Catégorie : Le Point

L’Union européenne aime-t-elle trop les Frères musulmans ? – Le Point

FRÈRES SANS FRONTIÈRES 1/5. Proximité avec la Commission, fonds publics, rapports biaisés… La confrérie gravite dans l’orbite des institutions européennes. Enquête.

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Meurtre de Mireille Knoll : Alex Carrimbacus renonce à faire appel | L’Observatoire Juif de France félicite les avocats

Condamné en novembre à 15 ans de réclusion criminelle, mais innocenté pour le meurtre de Mireille Knoll, Alex Carrimbacus s’est désisté de son appel.

Innocente en novembre pour le meurtre de Mireille Knoll a Paris en 2018, mais condamne a 15 ans de reclusion pour vol aggrave, Alex Carrimbacus, 25 ans, s'est desiste de son appel. (image d'illustration)
Innocenté en novembre pour le meurtre de Mireille Knoll à Paris en 2018, mais condamné à 15 ans de réclusion pour vol aggravé, Alex Carrimbacus, 25 ans, s’est désisté de son appel. (image d’illustration)© LAETITIA PERON / AFP
Source AFP
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FOG – Pour que vive l’Arménie ! – Le Point

Qui se soucie de ce petit pays aux prises avec la Turquie et l’Azerbaïdjan ? Surtout pas l’Occident, qui refuse de se dresser contre l’islamo-nationalisme.

FOG - Pour que vive l'Armenie !
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Israël-Maroc : une alliance militaire est née – Le Point

Un an après la normalisation de leurs liens, les deux pays entament une coopération sécuritaire sans précédent, face aux « défis » posés par l’Algérie.

Le ministre israelien de la Defense, Benny Gantz, recu a Rabat par le ministre marocain des Affaires etrangeres, Nasser Bourita, le 24 novembre 2021.
Le ministre israélien de la Défense, Benny Gantz, reçu à Rabat par le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, le 24 novembre 2021.© FADEL SENNA / AFP

Par Armin ArefiPublié le 16/12/2021 à 17h19 – Modifié le 16/12/2021 à 20h27

Source : https://www.lepoint.fr/monde/israel-maroc-une-alliance-militaire-est-nee-16-12-2021-2457215_24.php?M_BT=1811027073127#xtor=EPR-6-[Newsletter-du-soir]-20211216-[Article_5]

Onze mois. C’est le temps qu’il aura fallu à Israël pour établir avec le Maroc une relation plus poussée qu’avec tout autre pays arabe. Moins d’un an après la signature des accords de normalisation entre l’État hébreu et le royaume chérifienBenny Gantz a réalisé le 24 novembre dernier à Rabat la première visite officielle d’un ministre israélien de la Défense dans un État arabe. « Nous avons vraiment établi une relation chaleureuse avec le Maroc, pays avec lequel nous entretenons une connexion culturelle et émotionnelle très forte », explique au Point un responsable israélien sous le couvert de l’anonymat.

À LIRE AUSSIIsraël-Maroc : la paix marchandéePrésente depuis l’Antiquité, la communauté juive du Maroc, qui compte environ 3 000 personnes, est la plus importante d’Afrique du Nord et cultive des liens étroits et naturels avec l’État hébreu. « En réalité, nos pays n’ont pas normalisé leurs relations, ils ont rétabli des liens historiques très forts basés sur le fait que la communauté juive du Maroc a toujours été protégée par l’ancien roi Hassan II et l’actuel souverain Mohammed VI », ajoute le responsable israélien. Plus de 500 000 Israéliens sont d’origine marocaine, et il était normal qu’après le rétablissement des liens civils – touristiques, culturels et économiques – nous passions au secteur de la défense. »

Tous les domaines

Si elles s’affichent aujourd’hui au grand jour, les relations entre le Maroc et Israël sont longtemps restées secrètes. « Depuis la création d’Israël en 1948 et l’indépendance du Maroc en 1956, ces deux pays se sont alignés sur de nombreuses questions géopolitiques et idéologiques, notamment leur opposition commune au panarabisme considéré comme une menace et incarné par Gamal Abdel Nasser », explique au Point Bruce Maddy-Weitzman, spécialiste des relations israélo-marocaines à l’université de Tel-Aviv. « Ils se sont ensuite retrouvés dans leur lutte contre l’islam radical et l’Iran. Israël a toujours considéré le royaume comme un régime pro-occidental dont il fallait assurer la survie, et l’a soutenu au niveau stratégique. »

