Catégorie : Marianne

Menacés, les enseignants d’un collège de Cergy alertent : “on est en train de se faire broyer”

Menacés, les enseignants d’un collège de Cergy alertent : “on est en train de se faire broyer”

Pas de vague

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Le personnel du collège Gérard-Philippe à Cergy (Val-d’Oise) est en grève ce jeudi 14 avril, après une recrudescence de violences ces dernières semaines. « L’absence de sanctions et de suivi rend la situation invivable », s’insurgent-ils.

« On a dépassé un seuil impensable. On se sent comme des moins que rien. J’ai fait plein de boulots… j’ai travaillé à l’usine. Jamais on ne m’a manqué autant de respect », s’insurge Célia. Cette surveillante au collège Gérard-Philippe à Cergy (Val d’Oise) fait grève ce jeudi 14 avril, comme une partie de ses collègues et des enseignants de cet établissement, situé entre les deux quartiers prioritaires de la ville.

Un mouvement social indépendant du contexte électoral d’entre deux tours, insiste le personnel de ce collège en REP (réseau d’éducation prioritaire), qui accueille 630 élèves, selon les chiffres du rectorat. « Tous les jours, les surveillants se prennent des “nique ta mère” et il n’y a aucune réaction de la part de notre hiérarchie. C’est un cirque, ce n’est plus de l’enseignement », regrette, dépité, Christophe*, un jeune professeur qui a pris son premier poste dans ce collège à la rentrée. Les personnels grévistes protestent contre ce qu’ils vivent comme un abandon de la part de leur hiérarchie.

Source : https://www.marianne.net/societe/education/menaces-les-enseignants-dun-college-de-cergy-alertent-on-est-en-train-de-se-faire-broyer

 

Amine Elbahi : “Voir Gérald Darmanin soutenir le maire de Roubaix laisse circonspect”

Amine Elbahi : “Voir Gérald Darmanin soutenir le maire de Roubaix laisse circonspect”

Trois questions à…

Par Hugo Romani

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L’implication du gouvernement contre l’islamisme et le clientélisme souffrirait-elle de faiblesses ? Au micro de BFMTV, Gérald Darmanin a exprimé sa sympathie au maire de Roubaix, Guillaume Delbar, pourtant mis en cause par la justice pour une subvention à une association prosélyste. Amine Elbahi, militant laïque à Roubaix, menacé de mort depuis son passage dans l’émission Zone Interdite, de M6 réagit auprès de « Marianne ».

C’est une marque d’amitié qui peut dérouter. Au micro de BFMTV, ce mardi 8 février, Gérald Darmanin a exprimé sa sympathie au maire de Roubaix Guillaume Delbar pourtant mis en cause pour des pratiques clientélistes.

À LIRE AUSSI :“Zone interdite” sur l’islamisme à Roubaix : “on a préféré se mettre la tête dans le sable”

Au micro d’Apolline de Malherbe, le ministre de l’Intérieur (et ancien maire de Tourcoing) a déclaré soutenir son « ami qui traverse un moment difficile » et qui « indépendamment répond des difficultés qu’il peut avoir dans la gestion de sa commune (…) Le maire de Roubaix a trouvé une situation dans sa ville extrêmement difficile. Personne ne peut penser que le jeune maire de Roubaix est responsable de trente, quarante, parfois cinquante ans de renoncement de la république. »

 

La ville de Roubaix aurait financé jusqu’à l’été 2021 l’association AAIR accusée de prosélytisme religieux, sous couvert de cours de soutien scolaire, et qui a fermé ses portes depuis. Le maire divers droite de la ville, Guillaume Delbar, doit comparaître à l’automne devant la justice pour « détournement de fonds par négligence ». Interrogé dans un reportage de Zone Interdite diffusée le 23 janvier sur M6, l’édile déclarait ne pas avoir « vu le début d’une marque de prosélytisme » dans les activités de cette association. Avant d’admettre que les « cours coraniques, ça ne veut pas dire djihad ».

Présent dans ce même reportage de Zone Interdite, et menacé de mort depuis, le juriste roubaisien Amine Elbahi, assure avoir averti Delbar dès le mois d’octobre 2020. Pour Marianne, il réagit aux propos de Gérald Darmanin.

Marianne : Qu’avez-vous pensé des propos de Gérald Darmanin au micro de BFM ce mardi ?

Amine Elbahi : Dès que j’ai pris connaissance des propos de Gérald Darmanin, j’ai tweeté. Bien sûr qu’il a le droit d’avoir de l’amitié pour Guillaume Delbar. Mais dans ces propos, j’ai été surpris de ne pas entendre de mots pour Ophélie Meunier ou pour moi-même. Pourtant, j’ai pris des risques en mettant en lumière des faits inacceptables. Je cherche à promouvoir les valeurs de la République. Donc voir le ministre de l’Intérieur soutenir un maire qui est poursuivi pour « détournement de fonds publics par négligence », ça me laisse circonspect.

 

 

Je pense qu’il est surtout gêné parce que c’est son ami qui est en cause. Il défend une position intenable pour ne pas mettre en péril sa carrière politique. Tout ce que je retiens c’est que je n’ai pas eu le droit à un message de soutien. Mais finalement je le remercie pour ce non-soutien. Le Ministre montre que cette affaire est avant tout politique. Franchement, on en attend davantage d’un ministre de l’Intérieur.

Quel regard portez-vous sur la lutte contre le séparatisme menée par le gouvernement ?

Le reportage de l’émission Zone Interdite montre qu’il y a des dérives. Le gouvernement n’a pas été suffisamment loin. Personnellement, je suis favorable à la création d’un délit d’islamisme. Aujourd’hui la France est toujours dans la réaction, jamais dans l’action. Il y a un manque de volonté politique, regardez par exemple les magasins présentés dans le reportage de M6. Ils n’ont pas été fermés à cause du communautarisme mais pour des raisons d’hygiène. On parle de lutte contre le séparatisme mais il y a surtout de l’hypocrisie.

Que proposez-vous pour endiguer cette montée du communautarisme ?

