Auteur/autrice : René Levy

Michael Grynszpan. Leçon d’humilité. Emmanuel Moreno z.l.

Michael Grynszpan

Leçon d’humilité. Emmanuel Moreno z.l. Ce nom ne vous dit peut-être rien, et pourtant : Emmanuel Moreno était considéré comme étant le meilleur soldat de Tsahal.

Né en France, sa famille a fait l’alyah lorsqu’il avait un an. Il a été tué lors de la seconde guerre du Liban, il y a quinze ans exactement. Il était officier dans le célèbre commando d’élite Sayeret Matkal et remplissait les missions les plus dangereuses derrière les lignes ennemies avec un courage physique et psychique inégalé.

Brillant aussi dans ses études, il avait appris l’arabe qu’il parlait couramment.

Ses nombreux exploits sont toujours tenus secrets et même son visage nous reste inconnu puisqu’aucune photo de lui ne peut être publiée, même après sa mort, parce que ses missions sont toujours classées secret défense et cela risquerait de mettre en danger d’autres personnes impliquées.

Je devine que certains d’entre vous ne vont pas résister à la tentation de chercher sur Google. Sachez que la photo que vous trouverez n’est pas celle d’Emmanuel Moreno mais celle du premier ministre Naftali Bennet qui l’a bien connu lorsqu’il était à l’armée et qui parle souvent de lui avec émotion. Certains ont comparé Emmanuel Moreno à Bar Kokhba, le grand combattant juif contre les romains, on n’en aurait depuis pas connu d’autres de ce niveau.

Des dizaines d’opérations de commando qu’il a menées, deux seulement ont été divulguées : on sait ainsi qu’il a enlevé le chef d’Amal, Mustafa Dirani, dans sa maison au Liban pour l’amener se faire juger en Israël.

Et malgré toutes ces qualités, tous ceux qui l’ont connu témoignent qu’il était particulièrement humble. J’avais d’abord écrit qu’il était “le plus humble de tous les hommes” mais j’ai corrigé car cette expression est traditionnellement réservée à Moïse. Cela montre à quel point cette valeur d’humilité est centrale dans le peuple juif : le plus grand des prophètes et le plus grand des soldats d’Israël étaient aussi les plus humbles…

On dit qu’en entrant dans une salle de cours ou dans un restaurant où se trouvait Emmanuel Moreno, on ne pouvait pas deviner qui il était, tant il se fondait parmi les autres, un simple homme parmi les autres qui ne faisait pas un grand cas du fait d’être un héros.

L’humilité n’est pas très à la mode (mais l’a-t-elle jamais été ?)… Nous vivons le règne du selfie. Dans tous les pays les nouvelles idoles sont celles qui font du bruit et passent sur les plateaux TV, en particulier les “stars” des émissions de TV réalité. Sans parler de tous ces génies du clavier expliquant sur Facebook qu’ils savent mieux que les Professeurs qui ont consacré leur vie à la recherche.

J’ai rencontré le père d’Emmanuel, Ilan Moreno, et je lui ai fait part de mon admiration pour son fils. Je lui ai dit que cela fait du bien de savoir qu’il existe aussi des hommes d’exception comme Emmanuel Moreno – courageux, désintéressés et idéalistes. Surtout qu’en lisant la presse en Israël, on n’entend parler que de corruption, de petites magouilles ou de politique politicienne. Ilan Moreno m’a répondu ceci : “Si tu prends un bus en Israël, n’importe quel bus, ne regarde pas les petites choses, tel jeune qui aurait bousculé sans demander pardon, ou bien telle dame qui parle fort au téléphone… Sache que la moitié des gens dans ce bus, qui sont des gens simples, sont peut-être des héros. Il y a ceux qui travaillent peut-être pour un service de renseignement et mettent leur vie en danger sans que personne ne le sache, il y a ces personnes âgées qui ont survécu à la Shoah en ayant vu leurs proches mourir devant eux, il y a des hommes qui ont traversé des déserts à pieds pour venir vivre ici, ceux qui ont été blessés dans des guerres ou des attentats, ceux qui ont quitté toutes leurs propriétés dans certains pays arabes et sont repartis à zéro, il y a ce jeune qui s’entraîne tous les jours pour accomplir son rêve d’intégrer un jour une Unité de Combat, ceux qui travaillent dans deux ou trois postes pour nourrir leur famille et trouvent en plus le temps de faire du volontariat dans les hôpitaux… Il y a beaucoup plus de héros au quotidien qu’on ne le croit. Parce qu’on ne les voit pas”.

Je pense souvent à cette leçon d’Ilan Moreno, je tenais à vous en faire part. Emmanuel Moreno z.l. a du grandir avec ces valeurs familiales. Un peu plus d’humilité, un peu plus de bienveillance dans nos jugements des autres au quotidien.

© Michael Grynszpan


Michael Grynszpan est réalisateur de films documentaires et journaliste. Il a travaillé pour des chaines internationales et israéliennes. Né à Paris, il habite depuis plus de vingt ans à Tel Aviv. Parmi ses réalisations:  The Forgotten Refugees,  sur l’histoire des Juifs dans le monde arabe, a été primé et diffusé à l’international mais encore projeté à l’ONU et au Congrès américain. A son actif: “Descendants de nazis : l’héritage infernal” pour France 3, un film sur les descendants de nazis qui ont décidé de se convertir au Judaïsme et parfois d’aller habiter en Israël. “Monsieur Chouchani – Mister Shoshani – מר שושני”, maître d’Elie Wiesel et d’Emmanuel Levinas.

Frères musulmans: la Belgique dans le déni

Ihsane Haouach, une Commissaire pour l’Égalité Hommes-Femmes douteuse

 

 
Frères musulmans: la Belgique dans le déni
En Belgique, Ihsane Haouach (photo) a démissionné le 9 juillet 2021. Le jour de sa démission, la presse a relayé des informations émanant de la Sûreté de l’État qui feraient état de liens potentiels entre elle et les Frères musulmans. Image: capture d’écran YouTube.

Alors que l’Autriche, par exemple, a interdit les slogans et la littérature des Frères musulmans, l’affaire Haouach souligne la mansuétude dont la confrérie islamiste bénéficie en Belgique. Chez nos voisins, on préfère plutôt se cacher la tête dans le sable qu’alimenter l’extrême-droite ! Récit.


L’écologisme – l’idéologie écologiste à relents sectaires qui est en train de s’étendre en Europe sous prétexte de protection de la Nature et de lutte contre le dérèglement climatique – qui sévit en Belgique a tout à voir avec celui qui règne en France. Il y subit le même type de dérives. En Belgique également, le parti ECOLO-GROEN pratique le clientélisme communautariste sans garde-fous, allant bien plus loin que les autres partis de gauche, notamment le Parti socialiste wallon que la tradition laïque et l’ancrage franc-maçon obligent tout de même à ne pas dépasser certaines limites.

