gueules sur RMC, Alain Marsaud, ancien chef du service central de lutte antiterroriste au parquet de Paris, a déclaré : “Nous avons un enregistrement complet de ce qui s’est passé au Bataclan… Les terroristes du Bataclan disaient, avant d’assassiner, de tirer au coup par coup : “Tiens espèce de sale juif’ !” Chez ces gens venus de Molenbeek ou passés par le circuit Grèce, on a un antisémitisme latent aussi dans l’affaire du Bataclan. Il n’y a pas que l’Hypercacher”.

Le procès de ces attentats, où comparaîtront 20 accusés, s’ouvrira le 8 septembre 2021 et devrait s’achever le 25 mai 2022. “Durant neuf mois, le plus long procès jamais organisé en France va se tenir à Paris. Voici les principaux chiffresà connaître sur cette longue séquence judiciaire.

–  Neuf mois, 140 jours d’audience : de l’ouverture du 8 septembre au verdict du 25 mai, le procès va s’étaler sur neuf mois, avec une coupure autour de l’anniversaire des attentats.

1 800 parties civiles, 330 avocats : les victimes survivantes et les proches des 130 morts qui se sont constitués partie civile seront présentes et représentées, comme plusieurs associations de victimes. Une trentaine d’avocats défendront les accusés.

20 accusés : de Salah Abdeslam, seul survivant des commandos, à Mohammed Abrini, 20 hommes sont cités à comparaître. 14 seront présents au procès, cinq étant présumés morts en Syrie et un autre étant détenu en Turquie, ayant refusé l’extradition.

542 tomes de procédure : l’enquête menée par les juges d’instruction du parquet national antiterroriste, qui a abouti à l’acte d’accusation, condense un million de pages.

Trois avocats généraux : le parquet national antiterroriste a mobilisé trois magistrats pour assurer les fonctions du ministère public. La cour d’assises spéciale sera dirigée par un président de la chambre à la Cour d’appel de Paris, Jean-Louis Peries.

7,5 millions d’euros : c’est le prix des travaux nécessaires à la construction de la salle d’audience conçue spécialement à l’intérieur du palais de justice de l’Île de la Cité. En plus de la salle principale, 14 salles annexes ont été aménagées pour accueillir les avocats, les parties civiles et les journalistes attendus. Au total, elle accueille 2 000 personnes.”

« Nos années de plomb – Du Caire au Bataclan : Autopsie d’un désastre » est une enquête minutieuse de Philippe Cohen-Grillet sur l’attentat du 22 février 2009 au Caire (Egypte) qui a causé la mort de Cécile Vannier, lycéenne de 17 ans et blessé 24 autres personnes. Accablant pour des autorités politiques, des magistrats et des médias français.

Après les attentats terroristes islamistes du 13 novembre 2015 à Paris et à Saint-Denis, Philippe Cohen-Grillet, journaliste, révélait dans Le Canard enchaîné que, « malgré le déni et les mensonges du gouvernement, la justice française était au courant de menaces contre le Bataclan depuis 2009, et que rien n’avait été fait ». Ni information des propriétaires de la salle de concerts, ni protection policière du lieu, ni recherche des plans du bâtiment. Pourquoi ?

Occultations d’informations et mensonges à la famille de Cécile Vannier, indifférence de médias à l’égard de cet attentat, diplomatie française peu claire… Philippe Cohen-Grillet brosse un tableau effrayant d’une France cible du terrorisme islamiste, ainsi que de magistrats et agents du renseignement irresponsables.

Le 27 novembre 2015, François Hollande, alors Président de la République, a prononcé un discours unitaire en hommage aux victimes des attentats du 13 novembre 2015. Il a affirmé que la France avait été frappée pour ce qu’elle était et que la Nation pleurait les victimes :

« La France « a été frappée lâchement, dans un acte de guerre organisé de loin et froidement exécuté. Une horde d’assassins a tué 130 des nôtres et en a blessé des centaines, au nom d’une cause folle et d’un dieu trahi. Aujourd’hui, la Nation tout entière, ses forces vives, pleurent les victimes. 130 noms, 130 vies arrachées, 130 destins fauchés, 130 rires que l’on n’entendra plus, 130 voix qui à jamais se sont tues. Ces femmes, ces hommes, incarnaient le bonheur de vivre. C’est parce qu’ils étaient la vie qu’ils ont été tués. C’est parce qu’ils étaient la France qu’ils ont été abattus. C’est parce qu’ils étaient la liberté qu’ils ont été massacrés ».