À LIRE AUSSIPegasus : Abdellatif Hammouchi, l’espion marocain qui embarrasse la FranceLes deux pays ont même entretenu un temps des relations officielles, avec l’ouverture en 1994 de bureaux de liaisons à Rabat et Tel-Aviv, avant que l’éclatement de la seconde intifada dans les territoires palestiniens en 2000 ne provoque une rupture. « Même après cette date, les relations se sont poursuivies », précise néanmoins Bruce Maddy-Weitzman. « Les touristes israéliens se rendaient toujours au Maroc, tandis que les deux pays faisaient du commerce, notamment en matière de technologie et de sécurité. » Les services de renseignement marocains ont, par exemple, été accusés cet été d’avoir utilisé le logiciel de sécurité Pegasus, de la société israélienne NSO, pour espionner les téléphones portables de journalistes et de militants marocains, mais aussi français, ce que nie catégoriquement Rabat, qui dément avoir acheté le programme.

Nouvelle configuration régionale

Qualifiée d’« historique » par Israël, la visite de Benny Gantz à Rabat a en tout cas permis de formaliser la coopération sécuritaire entre les deux pays. Elle a été scellée par un protocole d’accord, signé entre le ministre israélien de la Défense et son homologue marocain Abdellatif Loudiyi. Le document prévoit la mise en place d’une commission mixte visant à accroître les échanges dans tous les domaines relatifs à la défense : renseignement, industrie, cybersécurité, formation militaire, exercices conjoints, échanges d’expériences et d’expertises, transfert de technologie. « Il s’agit d’un cadre pour toutes nos futures coopérations », explique le responsable israélien. « À partir de là, nos professionnels peuvent commencer à se réunir en groupes de travail pour développer nos liens dans tous les domaines, que ce soit le militaire, l’industrie ou le renseignement. »

À LIRE AUSSIAux Émirats, le fructueux pacte israélo-arabeS’il ne mentionne aucun contrat spécifique, le document ouvre la voie à l’acquisition officielle par le Maroc de technologies israéliennes de pointe, dont certaines ont déjà été discutées en amont. Selon le Forum Far-Maroc, proche des forces armées marocaines, le royaume aurait jeté son dévolu sur le dispositif de défense antidrone Skylock Dome, conçu par l’entreprise israélienne Skylock Systems. L’hebdomadaire marocain Tel quel évoque de son côté l’achat par Rabat de quatre drones tactiques Hermes 900 développés par le groupe Elbit Systems. Côté israélien, le quotidien Israel Hayom indique que le royaume a fait l’acquisition de systèmes de défense antiaériens Barak 8, codéveloppé par Israel Aerospace Industries et l’Indien Defence Research & Development Organisation.

L’Algérie visée

« Il s’agit d’un processus inédit de normalisation des relations, dont la teneur dépasse les accords noués précédemment par Israël avec d’autres pays arabes de la région », analyse Hasni Abidi, directeur du Centre d’études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen (Cermam) à Genève, en référence aux traités signés avec l’Égypte en 1979 et la Jordanie en 1994, qui n’ont jamais dépassé le stade de « paix froide ». « La nature de la coopération militaire entre Israël et le Maroc, qui tend vers un accord de défense, ainsi que le transfert de technologies évoqué, laisse à penser qu’il s’agit désormais d’une alliance militaire établissant une nouvelle configuration régionale. Celle-ci implique également les Émirats arabes unis et Bahreïn, qui ont normalisé leurs liens avec Israël un an plus tôt. »