Une femme musulmane voilée et diplômée est pour les écolos belges comme le chiffon rouge agité devant le taureau. Ils perdent tout repère et toute précaution, seul compte le combat contre les discriminations qui, dans ce cas, remplit au moins deux cases du néoprogressisme contemporain : la lutte contre l’islamophobie et contre le machisme. 

 

C’est ainsi que les écologistes belges,  qui détiennent notamment le portefeuille de secrétaire d’État à l’Égalité des genres, à l’Égalité des chances et à la Diversité dans le gouvernement d’Alexander De Croo, ont proposé récemment Ihsane Haouach au poste de Commissaire pour l’Égalité Hommes-Femmes. 

Talents issus de la diversité

La politique de la coalition actuellement au pouvoir en Belgique (socialistes-libéraux-écologistes) mise clairement (et légitimement) sur la mise en avant de « talents » issus de la diversité. Diplômée de la prestigieuse Solvay Brussels School – Economics & Management, Ihsane Haouach remplissait les critères. En apparence, du moins. Car, tout d’abord, il ne saute pas directement aux yeux qu’une femme voilée (on parle aujourd’hui de « foulard » pour atténuer le caractère clairement patriarcal du voile islamique) puisse incarner la lutte pour l’égalité homme-femme… Cette nomination provoque donc des remous assez rapidement, car le voile de la nouvelle Commissaire rompt avec la tradition de « neutralité » (version belge de la laïcité) à ce type de poste garant de l’équilibre des institutions.

Le premier à s’émouvoir de la situation est le Mouvement réformateur (plus ou moins l’équivalent des Républicains, et qui fait partie de la coalition au pouvoir) qui a pourtant plus ou moins entériné préalablement cette nomination avec ses partenaires du gouvernement. Le directeur scientifique du centre d’études de ce parti, soulignera, lors de la première réunion du conseil d’administration, que le voile de Mme Haouach pose problème en réunion… L’intéressée crie assez vite dans Le Soir à « des attaques sexistes et racistes ». Mais plusieurs médias ressortent des déclarations plus que borderline d’Ihsane Haouach selon lesquelles, la neutralité devrait « s’adapter à l’évolution démographique » (lisez : la lente islamisation de certaines villes de Belgique). Elle s’y plaignait également que l’Islam n’est, hélas, pas suffisamment organisé en lobby. Militantisme plus que gênant. D’autant que ressort dans la presse une photographie la montrant lors d’un dîner en compagnie de personnes proches des Frères musulmans… Le député de gauche qui a commencé sa carrière de médecin à Handicap International, Georges Dallemagne (Centre démocratique humaniste, ex-démocratie chrétienne) monte au créneau également. L’opposition N-VA (nationalistes flamands)-CDH demande une audition de Mme Haouach à la Chambre des députés pour explication. 

Miscasting

Sa situation devenant vite intenable, Ihsane Haouach démissionne. Les écolos s’aperçoivent un peu tard de l’extraordinaire erreur de casting qu’avait constitué sa nomination. Le Premier ministre De Croo tiendra plus tard ces propos curieux : « Je préfère une femme voilée diplômée qui travaille plutôt que rester à la maison. » Les mères au foyer Bac+5 apprécieront…

Cette saga qui a occupé la « une » des journaux belges pendants quelques semaines, a toutefois un mérite : elle a permis de déterrer une note de la Sureté de l’Etat, très peu médiatisée côté francophone à propos de l’entrisme des Frères musulmans. Une confrérie au fonctionnement opaque dont la propension est, justement – comme le gouvernement belge ! – de recruter des musulmans diplômés et hautement éduqués. Cette note n’exclut d’ailleurs pas totalement l’appartenance de Mme Haouach aux Frères musulmans, mais précise qu’aucune preuve n’existe… Comme par définition, il s’agit d’une société secrète, le mystère reste entier. 

A lire aussi, Gerald Darmanin: “Certains acceptent la différence, mais ne veulent pas être minoritaires dans leur pays”

Alors que le gouvernement conservateur… écologiste (!) autrichien a carrément interdit les slogans et la littérature de la Confrérie, en Belgique,  surtout francophone, les médias préfèrent généralement mettre ce type de problème sous le tapis, histoire de ne pas réveiller une extrême-droite pourtant politiquement exsangue en Wallonie. Une stratégie totalement contre-productive, puisque ce type d’incident réveille justement la méfiance envers l’islam, au détriment des musulmans laïques intégrés.

Comme souvent, la vérité sort de la bouche de ces musulmans-là qui ne savent que trop bien le danger que l’islamisme fait peser sur beaucoup de pays du Maghreb et du Moyen-Orient. C’est ainsi qu’un collectif, emmené par Malika Akhdim, militante féministe et laïque et l’humoriste Sam Touzani, a rappelé dans une tribune du Vif-l’Express la dangerosité de ce mouvement frériste encore trop peu documenté en Belgique, regrettant qu’il ne soit pas pris suffisamment au sérieux. Il faut dire que quiconque s’y intéresse de près doit vite se résoudre à vivre sous protection policière. Mohamed Sifaoui, qui dissèque l’entrisme des « Frères » en France dans son récent ouvrage Takiyya, peut en témoigner.

Frères musulmans: la Belgique dans le déni

Ihsane Haouach, une Commissaire pour l’Égalité Hommes-Femmes douteuse

 

 
Frères musulmans: la Belgique dans le déni
En Belgique, Ihsane Haouach (photo) a démissionné le 9 juillet 2021. Le jour de sa démission, la presse a relayé des informations émanant de la Sûreté de l’État qui feraient état de liens potentiels entre elle et les Frères musulmans. Image: capture d’écran YouTube.

Alors que l’Autriche, par exemple, a interdit les slogans et la littérature des Frères musulmans, l’affaire Haouach souligne la mansuétude dont la confrérie islamiste bénéficie en Belgique. Chez nos voisins, on préfère plutôt se cacher la tête dans le sable qu’alimenter l’extrême-droite ! Récit.


L’écologisme – l’idéologie écologiste à relents sectaires qui est en train de s’étendre en Europe sous prétexte de protection de la Nature et de lutte contre le dérèglement climatique – qui sévit en Belgique a tout à voir avec celui qui règne en France. Il y subit le même type de dérives. En Belgique également, le parti ECOLO-GROEN pratique le clientélisme communautariste sans garde-fous, allant bien plus loin que les autres partis de gauche, notamment le Parti socialiste wallon que la tradition laïque et l’ancrage franc-maçon obligent tout de même à ne pas dépasser certaines limites.

Une femme musulmane voilée et diplômée est pour les écolos belges comme le chiffon rouge agité devant le taureau. Ils perdent tout repère et toute précaution, seul compte le combat contre les discriminations qui, dans ce cas, remplit au moins deux cases du néoprogressisme contemporain : la lutte contre l’islamophobie et contre le machisme. 