Le Chef de l’Etat a ainsi occulté le caractère antisémite de l’attentat au Bataclan.

Donc l’instruction a été menée pendant des années sans ce grief d’antisémitisme.

“La recevabilité des demandes de personnes morales, dont également les villes de Paris et Saint-Denis ou encore des sociétés propriétaires de cafés et restaurants [ainsi que le Bataclan] attaqués par les djihadistes était au cœur de l’audience, ce lundi 4 octobre 2021, au procès des attentats dans la capitale. « Il n’y a pas eu de procès Charlie Hebdo sans l’hebdomadaire Charlie Hebdo. Il ne peut y avoir le procès des attentats du 13-Novembre sans le Bataclan. » Me Marie Burguburu estime « incompréhensible » la position du ministère public, qui conteste la constitution de partie civile de la société d’exploitation des spectacles Bataclan.”

« Nous ne disons pas que le Bataclan et d’autres ne sont pas des victimes des attentats, a précisé l’avocat général Nicolas Braconnay. Nous ne contestons pas d’ailleurs leur nécessaire indemnisation par le biais d’assurances ou d’aides publiques. »

“Mais selon le parquet national antiterroriste, pour qu’une « constitution de partie civile soit recevable, il faut un préjudice personnel et direct en lien avec l’infraction et les faits poursuivis ». Or « seule une personne physique peut être une victime directe de meurtre ou de tentative de meurtre », ajoute-t-il, s’appuyant notamment sur une décision de 2019 de la Cour de cassation, qui a rejeté la constitution de partie civile de la ville de Nice dans l’enquête sur l’attentat du 14 juillet 2016.

« Soutenir que le Bataclan n’aurait subi qu’un préjudice indirect est une aberration », rétorque Marie Burguburu. L’avocate de la société d’exploitation du Bataclan souligne que ce lieu « intimement lié au 13-Novembre », où quatre-vingt-dix personnes ont été tuées, a été une « cible choisie, préméditée ». “Elle rappelle aussi que la « SNCF a été jugée recevable » au procès de l’attaque déjouée du Thalys en août 2015. « Refuser au Bataclan le droit au procès pénal s’apparenterait à un déni de justice, politiquement à un scandale et humainement à un mépris et un non-sens. »

“Concernant Paris, le ministère public estime « que la ville a été prise pour cible en qualité de capitale. C’est la politique française qui est visée. C’est François Hollande. Pas Anne Hidalgo ». La Ville ne s’est « pas constituée à chaque attentat sur son territoire, réplique son avocat, Me Patrick Klugman. Elle le fait ici parce qu’elle a été spécifiquement ciblée et directement éprouvée […] ». La cour d’assises spéciale va délibérer « au calme » sur ces demandes de constitutions de parties civiles, a annoncé le président, sans préciser toutefois quand la décision sera rendue”.

Le 15 septembre 2021, Salah Abdeslam, seul survivant des commandos du 13-Novembre 2015, « a tenté de justifier les attentats de Paris devant la cour d’assises spéciale de Paris, où il était invité, comme les treize autres accusés, à faire une déclaration sur les faits qui lui sont reprochés. “On a attaqué la France, on a visé la population, des civils mais il n’y avait rien de personnel. Quand on a visé ces gens-là, on a visé la France et rien d’autre. Quand François Hollande a pris la décision d’attaquer l’État Islamique, il savait que sa décision comportait des risques. Il savait qu’en prenant cette décision, des Français allaient trouver la mort”, a déclaré Salah Abdeslam, masque noir baissé sur sa barbe.

