Auteur/autrice : René Levy

Les menaces que la communauté juive américaine refuse d’affronter

 

Source : Caroline Glick
IsraelHayom 2/4/2021

Après avoir été contraints par les restrictions Covid-19 à célébrer la Pâque seuls l’année dernière, comme leurs frères israéliens, les Juifs américains ont pu, dans l’ensemble, célébrer le seder de Pâque avec leurs amis et leurs familles cette année. Et comme en Israël, les familles juives américaines se sont réjouies d’être délivrées de la solitude lors de la fête juive de la délivrance.

Mais même la joie de Pâque n’a pu dissiper les deux gros nuages qui planent au-dessus de la plus grande diaspora juive.

La première menace est la haine croissante des Juifs

Les groupes juifs américains sont bons pour combattre le suprématisme blanc. Malheureusement, la menace extérieure la plus dangereuse pour la vie juive en Amérique ne vient pas des néo-nazis. Elle vient de leur propre camp.

Avec les hindous, les Américains juifs constituent le groupe religieux le plus éduqué d’Amérique. Les juifs américains ont longtemps supposé que la principale source d’antisémitisme en Amérique était le manque d’instruction et qu’à mesure que les niveaux d’instruction augmentaient, les niveaux d’antisémitisme diminuaient. Étant donné la prévalence de l’antisémitisme sur les campus universitaires, des chercheurs de l’université de l’Arkansas ont décidé de vérifier cette hypothèse.

Publiant leurs conclusions cette semaine dans le magazine Tablet, ils ont démontré à quel point cette hypothèse est devenue fausse. Contrairement à ce que les organisations juives ont longtemps affirmé, il s’avère que plus les Américains sont instruits, plus ils sont antisémites.

Les diplômés de l’enseignement supérieur sont cinq pour cent plus susceptibles d’appliquer des doubles standards antisémites aux Juifs que les Américains qui ne sont pas allés à l’université. Les titulaires de diplômes supérieurs ont utilisé des doubles standards à l’encontre des Juifs 15 % plus souvent que les personnes interrogées n’ayant pas fait d’études supérieures.

 

Les implications sont graves. Le monde universitaire, le terrain de prédilection des Juifs américains depuis un siècle et la clé de leur entrée dans l’élite américaine, est désormais un territoire hostile.

Ensuite, il y a les médias.

Au milieu du 20ᵉ siècle, les Juifs américains étaient les pionniers des médias de masse, des industries du divertissement et de la musique aux États-Unis. De plus en plus, cependant, ils sont aujourd’hui leur souffre-douleur.

Le mois dernier, dans le cadre de l’émission Saturday Night Live’s Weekend Update, un reportage sur l’effort israélien de vaccination contre le Covid-19 a été présenté. La chute était qu’Israël ne vaccinait que ses citoyens juifs. Ce mensonge n’est pas venu de nulle part. Il est né de la calomnie selon laquelle la seule démocratie libérale du Moyen-Orient est un État raciste. L’emploi de cette insulte par SNL était l’expression de son acceptation générale dans les cercles progressistes d’aujourd’hui.

Quelques jours plus tard, la série dramatique “Nurses” de NBC dépeignait les Juifs orthodoxes comme des racistes enragés. Faisant écho à la propagande nazie, une scène de la série montrait un patient juif orthodoxe et sa famille rejetant la recommandation de son médecin de lui faire une greffe d’organe parce que l’organe pourrait provenir d’un « non-Juif ».

Il est évident que les scénaristes, les producteurs et les réalisateurs de la série n’auraient pas intégré cet antisémitisme primaire dans leur scénario s’ils n’y croyaient pas ou s’ils craignaient de ne pas s’en sortir.

Et jusqu’à présent, ils s’en sont sortis.

Il y a une semaine et demie, l’animateur de CNN Don Lemon est apparu dans l’émission The View sur ABC pour discuter des remèdes au supposé « racisme structurel » de l’Amérique.

Lemon a déclaré qu’une première étape pour purger les Américains du racisme était de remplacer leurs photos de Jésus, qui le dépeignent comme « un hippie de Suède ou de Norvège », par de nouvelles qui montrent « à quoi ressemblait Jésus ».

 

Et à quoi Jésus ressemblait-il vraiment ?

« Soit à un Jésus noir, soit à un Jésus brun, car nous savons que Jésus ressemblait davantage à un musulman », a déclamé Lemon, en connaissance de cause.

Comme la blague antisémite de SNL, et le drame antisémite de “Nurse”, l’omission par Lemon de mentionner que Jésus était un juif de Bethléem n’est pas venue de nulle part. Elle est venue du leader de la Nation de l’Islam, Louis Farrakhan. Aujourd’hui, le prédicateur qui admire Hitler est considéré comme un leader religieux “authentique” par des millions de révolutionnaires. Sa célébrité fait de lui le plus puissant détracteur des Juifs de l’histoire américaine. La déclaration de Lemon fait écho à l’affirmation de Farrakhan selon laquelle les Juifs sont de « faux Juifs » et que les « vrais Juifs » sont des Noirs et des musulmans.

La cérémonie des Grammy Awards du mois dernier a montré clairement que l’antisémitisme de salon n’est pas un obstacle à l’entrée dans les hautes sphères de la culture des célébrités américaines. Il peut même être un atout. La militante noire Tamika Mallory, qui a qualifié Farrakhan de “GOAT” (c’est-à-dire le plus grand de tous les temps), a prononcé un discours sur la justice raciale. Et la chanteuse Dua Lipa, qui a attaqué les Israéliens en les qualifiant de « faux juifs » et a affirmé que le Hamas était une invention israélienne, s’est produite lors de l’événement.

Ensuite, il y a le parti démocrate – le foyer politique de 65-75 % des Juifs américains. Ce n’est pas simplement que des politiciens antisémites comme Rashida Tlaib, Betty McCollum et Ilhan Omar ont maintenant le vent en poupe, ou que des politiciens pro-israéliens comme Elliot Engel et Dan Lipinski ont été évincés du pouvoir.

Il ne s’agit même pas simplement du fait que des politiciens de haut rang comme le gouverneur de New York Andrew Cuomo et le maire de la ville de New York Bill Deblasio utilisent l’antisémitisme pour rallier leurs partisans ou que le président Joe Biden a nommé des personnes ouvertement hostiles à Israël et des militants du BDS à des postes élevés de son administration.

La semaine dernière, Biden a organisé un seder de Pessah à la Maison-Blanche qui a effacé les Juifs et Dieu de l’histoire de leur délivrance d’Égypte. La Maison-Blanche a invité le rabbin progressiste et anti-israélien Sharon Brous à officier lors de cet événement qui a réécrit et dé-judaïsé tous les aspects de la fête de la liberté juive.