 

C’est ainsi que les écologistes belges,  qui détiennent notamment le portefeuille de secrétaire d’État à l’Égalité des genres, à l’Égalité des chances et à la Diversité dans le gouvernement d’Alexander De Croo, ont proposé récemment Ihsane Haouach au poste de Commissaire pour l’Égalité Hommes-Femmes. 

Talents issus de la diversité

La politique de la coalition actuellement au pouvoir en Belgique (socialistes-libéraux-écologistes) mise clairement (et légitimement) sur la mise en avant de « talents » issus de la diversité. Diplômée de la prestigieuse Solvay Brussels School – Economics & Management, Ihsane Haouach remplissait les critères. En apparence, du moins. Car, tout d’abord, il ne saute pas directement aux yeux qu’une femme voilée (on parle aujourd’hui de « foulard » pour atténuer le caractère clairement patriarcal du voile islamique) puisse incarner la lutte pour l’égalité homme-femme… Cette nomination provoque donc des remous assez rapidement, car le voile de la nouvelle Commissaire rompt avec la tradition de « neutralité » (version belge de la laïcité) à ce type de poste garant de l’équilibre des institutions.

Le premier à s’émouvoir de la situation est le Mouvement réformateur (plus ou moins l’équivalent des Républicains, et qui fait partie de la coalition au pouvoir) qui a pourtant plus ou moins entériné préalablement cette nomination avec ses partenaires du gouvernement. Le directeur scientifique du centre d’études de ce parti, soulignera, lors de la première réunion du conseil d’administration, que le voile de Mme Haouach pose problème en réunion… L’intéressée crie assez vite dans Le Soir à « des attaques sexistes et racistes ». Mais plusieurs médias ressortent des déclarations plus que borderline d’Ihsane Haouach selon lesquelles, la neutralité devrait « s’adapter à l’évolution démographique » (lisez : la lente islamisation de certaines villes de Belgique). Elle s’y plaignait également que l’Islam n’est, hélas, pas suffisamment organisé en lobby. Militantisme plus que gênant. D’autant que ressort dans la presse une photographie la montrant lors d’un dîner en compagnie de personnes proches des Frères musulmans… Le député de gauche qui a commencé sa carrière de médecin à Handicap International, Georges Dallemagne (Centre démocratique humaniste, ex-démocratie chrétienne) monte au créneau également. L’opposition N-VA (nationalistes flamands)-CDH demande une audition de Mme Haouach à la Chambre des députés pour explication. 

Miscasting

Sa situation devenant vite intenable, Ihsane Haouach démissionne. Les écolos s’aperçoivent un peu tard de l’extraordinaire erreur de casting qu’avait constitué sa nomination. Le Premier ministre De Croo tiendra plus tard ces propos curieux : « Je préfère une femme voilée diplômée qui travaille plutôt que rester à la maison. » Les mères au foyer Bac+5 apprécieront…

Cette saga qui a occupé la « une » des journaux belges pendants quelques semaines, a toutefois un mérite : elle a permis de déterrer une note de la Sureté de l’Etat, très peu médiatisée côté francophone à propos de l’entrisme des Frères musulmans. Une confrérie au fonctionnement opaque dont la propension est, justement – comme le gouvernement belge ! – de recruter des musulmans diplômés et hautement éduqués. Cette note n’exclut d’ailleurs pas totalement l’appartenance de Mme Haouach aux Frères musulmans, mais précise qu’aucune preuve n’existe… Comme par définition, il s’agit d’une société secrète, le mystère reste entier. 

A lire aussi, Gerald Darmanin: “Certains acceptent la différence, mais ne veulent pas être minoritaires dans leur pays”

Alors que le gouvernement conservateur… écologiste (!) autrichien a carrément interdit les slogans et la littérature de la Confrérie, en Belgique,  surtout francophone, les médias préfèrent généralement mettre ce type de problème sous le tapis, histoire de ne pas réveiller une extrême-droite pourtant politiquement exsangue en Wallonie. Une stratégie totalement contre-productive, puisque ce type d’incident réveille justement la méfiance envers l’islam, au détriment des musulmans laïques intégrés.

Comme souvent, la vérité sort de la bouche de ces musulmans-là qui ne savent que trop bien le danger que l’islamisme fait peser sur beaucoup de pays du Maghreb et du Moyen-Orient. C’est ainsi qu’un collectif, emmené par Malika Akhdim, militante féministe et laïque et l’humoriste Sam Touzani, a rappelé dans une tribune du Vif-l’Express la dangerosité de ce mouvement frériste encore trop peu documenté en Belgique, regrettant qu’il ne soit pas pris suffisamment au sérieux. Il faut dire que quiconque s’y intéresse de près doit vite se résoudre à vivre sous protection policière. Mohamed Sifaoui, qui dissèque l’entrisme des « Frères » en France dans son récent ouvrage Takiyya, peut en témoigner.

Gantz à Paris – consécration de la coopération militaire et la consultation stratégique

Posted by Freddy Eytan on 7/29/21 • Categorized as Editorial pour LE CAPE DE JERUSALEM

Freddy Eytan

Benny Gantz, ancien chef d’état-major de Tsahal, homme politique très affable et cherchant le compromis, a réussi de dissiper les malentendus avec la France dans l’affaire d’espionnage Pegasus. Selon une enquête menée par un consortium de 17 médias dont Le Monde, Radio France, et Haaretz,les services de renseignement marocains auraient utilisé Pegasus à des fins de piratage ou de tentative de piratage des téléphones du président Macron. NSO avait rejeté catégoriquement les accusations, et les autorités marocaines ont déposé des plaintes de diffamation contre ces médias.

Gantz a affirmé qu’il prenait les allégations très au sérieux mais qu’Israël accordait des autorisations en matière de cyber sécurité uniquement dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et la criminalité.  

En règle général, le logiciel Pegasus doit obtenir le feu vert de l’Agence de contrôle des exportations militaires (DECA), qui dépend du ministère israélien de la Défense, pour être vendu à des pays tiers, au même titre que la vente d’armement.

NS0 est une entreprise israélienne privée dont certains consultants sont étrangers. L’un d’eux était ambassadeur de la France à Tel-Aviv…Gantz à Paris

(Twitter officiel de Benny Gantz)

Bien entendu, un contrôle plus efficace devrait être appliqué sur ce genre de logiciel espion. Dans cette affaire où le mystère plane nous devrions également être vigilants et méfiants devant la manipulation politique de certains médias et ONG, ainsi que sur les intentions malveillantes de certains utilisateurs. Une enquête approfondie est nécessaire pour éviter de dangereux dérapages. Pour l’heure, des premières indications prouvent qu’il n’y pas eu d’infiltration cybernétiques dans les ordinateurs de l’Elysée ni des téléphones mobiles du président Macron et ses proches conseillers.