À LIRE AUSSIMaroc : comment Mohammed VI a piégé les islamistesDurant sa visite de 48 heures à Rabat, le ministre israélien de la Défense, Benny Gantz, n’a eu de cesse de mentionner les « menaces et défis grandissants dans la région », alors que le royaume chérifien est en crise ouverte avec son voisin algérien. Accusant le Maroc d’« actions hostiles », Alger a brusquement rompu ses relations diplomatiques le 26 août dernier, et rejeté depuis toutes les tentatives de conciliation de Rabat. « Cela permet à l’Algérie de marquer son retour sur la scène régionale et de faire diversion par rapport à la crise politique intérieurequ’elle connaît depuis le hirak », estime Hasni Abidi, au sujet du mouvement de contestation populaire, entamé en 2019, qui a abouti à la mise à l’écart de l’ancien président algérien Abdelaziz Bouteflika et qui couve toujours malgré la fin des manifestations.

« Marocanité » du Sahara occidental

La brouille algéro-marocaine a pour origine la rupture en novembre 2020 du cessez-le-feu qui courait depuis dix-neuf ans au Sahara occidental, territoire désertique de la taille de la moitié de la France, situé au sud du Maroc et de l’Algérie. Colonie espagnole jusqu’en 1976, cette bande de terre, riche en gisements de phosphate et bordée d’eaux poissonneuses, est contrôlée à 80 % par le Maroc et à 20 % par le Front Polisario, groupe armé issu de la population nomade sahraouie d’un demi-million d’habitants qui peuple la zone.

À LIRE AUSSIAlgérie-Maroc : jusqu’où ira le conflit ?Soutenu militairement par l’Algérie, le mouvement de guérilla a proclamé en 1976 la « République arabe sahraouie démocratique » et souhaite l’organisation d’un référendum d’autodétermination, qu’appelle l’ONU de ses vœux, dans le but d’établir l’indépendance du territoire. Au contraire, Rabat considère la région comme faisant partie de ses frontières « historiques » et réclame un statut d’« autonomie sous contrôle ». Disposant de la suprématie militaire, le Maroc a construit en 1980 – déjà avec l’aide d’ingénieurs israéliens – un « mur de défense » contre les incursions du Polisario, coupant le Sahara occidental en deux, du nord au sud, sur 2 700 kilomètres. Il a signé le 29 septembre dernier un partenariat avec la société israélienne Ratio Petroleum pour l’exploration d’hydrocarbures au large de la ville de Dakhla qu’il contrôle.

« Marocanité » du Sahara occidental

Le royaume chérifien est engagé en parallèle dans une vaste offensive diplomatique visant à asseoir sa mainmise sur le territoire contesté. Celle-ci a culminé avec la reconnaissance en décembre 2020 par l’ancien président Donald Trump de la « marocanité » du Sahara occidental, en échange du rétablissement des relations diplomatiques avec Israël. « Le Maroc s’est servi des intentions du Polisario et des tensions avec Alger pour justifier la normalisation de ses relations avec Israël », estime le chercheur Hasni Abidi. « Son besoin de sécurité et de stabilité a été mis en avant pour permettre la conclusion de l’accord militaire avec l’État hébreu, mais ni Rabat ni Alger n’ont intérêt à jouer l’escalade. Ils vont davantage se lancer dans une course régionale à l’armement. »

À LIRE AUSSIAlger acte la désescalade après le « premier pas » de ParisÀ Alger, le séjour marocain de Benny Gantz a en tout cas été perçu comme une menace directe aux intérêts du pays. « Les ennemis se mobilisent de plus en plus pour porter atteinte à l’Algérie », a dénoncé Salah Goudjil, président du Conseil de la nation et deuxième personnage de l’État algérien, selon l’agence de presse officielle APS. « Aujourd’hui, les choses sont claires avec la visite du ministre de la Défense de l’entité sioniste [manière dont l’Algérie appelle Israël] au Maroc, après celle effectuée [en août] par le ministre des Affaires étrangères de cette entité dans ce pays voisin. » Le 11 août dernier, Yaïr Lapid avait été plus loin que son collègue à la Défense en faisant part depuis Rabat de son « inquiétude quant au rôle de l’État algérien dans la région, qui s’est rapproché de l’Iran ».