 

De manière désastreuse, ces assauts contre tous les aspects de la vie et de l’identité juives par la gauche woke se produisent alors que de nombreux Juifs américains abandonnent leur judaïsme parce qu’ils voient peu de raisons de rester activement juifs. Plus de 70 % des Juifs non orthodoxes qui se marient épousent des non-Juifs. Plus surprenant encore, seule la moitié des Juifs américains non orthodoxes en âge de se marier (25-54 ans) sont mariés. Parmi ceux qui sont mariés, seuls 15 % élèvent des enfants en tant que Juifs. Les femmes juives non orthodoxes ont les taux de fécondité les plus bas des États-Unis.

Compte tenu de ces données, il est logique que 65-75 % des Juifs américains restent dans un foyer politique et idéologique hostile aux Juifs. C’est une question de priorités. Cela explique également pourquoi une grande partie de la réponse communautaire à la montée de l’antisémitisme et de l’assimilation a été inefficace, voire contre-productive.

Prenez la Ligue anti-diffamation, par exemple. Avec un budget annuel d’environ 100 millions de dollars, l’ADL est censée être la première ligne de défense de la communauté contre l’antisémitisme. Mais avec une direction composée de fantassins dévoués à la révolution progressiste, qui plutôt que de combattre les réseaux de télévision qui propagent des théories de conspiration et des calomnies antisémites, ou les chemises brunes du BDS sur les campus qui terrorisent les étudiants juifs, l’ADL a consacré ses ressources à la lutte contre la « suprématie blanche ». Bien sûr, comme l’ont montré les fusillades dans les synagogues de Pittsburgh et de San Diego, les suprémacistes blancs constituent une menace. Mais contrairement aux progressistes qui détestent les juifs, les suprémacistes blancs n’ont pas d’emprise sur les médias, la politique, le monde universitaire ou la culture populaire.

L’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste pose problème

En janvier, un groupe de puissants groupes juifs de gauche ayant des liens étroits avec l’administration Biden, dont J Street, Americans for Peace Now et le New Israel Fund, a commencé à faire pression sur l’administration pour annuler la décision de l’administration Trump d’adopter la définition de l’antisémitisme produite par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste. La définition de l’IHRA affirme que le rejet du droit à l’existence d’Israël et l’application d’un double standard pour le juger sont des formes d’antisémitisme.

 

Ces définitions font de l’IHRA un problème pour les antisémites progressistes qui rejettent régulièrement le droit à l’existence d’Israël et appliquent un double standard pour le délégitimer.

Le mois dernier, un consortium d’activistes juifs d’extrême gauche a produit une nouvelle définition de l’antisémitisme qui soutient spécifiquement que le rejet du droit d’Israël à exister n’est pas une forme d’antisémitisme. En d’autres termes, plutôt que de combattre l’antisémitisme progressiste, les puissants groupes juifs progressistes et les principaux activistes permettent activement les agressions antisémites contre leurs compatriotes juifs par leurs collègues progressistes.

Quant à la crise de l’assimilation, plutôt que de donner aux Juifs américains une raison de vivre pleinement leur vie juive, les puissantes institutions juives nient l’existence d’un problème. Cette semaine, des chercheurs de Brandeis ont publié une nouvelle enquête sur la population juive américaine qui a déterminé que la population juive en Amérique est en croissance, et non en décroissance. Selon l’étude, il y a 7,6 millions de Juifs en Amérique. Ce chiffre constitue un écart frappant par rapport à l’étude réalisée en 2019 par le démographe Sergio Della Pergola, qui concluait que la communauté s’était réduite à 5,7 millions.

Les chercheurs de Brandeis ont “découvert” 1,9 million de Juifs supplémentaires en comptant les Américains qui se décrivent comme des « Juifs sans religion » et des Juifs « partiels ». Ils ont également inclus 1,2 million d’enfants qui ont grandi dans des foyers où au moins un parent juif a été « élevé en tant que juif, de quelque manière que ce soit », ce qui, comme le note l’écrivain juif américain Jonathan Tobin, est une « condition si vaguement définie qu’elle n’a aucun sens ».

Tobin note qu’en élargissant le nombre de Juifs pour inclure ceux qui n’ont qu’une relation très atténuée avec le judaïsme, l’étude de Brandeis fournit aux organisations juives une justification pour consacrer une plus grande partie des ressources communautaires (qui diminuent rapidement) à des personnes ayant peu d’attachement ou d’intérêt pour le judaïsme, et ce aux dépens des Juifs américains engagés dans une vie juive.

 

Un nombre croissant de Juifs américains engagés se retrouvent déjà en porte-à-faux avec leur communauté. Au cours des cinq dernières années, les histoires abondent de membres de congrégations réformées et conservatrices qui ont été ostracisés ou forcés de quitter leur communauté en raison de leurs convictions politiques conservatrices. Les plus fréquemment touchés ont été des Juifs qui soutenaient ouvertement le président Trump de l’époque.

La lutte contre les tendances à l’assimilation a également obligé de nombreux juifs à franchir le pas. L’historien juif américain Jack Wertheimer a rapporté que les rabbins réformés et conservateurs qui refusent de célébrer des mariages mixtes ont été sanctionnés et même renvoyés de leur chaire. Il a également noté que les rabbins réformés qui encourageaient simplement les membres de leur synagogue à sortir avec d’autres Juifs ont subi des répercussions négatives de la part de leurs fidèles. Les couples mariés, a-t-il indiqué, attendent de plus en plus de leurs rabbins qu’ils célèbrent les fêtes juives et chrétiennes pour que leurs conjoints non juifs se sentent les bienvenus.

Les organisations juives qui cherchent à agir au nom des intérêts communautaires en luttant contre l’antisémitisme progressif sont également attaquées. L’exemple le plus frappant est sans doute la décision du Conseil des relations de la communauté juive de Boston (JCRC) d’examiner une pétition de groupes progressistes visant à expulser de ses rangs la Zionist Organization of America (ZOA), une organisation conservatrice.

Les groupes progressistes ont demandé l’expulsion de ZOA parce que son président, Mort Klein, s’est exprimé publiquement contre l’antisémitisme virulent de Black Lives Matter. Les progressistes se sont également opposés au soutien de Klein à Trump.

Si le JCRC a reconnu à juste titre que « l’expulsion [de la ZOA] en ce moment ne servirait pas ses intérêts ni ceux de la communauté juive plus large de Boston », il n’a pas remis en question la légitimité de la pétition visant à expulser la ZOA.

L’ancien ambassadeur américain en Israël, Dan Shapiro, a récemment qualifié de « racistes » et de « bigots » les Juifs qui se sont opposés à la nomination par Biden d’Américains d’origine arabe ayant des antécédents notoires d’hostilité envers Israël et de soutien au terrorisme palestinien. Shapiro a affirmé que leur identité arabe leur donne un laissez-passer pour plaider en faveur de la destruction d’Israël.