L’importance de la visite de Gantz à Paris s’inscrit dans un contexte historique. Depuis 1967 et durant de nombreuses années, la France refusait des visites officielles de ministres de la Défense et des chefs d’état-major à Paris comme à Jérusalem. La coopération stratégique était timide et très discrète. La France conditionnait l’amélioration de la relation par des concessions dans la solution du problème palestinien. Cette politique a bien échoué. Elle a créé inutilement des incompréhensions et parfois des disputes graves.Benny Gantz

(Twitter officiel de Benny Gantz)

Cependant, malgré l’embargo sur les armes, l’anathème gaullien, la politique arabe, et la méfiance des leaders politiques au pouvoir, une formidable « complicité » existait toujours entre les militaires des deux pays amis. On se souviendra que c’est grâce à l’armée française qu’Israël avait pu se moderniser et acquérir l’expérience nécessaire à l’organisation de Tsahal.

Nos relations sont aujourd’hui au beau fixe pour une raison simple : il existe une séparation nette entre le bilatéral et le multilatéral.

La puissance technologique de l’armée israélienne, ses divers services du renseignement, sa riche expérience dans les guerres conventionnelles et opérations militaires, sont un gage pour consolider les relations dans l’arène internationale. La forte présence israélienne dans les salons militaires et aéronautiques telle qu’au Bourget, attire toujours curiosité, intérêt, et soulève parfois l’admiration des armées concurrentes et des puissances émergentes.

Aujourd’hui, la France et Israël entretiennent de bonnes relations bilatérales de défense et la coopération militaire repose sur des consultations stratégiques sincères et un dialogue permanent entre les divers services sécuritaires.

Au-delà de cette sensible affaire, soulignons que la visite de Gantz à Paris a été programmée de longue date. Elle s’inscrit dans le cadre des ententes existantes entre les deux pays, face à la menace nucléaire iranienne, la déstabilisation des régimes arabes dont le Liban et la Tunisie, les intentions hégémoniques de la Turquie, et surtout le combat international contre le terrorisme islamiste. Gantz a demandé à la France d’intervenir énergiquement pour faire sortir le Liban de la crise actuelle. La faillite de l’Etat libanais risque en effet de voir le Hezbollah renforcer ses positions et de profiter de la situation explosive pour relancer des hostilités le long de la frontière Nord.

Sur la coopération bilatérale, soulignons que les armées de l’air française et israélienne ont procédé à des entraînements communs tels menés en Corse, en novembre 2016. Des manœuvres maritimes communes pourront également se produire dans le bassin méditerranéen et ailleurs notamment dans le cadre de l’OTAN.

Nous partageons avec la France des valeurs démocratiques et universelles et des intérêts stratégiques au moment où la planète affronte une guerre cybernétique dangereuse.

La visite de Gantz à Paris a donc renforcé les relations avec la France et le dialogue se poursuivra dans un climat amical avec une grande confiance à l’avenir.

NSO: Israel needs to change spy-tech regulations now

Damage to relations from Pegasus scandal likely temporary, but Defense Minister Gantz will face tough questions during Paris trip.

Defense Minister Benny Gantz. (photo credit: MARC ISRAEL SELLEM)
Defense Minister Benny Gantz.
(photo credit: MARC ISRAEL SELLEM)
 
Israel needs to reassure France it intends to review and reform its defense export policies if it wants to minimize the diplomatic fallout from the NSO Group spyware saga, foreign relations experts warn.

Israeli Defense Minister Benny Gantz is slated to meet with his French counterpart, Florence Parly, in Paris this week to discuss high-profile allegations linked to the Pegasus spyware scandal, as well as the crisis in Lebanon and nuclear talks with Iran.

The Pegasus spyware was developed by the Israeli firm NSO and was allegedly used by the Moroccan government to target French President Emmanuel Macron. The powerful software, which can covertly collect a phone’s data and turn on its camera or microphone, is at the heart of a massive scandal, allegedly used by authoritarian governments to target journalists, human rights activists, politicians and others around the globe. Some 50,000 phone numbers are purportedly linked to the malware.

The NSO Group has repeatedly denied the mass spying claims and stressed that Pegasus is intended for use solely against criminals and terrorists.

Ahead of Gantz’s trip, some have cautioned that the health of Israeli-French relations rests on how the Israeli government responds to the serious allegations. Though NSO is privately owned, its products require government approval to be sold abroad.

“Everything will depend on the response of the Israeli government,” Jean-Pierre Maulny, deputy director of the Paris-based French Institute for International and Strategic Affairs (IRIS), told The Media Line.

Maulny, who also heads the Armament Industry European Group (ARES Group) − a network of European security and defense specialists − believes Gantz will be asked some tough questions in Paris.

“Israel will have to cooperate in an investigation to identify the flaws in its export [laws] in relation to the use of this software,” Maulny said. “If they don’t, their public image will suffer and a lack of trust will set in.”

Macron reportedly spoke with Israeli Prime Minister Naftali Bennett last week to express concern over the hacking software. A Presidency official also revealed that Macron changed his mobile phone number, although it has not been proven that he was actually a target of the malware.

Though it is difficult at present to determine the extent of the damage the scandal has caused to France-Israel ties, Gantz will likely be asked to clarify the precise nature of the Israeli government’s connection to NSO.
 
“Israel is not an ally of France, nor is it a member of NATO; however, it is not an enemy state either,” Maulny explained. “They will therefore be asked to put more safeguards in place. … It’s possible that there will be a strong response [from Paris] but it will likely be symbolic in nature and then things will return to normal.”

Because charges of negligence will be difficult to prove, Maulny believes Israeli officials will attempt to shirk responsibility and point the blame at either NSO or the Moroccan government. Rabat has denied using the software to eavesdrop on French officials.

“The problem first and foremost is one of regulating cybersecurity software products,” Maulny related. “Everyone is spying on everyone; the American government spied on [German Chancellor] Angela Merkel. These types of software need to be better regulated and monitored.”

Daniel Shek, a former Israeli ambassador to France, told The Media Line that while diplomatic ties have not been permanently damaged as a result of the Pegasus affair, France will certainly expect Israel to make assurances about future exports of cyber-weapon technologies.

“Israel should take a close look at the process and the procedure for approving such sales, be pickier about the end-users and be more diligent about safeguards,” Shek said.

“There are question marks but I haven’t seen anybody in France actually point the finger at Israel as a state,” he continued. “Having said that, they understand that there is a level of control and regulation that the Israeli authorities have or should have over the export and use of such technology.”

Overall, Shek does not believe that this affair will permanently damage relations between the two countries, which he says have historically had “outstanding ties” in a number of arenas, especially with regard to defense.

“I don’t think, for the moment, there is real damage to be feared,” he said.

Other foreign relations experts also argued that the affair underlines the pressing need to reexamine the issue of spyware technology exports.

“We just saw in this case how it has a huge potential to create a diplomatic crisis, and I think Israel has to be very cautious and treat this as a defense issue,” Dr. Emmanuel Navon, an international relations expert who teaches at Tel Aviv University, told The Media Line.

Navon further noted that Israel finds itself at a critical juncture with regard to a nuclear Iran, and as such ties with France are more critical than ever.