« Et de poursuivre, en reprenant les codes de la propagande jihadiste : “Les avions français qui bombardent l’État islamique ne font pas de distinctions entre les hommes, les femmes, les enfants, ils détruisent tout sur leur passage. On a voulu que la France subisse la même douleur que nous subissons. François Hollande a dit que nous avons combattu la France à cause de ses valeurs, mais c’est un mensonge.” 

Comme les attentats terroristes islamistes à Mumbai (nouvelle dénomination de Bombay), “capitale financière et plus grande ville de l’Inde. du 26 au 29 novembre 2008, les attentats du 13 novembre 2015 ont visé plusieurs lieux, dont l’un d’eux est Juif : le centre ‘Habad-Loubavitch à Nariman House dirigé par où le rabbin Gavriel Holtzberg et son épouse Rivka, émissaires (« chlou’him ») du Rabbi de Loubavitch et directeurs du Centre et d’autres personnes sont torturés et assassinés. A Paris, ce lieu perçu comme juif était le Bataclan qui avait accueilli des soirées organisées par des associations françaises juives. Ainsi, le Collectif contre les extrémismes, de droite et de gauche, avait organisé une réunion le 5 juin 2002 au Bataclan. Des intellectuels – Pierre-André Taguieff, Shmuel Trigano, Jacques Tarnero, Marc Knobel et Me Gilles-William Goldnadel – avaient signalé la gravité pour la République et les Juifs d’une situation propice aux ennemis de la démocratie. Répondant à un questionnaire, les candidats – Cap 21, MDC, PS, RPR, UDF – aux élections législatives se sont parfois engagés devant un auditoire houleux.

Des services de sécurité de divers pays avaient tiré les conclusions des attentats à Mumbai en prévoyant la réponse à une éventuelle situation identique dans leur pays.

Le 6 octobre 2021, René Lévy, président de l’Observatoire Juif de France, m’a confié envisager, si un fait nouveau apparaît lors du procès, de se constituer partie civile.

Le 8 septembre 2021, entièrement vêtu de noir – Salah Abdeslam “a été invité à décliner son identité à l’ouverture de l’audience. Il s’est présenté comme “un combattant de l’Etat islamique”. “La salle, remplie d’avocats et de quelques dizaines de parties civiles, frémit“. « Tout d’abord, je voudrais témoigner qu’il n’y a d’autre Dieu qu’Allah et que Mahomet est son messager. » « On verra ça plus tard », répond Jean-Louis Periès, président de la Cour d’assises. Les noms de ses père et mère ? Ils n’ont « rien à faire ici ». Le président les cite à sa place. Sa profession ? « J’ai délaissé ma profession pour devenir un soldat de Dieu. » « J’avais “profession : intérim” », reprend Jean-Louis Périès. Salah Abdeslam a répété : “J’ai délaissé toute profession pour devenir un combattant de l’État islamique”.

Et il a ajouté : « Vous êtes bien, ici, vous avez des écrans plats, l’air conditionné, mais nous, on est comme des chiens. Ça fait six ans que je suis traité comme un chien. Je ne me suis jamais plaint, parce que je sais que je vais ressusciter, et que vous allez rendre des comptes. » « Monsieur Abdeslam, là, on est sur un autre registre, répond très calmement le président Jean-Louis Péries. Nous ne sommes pas dans un tribunal ecclésiastique, ici, mais dans un tribunal démocratique. »

“Marie-Claude Desjeux, présidente de la Fenvac (Fédération nationale des victimes d’attentats et d’accidents collectifs), se dit surprise de la volubilité de Salah Abdeslam après tant d’années de mutisme. « C’est glaçant pour les proches des victimes, cela donne le ton du procès, mais faut-il y accorder tant d’intérêt ? » 

“Thierry, rescapé du Bataclan, fait partie des rares parties civiles à vouloir parler aux médias. Il rapporte devant micros et caméras l’émotion qu’il a perçue autour de lui, dans la salle d’audience principale, lorsque Salah Abdeslam a énoncé la profession de foi islamique. Pour Thierry, Abdeslam a voulu « faire le mariole ».