 

Le bon côté de ce sombre tableau est qu’entre 25 et 40 % des Juifs américains restent profondément attachés à leur judaïsme et à la préservation, la défense et la transmission de leur identité à la génération suivante. Ce groupe comprend à la fois des Juifs orthodoxes, des Juifs sionistes de différents niveaux d’observance religieuse et des Juifs politiquement conservateurs. Alors que l’establishment juif américain progressiste s’efforce de tendre la main aux juifs assimilés et d’apaiser ceux qui détestent les juifs progressistes, Israël peut et doit soutenir cette minorité engagée. Une telle aide augmentera sans aucun doute leur nombre et leur donnera les moyens de se défendre et de défendre leurs droits en tant que Juifs.

Cette aide garantira que les Juifs américains continueront à se joindre à leurs homologues israéliens pour chanter « L’année prochaine à Jérusalem » pour les générations à venir – et beaucoup le feront à Jérusalem avec leurs petits-enfants. CG

Caroline Glick, MABATIM.INFO

Les menaces que la communauté juive américaine refuse d’affronter

 

Source : Caroline Glick
IsraelHayom 2/4/2021

Après avoir été contraints par les restrictions Covid-19 à célébrer la Pâque seuls l’année dernière, comme leurs frères israéliens, les Juifs américains ont pu, dans l’ensemble, célébrer le seder de Pâque avec leurs amis et leurs familles cette année. Et comme en Israël, les familles juives américaines se sont réjouies d’être délivrées de la solitude lors de la fête juive de la délivrance.

Mais même la joie de Pâque n’a pu dissiper les deux gros nuages qui planent au-dessus de la plus grande diaspora juive.

La première menace est la haine croissante des Juifs

Les groupes juifs américains sont bons pour combattre le suprématisme blanc. Malheureusement, la menace extérieure la plus dangereuse pour la vie juive en Amérique ne vient pas des néo-nazis. Elle vient de leur propre camp.

Avec les hindous, les Américains juifs constituent le groupe religieux le plus éduqué d’Amérique. Les juifs américains ont longtemps supposé que la principale source d’antisémitisme en Amérique était le manque d’instruction et qu’à mesure que les niveaux d’instruction augmentaient, les niveaux d’antisémitisme diminuaient. Étant donné la prévalence de l’antisémitisme sur les campus universitaires, des chercheurs de l’université de l’Arkansas ont décidé de vérifier cette hypothèse.

Publiant leurs conclusions cette semaine dans le magazine Tablet, ils ont démontré à quel point cette hypothèse est devenue fausse. Contrairement à ce que les organisations juives ont longtemps affirmé, il s’avère que plus les Américains sont instruits, plus ils sont antisémites.

Les diplômés de l’enseignement supérieur sont cinq pour cent plus susceptibles d’appliquer des doubles standards antisémites aux Juifs que les Américains qui ne sont pas allés à l’université. Les titulaires de diplômes supérieurs ont utilisé des doubles standards à l’encontre des Juifs 15 % plus souvent que les personnes interrogées n’ayant pas fait d’études supérieures.

 

Les implications sont graves. Le monde universitaire, le terrain de prédilection des Juifs américains depuis un siècle et la clé de leur entrée dans l’élite américaine, est désormais un territoire hostile.

Ensuite, il y a les médias.

Au milieu du 20ᵉ siècle, les Juifs américains étaient les pionniers des médias de masse, des industries du divertissement et de la musique aux États-Unis. De plus en plus, cependant, ils sont aujourd’hui leur souffre-douleur.

Le mois dernier, dans le cadre de l’émission Saturday Night Live’s Weekend Update, un reportage sur l’effort israélien de vaccination contre le Covid-19 a été présenté. La chute était qu’Israël ne vaccinait que ses citoyens juifs. Ce mensonge n’est pas venu de nulle part. Il est né de la calomnie selon laquelle la seule démocratie libérale du Moyen-Orient est un État raciste. L’emploi de cette insulte par SNL était l’expression de son acceptation générale dans les cercles progressistes d’aujourd’hui.

Quelques jours plus tard, la série dramatique “Nurses” de NBC dépeignait les Juifs orthodoxes comme des racistes enragés. Faisant écho à la propagande nazie, une scène de la série montrait un patient juif orthodoxe et sa famille rejetant la recommandation de son médecin de lui faire une greffe d’organe parce que l’organe pourrait provenir d’un « non-Juif ».

Il est évident que les scénaristes, les producteurs et les réalisateurs de la série n’auraient pas intégré cet antisémitisme primaire dans leur scénario s’ils n’y croyaient pas ou s’ils craignaient de ne pas s’en sortir.

Et jusqu’à présent, ils s’en sont sortis.

Il y a une semaine et demie, l’animateur de CNN Don Lemon est apparu dans l’émission The View sur ABC pour discuter des remèdes au supposé « racisme structurel » de l’Amérique.

Lemon a déclaré qu’une première étape pour purger les Américains du racisme était de remplacer leurs photos de Jésus, qui le dépeignent comme « un hippie de Suède ou de Norvège », par de nouvelles qui montrent « à quoi ressemblait Jésus ».

 

Et à quoi Jésus ressemblait-il vraiment ?

« Soit à un Jésus noir, soit à un Jésus brun, car nous savons que Jésus ressemblait davantage à un musulman », a déclamé Lemon, en connaissance de cause.

Comme la blague antisémite de SNL, et le drame antisémite de “Nurse”, l’omission par Lemon de mentionner que Jésus était un juif de Bethléem n’est pas venue de nulle part. Elle est venue du leader de la Nation de l’Islam, Louis Farrakhan. Aujourd’hui, le prédicateur qui admire Hitler est considéré comme un leader religieux “authentique” par des millions de révolutionnaires. Sa célébrité fait de lui le plus puissant détracteur des Juifs de l’histoire américaine. La déclaration de Lemon fait écho à l’affirmation de Farrakhan selon laquelle les Juifs sont de « faux Juifs » et que les « vrais Juifs » sont des Noirs et des musulmans.

La cérémonie des Grammy Awards du mois dernier a montré clairement que l’antisémitisme de salon n’est pas un obstacle à l’entrée dans les hautes sphères de la culture des célébrités américaines. Il peut même être un atout. La militante noire Tamika Mallory, qui a qualifié Farrakhan de “GOAT” (c’est-à-dire le plus grand de tous les temps), a prononcé un discours sur la justice raciale. Et la chanteuse Dua Lipa, qui a attaqué les Israéliens en les qualifiant de « faux juifs » et a affirmé que le Hamas était une invention israélienne, s’est produite lors de l’événement.