L’Iran pointé du doigt

Historiquement favorable à la cause palestinienne au nom de la lutte anticoloniale, l’Algérie a toujours été opposée à une reconnaissance de l’État d’Israël qu’elle considère comme une puissance « déstabilisatrice » au sein du monde arabe. Son discours anti-impérialiste la rapproche de la République islamique d’Iran, avec lequel elle entretient des liens de proximité depuis la guerre Iran-Irak, où Alger a joué le rôle de médiateur. Toutefois, les accusations marocaines de présence militaire iranienne au Sahara occidental aux côtés du Front Polisario par l’entremise du Hezbollah, qui ont justifié la rupture des relations entre le Maroc et l’Iran en mai 2018, ne sont pour l’heure pas étayées sur le terrain.

À LIRE AUSSIFrance-Algérie : guerres secrètes« Israël a tout intérêt à pointer le rôle déstabilisateur de l’Iran dans la région dans le cadre de la coopération militaire avec le Maroc », estime le chercheur israélien Bruce Maddy-Weitzman. « C’est également le cas du Maroc, qui s’inquiète toujours d’une volte-face américaine sur le Sahara occidental. » L’étendue de l’alliance naissante entre Ie royaume chérifien et Israël pourrait s’avérer capitale pour convaincre les plus réfractaires à Washington. Car s’il n’est pas revenu sur la décision américaine de reconnaître la « marocanité » du Sahara, le président Joe Biden n’a toujours pas annoncé l’ouverture sur place d’un consulat des États-Unis, comme s’y était engagé son prédécesseur Donald Trump. Tout juste le secrétaire d’État Antony Blinken a-t-il qualifié le plan d’autonomie marocain de « sérieux et réaliste ».

https://www.lepoint.fr/monde/israel-maroc-une-alliance-militaire-est-nee-16-12-2021-2457215_24.php?M_BT=1811027073127#xtor=EPR-6-[Newsletter-du-soir]-20211216-[Article_5]

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Rachel Khan – La laïcité n’est pas une opinion, c’est une nécessité

L’autrice de « Racée », essai dans lequel elle dénonce le repli identitaire, a reçu le prix de la laïcité. Voici son discours à la réception du prix.

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Le GUD, Alain Soral… La liste des Français « dangereux », selon Facebook | lepoint.fr

Dans une liste de 4 300 noms, relayée par « Le Parisien », on découvre plusieurs personnes ou organisations françaises, dont Égalité et Réconciliation.

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NE JAMAIS OUBLIE. Il y a 79 ans, la rafle du Vél’ d’Hiv par la police française

LE MONDE D’AVANT. Par Frédéric LEWINO – LE POINT

Les 16 et 17 juillet 1942, 8 160 Juifs sont entassés dans le vélodrome d’hiver à Paris, avant déportation à Auschwitz.

https://www.lepoint.fr/culture/il-y-a-79-ans-la-rafle-du-vel-d-hiv-par-la-police-francaise-16-07-2021-2435761_3.php?M_BT=1811027073127#xtor=EPR-6-[Newsletter-du-soir]-20210716

C’est un monde d’avant qu’on aimerait ne plus jamais revoir. Celui des rafles opérées avec la complicité des autorités françaises. En 1942, dans le cadre de sa stratégie d’élimination de la population juive d’Europe, l’Allemagne de Hitler décide d’organiser une rafle massive simultanément dans plusieurs pays d’Europe de l’Ouest, dont la France, sous prétexte de se procurer de la main-d’œuvre. Les nazis donnent à l’opération le nom de Vent printanier. Le vice-président du Conseil, Pierre Laval, se plie au désir des nazis tout en obtenant, dans un premier temps, que les Juifs français ne soient pas concernés. Seuls les étrangers, apatrides ou déchus de leur nationalité française pourront être embarqués de force pour l’Allemagne.