Je pense qu’il faut réarmer le régalien, en renforçant les moyens de l’État. Il faut également renouer le lien avec les communes. L’action doit être modernisée. Mais pour cela il faut de l’ambition politique. Nos gouvernants en ont-ils ? Là est la question. En tout cas il est nécessaire de s’appuyer sur le terrain et pas seulement sur des chiffres comme le fait Monsieur Darmanin.

Je compte bien en faire partie et aider à la modernisation de l’action de l’État, dès cette élection présidentielle. Je me félicite que certains candidats d’ailleurs comme Fabien Roussel prennent en considération ces problématiques. Parce que là nous avons l’impression de tous vivre dos à dos. L’État devra apaiser et réconcilier.

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Éric Naulleau : “Mélenchon dans ‘Face à Baba’ sur C8 ou la trajectoire d’un crash républicain”

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Zone interdite montre l’islamisme, des militants de la France insoumise dénoncent l'”islamophobie”

Zone interdite montre l'islamisme, des militants de la France insoumise dénoncent l'"islamophobie"
Capture d’écran de l’émission “Zone Interdite ” (M6).
Capture d’écran

Zone interdite montre l’islamisme, des militants de la France insoumise dénoncent l'”islamophobie”

Déni

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L’émission de M6 « Zone Interdite » voulait documenter le développement de l’islamisme dans certains quartiers français. Mais avant même la diffusion du programme, une partie des militants et un cadre de la France insoumise ont appelé au boycott. Selon eux, ce type d’enquête nourrirait l’islamophobie et désignerait les musulmans à la vindicte populaire.

Il n’y a pas que l’extrême droite qui confonde musulmans et fondamentalistes religieux. Alors qu’un reportage sur les courants les plus radicaux de l’islam était diffusé dans le magazine « Zone interdite » sur M6 hier dimanche 23 janvier, une désolante levée de boucliers a agité une partie de la gauche et tout particulièrement les militants de la France insoumise.

À première vue pourtant, difficile de comprendre ce qui dérange ; le reportage documente l’installation d’un islam fondamentaliste à Marseille, Roubaix, Lyon. Sont exposés : écoles illégales dissimulées, fillettes de 7 ans voilées, mosquées radicales à l’enseignement salafiste… Des pratiques qui n’ont rien à voir avec l’islam pratiqué par l’immense majorité des citoyens français musulmans, mais qui relèvent d’une dérive bien connue : le fréro-salafisme.

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LA FAUTE DES JOURNALISTES

« Je ne vois pas pourquoi les musulmans n’auraient pas le droit de faire comme les écoles Saint Pie X et séparer les garçons et filles » a-t-on même entendu dans cet espace de discussion. Rappelons que la Fraternité Saint-Pie X est une communauté catholique traditionaliste ultra-conservatrice qui a couvert et encouragé des violences sur les femmes de sa communauté. Elle se trouve sous haute surveillance des services de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) en raison de son caractère sectaire. À ce jour, personne n’a encore songé à accuser la Miviludes de « christianophobie ».

 

 

Cette comparaison très hasardeuse n’émane pourtant pas d’un quelconque quidam. Mais de David Guiraud, porte-parole jeunesse de la France insoumise. Peu après la diffusion du reportage, il s’est ému, dans une « réaction à chaud » publiée sur Twitter, du « journalisme de caniveau » de M6. Selon lui, les enquêteurs sont des « obsessionnels » qui se trompent de combat : le problème, à Roubaix, n’a rien à voir avec le développement de l’islam fréro-salafiste mais uniquement de la précarité. « Ce reportage est une diversion », conclut-il. Et tant pis si les synergies entre précarité et développement du fréro-salafisme méritent d’être observées et analysées avec honnêteté par les responsables politiques. David Guiraud ne semble pas vouloir marquer la différence entre l’islam et les pratiques défendues par les courants salafistes et par l’organisation des Frères musulmans en France et en Europe.

ISLAMISME ? CONNAIS PAS…

C’est pourtant par le témoignage d’un Français de culture arabo-musulmane que s’est ouvert le documentaire dimanche soir. Militant politique et habitant de Roubaix, Amine Elbahi s’est engagé dans la lutte contre l’islamisme après la radicalisation de sa grande sœur, qui s’est rendue en Syrie. Elle se trouve aujourd’hui encore détenue dans l’un des camps réservés aux combattants et épouses de l’État islamique.

Témoignant à visage découvert, le militant laïque n’a pas tardé à essuyer insultes et menaces sur les réseaux sociaux. « On va te retrouver », lui promet un internaute. « C’est une manière pour lui de se venger de l’endoctrinement de sa sœur par l’État islamique », analyse un autre. Son tort : avoir emmené les équipes de M6 dans l’un des quartiers les plus islamisés de la ville, la rue de Lannoy. Sur quelques centaines de mètres : une majorité des femmes portant le niqab, vêtement couvrant le visage et le corps, profusion de boucheries dites hallal, un restaurant muni de petit box où les femmes peuvent déjeuner dissimulées derrière un rideau, ou encore des librairies proposant des ouvrages islamistes.

 

 

Dès lundi matin sur CNews, David Guiraud assurait le service après-vente des indignations insoumises. Interrogé sur le reportage, il tente : « Je ne sais pas ce que c’est une bibliothèque islamiste, il faudrait qu’on arrive à définir ça un jour », en référence aux images filmées rue de Lannoy. La réponse apportée par « Zone interdite » semble pourtant assez claire : une librairie islamiste, c’est un lieu où l’on peut trouver des ouvrages détaillant la marche à suivre pour faire le djihad, comme l’ouvrage de référence « la Voie du musulman » montré dans le reportage, ou expliquant qu’une femme musulmane mariée n’a pas le droit de se refuser sexuellement à son mari – soit l’équivalent d’un viol en droit français. Autant de préceptes que ne partagent pas l’immense majorité des citoyens français musulmans non-adeptes de cet islam fondamentaliste. David Guiraud n’en démord pourtant pas : « Ce n’est pas ça Roubaix ! Dans cette rue, il y a même un caviste. » Un caviste demeure, la République est sauvée.

 

 

Quoi qu’il en soit, la réaction de la France insoumise est en parfaite adéquation avec les indignations de la frange décoloniale de l’extrême gauche. « #ZoneInterdite se lance corps et âme dans une propagande à vomir. Ce reportage illustre à merveille comment les médias fabriquent “le problème musulman” pour servir le politique », accuse la journaliste d’Anadolu, l’agence de presse turque, Feïza Ben Mohammed.