Ensuite, il y a le parti démocrate – le foyer politique de 65-75 % des Juifs américains. Ce n’est pas simplement que des politiciens antisémites comme Rashida Tlaib, Betty McCollum et Ilhan Omar ont maintenant le vent en poupe, ou que des politiciens pro-israéliens comme Elliot Engel et Dan Lipinski ont été évincés du pouvoir.

Il ne s’agit même pas simplement du fait que des politiciens de haut rang comme le gouverneur de New York Andrew Cuomo et le maire de la ville de New York Bill Deblasio utilisent l’antisémitisme pour rallier leurs partisans ou que le président Joe Biden a nommé des personnes ouvertement hostiles à Israël et des militants du BDS à des postes élevés de son administration.

La semaine dernière, Biden a organisé un seder de Pessah à la Maison-Blanche qui a effacé les Juifs et Dieu de l’histoire de leur délivrance d’Égypte. La Maison-Blanche a invité le rabbin progressiste et anti-israélien Sharon Brous à officier lors de cet événement qui a réécrit et dé-judaïsé tous les aspects de la fête de la liberté juive.

 

De manière désastreuse, ces assauts contre tous les aspects de la vie et de l’identité juives par la gauche woke se produisent alors que de nombreux Juifs américains abandonnent leur judaïsme parce qu’ils voient peu de raisons de rester activement juifs. Plus de 70 % des Juifs non orthodoxes qui se marient épousent des non-Juifs. Plus surprenant encore, seule la moitié des Juifs américains non orthodoxes en âge de se marier (25-54 ans) sont mariés. Parmi ceux qui sont mariés, seuls 15 % élèvent des enfants en tant que Juifs. Les femmes juives non orthodoxes ont les taux de fécondité les plus bas des États-Unis.

Compte tenu de ces données, il est logique que 65-75 % des Juifs américains restent dans un foyer politique et idéologique hostile aux Juifs. C’est une question de priorités. Cela explique également pourquoi une grande partie de la réponse communautaire à la montée de l’antisémitisme et de l’assimilation a été inefficace, voire contre-productive.

Prenez la Ligue anti-diffamation, par exemple. Avec un budget annuel d’environ 100 millions de dollars, l’ADL est censée être la première ligne de défense de la communauté contre l’antisémitisme. Mais avec une direction composée de fantassins dévoués à la révolution progressiste, qui plutôt que de combattre les réseaux de télévision qui propagent des théories de conspiration et des calomnies antisémites, ou les chemises brunes du BDS sur les campus qui terrorisent les étudiants juifs, l’ADL a consacré ses ressources à la lutte contre la « suprématie blanche ». Bien sûr, comme l’ont montré les fusillades dans les synagogues de Pittsburgh et de San Diego, les suprémacistes blancs constituent une menace. Mais contrairement aux progressistes qui détestent les juifs, les suprémacistes blancs n’ont pas d’emprise sur les médias, la politique, le monde universitaire ou la culture populaire.

L’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste pose problème

En janvier, un groupe de puissants groupes juifs de gauche ayant des liens étroits avec l’administration Biden, dont J Street, Americans for Peace Now et le New Israel Fund, a commencé à faire pression sur l’administration pour annuler la décision de l’administration Trump d’adopter la définition de l’antisémitisme produite par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste. La définition de l’IHRA affirme que le rejet du droit à l’existence d’Israël et l’application d’un double standard pour le juger sont des formes d’antisémitisme.

 

Ces définitions font de l’IHRA un problème pour les antisémites progressistes qui rejettent régulièrement le droit à l’existence d’Israël et appliquent un double standard pour le délégitimer.

Le mois dernier, un consortium d’activistes juifs d’extrême gauche a produit une nouvelle définition de l’antisémitisme qui soutient spécifiquement que le rejet du droit d’Israël à exister n’est pas une forme d’antisémitisme. En d’autres termes, plutôt que de combattre l’antisémitisme progressiste, les puissants groupes juifs progressistes et les principaux activistes permettent activement les agressions antisémites contre leurs compatriotes juifs par leurs collègues progressistes.

Quant à la crise de l’assimilation, plutôt que de donner aux Juifs américains une raison de vivre pleinement leur vie juive, les puissantes institutions juives nient l’existence d’un problème. Cette semaine, des chercheurs de Brandeis ont publié une nouvelle enquête sur la population juive américaine qui a déterminé que la population juive en Amérique est en croissance, et non en décroissance. Selon l’étude, il y a 7,6 millions de Juifs en Amérique. Ce chiffre constitue un écart frappant par rapport à l’étude réalisée en 2019 par le démographe Sergio Della Pergola, qui concluait que la communauté s’était réduite à 5,7 millions.

Les chercheurs de Brandeis ont “découvert” 1,9 million de Juifs supplémentaires en comptant les Américains qui se décrivent comme des « Juifs sans religion » et des Juifs « partiels ». Ils ont également inclus 1,2 million d’enfants qui ont grandi dans des foyers où au moins un parent juif a été « élevé en tant que juif, de quelque manière que ce soit », ce qui, comme le note l’écrivain juif américain Jonathan Tobin, est une « condition si vaguement définie qu’elle n’a aucun sens ».

Tobin note qu’en élargissant le nombre de Juifs pour inclure ceux qui n’ont qu’une relation très atténuée avec le judaïsme, l’étude de Brandeis fournit aux organisations juives une justification pour consacrer une plus grande partie des ressources communautaires (qui diminuent rapidement) à des personnes ayant peu d’attachement ou d’intérêt pour le judaïsme, et ce aux dépens des Juifs américains engagés dans une vie juive.

 

Un nombre croissant de Juifs américains engagés se retrouvent déjà en porte-à-faux avec leur communauté. Au cours des cinq dernières années, les histoires abondent de membres de congrégations réformées et conservatrices qui ont été ostracisés ou forcés de quitter leur communauté en raison de leurs convictions politiques conservatrices. Les plus fréquemment touchés ont été des Juifs qui soutenaient ouvertement le président Trump de l’époque.

La lutte contre les tendances à l’assimilation a également obligé de nombreux juifs à franchir le pas. L’historien juif américain Jack Wertheimer a rapporté que les rabbins réformés et conservateurs qui refusent de célébrer des mariages mixtes ont été sanctionnés et même renvoyés de leur chaire. Il a également noté que les rabbins réformés qui encourageaient simplement les membres de leur synagogue à sortir avec d’autres Juifs ont subi des répercussions négatives de la part de leurs fidèles. Les couples mariés, a-t-il indiqué, attendent de plus en plus de leurs rabbins qu’ils célèbrent les fêtes juives et chrétiennes pour que leurs conjoints non juifs se sentent les bienvenus.