L’Office central de la sûreté du Reich fixe à la France un quota de 110 000 Juifs. Après négociation, le gouvernement de Pétain accepte de livrer 40 000 juifs étrangers vivant en zone occupée, dont 22 000 adultes localisés en région parisienne. De son côté, le directeur de la police René Bousquet promet aux Allemands 10 000 Juifs apatrides de la zone libre.PUBLICITÉ

La date de la rafle est fixée au 13 juillet

Sont visés les Juifs allemands, autrichiens, polonais, tchécoslovaques, russes et apatrides, âgés de 16 à 60 ans pour les hommes, de 16 à 55 ans pour les femmes, ainsi que leurs enfants. Une dizaine d’exceptions sont prévues, comme les femmes enceintes dont l’accouchement serait proche, les mères d’enfants de moins de 2 ans, les femmes nourrissant au sein, les femmes de prisonniers de guerre, les Juifs mariés à des non-juifs… Il est prévu d’effectuer le tri dans les centres de rassemblement primaire et pas au domicile. De même pour les enfants de moins de 16 ans.

13 152 Juifs arrêtés

Finalement, la rafle débute le 16 juillet à 4 heures du matin. Les 6 000 policiers mobilisés sont en possession d’une liste des Juifs à arrêter avec l’adresse et même l’étage. Ils trouvent de nombreux logements vides ou alors avec le père de famille manquant. En effet, certains policiers et d’autres fonctionnaires, horrifiés par la rafle, avaient fait fuiter l’information dès le 10 juillet. Beaucoup d’hommes ont laissé leur famille dans leur appartement car, jusque-là, les Allemands n’avaient jamais raflé les femmes et les enfants.

Pourtant, cette fois, adultes, vieillards et enfants sont embarqués, même ceux nés en France. D’après les témoignages, la plupart des policiers effectuent leur tâche sans faire de zèle. Les clés et les animaux sont confiés aux concierges. Néanmoins, de nombreuses portes restent closes, obligeant à faire venir un serrurier, ce qui retarde l’opération. Les familles sont embarquées à bord de bus. Les célibataires, les adolescents et les couples sans enfants sont déposés directement au camp de Drancy, tandis que les familles avec enfants sont emmenées au vélodrome d’hiver, situé dans le 15e arrondissement. Au cours des deux jours que dure la rafle, 13 152 Juifs sont arrêtés, dont 3 118 hommes, 5 919 femmes et 4 115 enfants. Soit 9 000 de moins que prévu.

Des conditions d’hygiène infernales

Durant cinq jours, ce sont 8 160 malheureux qui se retrouvent au Vél’ d’Hiv, sans nourriture, avec un seul point d’eau alors qu’il règne une chaleur étouffante. Rien n’a été prévu pour les accueillir. Sinon une trentaine d’urinoirs et de toilettes dont la moitié sont inaccessibles. Les conditions d’hygiène deviennent vite infernales. Ceux qui n’y résistent pas se suicident (ils sont une centaine). D’autres tentent de s’évader, mais sont descendus par les gardiens.PUBLICITÉ

Le deuxième jour, les pompiers installent une lance délivrant l’eau de la Seine. Quelques infirmières de la Croix-Rouge et du Secours national finissent par distribuer de la soupe et procurer des soins. Trois médecins sont autorisés à pénétrer dans le Vél’ d’Hiv. Seuls quelques très rares malades et femmes sur le point d’accoucher ont la chance d’être transportés à l’hôpital Rothschild, dont une partie est réquisitionnée à cet effet. Les enfants qui souffrent de maladies infantiles sont portés dans les loges du vélodrome, où ils sont allongés à même le sol.

Pour autant, point de révolte parmi les internés. Ils font confiance à leurs gardiens qui laissent entendre que les familles seront bientôt installées en Europe de l’Est. Quelques parents incitent toutefois leurs enfants à s’enfuir pendant la relève des gardiens. Certains, plus émus que les autres, ferment les yeux sur ces fuites.