EXPLOITATION POLITIQUE DE TOUS LES CÔTÉS

Ces réactions font aussi les affaires de la droite identitaire. Éric Zemmour, candidat du nouveau parti Reconquête ! a proposé dès lundi matin son programme visant « l’islam », opérant le même amalgame que le cadre de La France insoumise. « Vous voulez savoir contre quoi je me bats ? Allumez votre télévision, regardez M6 », a tweeté le candidat dimanche soir. Et de renchérir, sans nuance : « L’Afghanistan à deux heures de Paris ».

 

 

Devant la complaisance du principal parti de gauche à la présidentielle, l’extrême droite a tout un boulevard devant elle pour occuper le terrain. Et tant pis pour les personnalités engagées dans ce combat qui n’appellent ni à la haine, ni à l’anathème, comme Amine Elbahi. Ou comme l’imam franco-tunisien Hassen Chalgoumi, interrogé dans le reportage de « Zone Interdite ». « L’islamisme est la maladie de l’islam », a répété celui qui est encore imam à Drancy. Le prédicateur, qui s’est toujours exprimé contre les tueries djihadistes et l’enracinement de l’islam fréro-salafiste, vit aujourd’hui sous protection policière quotidienne. Sa femme et ses cinq enfants ont été contraints de quitter le pays. À vouloir défendre ces courants islamistes coûte que coûte, les militants bien intentionnés comme David Guiraud semblent oublier que les victimes de ces fondamentalismes sont aussi musulmans.

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Propos antisémites, espionnage, djihadisme : la Belgique expulse un imam marocain

Propos antisémites, espionnage, djihadisme : la Belgique expulse un imam marocain
Mohamed Toujgani, le 9 avril 2016, devant la station de métro de Molenbeek à Bruxelles en Belgique.
THIERRY CHARLIER / AFP

Propos antisémites, espionnage, djihadisme : la Belgique expulse un imam marocain

« Ô Seigneur, démolis-les »

 

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L’imam marocain Mohamed Toujgani a été déchu de son permis de séjour en Belgique. Le secrétaire d’État belge à l’Asile et la Migration a expliqué aux médias belges que le prédicateur représentait un danger « actuel, réel et sérieux ». Déjà connu pour des propos incitant à la haine des Juifs, il est soupçonné d’ingérence pour le compte de l’État belge et apparaît dans une affaire de filière djihadiste.

Mohamed Toujgani, imam marocain, s’est vu retirer son droit au séjour en Belgique en octobre, considéré comme « une menace à la sécurité nationale », notamment pour avoir appelé à « brûler des Juifs » dans une vidéo, a indiqué la semaine dernière le gouvernement. Une information révélée par la chaîne publique flamande VRT et confirmée par le secrétaire d’État belge à l’Asile et la Migration, Sammy Mahdi.

La vidéo en question avait refait surface en 2019, a précisé la VRT. À l’époque, Mohamed Toujgani s’était excusé pour ces propos, évoquant « un dérapage » lié à « la guerre » menée par Israël contre les Palestiniens dans la bande de Gaza. Dans la vidéo, l’imam invoque Dieu : « Seigneur, Maître des Mondes, déverse la frayeur dans le cœur des sionistes oppresseurs. […] Seigneur, fais que le sang des martyrs soit une arme sous les pieds des sionistes oppresseurs, et que ce sang soit un feu ardent qui les brûle et un vent qui les fustige. […] Ô Seigneur, démolis-les ». Un discours résumé aujourd’hui par Sammy Mahdi comme une incitation à brûler les Juifs.

« EXTRÉMISME » ET « INGÉRENCE »

Cette interdiction de séjour, pour « extrémisme » et « ingérence », porte sur une durée de dix ans, a précisé le secrétaire d’État. Mohammed Toujgani, qui prêchait jusqu’à l’an dernier à la mosquée Al-Khalil à Molenbeek, l’un des plus grands lieux de culte musulman de Belgique, s’est vu retirer son permis de séjour « le 12 octobre » 2021, ont précisé les services de l’État dans un communiqué.

Pour expliquer cette expulsion, les médias belges évoquent également un « signal » envoyé au Maroc, accusé d’ingérence et d’espionnage notamment dans le projet de reprise de la Grande mosquée de Bruxelles. Selon les services de la Sûreté de l’État belge, cités par les médias, Mohammed Toujgani fait partie des collaborateurs de l’État marocain soupçonnés d’espionnage. « Oui, il y a un ordre de quitter le territoire et une interdiction de revenir sur le territoire belge pendant 10 ans. Je pense que c’est important de garantir qu’on vit dans un monde où on est en sécurité et où les influences extérieures sont minimalisées », s’est borné à déclarer le secrétaire d’État Sammy Mahdi.

SOUPÇONS DE RECRUTEMENT DJIHADISTE

Depuis l’annonce de son expulsion, d’autres éléments ont été rendus publics, indiquant que l’imam de Molenbeek ne s’en serait pas tenu à des propos incendiaires sur les Juifs. Selon le média flamand Het Laatste Nieuws (HLN), cette décision a également été motivée par un rapport des services de police datant de 2007, un document confidentiel de la division antiterroriste de la police judiciaire de Bruxelles sur les liens entre les milieux djihadistes belges et espagnols.

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Selon HLN, ce document contient le témoignage d’un djihadiste repenti décrivant à la garde civile espagnole comment des personnes ont été recrutées en Belgique pour partir combattre en Irak sous la bannière d’Al-Qaida. Il y désigne un certain « Mohamed Tozgane » comme le troisième chef du réseau, responsable de la mosquée Al-Khalil à Molenbeek. La police belge en a conclu qu’il s’agissait de Toujgani.

DES OPINIONS EXTRÊMES

Le média flamand Bruzz évoque, pour sa part, la décision d’un tribunal de première instance francophone qui devait statuer sur l’autorisation ou non de Toujgani à devenir un citoyen belge ; une demande soumise par l’imam à la commune de Molenbeek fin 2019 alors qu’il ne parle, comme la loi l’exige pourtant, ni flamand ni français. Dans son jugement, le tribunal indique que, si les sermons de l’imam semblent modérés, il diffuse pourtant des opinions plus extrêmes en cercles restreints.