Les organisations juives qui cherchent à agir au nom des intérêts communautaires en luttant contre l’antisémitisme progressif sont également attaquées. L’exemple le plus frappant est sans doute la décision du Conseil des relations de la communauté juive de Boston (JCRC) d’examiner une pétition de groupes progressistes visant à expulser de ses rangs la Zionist Organization of America (ZOA), une organisation conservatrice.

Les groupes progressistes ont demandé l’expulsion de ZOA parce que son président, Mort Klein, s’est exprimé publiquement contre l’antisémitisme virulent de Black Lives Matter. Les progressistes se sont également opposés au soutien de Klein à Trump.

Si le JCRC a reconnu à juste titre que « l’expulsion [de la ZOA] en ce moment ne servirait pas ses intérêts ni ceux de la communauté juive plus large de Boston », il n’a pas remis en question la légitimité de la pétition visant à expulser la ZOA.

L’ancien ambassadeur américain en Israël, Dan Shapiro, a récemment qualifié de « racistes » et de « bigots » les Juifs qui se sont opposés à la nomination par Biden d’Américains d’origine arabe ayant des antécédents notoires d’hostilité envers Israël et de soutien au terrorisme palestinien. Shapiro a affirmé que leur identité arabe leur donne un laissez-passer pour plaider en faveur de la destruction d’Israël.

 

Le bon côté de ce sombre tableau est qu’entre 25 et 40 % des Juifs américains restent profondément attachés à leur judaïsme et à la préservation, la défense et la transmission de leur identité à la génération suivante. Ce groupe comprend à la fois des Juifs orthodoxes, des Juifs sionistes de différents niveaux d’observance religieuse et des Juifs politiquement conservateurs. Alors que l’establishment juif américain progressiste s’efforce de tendre la main aux juifs assimilés et d’apaiser ceux qui détestent les juifs progressistes, Israël peut et doit soutenir cette minorité engagée. Une telle aide augmentera sans aucun doute leur nombre et leur donnera les moyens de se défendre et de défendre leurs droits en tant que Juifs.

Cette aide garantira que les Juifs américains continueront à se joindre à leurs homologues israéliens pour chanter « L’année prochaine à Jérusalem » pour les générations à venir – et beaucoup le feront à Jérusalem avec leurs petits-enfants. CG

Caroline Glick, MABATIM.INFO

VOL TRANSAVIA TEL AVIV – PARIS QUE S’EST IL PASSE ?

Mais que s’est-il passé pour ces 41 passagers du vol Transavia TO3931 en provenance de Tel-Aviv ce vendredi 2 avril 2021 ?

Une passagère de ce vol nous a contacté et nous a remis copie de sa réservation ainsi que de sa carte d’embarquement; Celles-ci sont à la disposition des autorités compétentes que nous ne manquerons de contacter officiellement.

Ils apprennent à leur descente d’avion que les forces de l’ordre accompagnées d’un personnel sanitaire avaient reçu l’ordre de faire un test Covid à chaque passager. Ces derniers protestent en montrant les documents prouvant qu’ils étaient déjà vaccinés et qu’un test PCR avait effectué et présenté comme Transavia ou tout autre transporteur aérien l’exige. 

Rien à faire, on leur fera effectuer le test avec attente sur les nerfs pour la plupart d’entre eux des résultats.
Il s’agissait de tester de façon aléatoire tous les passagers du vol et pour ce faire avec déplacement à pied à 2 kms de l’aérogare, vérification des papiers puis attente interminable des bagages comme la plupart des vols en provenance d’Israêl.

Tout ceci est bien curieux, on finit par se demander pourquoi les passagers venant de pays qui ne disposent pas de vaccins ne sont pas contrôlés et d’autres, le même jour, venant d’Israël où toute la population est vaccinée et testée se font testés à leur arrivée. Curieux également quand on apprend que ce genre de situation s’est déjà produit.

L’Observatoire Juif de France, sans porter de jugement, ne peut que relever ces faits et les rapporter.

VOL TRANSAVIA TEL AVIV – PARIS QUE S’EST IL PASSE ?

Mais que s’est-il passé pour ces 41 passagers du vol Transavia TO3931 en provenance de Tel-Aviv ce vendredi 2 avril 2021 ?

Une passagère de ce vol nous a contacté et nous a remis copie de sa réservation ainsi que de sa carte d’embarquement; Celles-ci sont à la disposition des autorités compétentes que nous ne manquerons de contacter officiellement.

Ils apprennent à leur descente d’avion que les forces de l’ordre accompagnées d’un personnel sanitaire avaient reçu l’ordre de faire un test Covid à chaque passager. Ces derniers protestent en montrant les documents prouvant qu’ils étaient déjà vaccinés et qu’un test PCR avait effectué et présenté comme Transavia ou tout autre transporteur aérien l’exige. 

Rien à faire, on leur fera effectuer le test avec attente sur les nerfs pour la plupart d’entre eux des résultats.
Il s’agissait de tester de façon aléatoire tous les passagers du vol et pour ce faire avec déplacement à pied à 2 kms de l’aérogare, vérification des papiers puis attente interminable des bagages comme la plupart des vols en provenance d’Israêl.

Tout ceci est bien curieux, on finit par se demander pourquoi les passagers venant de pays qui ne disposent pas de vaccins ne sont pas contrôlés et d’autres, le même jour, venant d’Israël où toute la population est vaccinée et testée se font testés à leur arrivée. Curieux également quand on apprend que ce genre de situation s’est déjà produit.

L’Observatoire Juif de France, sans porter de jugement, ne peut que relever ces faits et les rapporter.

COMMUNIQUE DE PRESSE L’OBSERVATOIRE JUIF DE FRANCE PORTE PLAINTE CONTRE DORIAN NOEL

L’Observatoire Juif de France créé en 1997 a pour objet la lutte contre l’antisémitisme, le négationnisme, l’antisionisme, le racisme et toute forme d’intolérance.

La situation préoccupante dans notre pays due à cette pandémie de la COVID19. Il n’en est rien et on continue d’assister à un déferlement de haine sur les réseaux sociaux.

Des informations importantes nous ont été communiquées par BTA (Balance Ton Antisémite) avec qui nous collaborons étroitement, et après vérification, nos Avocats ont déposé Plainte auprès du Procureur de la République du Tribunal Judiciaire de Paris, contre le dénommé Dorian Noël.

Dorian Noël ayant proféré des propos racistes, à travers Télégram fin février et début mars appelant à la haine des Juifs. 

Cet individu nous a obligé à compléter notre plainte suite à de nouvelles publications encore plus virulentes que les précédentes.

Suite à notre plainte nous espérons que les autorités compétentes seront saisies par Monsieur le Procureur de la République, et ce, fin de mettre un terme à ces insultes insupportables.

Il faut que tous ces individus qui essayent de nous intimider, de nous faire peur, sachent qu’ils n’y arriveront jamais et nous trouveront toujours face à eux, afin que la JUSTICE applique la LOI rien que la LOI.