Le Président Jean-Louis Périès “se lance dans un propos liminaire. Il sait toute la charge qui repose sur lui, il sait surtout les attentes placées dans cette audience prévue pour s’étirer pendant près de neuf mois. « Ce procès est qualifié d’historique et d’hors norme, débute-t-il la voix claire. Historique, il l’est certainement, car les faits que nous allons examiner sont déjà inscrits indubitablement par leur intensité dans les événements nationaux et internationaux de ce siècle. Hors norme, il l’est aussi par le nombre des intervenants, le nombre de victimes, le nombre de parties civiles et de conseils, le nombre de témoins à la barre et les moyens dévolus par l’État. »

“Mais ce magistrat expérimenté, qui prendra sa retraite à l’issue du procès, prévient immédiatement : « L’essence même du procès criminel, c’est le respect de la norme, l’application de la procédure pénale et le respect des droits de chacun à commencer par les droits de la défense ». Jean-Louis Périès a donc un impératif : « intégrer aussitôt la norme » dans ce procès qui explose tous les superlatifs. « Notre cour d’assises a pour fonction d’examiner les charges à l’encontre de chacun des accusés et d’en tirer toutes les conséquences sur le plan pénal après avoir entendu les paroles de chacun. (…) Il faut garder ce cap, de façon à maintenir la justice dans sa dignité. Je sais faire confiance à chacun d’entre vous. »

Pour le journaliste et essayiste Eric Zemmour interviewé sur CNews le 9 septembre 2021, Salah Abdeslam « n’est pas un provocateur. Il exprime ce qu’il est. Il tient un double discours. Premier discours à destination de nous, médias occidentaux : le discours victimaire habituel. En réalité, c’est une prison quatre étoiles : il a sa propre salle de sports, tout cela pour qu’il n’ait pas de contact soi-disant avec les autres et qu’il ne puisse pas les “radicaliser” comme on dit dans le jargon imbécile de notre époque. Mais il a quand même des contacts avec les autres pour faire du prosélytisme. [Deuxième discours], il y a les propos d’un musulman impeccable. Dans le Coran, il est dit qu’il faut imiter Mahomet, le “beau modèle” qui est à la fois un prophète et un chef de guerre, un combattant, un type qui va faire couper la tête à ses ennemis… Il annonce la parole divine et un combattant. Quand on est un bon musulman, on imite ce “beau modèle”. Abdeslam se sent comme le meilleur musulman du monde puisqu’il a imité en tout ce que l’on raconte de la vie de Mahomet… Il le dit. Il y a un décalage entre notre regard sur la religion, en particulier sur la religion islamique parce que la plupart des Occidentaux et des observateurs sont des ignorants : ils n’ont pas lu le Coran, ils voient l’islam comme une espèce de christianisme oriental pour les Arabes… Quand on dit la différence, ils vous insultent et vous disent que vous êtes anti-musulman. Je préfère discuter avec des musulmans qui connaissent leur religion ». 

“La 3e journée du “procès du siècle”, ce vendredi 10 septembre, sera consacrée à l’appel des témoins ainsi qu’à la lecture du rapport. Une audience perturbée, la veille, une nouvelle fois par les mots du principal accusé, Salah Abdeslam, qui, sans en avoir eu la permission, a plusieurs fois pris la parole. Une première fois pour dédouaner ses co-accusés, puis en expliquant qu’il y avait aussi des victimes en Syrie et en Irak et qu’elles n’auraient pas la parole lors de ce procès.”

“Un comportement qui pose la question de l’attitude à adopter à son égard. Faut-il le laisser chaque jour se mettre en scène, ou bien se montrer plus ferme ? Philippe Duperron, dont le fils Thomas est mort au Bataclan, est pour la seconde option : “Il y a un vrai débat de fond qui se pose, et la police de l’audience est très difficile à assurer. Le président (du tribunal) Périès conserve une main ferme et essaye d’endiguer la logorrhée de Salah Abdelslam. C’est un vrai problème”.

“Celui qui s’est constitué partie civile ne veut pas voir l’accusé “prendre le lead sur le procès” et, à l’inverse, souhaite que celui-ci “retrouve sa place dans le box”. “Il faut absolument le recadrer”, assène-t-il.”