Selon ce même tribunal, Toujgani entretient aussi des contacts avec des personnalités extrémistes, notamment avec des personnes condamnées à l’étranger pour des attentats. Selon Bruzz, le prédicateur Abu Qatada, qui entretient des liens avec Al-Qaida, ou Mohamed Fizazi, emprisonné pendant 30 ans avant d’être gracié pour les attentats de Casablanca, feraient partie de ces contacts.

UN « DANGER ACTUEL, RÉEL ET SÉRIEUX »

Il s’agit d’« une affaire strictement privée sur laquelle notre institution n’a aucun commentaire à apporter », a réagi l’Exécutif des musulmans de Belgique (EMB), organe représentatif et interlocuteur de l’État belge pour la gestion du culte musulman. L’EMB a souligné, dans un communiqué publié sur son site Internet, n’avoir « pas de lien d’autorité avec les imams non rattachés aux mosquées subventionnées ».

Le secrétaire d’État Sammy Mahdi a, pour sa part, enfoncé le clou devant la Chambre des représentants : « Les services de sécurité estiment que cet homme doit être considéré comme un danger actuel, réel et sérieux pour la sécurité nationale. On parle ici d’extrémisme et d’ingérence. »

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Source : Marianne

 

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Apologie du jihad : la justice confirme la fermeture de la mosquée de Beauvais | Marianne

SOCIÉTÉPOLICE ET JUSTICE
Apologie du jihad : la justice confirme la fermeture de la mosquée de Beauvais
Mosquée de Beauvais.
FRANCOIS LO PRESTI / AFP

Apologie du jihad : la justice confirme la fermeture de la mosquée de Beauvais

Islamisme

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Le tribunal administratif d’Amiens a confirmé ce jeudi 31 décembre la fermeture pour six mois de la Grande mosquée de Beauvais, après les prêches d’un imam faisant l’apologie du jihad armé.

Le tribunal administratif d’Amiens a rejeté ce vendredi 31 décembre un recours en référé-liberté demandant la suspension d’un arrêté préfectoral fermant pour six mois la Grande mosquée de Beauvais, dans l’Oise, pour des prêches d’un imam faisant notamment l’apologie du jihad armé.

« La préfète de l’Oise a pu, sans commettre d’erreurs de fait ou d’appréciation, estimer que les propos tenus » dans ce lieu de culte « constituaient des provocations justifiant, en vue de prévenir la commission d’actes de terrorisme, la fermeture », estime le juge des référés dans une ordonnance rendue vendredi. La représentante de l’Etat avait ordonné lundi la fermeture sous 48 heures de cette mosquée – accueillant quelque 400 fidèles – que le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, avait accusé à la mi-décembre d’attaquer le « modèle républicain et la France ».

Invoquant notamment une « note blanche » des services de renseignement, le juge administratif relève que l’imam mis en cause, un jeune converti formé en Arabie saoudite, a « à plusieurs reprises présenté le jihad armé en tant que devoir et valeur de l’islam ». Officiant depuis avril, il a aussi « accrédité l’idée d’une hostilité des sociétés occidentales envers l’islam, légitimé la désobéissance aux lois de la République et prôné la supériorité des règles religieuses sur celles-ci », ajoute le juge. « Principal prédicateur » de la mosquée, il a également « tenu des propos radicaux incitant à la haine et à la discrimination de certaines personnes ».

« NOUS CONDAMNONS FERMEMENT TOUT CE QUI TOUCHE AU JIHADISME »

L’association requérante, Espoir et Fraternité, qui gère la mosquée, « n’a jamais condamné explicitement lesdits propos », largement relayés sur sa page Facebook, poursuit le juge qui s’interroge aussi sur l’effectivité de la « rupture alléguée des relations contractuelles » avec l’imam. L’association pourra, « lorsqu’elle estimera avoir mis en place un dispositif global de nature à prévenir la réitération des dysfonctionnements constatés », demander l’abrogation de la mesure de fermeture, conclut le juge.

Avocat de l’association, Samim Bolaky avait souligné jeudi au cours de l’audience sa volonté de « travailler main dans la main avec la préfecture » et notamment l’engagement de ses responsables à ne plus diffuser de contenus sur les réseaux sociaux avant la désignation d’un modérateur. « Je redis ici que nous condamnons fermement tout ce qui touche au jihadisme », avait pour sa part déclaré son vice-président, Abdelfatah  Zouhair, relevant notamment que les interventions de l’imam mis en cause avaient attiré plus de fidèles jeunes à la mosquée.

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Accusations de harcèlement : Esther Benbassa se “met en retrait” jusqu’en septembre

“Mouvements d’humeur”

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Après la publication d’une enquête de « Mediapart » où des anciens collaborateurs l’accusent de harcèlement, la sénatrice Esther Benbassa a décidé, jeudi 8 juillet au soir, de se mettre en retrait de son groupe écologiste du Sénat jusqu’à la rentrée.

Sa position était intenable. Après avoir été accusée de harcèlement par huit anciens collaborateurs et six anciens étudiants, Esther Benbassa a affirmé jeudi 8 juillet au soir se mettre en retrait de son groupe écologiste au Sénat jusqu’en septembre. « Le temps d’étudier les suites à donner conformément à notre règlement intérieur », a précisé quant à lui le groupe Écologiste, Solidarité et Territoires dans un communiqué. Ce dernier a ajouté qu’il prenait « toute la mesure des accusations portées », faisant état de témoignages « extrêmement graves » qui « traduisent une grande souffrance au travail ».

 

 

Dans l’enquête de Mediapart diffusée jeudi, tous les anciens collaborateurs et anciens étudiants que l’élue employait à l’École pratique des hautes études évoquent un climat de « terreur ». instauré par la sénatrice, ponctué de pressions, de chantage à l’emploi et d’humiliations. Des mails, individuels ou collectifs, et des SMS ont été consultés et retranscrits en partie par Mediapart.

L’OPÉRATION AUX POUMONS ? PLUS TARD SI POSSIBLE !