“Israel is seeking to have some kind of guarantees from France in case of a confrontation between Israel and Iran,” Navon said. “It’s critical to really rebuild this relationship.” 
 
 
 
TRADUCTION EN FRANCAIS
 

ONS : Israël doit modifier dès maintenant la réglementation sur les technologies d’espionnage
Les dommages causés aux relations par le scandale Pegasus seront probablement temporaires, mais le ministre de la Défense Gantz devra faire face à des questions difficiles lors de son voyage à Paris.
Gantz devra faire face à des questions difficiles lors de son voyage à Paris.

Israël doit rassurer la France sur son intention de revoir et de réformer ses politiques d’exportation de défense s’il veut minimiser les retombées diplomatiques de la saga du logiciel espion du groupe NSO, préviennent les experts en relations extérieures.

Le ministre israélien de la défense Benny Gantz doit rencontrer son homologue française, Florence Parly, à Paris cette semaine pour discuter des allégations très médiatisées liées au scandale du logiciel espion Pegasus, ainsi que de la crise au Liban et des négociations nucléaires avec l’Iran.

Le logiciel espion Pegasus a été développé par la société israélienne NSO et aurait été utilisé par le gouvernement marocain pour cibler le président français Emmanuel Macron. Le puissant logiciel, qui peut collecter secrètement les données d’un téléphone et activer sa caméra ou son microphone, est au cœur d’un scandale massif, qui serait utilisé par des gouvernements autoritaires pour cibler des journalistes, des militants des droits de l’homme, des politiciens et d’autres personnes dans le monde entier. Quelque 50 000 numéros de téléphone seraient liés à ce logiciel malveillant.

Le groupe NSO a démenti à plusieurs reprises les allégations d’espionnage massif et a souligné que Pegasus est destiné à être utilisé uniquement contre les criminels et les terroristes.

Avant le voyage de Gantz, certains ont averti que la santé des relations israélo-françaises dépend de la façon dont le gouvernement israélien répondra à ces graves allégations. Bien que NSO soit une entreprise privée, ses produits doivent être approuvés par le gouvernement pour être vendus à l’étranger.

“Tout dépendra de la réponse du gouvernement israélien”, a déclaré à The Media Line Jean-Pierre Maulny, directeur adjoint de l’Institut français des affaires internationales et stratégiques (IRIS), basé à Paris.

Maulny, qui dirige également l’Armament Industry European Group (ARES Group) – un réseau de spécialistes européens de la sécurité et de la défense – pense que Gantz se verra poser des questions difficiles à Paris.

“Israël devra coopérer à une enquête visant à identifier les failles de ses [lois] d’exportation en relation avec l’utilisation de ce logiciel”, a déclaré Maulny. “S’ils ne le font pas, leur image publique en souffrira et un manque de confiance s’installera.”

Macron se serait entretenu avec le Premier ministre israélien Naftali Bennett la semaine dernière pour lui faire part de ses préoccupations concernant le logiciel de piratage. Un responsable de la présidence a également révélé que Macron a changé son numéro de téléphone portable, bien qu’il n’ait pas été prouvé qu’il était effectivement la cible du logiciel malveillant.

Bien qu’il soit difficile à l’heure actuelle de déterminer l’ampleur des dommages que le scandale a causés aux liens France-Israël, Gantz sera probablement invité à clarifier la nature précise du lien entre le gouvernement israélien et NSO.
“Israël n’est pas un allié de la France, ni un membre de l’OTAN, mais ce n’est pas non plus un État ennemi”, explique M. Maulny. “Il leur sera donc demandé de mettre en place davantage de garanties. … Il est possible qu’il y ait une réponse forte [de Paris], mais elle sera probablement de nature symbolique et les choses reviendront ensuite à la normale.”

Étant donné que les accusations de négligence seront difficiles à prouver, M. Maulny pense que les responsables israéliens tenteront de fuir leurs responsabilités et de rejeter la faute sur l’ONS ou le gouvernement marocain. Rabat a nié avoir utilisé le logiciel pour espionner les fonctionnaires français.

“Le problème est avant tout celui de la réglementation des produits logiciels de cybersécurité”, a relaté M. Maulny. “Tout le monde espionne tout le monde ; le gouvernement américain a espionné la [chancelière allemande] Angela Merkel. Ces types de logiciels doivent être mieux réglementés et surveillés.”

Daniel Shek, ancien ambassadeur d’Israël en France, a déclaré à The Media Line que si les liens diplomatiques n’ont pas été définitivement endommagés à la suite de l’affaire Pegasus, la France attendra certainement d’Israël qu’il donne des assurances quant aux futures exportations de technologies de cyber-armes.

“Israël devrait examiner de près le processus et la procédure d’approbation de ces ventes, être plus pointilleux sur les utilisateurs finaux et être plus diligent sur les garanties”, a déclaré Shek.

 

Emmanuel Navon, expert en relations internationales qui enseigne à l’Université de Tel Aviv, a déclaré à The Media Line : ” Nous venons de voir dans cette affaire que le potentiel de création d’une crise diplomatique est énorme, et je pense qu’Israël doit être très prudent et traiter cette question comme une question de défense “.

Navon a également noté qu’Israël se trouve à un moment critique par rapport à un Iran nucléaire, et que les liens avec la France sont donc plus importants que jamais.

“Israël cherche à avoir une sorte de garantie de la part de la France en cas de confrontation entre Israël et l’Iran”, a déclaré Navon. “Il est essentiel de vraiment reconstruire cette relation”.


Traduit avec www.DeepL.com/Translator (version gratuite)

 
 

Dordogne : un greffier placé en garde à vue pour incitation à la haine raciale

 

Info RTL INFO RTL – Un greffier exerçant à Périgueux a été interpellé, soupçonné d’avoir publié des séries de tweets incitant à la haine raciale.

 
Ce mardi 27 juillet, un greffier âgé d’une quarantaine d’années a été interpellé par la police judiciaire sur son lieu de travail, au tribunal judiciaire de Périgueux (Dordogne). Ce fonctionnaire de justice est soupçonné d’avoir publié des séries de tweets incitant à la haine raciale. Sur Twitter, il se présente comme un juriste, ancien de l’armée

Sous pseudonyme, il appelle entre autres, à prendre les armes en pointant l’incapacité de l’État à défendre la race blanche. Il incite également à matraquer l’ultra gauche, à les “fracasser”. “Derrière chaque Français il y a un antisémite qui s’ignore”, écrit-il encore, utilisant régulièrement l’expression “Synagogue de Satan”. Les faits qui lui sont reprochés sont a priori, sans lien avec ses fonctions de greffier

“Nous sommes condamnés à la violence politique pour rétablir l’État de droit. Mourir debout plutôt que vivre à genoux !”, peut-on encore lire sur son compte Twitter. Le parquet de Périgueux a demandé d’être dessaisi de cette affaire au profit du parquet de Brive qui reprendra l’enquête.