Michael Grynszpan. Leçon d’humilité. Emmanuel Moreno z.l.

Michael Grynszpan

Leçon d’humilité. Emmanuel Moreno z.l. Ce nom ne vous dit peut-être rien, et pourtant : Emmanuel Moreno était considéré comme étant le meilleur soldat de Tsahal.

Né en France, sa famille a fait l’alyah lorsqu’il avait un an. Il a été tué lors de la seconde guerre du Liban, il y a quinze ans exactement. Il était officier dans le célèbre commando d’élite Sayeret Matkal et remplissait les missions les plus dangereuses derrière les lignes ennemies avec un courage physique et psychique inégalé.

Brillant aussi dans ses études, il avait appris l’arabe qu’il parlait couramment.

Ses nombreux exploits sont toujours tenus secrets et même son visage nous reste inconnu puisqu’aucune photo de lui ne peut être publiée, même après sa mort, parce que ses missions sont toujours classées secret défense et cela risquerait de mettre en danger d’autres personnes impliquées.

Je devine que certains d’entre vous ne vont pas résister à la tentation de chercher sur Google. Sachez que la photo que vous trouverez n’est pas celle d’Emmanuel Moreno mais celle du premier ministre Naftali Bennet qui l’a bien connu lorsqu’il était à l’armée et qui parle souvent de lui avec émotion. Certains ont comparé Emmanuel Moreno à Bar Kokhba, le grand combattant juif contre les romains, on n’en aurait depuis pas connu d’autres de ce niveau.

Des dizaines d’opérations de commando qu’il a menées, deux seulement ont été divulguées : on sait ainsi qu’il a enlevé le chef d’Amal, Mustafa Dirani, dans sa maison au Liban pour l’amener se faire juger en Israël.

Et malgré toutes ces qualités, tous ceux qui l’ont connu témoignent qu’il était particulièrement humble. J’avais d’abord écrit qu’il était “le plus humble de tous les hommes” mais j’ai corrigé car cette expression est traditionnellement réservée à Moïse. Cela montre à quel point cette valeur d’humilité est centrale dans le peuple juif : le plus grand des prophètes et le plus grand des soldats d’Israël étaient aussi les plus humbles…

On dit qu’en entrant dans une salle de cours ou dans un restaurant où se trouvait Emmanuel Moreno, on ne pouvait pas deviner qui il était, tant il se fondait parmi les autres, un simple homme parmi les autres qui ne faisait pas un grand cas du fait d’être un héros.

L’humilité n’est pas très à la mode (mais l’a-t-elle jamais été ?)… Nous vivons le règne du selfie. Dans tous les pays les nouvelles idoles sont celles qui font du bruit et passent sur les plateaux TV, en particulier les “stars” des émissions de TV réalité. Sans parler de tous ces génies du clavier expliquant sur Facebook qu’ils savent mieux que les Professeurs qui ont consacré leur vie à la recherche.

J’ai rencontré le père d’Emmanuel, Ilan Moreno, et je lui ai fait part de mon admiration pour son fils. Je lui ai dit que cela fait du bien de savoir qu’il existe aussi des hommes d’exception comme Emmanuel Moreno – courageux, désintéressés et idéalistes. Surtout qu’en lisant la presse en Israël, on n’entend parler que de corruption, de petites magouilles ou de politique politicienne. Ilan Moreno m’a répondu ceci : “Si tu prends un bus en Israël, n’importe quel bus, ne regarde pas les petites choses, tel jeune qui aurait bousculé sans demander pardon, ou bien telle dame qui parle fort au téléphone… Sache que la moitié des gens dans ce bus, qui sont des gens simples, sont peut-être des héros. Il y a ceux qui travaillent peut-être pour un service de renseignement et mettent leur vie en danger sans que personne ne le sache, il y a ces personnes âgées qui ont survécu à la Shoah en ayant vu leurs proches mourir devant eux, il y a des hommes qui ont traversé des déserts à pieds pour venir vivre ici, ceux qui ont été blessés dans des guerres ou des attentats, ceux qui ont quitté toutes leurs propriétés dans certains pays arabes et sont repartis à zéro, il y a ce jeune qui s’entraîne tous les jours pour accomplir son rêve d’intégrer un jour une Unité de Combat, ceux qui travaillent dans deux ou trois postes pour nourrir leur famille et trouvent en plus le temps de faire du volontariat dans les hôpitaux… Il y a beaucoup plus de héros au quotidien qu’on ne le croit. Parce qu’on ne les voit pas”.