Les enfants se vomissent dessus

Progressivement, les familles sont transférées dans les deux camps de transit, déjà bondés, de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande, dans le Loiret, surveillés par des gendarmes et douaniers français. Le 22 juillet à 8 h 30 du matin, le Vél’ d’Hiv est enfin vide. Lettre d’un interné du Loiret : « Nous sommes 2 400 dans un hangar avec des femmes et beaucoup d’enfants, nous couchons par terre sur un peu de paille […], des enfants se pissent et se vomissent dessus. Si nous devons rester 15 jours là-dedans, la plupart seront crevés, surtout les enfants. »

Comme on pouvait le prévoir, les Allemands ne relâchent aucun enfant ni aucun vieillard car le quota d’arrestations fixé à 22 000 est loin d’être atteint. Le vice-président du Conseil, Pierre Laval, n’y voit aucun inconvénient : au contraire, il fait valoir que les orphelinats français sont déjà surpeuplés.

Une centaine d’adultes reviendront en France

Fin juillet, les mères sont les premières à partir pour Auschwitz-Birkenau, réparties dans quatre convois. Les séparations des mères et de leurs enfants sont à l’origine de scènes atroces. Ceux-ci restent livrés à eux-mêmes dans un état de dénuement extrême. Du 15 au 25 août, 3 081 enfants sont expédiés à leur tour vers Drancy, qu’ils quitteront pour le camp d’extermination, où ils seront immédiatement gazés.

Seuls une centaine d’adultes reviendront en France. Mais aucun vieillard ni enfant.

La date de la rafle est fixée au 13 juillet

Sont visés les Juifs allemands, autrichiens, polonais, tchécoslovaques, russes et apatrides, âgés de 16 à 60 ans pour les hommes, de 16 à 55 ans pour les femmes, ainsi que leurs enfants. Une dizaine d’exceptions sont prévues, comme les femmes enceintes dont l’accouchement serait proche, les mères d’enfants de moins de 2 ans, les femmes nourrissant au sein, les femmes de prisonniers de guerre, les Juifs mariés à des non-juifs… Il est prévu d’effectuer le tri dans les centres de rassemblement primaire et pas au domicile. De même pour les enfants de moins de 16 ans.

13 152 Juifs arrêtés

Finalement, la rafle débute le 16 juillet à 4 heures du matin. Les 6 000 policiers mobilisés sont en possession d’une liste des Juifs à arrêter avec l’adresse et même l’étage. Ils trouvent de nombreux logements vides ou alors avec le père de famille manquant. En effet, certains policiers et d’autres fonctionnaires, horrifiés par la rafle, avaient fait fuiter l’information dès le 10 juillet. Beaucoup d’hommes ont laissé leur famille dans leur appartement car, jusque-là, les Allemands n’avaient jamais raflé les femmes et les enfants.

Pourtant, cette fois, adultes, vieillards et enfants sont embarqués, même ceux nés en France. D’après les témoignages, la plupart des policiers effectuent leur tâche sans faire de zèle. Les clés et les animaux sont confiés aux concierges. Néanmoins, de nombreuses portes restent closes, obligeant à faire venir un serrurier, ce qui retarde l’opération. Les familles sont embarquées à bord de bus. Les célibataires, les adolescents et les couples sans enfants sont déposés directement au camp de Drancy, tandis que les familles avec enfants sont emmenées au vélodrome d’hiver, situé dans le 15e arrondissement. Au cours des deux jours que dure la rafle, 13 152 Juifs sont arrêtés, dont 3 118 hommes, 5 919 femmes et 4 115 enfants. Soit 9 000 de moins que prévu.

Des conditions d’hygiène infernales

Durant cinq jours, ce sont 8 160 malheureux qui se retrouvent au Vél’ d’Hiv, sans nourriture, avec un seul point d’eau alors qu’il règne une chaleur étouffante. Rien n’a été prévu pour les accueillir. Sinon une trentaine d’urinoirs et de toilettes dont la moitié sont inaccessibles. Les conditions d’hygiène deviennent vite infernales. Ceux qui n’y résistent pas se suicident (ils sont une centaine). D’autres tentent de s’évader, mais sont descendus par les gardiens.

Le deuxième jour, les pompiers installent une lance délivrant l’eau de la Seine. Quelques infirmières de la Croix-Rouge et du Secours national finissent par distribuer de la soupe et procurer des soins. Trois médecins sont autorisés à pénétrer dans le Vél’ d’Hiv. Seuls quelques très rares malades et femmes sur le point d’accoucher ont la chance d’être transportés à l’hôpital Rothschild, dont une partie est réquisitionnée à cet effet. Les enfants qui souffrent de maladies infantiles sont portés dans les loges du vélodrome, où ils sont allongés à même le sol.