 

Pour que 2021 soit l’année de la fin de l’apartheid en Israël HONTE A VOUS

TRIBUNE
 
Israël-Palestine, conflit sans fin?dossier

Plus de 1 000 artistes, intellectuels et universitaires de plus de 45 pays appellent à la reconnaissance internationale et au démantèlement du régime d’apartheid mis en place par Israël sur le territoire de la Palestine.

Dans la colonie d’Eviatar, près de la ville palestinienne de Naplouse, en Cisjordanie, le 2 juillet. (Emmanuel Dunand/AFP)

par Un collectif de 1000 personnalités internationalement reconnues

Gageons que, dans quelques années, quand les historiens voudront caractériser les événements marquants de l’année 2021 en ce qui concerne l’Etat d’Israël, ce qui l’emportera ne sera ni la vaccination éclair contre le Covid ni le départ du Premier ministre Benjamin Nétanyahou, mais bel et bien la reconnaissance mondiale de l’état d’apartheid dans tout l’espace de la «Palestine historique». Cela a commencé le 12 janvier par la publication du rapport de B’Tselem (Centre israélien d’information pour les droits de l’homme dans les territoires occupés) intitulé : «Un régime de suprématie juive s’étendant du Jourdain à la Méditerranée, c’est de l’apartheid». Trois mois plus tard, le 27 avril, le rapport de Human Rights Watch, ONG internationale de défense des droits humains mondialement respectée, enfonçait le clou sous le titre : «Un seuil franchi : les autorités israéliennes et les crimes d’apartheid et de persécution». Enfin, le 6 juillet, 600 universitaires, artistes et intellectuels venant de 45 pays rendaient publique une déclaration qui appelle au démantèlement du régime d’apartheid dans la Palestine historique.

L’apartheid est un crime, internationalement reconnu comme tel depuis que, le 30 novembre 1973, l’Assemblée générale des Nations unies adoptait la Convention internationale sur l’élimination et la répression du crime d’apartheid. Dans le statut de Rome de 2002 instituant la Cour pénale internationale, l’apartheid est caractérisé comme un crime contre l’humanité «commis dans le cadre d’un régime institutionnalisé d’oppression systématique et de domination d’un groupe racial sur tout autre groupe racial ou tous autres groupes raciaux et dans l’intention de maintenir ce régime».

 

La coïncidence avec la législation israélienne et les politiques de discrimination envers les Palestiniens est manifeste. Pourtant, pendant des décennies, il fut pratiquement impossible d’en faire état publiquement. Lorsque l’ancien président Carter, dans un livre sur Israël de 2006, osa faire figurer le mot dans son titre (Palestine : la paix, pas l’apartheid), il souleva des clameurs d’indignation. Dix ans après, quand une étude des Nations unies parvint aux mêmes conclusions («Le traitement par Israël du peuple palestinien et la question de l’apartheid», commission économique et sociale des Nations Unies pour l’Asie occidentale [ESCWA], 2017), la réaction ne fut pas moins violente. Face à la colère des groupes de pression et des Etats pro-israéliens devant cette utilisation à leurs yeux inacceptable du «mot en A», le secrétaire général dut demander le retrait du rapport. La directrice exécutive de l’ESCWA, Rima Khalaf, préféra alors démissionner plutôt que de s’incliner.

 
 

Mais en cette année 2021, le verrou vient de sauter. Les sociétés civiles du monde entier ne le supportent plus. D’un continent à l’autre, d’une génération à l’autre, d’une nationalité à l’autre, les manifestations, les prises de position, les tribunes, les motions adoptées à de larges majorités convergent en un même flot de protestation. La reconnaissance du fait qu’Israël a bel et bien instauré un régime d’apartheid dans l’ensemble des territoires qu’il a soumis à sa juridiction, s’ajoutant à d’autres violations du droit international, mène à exiger que la communauté internationale sorte de la complaisance et engage les mesures concrètes qui découlent de ce constat.

Dans cet esprit, la déclaration du 6 juillet sur l’élimination et la répression du crime d’apartheid dans la Palestine historique, après avoir résumé l’histoire des pratiques israéliennes de discrimination systématique envers les Palestiniens, continues depuis la Nakba, en insistant sur la signification de l’adoption par la Knesset de la loi fondamentale de 2018 qui réserve aux seuls habitants juifs la pleine citoyenneté de l’Etat et le «droit à l’autodétermination», ainsi que sur la responsabilité des puissances occidentales qui protègent et subventionnent ce régime, et rappelé les obligations découlant de la Convention internationale de 1973, énonce quatre grands principes d’action :

 

– nécessité de condamner en tant que crime au sens du droit international le régime d’apartheid imposé au peuple palestinien résidant en Israël-Palestine ou contraint à l’exil ;

– nécessité du démantèlement de ce régime et de l’établissement d’un ordre constitutionnel respectant le droit international et les conventions de défense des droits humains, qui garantirait l’égalité des droits et devoirs pour les habitants de cette terre indépendamment de toute différence raciale et ethnique, comme de toute appartenance religieuse ou identité sexuelle, et reconnaîtrait le droit au retour de tous les exilés depuis la création de l’Etat d’Israël ;

 

– nécessité pour les gouvernements complices de mettre fin à leur connivence avec le régime d’apartheid en poussant à son démantèlement et en soutenant une transition sensible au droit à l’autodétermination des deux peuples habitant actuellement la Palestine historique ;

– nécessité enfin d’une commission de paix, de réconciliation et de responsabilité chargée d’accompagner la transition vers une gouvernance respectueuse des droits humains et de la démocratie. En attendant qu’un tel processus soit enclenché, les signataires appellent la Cour pénale internationale à lancer une enquête sur les dirigeants et le personnel de sécurité à qui la perpétuation du crime d’apartheid peut être imputée.

 
La déclaration (lisible sur le site https://www.aurdip.org/declaration-sur-l-elimination-et.html) est signée à ce jour par plus de 1 000 personnalités internationalement reconnues, en particulier Rima Khalaf (ancienne directrice exécutive de l’ESCWA), les professeurs Richard Falk et Virginia Tilley (auteurs du rapport de l’ESCWA en 2017), les Prix Nobel de la paix Adolfo Pérez Esquivel et Mairead Maguire, le Prix Nobel de chimie George Smith, Nurit Peled-Elhanan (Prix Sakharov 2001 et co-fondatrice du Tribunal Russell pour la Palestine), les juristes Monique Chemillier-Gendreau et John Dugard, les enseignants et chercheurs Bertrand Badie, Hagit Borer, Ivar Ekeland, Souad Joseph, Edgar Morin, Jacques Rancière, Roshdi Rashed et Gayatri Spivak, le biologiste Sir Iain Chalmers, le compositeur Brian Eno, le musicien Roger Waters, l’écrivaine Ahdaf Soueif, l’économiste Sir Richard Jolly (ex-assistant du secrétaire général des Nations-unies), l’ancienne vice-présidente du Parlement européen Luisa Morgantini, le vétéran sud-africain de la lutte anti-apartheid Ronnie Kasrils et la militante pacifiste et ancienne dirigeante des Verts canadiens Joan Russow. Cette liste ne cesse de s’accroître. Espérons qu’elle contribue à faire enfin bouger les choses dans le sens de la justice.