Je pense souvent à cette leçon d’Ilan Moreno, je tenais à vous en faire part. Emmanuel Moreno z.l. a du grandir avec ces valeurs familiales. Un peu plus d’humilité, un peu plus de bienveillance dans nos jugements des autres au quotidien.

© Michael Grynszpan


Michael Grynszpan est réalisateur de films documentaires et journaliste. Il a travaillé pour des chaines internationales et israéliennes. Né à Paris, il habite depuis plus de vingt ans à Tel Aviv. Parmi ses réalisations:  The Forgotten Refugees,  sur l’histoire des Juifs dans le monde arabe, a été primé et diffusé à l’international mais encore projeté à l’ONU et au Congrès américain. A son actif: “Descendants de nazis : l’héritage infernal” pour France 3, un film sur les descendants de nazis qui ont décidé de se convertir au Judaïsme et parfois d’aller habiter en Israël. “Monsieur Chouchani – Mister Shoshani – מר שושני”, maître d’Elie Wiesel et d’Emmanuel Levinas.

Frères musulmans: la Belgique dans le déni

Ihsane Haouach, une Commissaire pour l’Égalité Hommes-Femmes douteuse

 

 
Frères musulmans: la Belgique dans le déni
En Belgique, Ihsane Haouach (photo) a démissionné le 9 juillet 2021. Le jour de sa démission, la presse a relayé des informations émanant de la Sûreté de l’État qui feraient état de liens potentiels entre elle et les Frères musulmans. Image: capture d’écran YouTube.

Alors que l’Autriche, par exemple, a interdit les slogans et la littérature des Frères musulmans, l’affaire Haouach souligne la mansuétude dont la confrérie islamiste bénéficie en Belgique. Chez nos voisins, on préfère plutôt se cacher la tête dans le sable qu’alimenter l’extrême-droite ! Récit.


L’écologisme – l’idéologie écologiste à relents sectaires qui est en train de s’étendre en Europe sous prétexte de protection de la Nature et de lutte contre le dérèglement climatique – qui sévit en Belgique a tout à voir avec celui qui règne en France. Il y subit le même type de dérives. En Belgique également, le parti ECOLO-GROEN pratique le clientélisme communautariste sans garde-fous, allant bien plus loin que les autres partis de gauche, notamment le Parti socialiste wallon que la tradition laïque et l’ancrage franc-maçon obligent tout de même à ne pas dépasser certaines limites.

Une femme musulmane voilée et diplômée est pour les écolos belges comme le chiffon rouge agité devant le taureau. Ils perdent tout repère et toute précaution, seul compte le combat contre les discriminations qui, dans ce cas, remplit au moins deux cases du néoprogressisme contemporain : la lutte contre l’islamophobie et contre le machisme. 

 

C’est ainsi que les écologistes belges,  qui détiennent notamment le portefeuille de secrétaire d’État à l’Égalité des genres, à l’Égalité des chances et à la Diversité dans le gouvernement d’Alexander De Croo, ont proposé récemment Ihsane Haouach au poste de Commissaire pour l’Égalité Hommes-Femmes. 

Talents issus de la diversité

La politique de la coalition actuellement au pouvoir en Belgique (socialistes-libéraux-écologistes) mise clairement (et légitimement) sur la mise en avant de « talents » issus de la diversité. Diplômée de la prestigieuse Solvay Brussels School – Economics & Management, Ihsane Haouach remplissait les critères. En apparence, du moins. Car, tout d’abord, il ne saute pas directement aux yeux qu’une femme voilée (on parle aujourd’hui de « foulard » pour atténuer le caractère clairement patriarcal du voile islamique) puisse incarner la lutte pour l’égalité homme-femme… Cette nomination provoque donc des remous assez rapidement, car le voile de la nouvelle Commissaire rompt avec la tradition de « neutralité » (version belge de la laïcité) à ce type de poste garant de l’équilibre des institutions.