Pour autant, point de révolte parmi les internés. Ils font confiance à leurs gardiens qui laissent entendre que les familles seront bientôt installées en Europe de l’Est. Quelques parents incitent toutefois leurs enfants à s’enfuir pendant la relève des gardiens. Certains, plus émus que les autres, ferment les yeux sur ces fuites.

Les enfants se vomissent dessus

Progressivement, les familles sont transférées dans les deux camps de transit, déjà bondés, de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande, dans le Loiret, surveillés par des gendarmes et douaniers français. Le 22 juillet à 8 h 30 du matin, le Vél’ d’Hiv est enfin vide. Lettre d’un interné du Loiret : « Nous sommes 2 400 dans un hangar avec des femmes et beaucoup d’enfants, nous couchons par terre sur un peu de paille […], des enfants se pissent et se vomissent dessus. Si nous devons rester 15 jours là-dedans, la plupart seront crevés, surtout les enfants. »

Comme on pouvait le prévoir, les Allemands ne relâchent aucun enfant ni aucun vieillard car le quota d’arrestations fixé à 22 000 est loin d’être atteint. Le vice-président du Conseil, Pierre Laval, n’y voit aucun inconvénient : au contraire, il fait valoir que les orphelinats français sont déjà surpeuplés.

Une centaine d’adultes reviendront en France

Fin juillet, les mères sont les premières à partir pour Auschwitz-Birkenau, réparties dans quatre convois. Les séparations des mères et de leurs enfants sont à l’origine de scènes atroces. Ceux-ci restent livrés à eux-mêmes dans un état de dénuement extrême. Du 15 au 25 août, 3 081 enfants sont expédiés à leur tour vers Drancy, qu’ils quitteront pour le camp d’extermination, où ils seront immédiatement gazés.

Seuls une centaine d’adultes reviendront en France. Mais aucun vieillard ni enfant.

Phébé – L’antisémitisme, angle mort de l’antiracisme

Sciences politiques Parce que les juifs sont une minorité invisible, le racisme dont ils sont victimes est bien souvent ignoré par la gauche antiraciste.

Manifestation entre opposants et partisans du Parti travailliste, accuse d'antisemitisme, a Londres, le 26 mars 2018.
Manifestation entre opposants et partisans du Parti travailliste, accusé d’antisémitisme, à Londres, le 26 mars 2018. © ALEX CAVENDISH / NurPhoto / NurPhoto via AFP

Par Rafaël Amselem* pour Le Point

Gernelle – Sous l’« antisionisme », la haine et le cynisme

PAR ÉTIENNE GERNELLE

Une odeur de Vichy.

PAR FRANZ-OLIVIER GIESBERT

Que les Vichyssois, les habitants de la cité thermale, veuillent bien nous pardonner. Ce n’est pas après leur merveille de ville que nous en avons, mais après le climat de lâcheté qui flotte sur le pays et rappelle, à certains égards, celui de l’Occupation nazie.

Le Maréchal est revenu. Toujours aussi pleutre qu’en 1940, il est partout, dans la justice ou la politique, et il a ses entrées dans les médias. Le pétainisme, cette idéologie de l’armistice et de l’apaisement, infecte d’abord l’ultragauche, mais aussi la gauche douloureuse et la droite mollasse.

Le pétainisme trouble la vue quand il n’aveugle pas. Après qu’une policière a été égorgée à Rambouillet, vendredi dernier, au cri d’« Allahou akbar », Jean-Luc Mélenchon se garde bien de qualifier ce crime : c’est « un meurtre », point barre, il n’est pas question de qualifier d’islamiste le forfait ni son auteur, qui était par ailleurs « dépressif » (encore une « victime » !). Et il appelle au « sang-froid », sans doute pour pouvoir continuer à manifester tranquillement contre l’islamophobie et… les violences policières. 