 

 

 

 

BONNES FETES DE PESSAH

PESSAH ISRAËL

Mes chères amies, mes chers amis,

Nous allons célébrer la sortie d’Egypte et cette longue traversée du désert.
Comment ne pas penser à la période que nous vivons et la considérer comme un moment où, esclaves de cette pandémie, nous implorons la science de nous laisser sortir librement.
C’est avec l’espoir de voir une période meilleure que nous vous souhaitons au nom de tous les bénévoles de l’Observatoire Juif de France de bonnes fêtes de Pessah.
Aussi, nous vous remercions de l’intérêt que vous portez à l’Observatoire Juif de France, à sa mission que nous assumons grâce à vous tous avec devoir et fierté.
Soyons encore très prudents, et pensons aux bons moments que nous vivrons ensemble avec davantage de proximité, avec nos sourires retrouvés.

Hag Sameah à tous,

René Levy
Président de l’OJF

Antisémitisme, financement de mosquée… La polémique à la mairie de Strasbourg en trois actes

EELV

Antisémitisme, financement de mosquée… La polémique à la mairie de Strasbourg en trois actes
La décision de la mairie de Strabourg d’accorder une subvention de 2,5 millions d’euros à la mosquée Eyyub Sultan a fait monter au créneau Gérald Darmanin, qui pointe du doigt l’influence de la Turquie et le refus de signer la Charte de l’Islam de France
Frederick FLORIN / AFP

La municipalité écolo de Strasbourg est dans la tourmente depuis le vote d’une subvention à la construction d’une mosquée soutenue par une fédération controversée. Le même jour, la majorité a refusé de reconnaître la définition de l’antisémitisme fournie par l’Alliance Internationale pour la mémoire de l’Holocauste.

Par

Deux polémiques en une seule journée. Ce lundi 22 mars, les élus du conseil municipal à majorité EELV ont pris deux décisions qui ont suscité une vive réaction politique. D’abord le rejet d’une définition possible de l’antisémitisme, ensuite le vote d’un « principe d’une subvention » de 2,5 millions d’euros à une mosquée soutenue par une fédération liée à la Turquie et qui a refusé de signer la Charte des principes de l’islam de France.

1. La définition de l’antisémitisme refusée

À 39 voix contre 19 (et 1’abstention), le Conseil municipal a donc d’abord rejeté la définition de l’antisémitisme proposé par l’Alliance Internationale pour la Mémoire de l’Holocauste (AIMH). Si le cœur de cette définition semble évident, les liens parfois complexes entre antisémitisme et antisionisme ont posé problème aux membres de la majorité locale.

« Ce vote se fonde sur deux points, explique à Marianne Jean Werlen, conseiller municipal en charge des cultes. Premièrement, il y a une tradition strasbourgeoise de ne jamais importer les conflits étrangers à l’intérieur des communautés religieuses locales. Deuxièmement, il est hors de question de retirer à des citoyens le droit de critiquer un État, fût-il étranger. Il faut condamner l’antisémitisme mais il faut pouvoir critiquer un État et cette définition interdit toute critique de la politique de l’État d’Israël ».

En réalité, la définition affirme clairement que « critiquer Israël comme on critiquerait tout autre État ne peut pas être considéré comme de l’antisémitisme ». Mais d’autres points, assimilés à de l’antisémitisme, semblent plus litigieux aux yeux des détracteurs du texte : « le reproche fait aux citoyens juifs de servir davantage Israël (…) que les intérêts de leur propre pays », « le refus du droit à l’autodétermination des Juifs, en affirmant par exemple que l’existence de l’État d’Israël est le fruit d’une entreprise raciste » et « l’établissement de comparaisons entre la politique israélienne contemporaine et celle des Nazis ».

“UN CERTAIN MALAISE”

Des griefs que réfute l’élu d’opposition Pierre Jakubowicz, auprès de Marianne : « Je suis consterné.Nous sommes la première assemblée démocratique dans un État européen à refuser cette définition. Il s’agit de la définition officielle de l’antisémitisme retenue par 31 États, par l’Assemblée Nationale,le Parlement européen dont le siège est à Strasbourg, par le Conseil de Paris et la ville de Nice. À chaque fois qu’elle est proposée, elle est acceptée, à gauche comme à droite. »

Selon l’élu, « la ville de Strasbourg a besoin de cette définition car il y a eu ces derniers mois plusieurs actes antisémites notoires. Un graffeur employé par la ville et portant un t-shirt “I love Tel-Aviv” s’est fait violenté et a reçu des insultes antisémites. Après cela, il a fallu six jours pour que la ville réagisse et ce n’est qu’avec le dépôt d’une motion par le groupe socialiste que la majorité a accepté de prendre le dossier en main. Puis il y a eu l’affaire d’un livreur Deliveroo qui a refusé de prendre en charge des repas dans un restaurant juif. Or, pour lutter efficacement contre un mal, il faut savoir le définir. »

Selon lui, le véritable motif du refus de la majorité municipale trouve son explication ailleurs : « Il y a un certain malaise face à cette définition, liée au fait que certains membres de la majorité soutiennent ouvertement des associations de boycott à Israël comme BDS ».

2. Des subventions pour une mosquée controversée

Mais cette discorde a rapidement été éclipsée par une autre : la subvention de 2,5 millions d’euros accordée pour financer la construction de la mosquée Eyyub Sultan, portée par la Confédération islamique Millî Görüs (CIMG). Elle a été votée à 42 voix contre 7, les groupes Faire ensemble Strasbourg (PS) et Strasbourg ensemble (LREM) ayant refusé de prendre part à ce vote.

Si le financement d’un lieu de culte par une mairie peut surprendre, le fait n’est pas nouveau en régime concordataire. L’Alsace et la Moselle, qui n’étaient pas françaises, mais allemandes, au moment du vote de la loi de 1905, conservent les dispositions du Concordat qui permettent à l’État et aux collectivités de financer les cultes. Ces 2,5 millions d’euros représentent environ 10 % du prix de l’édifice, une proportion qui n’est pas inhabituelle, toutes confessions religieuses confondues, dans les subventions publiques accordées en Alsace à la construction de lieux de culte.