Plusieurs témoignages font apparaître la sénatrice comme particulièrement insensible. Alors que le père d’une de ses collaboratrices vient de décéder, l’intéressée lui répond sèchement : « Je comprends et je suis très triste, mais moi je n’ai personne au bureau à part Anaïs puisque Asma est en congé maladie. Je n’ai même pas quelqu’un pour me préparer mon dossier pour l’hémicycle. Vous auriez dû m’avertir ce matin pour que je m’organise (…) Bon courage. » Selon une autre femme, Esther Benbassa aurait essayé de lui faire reporter une opération médicale aux poumons sous prétexte d’un agenda politique chargé au moment de la réforme des retraites, en 2020.

 

 

De son côté, Esther Benbassa ne nie pas qu’elle peut parfois avoir des « mouvements d’humeur », être directe voire abrupte mais elle conteste « avoir sciemment et délibérément choisi de mettre la santé de (ses) salarié.e.s en danger ». « Mais si je suis exigeante, je suis également soucieuse de valoriser le travail et les efforts de mes collaborateurs et collaboratrices », a-t-elle renchéri, en présentant ses « excuses » à celles et ceux qu’elle a pu blesser. Conséquence de cette gestion, le turn-over des collaborateurs a été important. En deux mandats, plus de 18 assistants parlementaires ont été employés, note Mediapart.

Dans un communiqué, le syndicat CGT des collaborateurs parlementaires a apporté son soutien aux témoins qui « ont brisé l’omerta qui règne au sein de l’institution », en rappelant que le harcèlement moral est un délit qui touche à l’intégrité et à la dignité des victimes.

 

 

Cette affaire fait écho à celle de la députée LREM Laëtitia Avia, qui avait elle aussi été accusée en mai 2020 « d’humiliations à répétition » (et de propos racistes et homophobes) par cinq anciens collaborateurs, là encore dans une enquête de Mediapart. La parlementaire avait alors crié à « l’acharnement » du journaliste dece médiaDavid Perrotin.

Source :https://www.marianne.net/politique/ecolos/accusations-de-harcelement-esther-benbassa-se-met-en-retrait-jusquen-septembre

 

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L’Observatoire Juif de France, apporte son soutien à la courageuse Madame Abir Moussi et attend avec curiosité la réaction des associations féministes, du CDEH, du Gouvernement français, ainsi que de toutes les organisations qui se disent défendre le droit des femmes.

Tunisie : Abir Moussi, la leader de l’opposition frappée à coups de poing au parlement
Abir Moussi
NurPhoto via AFP

Tunisie : Abir Moussi, la leader de l’opposition frappée à coups de poing au parlement

Islamisme

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Une scène d’une violence inouïe s’est déroulée le 30 juin au cœur de l’Assemblée tunisienne. Deux députés islamistes ont frappé, à quelques heures d’intervalle, Abir Moussi, chef de l’opposition, présidente du Parti destourien libre.

Tunis vit des heures à haute tension. Alors que le pays est frappé de plein fouet par une nouvelle vague du Covid, avec une mortalité élevée et la pire situation au Maghreb, la violence islamiste s’est donné libre cours, le mercredi 30 juin, au cœur de l’Assemblée du Bardo. La principale opposante, Abir Moussi, 46 ans, présidente du Parti destourien libre, a été agressée par un député proche de la coalition islamiste Al Karama.

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L’homme, Sahbi Smara, s’est jeté sur elle et l’a bourrée de coups de poing. Des cris de peur et de colère se sont élevés mais la ministre de la Femme, selon plusieurs témoins, n’aurait pas bronché. Abir Moussi a chancelé mais elle n’a pas quitté sa place. Quelques heures plus tard, elle recevait à nouveau un coup de pied dans le ventre, envoyé par le député et avocat Seifeddine Makhlouf, chef d’Al Karama. Cette fois, Abir Moussi s’est effondrée. Prise en charge par le médecin de l’Assemblée, elle est pourtant restée jusqu’à minuit dans l’enceinte du Parlement.

UN DÉBAT SUR UNE LOI PRO-QATAR

De quoi était-il donc question ce 30 juin au Bardo ? Il s’agissait de voter pour ou contre une loi permettant à un fonds Qatari de gérer les intérêts financiers entre la Tunisie et le Qatar. Abir Moussi s’élevait contre ce traité qui allait permettre au Qatar d’intervenir directement dans l’économie tunisienne. Frappée par deux fois, cette femme politique a tenu à rester jusqu’au bout du processus du vote. La loi pro-Qatar a finalement obtenu la majorité.

Les deux agressions ont été condamnées par la plupart des partis. Les députés seront-ils poursuivis ? Leur violence, devant les caméras, annule leur immunité, estiment la majorité des commentateurs dont beaucoup souhaitent leur incarcération.

GILET PARE-BALLES

Ces scènes en disent long sur leur victime, la situation des femmes, de plus en plus préoccupante, et sur l’atmosphère de haine qui prévaut dans un pays sous emprise islamiste.

La victime, Abir Moussi, est sans conteste la personnalité la plus populaire de l’opposition. On a moqué le gilet pare-balles et le casque de motard qu’elle arbore à l’Assemblée pour se protéger. On a eu tort car Abir Moussi est réellement en danger. Dans les cœurs tunisiens, c’est la seule à pouvoir faire entendre la voix d’un sursaut de masse. Le rassemblement qu’elle a organisé voici quelques semaines, devant le Bardo, a drainé des milliers de sympathisants. Les critiques qu’elle suscite – des accusations de populisme – sont loin de la faire chuter dans les sondages.

Face à Ennahdha, à son leader Rached Ghannouchi devenu président du Parlement, et au gouvernement du Premier ministre Hichem Mechichi (également ministre de l’Intérieur), soutien de Ghannouchi, les partis font figure de groupuscules rivaux acharnés à s’entredéchirer. Un « Front pour le référendum » sur une nouvelle Constitution vient de se constituer à l’initiative d’un autre opposant à Ennahdha, Mohsen Marzouk, ancien conseiller du défunt président Béji Caïd Essebsi, mais l’idée ne semble pas mobiliser grand monde. Sur cette toile de fond disparate, seule se détache la figure d’Abir Moussi. D’où les dangers qui la cernent, dans l’ombre des rues de Tunis comme dans la lumière du Bardo.