La version originale anglaise de ce texte a été élaborée par Robert Falk et Jonathan Rosenhead. Adaptation française par Etienne Balibar et Jean-Marc Lévy-Leblond.

Un réfugié iranien remercie Israël après sa médaille d’argent Jeux Olympiques Tokyo 2020

 

“Merci à Israël pour toute cette bonne énergie – cette médaille vous est dédiée aussi et j’espère que les Israéliens sont heureux de cette victoire, todah”, a-t-il dit.
Traduit du JERUSALEM POST STAFF 

Le judoka d’origine iranienne Saeid Mollaei a remporté une médaille d’argent au tournoi de judo de Tokyo 2020 en tant que représentant de l’équipe de Mongolie.
Mollaei s’est vu accorder le statut de réfugié par l’Allemagne en 2019 après avoir fui l’Iran pour avoir refusé de déclarer forfait pour son match contre le judoka israélien Sagi Muki.
Notant son amitié étroite avec Muki, la chaîne israélienne Sports 5 l’a cité comme remerciant Israël : “Cette médaille vous est également dédiée et j’espère que les Israéliens sont heureux de cette victoire, todah.
Il a reçu la citoyenneté mongole peu après, et a été choisi pour concourir sous leur drapeau aux Jeux olympiques de Tokyo 2020.



Bordeaux : étoiles jaunes et références au nazisme s’invitent à la manifestation contre le pass sanitaire

Par ACTU BORDEAUX

Références au nazisme et à la Shoah se glissent ponctuellement dans les manifestations bordelaises contre l’extension du pass sanitaire. Pourquoi de tels parallèles ?

Une manifestante portant l'étoile jaune, lors de la manifestation du mercredi 14 juillet à Bordeaux.
Une manifestante portant l’étoile jaune, lors de la manifestation du mercredi 14 juillet à Bordeaux. (©G.R / Actu Bordeaux)
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Ce samedi 24 juillet 2021, plusieurs milliers de manifestants se sont de nouveau réunis à 14h, Place de la Bourse à Bordeaux (Gironde), pour protester contre l’extension du pass sanitaire et la vaccination obligatoire des soignants.

Dans la foule hétéroclite qui entoure la fontaine des Trois-Grâces, se distinguent des costumes, des pancartes, des banderoles. Sous un soleil tapant, les cris retentissent, repris à l’unisson : « Liberté ! », « Macron Démission ! » ou encore « À bas la dictature sanitaire ! ».

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Rien de surprenant, jusque-là : la contestation dans l’espace public passe bien souvent par l’usage d’hyperboles, de métaphores et de formules polémiques, frappantes, scandées ou écrites.

Une pancarte détournant le slogan
Une pancarte détournant le slogan « Le travail rend libre », inscrit au fronton du camp de concentration d’Auschwitz, ici remplacé par « Le pass rend libre ». (©G.R / Actu Bordeaux)

Toutefois, et même s’ils semblent rester rares dans les récents rassemblements bordelais, certains slogans et symboles peuvent choquer. Références à l’Apartheid ou au nazisme, étoile jauneépinglée sur la poitrine… De quoi interpeller, indigner, mais aussi questionner : pourquoi ces parallèles assumés à la Shoah et l’idéologie nazie ? Tentative d’éclaircissement avec deux manifestants.

 

« Il faut répondre à la violence par la violence ! »

La pancarte de David, brandie lors de la manifestation de ce samedi 24 juillet, à Bordeaux
La pancarte de David, brandie lors de la manifestation de ce samedi 24 juillet, à Bordeaux (©G.R / Actu Bordeaux)

David est un grand gaillard souriant d’une quarantaine d’années. L’une de ses petites filles est sur ses épaules. Son métier : voix-off pour diverses productions. Aujourd’hui, il est venu manifester en famille, avec sa femme, ses quatre enfants, et son neveu. Sur sa pancarte : « Non au pass san’Hitler », avec le symbole du dollar à la place de la lettre « S ». Et surtout, ce jeu de mots intégrant le nom du tristement célèbre dictateur allemand, fondateur du nazisme.

Mon message peut sembler violent mais ça l’est tout autant de vouloir piquer les gens de force ! Pour moi, à la violence, il faut répondre par la violence. La référence à Hitler, c’est parce que c’est un nom qui fait peur. Tout de suite, on pense aux camps de concentration, à la répression. C’est exactement ce qu’il se passe en ce moment ! Interdire l’accès à certains lieux aux personnes non vaccinées, c’est de la ségrégation. Bientôt, il y aura des toilettes séparées pour les vaccinés et les non-vaccinés, comme à l’époque avec les personnes blanches et noires ? Et qui nous dit qu’on ne déportera pas un jour les non-vaccinés ?

David, manifestant

Si les propos de David peuvent glacer le sang et qu’il s’exprime avec véhémence, nulle trace de fureur exubérante chez lui. Il discute volontiers, la voix posée, tandis que ses enfants galopent autour du couple, galvanisés par l’ambiance de la manifestation. Il n’est pas anti-vax, tient-il à préciser.

Il évoque sans détour les lobbies pharmaceutiques, l’hydroxychloroquine, l’avenir de ses enfants dans ce qu’il nomme « le merdier actuel » ou encore « l’éventualité que le virus ait été crée pour éliminer une partie de la population et se débarrasser des plus faibles. »

 

Il rit : « On va me traiter de complotiste après ça ! »

En tout cas, David est en colère, inquiet. Et il assume parfaitement son évocation du dictateur nazi, de la ségrégation et de l’eugénisme. S’il reconnaît « la connotation violente du nom Hitler », il maintient : « Notre liberté n’a pas à être injectée ! »

« Nous vivons dans le monde rêvé d’Adolf Hitler ! »

Dédé, en tête de cortège, porte une étoile jaune épinglé sur son gilet de la même couleur.
Dédé, en tête de cortège, porte une étoile jaune épinglé sur son gilet de la même couleur. (©G.R / Actu Bordeaux)

En tête de cortège, Dédé, armé d’un mégaphone, a épinglé une étoile jaune à son gilet de la même couleur. Âgé d’une cinquantaine d’années, il est commerçant, à son compte. « Enfin pour le moment ! », souligne-t-il. « Parce que je n’ai pas l’intention de me faire vacciner ! »

Porter cette étoile, il l’assume totalement. À ses yeux, c’est même un symbole fort à propos : 

« Nous sommes face à une oligarchie tentaculaire qui prend le pouvoir progressivement. Il ne reste que les démocraties à détruire. Le pass sanitaire, ce n’est rien d’autre que la porte d’entrée de la carte d’identité numérique. Partout en France et dans le monder entier, le modèle chinois va s’imposer. », assène-t-il, évoquant sans détour le fichage biométrique et le contrôle des populations.