“UNE SUBVENTION SANS GARANTIE”

En revanche, les liens de la CIMG avec la Turquie et son refus de signer la Charte des principes de l’islam de France posent question. Le conseiller municipal d’opposition Pierre Jakubowicz (du groupe Strasbourg ensemble, qui a refusé de prendre part au vote) regrette un « vote irresponsable qui met à mal plusieurs décennies de travail collectif. Il y a eu manquement à deux règles. Premièrement, la maire a proposé une subvention sur un projet déjà en cours, alors que la règle a toujours été de ne financer que des projets en préparation pour pouvoir avoir un contrôle en amont. Deuxièmement, la structure qui porte ce projet de mosquée fait partie des trois qui ont refusé de signer la Charte de l’islam de France, dans laquelle apparaissent notamment, le rejet de l’homophobie et du crime d’apostat, ainsi que la reconnaissance de l’égalité homme-femme. Il apparaît invraisemblable de pouvoir attribuer une subvention sans garantie d’adhésion à ces valeurs. »

3. Gérald Darmanin s’en mêle

Des éléments qui ont fait réagir le ministre de l’Intérieur. Lundi soir, Gérald Darmanin s’est fendu d’un tweet acerbe : « La mairie verte de Strasbourg finance une mosquée soutenue par une fédération qui a refusé de signer la charte des principes de l’islam de France et qui défend un islam politique. Vivement que tout le monde ouvre les yeux et que la loi séparatisme soit bientôt votée et promulguée ». Mardi en fin de matinée, le ministre de l’Intérieur a annoncé avoir demandé à la préfète du Bas-Rhin Josiane Chevalier de saisir la justice administrative de cette délibération.

La maire de Strasbourg Jeanne Barseghian s’est défendue mardi dans une conférence de presse en affirmant qu’« avant le tweet publié ce matin par le ministre de l’Intérieur, l’État n’avait formulé jusqu’ici aucune contre-indication sur ce projet ni aucune alerte concernant les porteurs ». Une version démentie ce mercredi matin par le ministre de l’Intérieur qui, interviewé sur BFM TV, a évoqué une mise en garde de la préfète antérieure au vote et a souligné la volonté d’Ankara d’influencer les élections françaises.

CONSEILS MUNICIPAUX TENDUS

Auprès de Marianne, le conseiller municipal en charge des cultes Jean Werlen nie la version des faits donnée par le Ministre de l’Intérieur : « Nous rencontrons régulièrement les services préfectoraux, qui n’ont jamais sonné l’alerte sur ce projet de mosquée. J’ignore d’où viennent les informations du ministre, mais il doit y avoir confusion. Je n’ai jamais entendu parler de la moindre mise en garde. » Il s’étonne d’ailleurs de la virulence et de la soudaineté des oppositions, qu’il assimile à une « posture destinée à rassurer une frange de l’électorat » : « Visiblement, c’était un mot d’ordre de dernière minute. Ce projet de subvention est passé en commission plénière une semaine avant et il n’a été retenu par aucun groupe politique. La plupart des opposants d’aujourd’hui se sont d’ailleurs rendus soit à la pose de la première pierre soit à des fêtes organisées par cette association. »

La présence de ces deux polémiques, le jour d’un seul et même conseil municipal, tend à mettre en lumière la nouvelle ambiance qui s’est installée à la mairie de Strasbourg depuis les dernières élections municipales. « Depuis l’arrivée de la nouvelle majorité, tous les conseils sont très tendus », révèle Pierre Jakubowicz. Ces derniers mois, on assiste au conseil municipal à des degrés de tensions jamais vus. » Un exemple ? En février, lors d’une première tentative de l’opposition pour faire voter la définition de l’antisémitisme, « Nous nous sommes trouvés confrontés à la volonté d’obstruction de la maire, qui a coupé les micros à plusieurs reprises et s’est exclamée : “ça suffit, on n’en parlera pas”. Il y a eu deux suspensions de séances en une demi-heure, ce qui n’arrive jamais. » Et le mandat est loin d’être terminé…

César 2021: Isabelle Adjani, Caroline Fourest et Rachel Khan mettent en garde contre «une nouvelle forme de censure»

Les trois femmes signent une tribune dans le magazine Ellelivrent leur vision du cinéma, qui doit rester «universel».

De gauche à droite, Caroline Fourest, Isabelle Adjani et Rachel Khan refusent de laisser l'art entre les mains de la censure et du communautarisme.
De gauche à droite, Caroline Fourest, Isabelle Adjani et Rachel Khan refusent de laisser l’art entre les mains de la censure et du communautarisme. Villette Pierrick/Avenir Pictures/ABACA / Domine Jerome/ABACA / Witt Jacques/Pool/ABACA

«Aucune cérémonie ne pourra jamais représenter la polysémie du cinéma. […] C’est la subtilité même de l’art, sa magie, qui nous a manqué à cette soirée des César, où seuls les disparus et les images du passé semblaient garder le don et même l’envie de nous enchanter.» C’est le – triste – constat posé par Caroline Fourest, Isabelle Adjani et Rachel Khan, dans une tribune parue le 18 mars dans les colonnes du magazine Elle . Réagissant à la cérémonie des César, qui a brillé par son caractère revendicatif et identitaire, les trois femmes ont pris la plume pour mettre en garde le cinéma français – et la culture plus généralement – contre le sectarisme ambiant.

 

 

César : faut-il continuer à subventionner le cinéma Français ?

 

Pourtant, «les votants de l’Académie ont su récompenser de vrais espoirs, des genres de films très différents», laissant entrevoir un espoir pour le septième art, durement touché par la crise sanitaire. C’était sans compter sur la posture victimaire et communautaire adoptée par certains acteurs: «À de vraies exceptions près, c’est l’émotion qui fuyait, laissant flotter le sentiment d’un entre-soi où l’on ne s’adressait qu’aux siens, sans vraiment parler aux autres», signent Fourest, Adjani et Khan au sujet des prises de position des uns et des autres durant la soirée. «Chacun ou presque est venu livrer le monologue qu’on attendait de lui. Comme s’il fallait parler de “ses causes” à “sa communauté” ou à “ses followers”. Comme s’il devenait impossible de trouver les mots qui s’adressent à tous. Comme si le cinéma ne savait plus rassembler.»

Censure

Et de (re)poser l’éternelle question que ceux qui furent choqués par le spectacle du 12 mars. Avec de tels discours, avec de telles exhibitions – aussi bien au sens propre que figuré -, avec un tel «égotisme» pour reprendre un terme stendhalien, «comment donner envie de rouvrir les salles pour s’y retrouver ?»

Au-delà du cinéma, c’est l’art et la liberté qui sont en proie au sectarisme et à la «cancel culture» (culture de l’annulation): «En trois heures trente, nous avons entendu parler de tous les maux du monde qui agitent les réseaux sociaux, mais bien peu de liberté d’expression et de création, pourtant menacées.» Un sujet bien maîtrisé par Rachel Khan, elle-même lâchée par l’association Hipo-Hop La Place, qu’elle codirige, après ses déclarations au Figaro au sujet de son ouvrage Racée. «Une nouvelle forme de censure monte, continue le manifeste. L’intimidation et l’assignation grignotent nos libertés d’écrire, de traduire, de dessiner, de réaliser ou d’interpréter. Faut-il être gay pour réaliser un film sur une histoire d’amour entre hommes ? Noire, jeune et américaine pour traduire une jeune poétesse afro-américaine ? Blanc pour interpréter un gentleman cambrioleur fan de Lupin ? Avoir la même identité qu’un personnage pour le jouer ?» Un impératif auquel les auteurs ne croient pas.