Antisémitisme, financement de mosquée… La polémique à la mairie de Strasbourg en trois actes

EELV

Antisémitisme, financement de mosquée… La polémique à la mairie de Strasbourg en trois actes
La décision de la mairie de Strabourg d’accorder une subvention de 2,5 millions d’euros à la mosquée Eyyub Sultan a fait monter au créneau Gérald Darmanin, qui pointe du doigt l’influence de la Turquie et le refus de signer la Charte de l’Islam de France
Frederick FLORIN / AFP

La municipalité écolo de Strasbourg est dans la tourmente depuis le vote d’une subvention à la construction d’une mosquée soutenue par une fédération controversée. Le même jour, la majorité a refusé de reconnaître la définition de l’antisémitisme fournie par l’Alliance Internationale pour la mémoire de l’Holocauste.

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Deux polémiques en une seule journée. Ce lundi 22 mars, les élus du conseil municipal à majorité EELV ont pris deux décisions qui ont suscité une vive réaction politique. D’abord le rejet d’une définition possible de l’antisémitisme, ensuite le vote d’un « principe d’une subvention » de 2,5 millions d’euros à une mosquée soutenue par une fédération liée à la Turquie et qui a refusé de signer la Charte des principes de l’islam de France.

1. La définition de l’antisémitisme refusée

À 39 voix contre 19 (et 1’abstention), le Conseil municipal a donc d’abord rejeté la définition de l’antisémitisme proposé par l’Alliance Internationale pour la Mémoire de l’Holocauste (AIMH). Si le cœur de cette définition semble évident, les liens parfois complexes entre antisémitisme et antisionisme ont posé problème aux membres de la majorité locale.

« Ce vote se fonde sur deux points, explique à Marianne Jean Werlen, conseiller municipal en charge des cultes. Premièrement, il y a une tradition strasbourgeoise de ne jamais importer les conflits étrangers à l’intérieur des communautés religieuses locales. Deuxièmement, il est hors de question de retirer à des citoyens le droit de critiquer un État, fût-il étranger. Il faut condamner l’antisémitisme mais il faut pouvoir critiquer un État et cette définition interdit toute critique de la politique de l’État d’Israël ».

En réalité, la définition affirme clairement que « critiquer Israël comme on critiquerait tout autre État ne peut pas être considéré comme de l’antisémitisme ». Mais d’autres points, assimilés à de l’antisémitisme, semblent plus litigieux aux yeux des détracteurs du texte : « le reproche fait aux citoyens juifs de servir davantage Israël (…) que les intérêts de leur propre pays », « le refus du droit à l’autodétermination des Juifs, en affirmant par exemple que l’existence de l’État d’Israël est le fruit d’une entreprise raciste » et « l’établissement de comparaisons entre la politique israélienne contemporaine et celle des Nazis ».

“UN CERTAIN MALAISE”

Des griefs que réfute l’élu d’opposition Pierre Jakubowicz, auprès de Marianne : « Je suis consterné.Nous sommes la première assemblée démocratique dans un État européen à refuser cette définition. Il s’agit de la définition officielle de l’antisémitisme retenue par 31 États, par l’Assemblée Nationale,le Parlement européen dont le siège est à Strasbourg, par le Conseil de Paris et la ville de Nice. À chaque fois qu’elle est proposée, elle est acceptée, à gauche comme à droite. »

Selon l’élu, « la ville de Strasbourg a besoin de cette définition car il y a eu ces derniers mois plusieurs actes antisémites notoires. Un graffeur employé par la ville et portant un t-shirt “I love Tel-Aviv” s’est fait violenté et a reçu des insultes antisémites. Après cela, il a fallu six jours pour que la ville réagisse et ce n’est qu’avec le dépôt d’une motion par le groupe socialiste que la majorité a accepté de prendre le dossier en main. Puis il y a eu l’affaire d’un livreur Deliveroo qui a refusé de prendre en charge des repas dans un restaurant juif. Or, pour lutter efficacement contre un mal, il faut savoir le définir. »

Selon lui, le véritable motif du refus de la majorité municipale trouve son explication ailleurs : « Il y a un certain malaise face à cette définition, liée au fait que certains membres de la majorité soutiennent ouvertement des associations de boycott à Israël comme BDS ».

2. Des subventions pour une mosquée controversée

Mais cette discorde a rapidement été éclipsée par une autre : la subvention de 2,5 millions d’euros accordée pour financer la construction de la mosquée Eyyub Sultan, portée par la Confédération islamique Millî Görüs (CIMG). Elle a été votée à 42 voix contre 7, les groupes Faire ensemble Strasbourg (PS) et Strasbourg ensemble (LREM) ayant refusé de prendre part à ce vote.

Si le financement d’un lieu de culte par une mairie peut surprendre, le fait n’est pas nouveau en régime concordataire. L’Alsace et la Moselle, qui n’étaient pas françaises, mais allemandes, au moment du vote de la loi de 1905, conservent les dispositions du Concordat qui permettent à l’État et aux collectivités de financer les cultes. Ces 2,5 millions d’euros représentent environ 10 % du prix de l’édifice, une proportion qui n’est pas inhabituelle, toutes confessions religieuses confondues, dans les subventions publiques accordées en Alsace à la construction de lieux de culte.

“UNE SUBVENTION SANS GARANTIE”

En revanche, les liens de la CIMG avec la Turquie et son refus de signer la Charte des principes de l’islam de France posent question. Le conseiller municipal d’opposition Pierre Jakubowicz (du groupe Strasbourg ensemble, qui a refusé de prendre part au vote) regrette un « vote irresponsable qui met à mal plusieurs décennies de travail collectif. Il y a eu manquement à deux règles. Premièrement, la maire a proposé une subvention sur un projet déjà en cours, alors que la règle a toujours été de ne financer que des projets en préparation pour pouvoir avoir un contrôle en amont. Deuxièmement, la structure qui porte ce projet de mosquée fait partie des trois qui ont refusé de signer la Charte de l’islam de France, dans laquelle apparaissent notamment, le rejet de l’homophobie et du crime d’apostat, ainsi que la reconnaissance de l’égalité homme-femme. Il apparaît invraisemblable de pouvoir attribuer une subvention sans garantie d’adhésion à ces valeurs. »

3. Gérald Darmanin s’en mêle

Des éléments qui ont fait réagir le ministre de l’Intérieur. Lundi soir, Gérald Darmanin s’est fendu d’un tweet acerbe : « La mairie verte de Strasbourg finance une mosquée soutenue par une fédération qui a refusé de signer la charte des principes de l’islam de France et qui défend un islam politique. Vivement que tout le monde ouvre les yeux et que la loi séparatisme soit bientôt votée et promulguée ». Mardi en fin de matinée, le ministre de l’Intérieur a annoncé avoir demandé à la préfète du Bas-Rhin Josiane Chevalier de saisir la justice administrative de cette délibération.