Le premier à s’émouvoir de la situation est le Mouvement réformateur (plus ou moins l’équivalent des Républicains, et qui fait partie de la coalition au pouvoir) qui a pourtant plus ou moins entériné préalablement cette nomination avec ses partenaires du gouvernement. Le directeur scientifique du centre d’études de ce parti, soulignera, lors de la première réunion du conseil d’administration, que le voile de Mme Haouach pose problème en réunion… L’intéressée crie assez vite dans Le Soir à « des attaques sexistes et racistes ». Mais plusieurs médias ressortent des déclarations plus que borderline d’Ihsane Haouach selon lesquelles, la neutralité devrait « s’adapter à l’évolution démographique » (lisez : la lente islamisation de certaines villes de Belgique). Elle s’y plaignait également que l’Islam n’est, hélas, pas suffisamment organisé en lobby. Militantisme plus que gênant. D’autant que ressort dans la presse une photographie la montrant lors d’un dîner en compagnie de personnes proches des Frères musulmans… Le député de gauche qui a commencé sa carrière de médecin à Handicap International, Georges Dallemagne (Centre démocratique humaniste, ex-démocratie chrétienne) monte au créneau également. L’opposition N-VA (nationalistes flamands)-CDH demande une audition de Mme Haouach à la Chambre des députés pour explication. 

Miscasting

Sa situation devenant vite intenable, Ihsane Haouach démissionne. Les écolos s’aperçoivent un peu tard de l’extraordinaire erreur de casting qu’avait constitué sa nomination. Le Premier ministre De Croo tiendra plus tard ces propos curieux : « Je préfère une femme voilée diplômée qui travaille plutôt que rester à la maison. » Les mères au foyer Bac+5 apprécieront…

Cette saga qui a occupé la « une » des journaux belges pendants quelques semaines, a toutefois un mérite : elle a permis de déterrer une note de la Sureté de l’Etat, très peu médiatisée côté francophone à propos de l’entrisme des Frères musulmans. Une confrérie au fonctionnement opaque dont la propension est, justement – comme le gouvernement belge ! – de recruter des musulmans diplômés et hautement éduqués. Cette note n’exclut d’ailleurs pas totalement l’appartenance de Mme Haouach aux Frères musulmans, mais précise qu’aucune preuve n’existe… Comme par définition, il s’agit d’une société secrète, le mystère reste entier. 

A lire aussi, Gerald Darmanin: “Certains acceptent la différence, mais ne veulent pas être minoritaires dans leur pays”

Alors que le gouvernement conservateur… écologiste (!) autrichien a carrément interdit les slogans et la littérature de la Confrérie, en Belgique,  surtout francophone, les médias préfèrent généralement mettre ce type de problème sous le tapis, histoire de ne pas réveiller une extrême-droite pourtant politiquement exsangue en Wallonie. Une stratégie totalement contre-productive, puisque ce type d’incident réveille justement la méfiance envers l’islam, au détriment des musulmans laïques intégrés.

Comme souvent, la vérité sort de la bouche de ces musulmans-là qui ne savent que trop bien le danger que l’islamisme fait peser sur beaucoup de pays du Maghreb et du Moyen-Orient. C’est ainsi qu’un collectif, emmené par Malika Akhdim, militante féministe et laïque et l’humoriste Sam Touzani, a rappelé dans une tribune du Vif-l’Express la dangerosité de ce mouvement frériste encore trop peu documenté en Belgique, regrettant qu’il ne soit pas pris suffisamment au sérieux. Il faut dire que quiconque s’y intéresse de près doit vite se résoudre à vivre sous protection policière. Mohamed Sifaoui, qui dissèque l’entrisme des « Frères » en France dans son récent ouvrage Takiyya, peut en témoigner.