Le pétainisme est une nouvelle forme de bigoterie qui prétend tirer à sa façon les leçons de la tuerie de Charlie Hebdo, que l’équipe du journal aurait finalement bien « cherchée ». L’un des gourous en vogue, François Héran, sociologue et professeur au Collège de France, excusez du peu, ose prétendre, toute honte bue, qu’en France la liberté d’expression « tend à étouffer ou absorber » la liberté de croyance. En somme, instituons vite le délit de blasphème réclamé à tue-tête par les islamistes, et qu’on n’en parle plus ! 

Le pétainisme, ontologiquement hostile à la laïcité, accepte que la vérité puisse devenir sacrilège et que soient instituées dans notre droit, comme dans la plupart des pays musulmans, des peines pour « quiconque offense le Prophète ou dénigre le dogme ou les préceptes de l’Islam ». Telle est la loi en Algérie, où vous pouvez croupir des mois en cellule après qu’on a trouvé chez vous un coran avec une page déchirée, ou écoper de trois ans de prison, comme Saïd Djabelkhir, chercheur de renom, pour avoir écrit, entre autres, que le sacrifice du mouton, tradition musulmane, existait avant l’avènement de l’islam, ce qui n’est pourtant pas discutable. 

Le pétainisme ne souffre pas que soient remises en question les décisions de justice, y compris quand elles sont abjectes, aujourd’hui comme dans les années 1940. Un arrêt historique de la Cour de cassation a ainsi décidé que l’assassin islamiste d’une juive, Sarah Halimi, ne serait pas jugé parce que l’absorption d’une dose (modérée) de cannabis avait provoqué chez ce « malheureux » une « bouffée délirante aiguë ». Aussitôt, les Trissotin officiels ont ginginé des hanches pour nous expliquer que la haute juridiction n’avait fait qu’appliquer le droit et l’article 122-1 du Code pénal, lequel conclut à l’irresponsabilité pénale en cas d’abolition du discernement du criminel. Les jobards !

Le pétainisme et sa camarilla veulent nous tromper, comme au temps de Radio-Paris, la voix de Vichy : « Radio-Paris ment, Radio-Paris est allemand »,disaient les résistants. Pourquoi l’instruction a-t-elle été bâclée ? Pourquoi l’abus de stupéfiants, considéré jusqu’à présent par la justice comme une circonstance aggravante, est-il devenu, soudain, une circonstance atténuante ? Risibles et pathétiques sont, de surcroît, les déclarations du procureur général François Molins, qui ne voit pas de contradiction en droit dans le fait qu’ait été reconnu par les hauts magistrats le caractère antisémite du crime alors qu’il aurait été soi-disant commis en l’absence de discernement ! 

Le même Molins qui, dans une tribune signée avec Chantal Arens, première présidente de la Cour de cassation, s’était cru autorisé, il n’y a pas si longtemps, à demander quasiment la tête du garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti, coupable d’avoir fait diligenter une enquête administrative sur les turpitudes du Parquet national financier, qui serait donc au-dessus des lois ! Pour qui ces gens-là se prennent-ils ? Où sont passés le régalien et le devoir de réserve ? Mais ne déprimons pas. Nous ne sommes pas à Fort Apache : cette fois, la cavalerie arrive, elle est même là… 

Le pétainisme est « français de souche »comme on dit à l’extrême droite. Les épigones islamo-gauchistes de La France soumise (Mélenchon, Hamon, Bayou, Piolle, Plenel, Autain…) ont d’ordinaire des noms qui fleurent le vieux terroir bien de chez nous. Face à eux, les résistants de la France libre s’appellent Amine El Khatmi, Sonia Mabrouk, Rachel Khan, Fatiha Agag-Boudjahlat, Linda Kebbab, Lydia Guirous, Mohamed Sifaoui, etc. Souvent venus de ce qu’on appelait jadis la gauche, ils connaissent presque tous les islamistes et savent de quoi ils parlent. Ce sont eux qui incarnent le mieux l’avenir du pays et son « âme spirituelle », qu’ils célèbrent contre les néocollabos, sans démagogie, avec les mots de Bernanos ou de Péguy. Il faudrait les remercier chaque semaine !