Selon l’Observatoire Juif de France, les propos tenus par Jean-Luc Mélenchon, représentent une menace pour la démocratie.

L’Observatoire Juif de France n’interfère pas dans les élections, notamment pas dans celles législatives.

Force pour elle d’observer que, candidat autoproclamé de la NUPES (Nouvelle union populaire écologique et sociale) à la fonction de Premier ministre, le député Jean-Luc Mélenchon a multiplié au cours de ces dernières années des déclarations inquiétantes pour la démocratie :

 

  • Le 13 décembre 2019, il a commenté sur son blog les résultats des élections législatives au Royaume-Uni, en particulier la défaite du Parti travailliste (Labour Party) dirigé par Jeremy Corbyn : celui-ci « a passé son temps à se faire insulter et tirer dans le dos par une poignée de députés blairistes. Au lieu de riposter, il a composé. Il a du subir sans secours la grossière accusation d’antisémitisme à travers le grand rabbin d’Angleterre [Ephraim Mirvis] et les divers réseaux d’influence du Likoud (parti d’extrême droite de Netanyahou en Israël). Au lieu de riposter, il a passé son temps à s’excuser et à donner des gages. Dans les deux cas il a affiché une faiblesse qui a inquiété les secteurs populaires… Retraite à points, Europe allemande et néolibérale, capitalisme vert, génuflexion devant les ukases arrogants des communautaristes du CRIF : c’est non ».

Selon l’entourage de Jean-Luc Mélenchon, celui-ci voulait dire qu’il ne se laisserait « pas influencer par des lobbys quels qu’ils soient, financiers ou communautaristes ».

     . Le 4 juin 2022, Jeremy Corbyn a tweeté « faire campagne » à Paris avec Danielle Simonnet et Danièle Obono, candidates de la NUPES.

 

  • Le 6 juin 2021, sur France Info, Jean-Luc Mélenchon alléguait : « Vous verrez que dans la dernière semaine de la campagne présidentielle, vous aurez un grave incident ou un meurtre… Nous aurons le petit personnage sorti du chapeau et l’événement gravissime, qui va une fois de plus permettre de montrer du doigt les musulmans et d’inventer une guerre civile » ;
  • Le 28 octobre 2021, le journaliste Bruce Toussaint l’a interrogé sur BFM pour savoir si Eric Zemmour était antisémite ou pas. Jean-Luc Mélenchon a répondu: « Monsieur Zemmour ne doit pas être antisémite parce qu’il reproduit beaucoup de scénarios culturels : « On ne change rien à la tradition. On ne bouge pas. La créolisation, oh, mon dieu, quelle horreur ! » Et tout ça, ce sont des traditions qui sont beaucoup liées au judaïsme. Ça a ses mérites : ça lui a permis de survivre dans l’Histoire. Donc, moi je ne crois pas qu’il soit antisémite ».

     . Le 29 octobre 2021, face à l’indignation suscitée par ses propos, le député a publié sur les réseaux sociaux le texte « ENCORE ! ANTISÉMITISME ET ZEMMOURISME : LA NAUSÉE » : « Je suis même prêt à admettre que je me suis mal exprimé puisque j’ai donné prise à des interprétations qui sont au contraire de ce que je pense ». 

 

  • Le 27 janvier 2022, sur C8, lors du débat de « Face à Baba » animé par Cyril Hanouna, le candidat LFI à l’élection présidentielle a crié à Eric Zemmour, candidat de Reconquête !, alors que les deux candidats évoquaient l’immigration : « D’accord, on a compris. A la niche ! Ah, la paix, le chien ! »

« S’il vous plaît, vous ne me parlez pas comme ça », lui a intimé Éric Zemmour.

« Je parle comme je veux », a répliqué Jean-Luc Mélenchon. 

« Vous ne me parlez pas comme à un chien. OK, Mélenchon ? », a asséné Éric Zemmour.

« Ça suffit de parler des gens comme ça ! Si vous n’êtes pas content, vous pouvez partir ! », a ordonné Jean-Luc Mélenchon.

Eric Zemmour lui a rappelé qu’il n’était pas l’organisateur du débat.

Cyril Hanouna a enfin demandé à Jean-Luc Mélenchon de « rester courtois ».

 

  • Le 30 janvier 2022, Jean-Luc Mélenchon a tweeté ses propos tenus lors de l’émission « C dans l’air » sur France 5 : « La France pourrait taper du poing sur la table et dire au gouvernement d’Israël de respecter les résolutions votées à l’ONU. À quoi bon voter s’ils ne respectent rien ? La population de Gaza endure un enfermement révoltant. Je crois toujours à la solution à 2 États. #cdanslair».