La maire de Strasbourg Jeanne Barseghian s’est défendue mardi dans une conférence de presse en affirmant qu’« avant le tweet publié ce matin par le ministre de l’Intérieur, l’État n’avait formulé jusqu’ici aucune contre-indication sur ce projet ni aucune alerte concernant les porteurs ». Une version démentie ce mercredi matin par le ministre de l’Intérieur qui, interviewé sur BFM TV, a évoqué une mise en garde de la préfète antérieure au vote et a souligné la volonté d’Ankara d’influencer les élections françaises.

CONSEILS MUNICIPAUX TENDUS

Auprès de Marianne, le conseiller municipal en charge des cultes Jean Werlen nie la version des faits donnée par le Ministre de l’Intérieur : « Nous rencontrons régulièrement les services préfectoraux, qui n’ont jamais sonné l’alerte sur ce projet de mosquée. J’ignore d’où viennent les informations du ministre, mais il doit y avoir confusion. Je n’ai jamais entendu parler de la moindre mise en garde. » Il s’étonne d’ailleurs de la virulence et de la soudaineté des oppositions, qu’il assimile à une « posture destinée à rassurer une frange de l’électorat » : « Visiblement, c’était un mot d’ordre de dernière minute. Ce projet de subvention est passé en commission plénière une semaine avant et il n’a été retenu par aucun groupe politique. La plupart des opposants d’aujourd’hui se sont d’ailleurs rendus soit à la pose de la première pierre soit à des fêtes organisées par cette association. »

La présence de ces deux polémiques, le jour d’un seul et même conseil municipal, tend à mettre en lumière la nouvelle ambiance qui s’est installée à la mairie de Strasbourg depuis les dernières élections municipales. « Depuis l’arrivée de la nouvelle majorité, tous les conseils sont très tendus », révèle Pierre Jakubowicz. Ces derniers mois, on assiste au conseil municipal à des degrés de tensions jamais vus. » Un exemple ? En février, lors d’une première tentative de l’opposition pour faire voter la définition de l’antisémitisme, « Nous nous sommes trouvés confrontés à la volonté d’obstruction de la maire, qui a coupé les micros à plusieurs reprises et s’est exclamée : “ça suffit, on n’en parlera pas”. Il y a eu deux suspensions de séances en une demi-heure, ce qui n’arrive jamais. » Et le mandat est loin d’être terminé…

Laïcité : quand Atatürk et Bourguiba prenaient d’assaut la forteresse coranique

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Laïcité : quand Atatürk et Bourguiba prenaient d'assaut la forteresse coranique
Bourguiba et Atatürk.
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“Marianne” publie le 4 mars le deuxième numéro de la collection “Ces débats que les politiques devraient avoir”. Entièrement consacré à la laïcité, principe vital de la République française. Il importe de se pencher à l’étranger sur les exemples d’Atatürk et Bourguiba, ces deux figures tutélaires, qui, convaincues que l’islam bloquait le développement des peuples turcs et tunisiens, ont tenté des réformes inédites. Inspiré par les idées françaises, cet héritage est remis en cause aujourd’hui à Ankara et Tunis.

Dans la bibliothèque de Mustapha Kemal – Atatürk – encore ouverte il y a quelques années aux visiteurs dans le mausolée d’Ankara, on voyait, annotés, des exemplaires de Voltaire et de Montesquieu. Cette phrase, notamment, de L’Esprit des lois : « Dans la naissance des sociétés, ce sont les chefs des républiques qui forment l’institution, et c’est ensuite l’institution qui forme les chefs des républiques ». Atatürk (1881-1938) fonda et forma la République turque, premier pays laïque des terres d’islam, en s’appuyant sur les idées que ce grand lecteur, athée déclaré, avait reconnues comme novatrices et universelles chez les philosophes français. La bibliothèque de Habib Bourguiba, (1903-2000), premier réformateur de l’islam en terre arabe, se déchiffra longtemps dans les rues de son pays, sur le visage découvert des femmes, à travers la brise sur leurs épaules nues.

Tous deux ont voulu changer l’Orient. Pour l’arracher à ses pesanteurs, il fallait en extirper les diktats coraniques. « Que les femmes soient libres ! Qu’elles se cultivent ! » écrit très tôt le jeune Mustapha Kemal. Et aussi : « Le peuple turc a besoin d’une éducation moderne. Il faut le débarrasser des influences orientales qui pèsent sur la société et sur les individus. Pour pouvoir changer le peuple turc, il faudra de grandes réformes. » (cité par Alexandre Jevakhoff dans Atatürk, Tallandier). C’est ce qu’il accomplira, souvent au prix de la violence, en plaidant la renaissance nécessaire d’une Turquie humiliée, sur les décombres du défunt empire ottoman. « Adieu l’Orient ! » titre la presse du Caire en apprenant l’abolition du califat en 1924. Et c’est vrai. De là découleront l’interdiction des tribunaux islamiques, de la polygamie, de la répudiation, le voile fortement déconseillé. Tout ce qui avait édifié – pour toujours croyait-on – une Turquie culturellement moderne et occidentalisée. Presque francisée.

CHANGER L’ORIENT

« Les kémalistes puisent, pour une grande part, l’esprit de leur conception nouvelle de la sécularisation dans la laïcité française dont ils adoptent le terme – laik – écrit le chercheur Thierry Zarcone (La Turquie moderne et l’islam, Flammarion) le projet repose sur le contrôle et la réforme de l’islam. Leur principal inspirateur est Emile Durkheim (…) sa sociologie des religions développe un athéisme dogmatique ». Toutefois la séparation entre l’État et la Mosquée — notre spécificité hexagonale — n’atteindra pas le Bosphore. L’État se contentera de mettre la Mosquée sous tutelle.