Macron a dit que nous n’étions pas dans une dictature. Mais moi, si je n’ai pas bientôt mon étoile jaune 2.0 sur mon téléphone, comme les juifs allemands dans les années 30, je serai interdit de rentrer dans les magasins !

Dédé, manifestant

L’homme, passionné d’histoire, de politique et grand lecteur, poursuit : « Les juifs allemands, ils ne savaient pas ce qui les attendait. Moi non plus je ne connais pas la suite du pass sanitaire ! Je sais juste que l’on va dans un monde ou l’humain n’a plus aucune valeur. Identité numérique, euro numérique… Nous allons droit dans une dictature. L’apartheid sanitaire s’installe déjà en France. »

Plaquée sur le dos de Dédé, cette affichette.
Plaquée sur le dos de Dédé, cette affichette. (©G.R / Actu Bordeaux)

« Mein Kampf était écrit et on n’a rien fait. 1984 de Georges Orwell est écrit aussi, on sait ce qui nous attend. Il est interdit de ne rien faire ! Tout est déjà écrit depuis fort longtemps ! »

À aucun moment, au cours de l’échange, la question de la pandémie n’est abordée. Les doléances de Dédé semblent s’inscrire dans un contexte dépassant le Covid-19. En revanche, il évoque volontiers le régionalisme durant la Seconde Guerre Mondiale et le régime de Vichy :

« Diviser pour mieux régner ! Prenez les régions, créées par Pétain sous ordre d’Adolphe Hitler ! Prenez Walter Hallstein qui a signé le Traité de Rome pour la délégation allemande, avant d’être envoyé aux États-Unis par les services secrets américains pour éplucher son projet de Nouvelle Europe, comme on disait sous Vichy ! C’est simple : nous vivons maintenant dans le monde rêvé d’Adolf Hitler ! »

 

GUERRE DE COMMUNICATION

Par Tahar Ben Jelloun 

 

Tahar Benjelloun - Le360

© Copyright : Famille Ben Jelloun

Le Maroc est attaqué de tous côtés. Il faut prendre cela au sérieux et savoir qu’une guerre froide (ou pas) a été déclenchée ces dernières semaines. A la guerre, il faut répondre par une guerre encore plus intelligente, plus subtile, plus cruelle en même temps.

Même si j’ai été choqué et intrigué par les affirmations des médias, en particulier français, je ne parlerai pas de cette affaire qui a pris des proportions énormes et très inquiétantes. Je laisse cela entre les mains de la justice. Le temps venu, on saura la vérité. Pour le moment, constatons que notre pays est visé par une campagne orchestrée avec assez de brio, et que derrière ce flot d’infos et d’intox, il y a, tapi dans un coin de sa misère, l’adversaire de toujours, le voisin dont la haine qui l’anime n’a d’égale que son incompétence à donner le pain et la liberté à son peuple qui manifeste dans la dignité et avec une belle persévérance depuis plus de deux ans.

 

Oui, je vois ce voisin, dépensant des milliards pour essayer de détruire le Maroc. C’est son obsession, sa passion inutile et malgré tout néfaste.

 

Il existe aux Etats-Unis et probablement aussi en Europe des organismes privés appelés «Conseils» ou «Consulting» dont le travail consiste à exécuter des tâches sales au profit d’un Etat ou d’une société. La facture de ce genre d’activité se situe à un niveau très élevé. En fait tout dépend de l’ampleur de ce qu’il y a à faire et du résultat.

 

Un exemple concret: 2011, Bachar al-Assad tire sur les manifestants et entame une liquidation de son peuple de manière méthodique et efficace, aidé, il faut le dire, par le monstre froid russe (entre autres, car l’Iran et son Hezbollah installé au Liban, vont lui porter secours). Août 2013: Bachar utilise des produits chimiques et tue dans leur sommeil des milliers de familles. Barack Obama est mécontent, mais refuse d’intervenir; il en sera de même en Europe.

 

Cependant, l’image du régime de Bachar n’est pas bonne, c’est le moins qu’on puisse dire. Il fallait la restaurer. Pas de problème. Un organisme privé, une société américaine, est là pour cela. Quelle est la tâche? Simple: diffuser partout et à travers les journaux les plus sérieux et crédibles, genre The Washington Post, The New York Times, Le Figaro, Le Monde, El Pais, La Repubblica, etc.la thèse suivante: Bachar se bat contre les terroristes de Daech; si vous le combattez, vous porterez Daech au pouvoir et là, pour déloger «l’Etat islamique» de la Syrie, ce sera impossible, car de là, Daech va attaquer l’Europe par ses kamikazes, et caetera.

 

Ce fut exactement le discours qui a été tenu et publié dans la plupart des journaux internationaux. Vous pouvez vérifier. Des responsables politiques de plusieurs pays ont tenu ce même discours pour justifier leur non-intervention en Syrie.

 

Montant de la facture: 250 millions de dollars. Un des chercheurs de Human Rights Watch a révélé l’affaire courant 2013. Depuis, plus personne ne conteste le pouvoir dictatorial de Bachar ni les 500.000 morts qu’il a provoqués, ni les 5 millions de déplacés et réfugiés dans le monde.

 

Ceci fut une petite affaire. Combien pour déstabiliser un Etat fort, stable, uni et en pleine progression? Là, il faudra envisager des milliards. Ça coûtera moins qu’une guerre dite «fratricide» et puis le commanditaire n’apparaîtra jamais dans ce processus diabolique.

 

La preuve, à aucun moment, ce pays n’a été nommé. Seul le Maroc est apparu comme le monstre ravageur, le traître, le mauvais compagnon, bref, l’Etat à abattre. Et là, ses adversaires, seront servis.

 

Il faut dire que le processus de déstabilisation a commencé avec l’Allemagne, suivi par l’Espagne, puis à présent la France ainsi que certains pays européens qui n’ont jamais eu une passion pour notre pays.

 

Pour redresser tout cela, il faudrait plus que des tribunaux, il faudrait une prise de conscience sévère, sans se plaindre, ni geindre: le Maroc est attaqué de tous côtés. Il faut prendre cela au sérieux et savoir qu’une guerre froide (ou pas) a été déclenchée ces dernières semaines. A la guerre, il faut répondre par une guerre encore plus intelligente, plus subtile, plus cruelle en même temps. Et ce n’est pas en allant se solidariser avec des tribus qui prônent la division qu’on réussira. N’oublions pas que le Maroc se bat pour son unité, pour son intégrité territoriale. La stratégie à mettre en place doit être implacable, sans pitié. Ce sera une guerre de la communication et un bouleversement des données. Cette guerre a des règles scientifiques. Il faudra la mener de manière objective, sans verser une seule goutte de sang. 

Par Tahar Ben Jelloun