 

  • Le 4 juin 2022, lors d’un contrôle dans le XVIIIe arr. de Paris, le conducteur d’une voiture transportant trois passagers n’a pas obtempéré à un contrôle policier. Refusant d’être interpellé, il a foncé sur les policiers. Ceux-ci ont tiré sur le véhicule en blessant gravement le conducteur et une passagère qui décèdera à l’hôpital.

       . Le 4 juin 2022, Jean-Luc Mélenchon a commenté un tweet résumant ces faits : « Encore un abus de pouvoir inacceptable. La peine de mort pour un refus d’obtempérer. Le préfet approuve ? Le ministre félicite ? La honte c’est quand ? »

Placés en garde à vue, les trois agents de police ont argué de leur légitime défense. Ils ont été interrogés aussi par l’IGPN (Inspection générale de la police) et soutenus par des syndicats policiers.

     . Le 6 juin 2022, Jean-Luc Mélenchon a tweeté : « La police tue et le groupe factieux Alliance justifie les tirs et la mort pour “refus d’obtempérer”. La honte c’est quand ? ».

Ce qui a suscité un tollé. Le syndicat de police Alliance a annoncé qu’il allait porter plainte contre Jean-Luc Mélenchon. 

     . Le 7 juin 2022, sur France Inter, le député LFI a déclaré assumer « évidemment » ses propos : « Je dis que ce n’est pas normal qu’on tue quelqu’un parce qu’il refuse d’obtempérer. Il y a la loi, des punitions, des amendes. Mais pas la peine de mort ».

Les trois agents sont ressortis de garde à vue « libres de toute charge ».

La procureure de la République de Paris Laure Beccuau a confié l’enquête sur les tirs des policiers à un juge d’instruction. L’information judiciaire a été ouverte en particulier pour « violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». Quant au conducteur, il a été placé en garde à vue dans l’enquête ouverte pour « tentative d’homicide sur personne dépositaire de l’autorité publique, refus d’obtempérer aggravé par la mise en danger d’autrui, conduite malgré annulation du permis de conduire et conduite sous l’empire d’un état alcoolique et après avoir fait usage de substances classées comme stupéfiants ».

 

  • Le 8 juin 2022, Paris-Match a publié l’article « Obsédé par sa sécurité, Jean-Luc Mélenchon réclame qu’on lui crée une « safe room ». « On y découvre notamment un homme politique qui vit avec la peur d’être victime d’un fou… Il s’est ainsi constitué une petite armée: un service d’ordre national qui compte environ 300 bénévoles et un escadron de 30 personnes – les militants les plus sûrs – dirigé par Benoît Schneckenburger, ce prof de philo ceinture noire de karaté, très engagé jusqu’à la dernière campagne».

       . Le 9 juin 2022, sur CNews, interrogé sur les déclarations de Jean-Luc Mélenchon sur la police, le journaliste Eric Revel a interrogé : « Si Jean-Luc Mélenchon devient Premier ministre, qui assurera sa sécurité ? »

 

Loin d’être exhaustif, ce florilège éclaire sur le style parfois agressif du député, ses ignorances de la distinction entre les résolutions onusiennes contraignantes et celles non contraignantes, ses partis pris – occultation de l’extraordinaire « melting pot » israélien et du blocus égyptien, et son complotisme alléguant la prétendue influence des Juifs ou d’Israël dans certains évènements.

 

Quant aux déclarations sur la « police qui tue », elles sont démenties par les statistiques du ministère de l’Intérieur : sur 26 320 refus d’obtempérer en France en 2021, 201 tirs de policiers et gendarmes ont visé des véhicules refusant un contrôle, soit 0,76% des cas.

 

Ces propos peuvent peut-être s’expliquer par un souci de clientélisme électoral. Mais elles nient que « l’État se caractérise par le monopole de la violence ou de la contrainte légitime » (Max Weber). Or, ce concept politique fonde ce pouvoir spécifique de l’Etat dans notre République démocratique.

 

Enfin, de la part d’un élu de la Nation, du concepteur de la NUPES et d’un éventuel futur chef de gouvernement, ces comportements et déclarations s’avèrent inquiétants pour la France, notamment ses citoyens juifs, l’ordre public et l’unité de la Nation.

 

L’Observatoire Juif de France les condamne fermement.

 

Le Bureau

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[1] https://www.lefigaro.fr/actualite-france/nouvelles-crise-entre-melenchon-et-le-crif-20191215

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