Bourguiba, lui, ne se dit pas athée. Impossible pour un homme qui base toute sa révolution sur la réinterprétation du Coran. Dès les premiers mois de l’indépendance tunisienne, proclamée en mars 1956, il s’attelle à la rédaction de son Code du statut personnel. Le Rais, qui aime les idées et les femmes, les lâche comme des colombes dans le ciel tunisien renaissant. « Nous nous sommes conformés à l’esprit du Livre saint qui s’oriente vers la monogamie, affirme-t-il en présentant son Code. Notre décision en cette matière ne contredit aucun texte religieux et se trouve en harmonie avec notre souci d’égalité et de justice entre les sexes. » Il ajoute même, avec une ironie qui vient tout droit de ses années d’étudiant parisien : « Les défenseurs de la polygamie devraient admettre dans un esprit d’équité que la femme soit polyandre en cas de stérilité de l’époux. » Le voile est interdit dans les écoles.

La bande d’actualité qui filme le dévoilement de la femme tunisienne par Bourguiba est en noir et blanc. Une autre ère. De sa main fine, il écarte les pans du voile d’une inconnue. Elle le fixe, fascinée. Quand l’étoffe tombe sur ses épaules, il en arrange délicatement les plis et lui caresse la joue. Leurs deux sourires se confondent. Elle était la femme-symbole qu’il venait de libérer du « chiffon » (ses propres mots) en promulguant le Code. Une exception pour l’héritage, le dernier bastion qu’il n’avait pu enlever aux ulémas : à une femme n’échoit toujours que la moitié de la part dont hérite un homme.

Sa première épouse, Mathilde, française, qui a onze ans de plus que lui, se convertit pourtant à l’islam l’année suivante. Il est probable que le Raïs n’y est pas pour grand-chose. Amoureux fou de sa maîtresse depuis 1943, Wassyla Ben Ammar, il divorcera de Mathilde en 1961 pour épouser cette compagne opulente et combative que les Tunisiens surnommeront « Majda », l’illustre.

UN VERRE DE LAIT DEVANT LES CAMÉRAS

Heureux et assuré de son pouvoir, le président aux yeux bleus – ce bleu berbère qui ne s’est pas dissous dans l’arabité – veut aller encore plus loin. Voilà qu’il ose contester le ramadan. En s’appuyant toujours sur le droit d’interpréter l’islam et les comportements de Mahomet. Le prophète n’a-t-il pas rompu le jeûne pour livrer bataille ? « Moi aussi, je vous dis de ne pas observer le jeûne pour pouvoir affronter votre ennemi qui est la misère, le dénuement, l’humiliation, la décadence et le sous-développement, lance Bourguiba. Au moment où nous faisons l’impossible pour augmenter la production, comment se résigner à la voir s’effondrer pendant tout un mois pour tomber à une valeur voisine de zéro ? Les horaires administratifs et scolaires ne seront donc plus aménagés en fonction du ramadan. » Joignant le geste à la parole, il boit un verre de lait devant les caméras, pulvérisant en une seconde la soumission ancestrale au messager d’Allah.

Le verre de lait, le dévoilement… C’en est trop pour le royaume des sables, au loin, pour l’Arabie des Saoud. Elle veut régenter l’Oumma, la communauté internationale des croyants, sur le mode du prêcheur Mohammed Ibn Abdelwahhab, qui, au XVIIIe siècle, conclut son pacte obscurantiste avec le fondateur de la dynastie. Le grand mufti de La Mecque émet une fatwa condamnant à mort le président tunisien pour « impiété et apostasie ». Le texte est une accumulation d’insultes. Les islamistes d’Ennahdha, plus tard, les réactiveront avec jouissance.

Mais l’héritage de Bourguiba, même trahi aujourd’hui par le médiocre et dangereux Kais Saied, l’actuel président tunisien, n’en finit pas de féconder l’histoire de son pays. « Le bleu de ses yeux est La Mecque de tous ceux qui se proclament des lumières de son esprit » écrit l’essayiste Hamadi Redissi, qui fut menacé de mort par les islamistes, dans son ouvrage sur le wahhabisme (Le pacte de Nadjd, Le Seuil). Quant au regard d’Atatürk, d’azur lui aussi, il hante toujours ses adversaires et ses nostalgiques. Le réformateur tunisien restait « marqué par la tradition positiviste et humaniste que lui ont  léguée ses maîtres français et fasciné depuis longtemps par l’expérience kémaliste » rappellent Sophie Bessis et Souhayr Belhassen dans leur biographie. (Bourguiba Editions Elyzad). Pour les deux hommes partis à l’assaut de la citadelle coranique, la France, qui fut pourtant leur adversaire, n’était jamais loin.

> REPÈRES CHRONOLOGIQUES

Turquie

1924. Abolition du califat.

1925. Dissolution des confréries, fermeture de leurs couvents, confiscation de leurs biens. Fermeture des mausolées, interdiction des guérisseurs et magiciens.

1926. Création du Code civil (sur le modèle suisse) qui remplace la charia. Fin des tribunaux islamiques. Interdiction de la polygamie et de la répudiation. Le port du voile est déconseillé.

1928. Remplacement de l’alphabet arabe par l’alphabet latin.

1931. Le parti au pouvoir, le CHP (Parti républicain du Peuple) adopte les « six flèches » : républicanisme, nationalisme, populisme, étatisme, laïcité, révolutionnarisme.

1934. Droit de vote et d’éligibilité pour les femmes. Transformation en musée de la basilique Sainte-Sophie, mosquée depuis la conquête de Constantinople par Mehmet le Conquérant en 1453

Tunisie

1956. Dès la proclamation de l’indépendance, promulgation du Code du statut personnel : abolition de la polygamie, de la répudiation et  mariage seulement si consentement de la femme. Age du mariage fixé à 15 ans pour la fille et 18 ans pour le garçon. Il passe à 17 ans et 20 ans en 1959. Abolition des tribunaux religieux.

1957. Interdiction du voile à l’école. Démantèlement de l’université religieuse, la Zitouna. Les femmes obtiennent le droit de vote.