Résistance

«Nous ne voulons pas d’un monde où chacun se doit de parler au nom de sa communauté, et uniquement s’il est “concerné”, poursuivent-elles, arguant que la «beauté» et la «noblesse» du cinéma résident, justement, dans le fait de «se mettre dans la peau d’un autre», dans la transcendance des «appartenances pour jouer une partition personnelle, qui émeut au-delà de soi». «Quels que soit sa couleur, sa religion, son sexe, son genre, sa sexualité et les milles facettes qui forgent son identité», détaille le texte.

«Cette émotion fourmillante, sans frontières, un cinéma libre de tout imaginer, sans plafond ni parcours obligé», les auteurs brûlent de les «retrouver en salles», ainsi que les quelque «cent cinquante films français» qui «attendent de nous conter une histoire à la fois singulière et universelle». Afin, concluent-elles, «de rire, de pleurer, et de rêver ensemble».

QUELLE DECADENCE Islamisme et islamophobie : pour la présidente de l’Unef, c’est un partout, la balle au centre

Oui mais…

Islamisme et islamophobie : pour la présidente de l'Unef, c'est un partout, la balle au centre
Mélanie Luce
Capture d’écran Europe 1

 

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À entendre Mélanie Luce, présidente de l’Unef, on croirait qu’établir une hiérarchie les attentats islamistes subis par la France et une islamophobie qui n’en arrive heureusement pas à ces extrémités sous nos latitudes revenait à invisibiliser cette dernière, ou à contribuer à la stigmatisation de nos concitoyens musulmans.

Peut-on vraiment renvoyer islamophobie et islamisme dos-à-dos ? À cette question, la présidente de l’Unef, Mélanie Luce, semble répondre par l’affirmative. Invitée d’Europe 1 ce mercredi 17 mars, la représentante du syndicat étudiant de gauche était notamment interrogée sur les incidents survenus à l’IEP de Grenoble – racontés par Marianne -, où les noms et photographies de deux enseignants accusés d’islamophobie ont été placardés devant l’établissement début mars, avec la motion “Des fascistes dans nos amphis T […] et Kinzler démission. L’islamophobie tue.” Ces affichages avaient notamment été relayés par la section locale de l’Unef.

On a expliqué plusieurs fois que c’était une erreur de relayer ces photos, on a d’ailleurs eu l’occasion de s’excuser auprès de l’enseignant en question. C’est une erreur maladroite parce qu’en aucun cas la section locale de l’Unef n’a voulu lancer une vindicte sur ces personnes (sic)“, s’excuse aujourd’hui Mélanie Luce, apportant son “soutien face aux menaces” que les deux enseignants “peuvent subir“, et jugeant “inadmissible” ce placardage, auquel l’Unef “ne s’est jamais associée” – mais qu’elle a tout de même relayé.

“EST-CE QUE L’ISLAMOPHOBIE TUE ?”

Poussée dans ses retranchements par une Sonia Mabrouk plus combative que lorsqu’elle reçoit Bernard Arnault, Mélanie Luce se révèle incapable de répondre clairement à cette question, pourtant simple : “Est-ce que vous pensez aujourd’hui que l’islamophobie tue dans notre pays ?

Qu’est-ce que vous appelez islamophobie ? Parce que j’ai vu vos différentes descriptions, et je trouve qu’elles ne sont pas bonnes. Je suis allée, avant cette interview, regarder dans le dictionnaire, explique la dirigeante syndicale. Que nous dit le dictionnaire ? Que l’islamophobie, c’est l’hostilité envers l’islam et les musulmans.” Rappelons, puisque nous en sommes à l’heure des précisions conceptuelles, que le terme “islamophobie” est critiqué par une partie de la gauche lorsqu’il est utilisé pour semer la confusion entre racisme et critique d’une religion.

Revenons-en à l’Unef : “L’hostilité envers l’islam et les musulmans, c’est ce qui a amené des terroristes d’extrême droite à faire une tuerie sur la mosquée de Christchurch, c’est ce qui a amené aussi l’extrême droite en France à incendier une mosquée“, explique sa présidente, invoquant donc l’attaque survenue en mars 2019 en… Nouvelle-Zélande. Si l’on veut bien admettre que le racisme n’ait pas de frontière, il faut tout de même souligner que la question était circonscrite au cas de l’Hexagone.

HIÉRARCHISER N’EST PAS “INVISIBILISER”

Qu’est-ce qui tue dans notre pays, l’islamophobie ou l’islamisme ?“, relance d’ailleurs Sonia Mabrouk. “Il y a les deux, tout simplement“, répond Mélanie Luce. “Vous pouvez me donner un nom de quelqu’un qui a été malheureusement tué à cause de l’islamophobie ?“, insiste l’intervieweuse d’Europe 1. “Je viens de le faire. Vous ignorez toutes les victimes de la mosquée de Christchurch ? Vous ignorez aussi toutes les victimes de Biarritz il y a quelques années ?“, s’insurge Mélanie Luce.

La présidente de l’Unef ne trouve donc rien de mieux, pour étayer son propos, qu’un attentat survenu à des milliers de kilomètres de la France, et qu’une attaque (et non attentat, les autorités judiciaires n’ayant pas employé ce terme) de mosquée survenue non pas à Biarritz, mais à Bayonne en octobre 2019, lors de laquelle deux personnes avaient été blessées.

DÉFINITION “SCIENTIFIQUE”

Cela signifie-t-il que ces faits sont anecdotiques, ou que la haine des musulmans n’existe pas ? Bien sûr que non, mais tout se passe comme si affirmer qu’il existe une hiérarchie de gravité entre les attentats islamistes régulièrement subis par la France et une islamophobie qui n’en arrive heureusement pas à ces extrémités sous nos latitudes revenait à “invisibiliser” cette dernière, ou, pire, à contribuer à la stigmatisation de nos concitoyens musulmans.

Vous avez décidé que l’islamophobie c’était une définition que vous avez acceptée vous-mêmes, mais qui n’a aucune cohérence scientifique“, poursuit pourtant Mélanie Luce. La définition scientifique c’est l’hostilité envers les musulmans et l’islam.” Au passage, notons qu’il s’agit en fait de la définition du dictionnaire Larousse, et non d’une définition “scientifique“. “À partir de ce moment-là, si on parle d’hostilité envers les musulmans, la question c’est est-ce qu’on accepte dans notre pays l’hostilité envers les musulmans ? Je ne pense pas qu’il faille l’accepter.” Certes. Mais l’hostilité envers les islamistes, c’est permis ?